…à la fois chez mon homologue russe, Sergueï Lavrov, et chez le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, concernant tant le dialogue à reprendre que le retrait potentiel de certaines unités militaires. Les paroles, c’est bien. Nous attendons les actes. S’ils sont là, ce sera encore mieux. La deuxième priorité consiste à reprendre les discussions sur le contentieux relatif à l’Ukraine. On en connaît la méthode : c’est la dynamique du format Normandie. On en connaît également les fondamentaux : les accords de Minsk. On en connaît les sujets à la fois sécuritaires, concernant le cessez-le-feu, humanitaires et politiques. Il faut progresser dans ces trois dimensions. Le mouvement a commencé, et il faut qu’il se poursuive – jusqu’à présent les choses sont extrêmement difficiles et exigeantes. La troisième priorité, vous l’avez évoquée, est la plus importante : il faut pouvoir discuter sérieusement de manière exigeante de l’enjeu des garanties de sécurité demandée par la Russie mais également de celles que nous attendons nous-mêmes pour faire de l’espace européen un espace de sécurité, dans le respect des principes que la Russie s’est aussi engagée à respecter en signant l’acte final d’Helsinki, en 1975, et la Charte de Paris de 1990. Nous sommes dès à présent prêts à ce dialogue-là. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
J’ai observé, depuis quelques heures, quelques inflexions,…
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💬 • Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2022 Feb 15 16:12:04
Monsieur Jean-Claude Bouchet, je salue votre engagement politique au sein de cette assemblée. Vous êtes préoccupé par les tensions graves qui existent aujourd’hui aux frontières de l’Ukraine. Dans ce contexte, nous avons trois priorités. La première consiste à enrayer la dynamique de l’escalade. Le Président de la République s’est beaucoup mobilisé en la matière.
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💬 • Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2022 Feb 15 15:57:55
Vous avez raison de souligner l’importance du sommet de Brest sur l’océan. Il s’agissait de relever le niveau d’ambition de la communauté internationale à l’égard des enjeux de pollution et de surexploitation des océans dans le cadre du changement climatique. Il y a eu une vraie mobilisation, que traduisait la présence d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, de beaucoup d’organisations internationales, d’organismes de recherche et d’ONG. Et je crois que l’objectif fixé à Marseille par le Président de la République a été atteint puisque ce rendez-vous a permis des avancées que vous avez soulignées, par les treize engagements pris sur les quatre grands thèmes du sommet. Je voudrais surtout souligner trois engagements qui me semblent majeurs. Le premier, c’est celui en faveur de la protection de la haute mer par le biais du futur traité sur la biodiversité au-delà de la juridiction nationale, dit BBNJ, actuellement négocié à l’ONU et dont j’espère la concrétisation d’ici la fin de l’année, ce qui devrait aboutir à une gouvernance de la haute mer. C’est un acte extrêmement important et les chefs d’État et de gouvernement de nombreux autres pays se sont montrés solidaires de la France à cet égard. Deuxième avancée significative : la décision de renforcer la protection de la biodiversité dans la préparation de la COP15 de Kunming, en particulier en référence aux cibles de protection de 30 % des mers et des terres – en l’occurrence des zones maritimes. L’objectif a été soutenu explicitement par quatre-vingt-cinq États. La troisième avancée est encore bien plus d’actualité puisqu’il s’agit de la lutte contre la pollution plastique. J’ai retenu la forte mobilisation des banques, qui vont engager 4 milliards d’euros à cet effet, mais aussi le lancement d’un processus de négociations en vue d’aboutir à un texte contraignant pour lutter contre la pollution plastique dans les mers et dans les océans. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
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💬 • Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2022 Feb 15 15:44:36
Vous avez raison de souligner la gravité de la situation. Dans cette période, notre action se fonde sur trois principes. Le premier est la fermeté. Nous demandons le respect des principes fondamentaux qui structurent la sécurité et la stabilité en Europe, en particulier le plein respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Si la Russie devait choisir l’escalade plutôt que le dialogue, nous serions prêts à y répondre de manière ferme avec nos partenaires européens. Des sanctions fortes seraient imposées rapidement et nous ferions les gestes nécessaires pour rassurer nos alliés au sein de l’OTAN. L’unité et la solidarité constituent le deuxième principe. Nous devons faire preuve d’unité avec nos partenaires proches, à commencer par les partenaires européens. Nous sommes en relation avec eux, y compris dans le cadre de la présidence du Conseil de l’Union européenne puisque nous faisons de cette question une priorité. Depuis une dizaine de jours, j’ai ainsi eu l’occasion de rencontrer tous mes collègues à plusieurs reprises. Mais nous devons également faire preuve d’unité avec nos partenaires transatlantiques. Notre relation avec eux doit être marquée par la transparence. Nos échanges sont réguliers – cet après-midi encore, je dialoguais avec mon collègue Antony Blinken. Nous devons aussi témoigner de notre solidarité avec l’Ukraine. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a souhaité que nous accompagnions ce pays dans les difficultés qu’il traverse. Le troisième principe est le dialogue, lequel doit être conduit de manière obstinée et avec exigence même s’il est parfois très éprouvant. Le déplacement qu’a souhaité faire le Président de la République à Moscou et à Kiev s’inscrit dans cette dynamique, dans cette logique. Seul le dialogue permettra la désescalade. C’est l’objet de la mission du chancelier allemand aujourd’hui à Moscou, en espérant qu’elle puisse aboutir à une discussion générale sur les garanties que nous souhaitons pour l’Europe.
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💬 • Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2022 Feb 15 15:36:27
J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours, d’invoquer dans cet hémicycle le souvenir des cinquante-trois soldats morts pour la France et pour la liberté du Mali. Merci d’avoir rappelé leur sacrifice. (Applaudissements les bancs des groupes LaREM, LR, Dem, SOC, Agir ens, UDI-I et LT. – M. Hubert Wulfranc applaudit aussi.) Par ailleurs, la junte, qui s’est accaparé le pouvoir au Mali continue d’être isolée en Afrique. En effet, la Communauté économique des États d’Afrique occidentale, la CEDEAO, l’a condamnée en appliquant des mesures de rétorsion économique et financière à son encontre tant que le processus de transition ne permettra pas le retour de la démocratie. Elle est également isolée vis-à-vis de la communauté internationale et des partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne, qui a soutenu les actions menées par la CEDEAO. Nous devons tirer les conséquences de la rupture politique et opérationnelle qui est en cours. Cette question est traitée dans un cadre collectif, qui réunit Européens et Africains afin de poursuivre autrement la lutte contre le terrorisme. La situation ne peut demeurer en l’état, c’est pourquoi nous devons réarticuler très clairement notre dispositif global afin de poursuivre notre combat au Sahel contre le terrorisme. C’est ce que nous allons faire. Dans cette perspective, le Président de la République recevra demain des leaders européens et africains pour amorcer cette réarticulation afin de nous remobiliser contre le terrorisme, contre Daech et contre Al-Qaïda, malgré la junte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
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💬 • Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2022 Feb 15 15:32:00
Vous avez raison de rappeler la sanglante répression des manifestations qui sévit au Nicaragua, en particulier depuis la réélection frauduleuse de Daniel Ortega le 7 novembre dernier. Le régime nicaraguayen s’est doté d’un arsenal législatif répressif, criminalisant toute opposition et permettant l’arrestation de quarante-six personnalités d’opposition depuis le mois de juin 2021, dont tous les candidats potentiels à l’élection présidentielle, y compris les principaux responsables des partis d’opposition. Vous l’avez souligné, une véritable dérive répressive est à l’œuvre. Elle se traduit par la reprise des procès à huis clos contre ces quarante-six opposants, accusés de crime de haine et de complot contre l’intégrité nationale. Dix-huit condamnations ont déjà été prononcées. Vous avez raison d’invoquer la figure historique du général Hugo Torres, décédé à la suite des conditions déplorables de détention qui lui ont été infligées, même après son hospitalisation. La France est au rendez-vous et a pris plusieurs initiatives avec ses amis européens. D’abord, dans la déclaration de novembre 2021 que vous avez évoquée, l’Union européenne a condamné les conditions dans lesquelles se sont tenues les élections présidentielles et législatives. Puis, en janvier dernier, au moment de l’investiture du président Ortega, elle a adopté des sanctions contre vingt et un responsables de la répression ainsi que contre plusieurs entités impliquées dans les atteintes à l’État de droit. Parmi les personnes visées figure la vice-présidente Rosario Murillo, par ailleurs épouse du président Ortega. Nous devons poursuivre cette logique de contestation et de dénonciation. Croyez bien que la France fera son devoir.
Je crois avoir répondu déjà cinq fois aujourd’hui à la même question. Peut-être n’étiez-vous pas présent au moment où je répondais, j’en suis désolé pour vous. Puisque vous m’y invitez, je livrerai quelques observations sur le Mali que j’ai déjà évoquées. En Afrique, seul le Mali est d’accord avec le Mali. Si vous mesurez le niveau d’influence que peut avoir la France au rassemblement de l’ensemble des pays africains, qui sont contre l’évolution de la situation au Mali, vous pouvez en déduire qu’il est grand. Il n’y a en effet pas un seul pays africain qui soutient le Mali. Au sein de la communauté internationale, c’est le Mali qui s’isole. L’Union africaine elle-même a pris des positions très claires pour condamner ce qui se passe au Mali et le comportement de la junte, notamment l’expulsion de l’ambassadeur, et pour lui demander d’élaborer un calendrier démocratique. Ainsi, la France est tout à fait en harmonie avec ce que disent les Africains sur la question malienne. Par ailleurs, depuis trois ans, toutes les initiatives internationales qui ont été prises en direction de l’Afrique l’ont toutes été sous l’impulsion de la France. Mi-février se tiendra un sommet réunissant les dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine, que nous avons préparé avec les Africains il y a quelques semaines. Lors du sommet de Paris du 18 mai dernier, les chefs d’État africains ont élaboré, à l’initiative du Président de la République, le plan de relance africain après la pandémie, avec les Européens. Cette initiative française se concrétisera grâce à la mobilisation de 100 milliards de droits de tirage spéciaux – DTS – qui interviendra au moment du sommet, afin de permettre à l’Afrique de se doter d’infrastructures et d’être au rendez-vous de la transition numérique et écologique. C’est grâce à la France que l’initiative Covax a pu être initiée. Grâce à celle-ci, l’Afrique a reçu 120 millions de doses de la part de notre pays, entre autres, et des usines de production de vaccins ouvriront demain au Cap et à Dakar. C’est sous l’impulsion de la France que se prennent les initiatives universitaires évoquées dans mon propos introductif que vous n’avez malheureusement pas pu écouter. La France est au rendez-vous de l’Afrique ; c’est le Mali qui n’est pas au rendez-vous de l’Afrique et non la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens.)
Monsieur le député, vous le savez, je me suis déjà exprimé sur ce sujet à plusieurs reprises. Nous avons fait en sorte que votre proposition de résolution soit votée, vos orientations ayant été reprises lors du débat qui a conduit au vote à l’unanimité. Dans l’immédiat, ma réponse sera brève : nous attendons un texte de la Commission au mois de février. Nous prenons la responsabilité qu’il soit adopté sous la présidence française, soit avant le 1er juillet. C’est un engagement que j’ai pris et que je prends une nouvelle fois devant vous, et que le Président de la République a réaffirmé. En effet, c’est un engagement très fort, symbolique, mais qui aura en même temps des implications concrètes et qui correspond aux valeurs fondamentales de ce que nous considérons être l’humanisme européen. (Mme Danielle Brulebois applaudit.)
Vous posez une question pertinente, en particulier au moment où la France préside l’Union européenne, cette position nous donnant l’occasion de réinscrire dans l’agenda européen les engagements sur la place du français dans les institutions européennes. Ainsi, le groupe de travail sur la francophonie et le multilinguisme, institué au mois d’avril 2021 par le secrétaire d’État chargé du tourisme, des Français de l’étranger et de la francophonie et par le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, a remis un rapport dressant l’état des lieux de la diversité linguistique au sein de l’Union européenne et proposant des actions. Nous présenterons un plan d’action pluriannuel sur la diversité linguistique au sein des institutions européennes, qui aura vocation à établir une stratégie de long terme, ambitieuse et réaliste, lancée dans la perspective de la présidence française. L’objectif de ce plan est de réintroduire une dynamique politique en faveur du respect du multilinguisme et du plurilinguisme par les États membres de l’Union européenne. Nous serons très vigilants sur ce point. Étant donné que la présidence française organisera également des événements visibles sur la question de la diversité linguistique et de la langue française, en particulier au mois de mars prochain, nous avons singulièrement augmenté le budget dit du mille-feuille, par lequel nous délivrons des cours de français aux cadres supérieurs des institutions européennes. Vous faites preuve avec raison d’une grande vigilance. Néanmoins, je n’irai pas jusqu’au bout de votre raisonnement car la promotion de la langue française n’est pas la négation des autres langues, notamment de la langue anglaise dont la présence sur la scène internationale est une réalité. La promotion du français renforce la diversité ; le fait que tel ou tel mot anglais soit intégré dans la langue française à l’occasion de différentes manifestations n’est pas automatiquement un handicap. L’enjeu principal est de faire en sorte que la langue française soit utilisée comme langue véhiculaire dans les instances où cela est prévu sans que l’on rogne les principes fondamentaux. Nous nous y attellerons pendant toute la présidence française.
Je ferai trois observations majeures, monsieur Cordier. Tout d’abord, l’attractivité ne se décrète pas, elle se construit dans le temps. La diplomatie économique n’est pas uniquement le commerce extérieur, c’est aussi l’attractivité. Or, depuis trois ans, la France est reconnue comme étant le pays le plus attractif, notamment aux yeux des différents acteurs internationaux qui veulent investir en France : lors de la journée Choose France du 17 janvier dernier, vingt et un projets d’investissements, représentant 4 milliards d’euros, ont été identifiés. En matière de commerce extérieur, la France souffre en revanche – vous avez raison de le souligner –, de handicaps. Le premier est celui de la désindustrialisation lente et progressive de la France, comme l’évoque votre rapport, que j’ai lu lorsque vous l’avez produit, puisque nous avons fait quelques réformes allant dans votre sens : des efforts sont en cours en matière de réindustrialisation, ce qui se ressent aussi sur les métiers de l’exportation. Deuxièmement, on considérait que seuls les grands groupes avaient la capacité d’exporter et on sous-estimait ou dévalorisait l’action des petites et moyennes entreprises : nous y avons remédié, et il n’y a jamais eu autant d’entreprises exportatrices en France qu’actuellement. C’est dommage que vous ne m’écoutiez pas !
Je partage l’esprit conciliant que vous avez évoqué concernant le rapport que vous avez effectué avec M. Masséglia, mais je regrette que vous ayez adopté une posture polémique à la fin de votre question.
Personne, parce que tous les pays de la zone se sont mobilisés contre deux choses, à commencer par l’absence de processus démocratique. Il faudrait tout de même dire publiquement – j’espère que l’ensemble des parlementaires sera d’accord pour le faire – qu’une junte ne saurait, après deux coups d’État, déclarer vouloir rester sept ans au pouvoir sans consultation démocratique : cette junte s’isole, ce n’est pas la France qui perd de l’influence. Ce coup d’État est inacceptable et illégitime. C’est parce que j’ai dit que ce coup d’État était illégitime que la junte a estimé devoir renvoyer notre ambassadeur. Par ailleurs, l’Union africaine a repris l’ensemble de ces éléments auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), afin de prendre des mesures de blocus. Ils sont donc seuls, et j’espère qu’ils n’auront pas de soutiens en France. L’influence française signifie que l’on aide les pays qui combattent l’évolution actuelle du Mali. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
…qui s’isole complètement de la communauté internationale. Il n’a personne pour le soutenir. Vous qui connaissez bien l’Afrique, dites-moi qui le soutient aujourd’hui ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Quel chef d’État s’est levé pour dire qu’il soutenait le colonel Goïta ?