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Jean-Christophe Lagarde
2022 Mar 01 16:15:14
Quel contraste avec ceux qui, à l’instar de M. Zemmour, préconisaient il n’y a pas si longtemps la sortie de la France de l’OTAN : je l’invite à demander aux habitants de Kiev s’il ne fait pas bon appartenir à l’OTAN pour être protégés, pour que leur liberté et leur sécurité soient préservées. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I et sur quelques bancs du groupe LR. – M. David Habib applaudit également.) Lui qui a l’indécence de vouloir tourner le dos aux victimes de son ami Poutine et qui préfère les maintenir en Pologne, l’un des pays les plus pauvres de l’Europe, plutôt que de faire preuve de solidarité et d’accepter de répartir l’effort à faire face à cette guerre. Lui qui espérait un Poutine pour la France. Quelle ironie de l’histoire faite à celui qui en travestit les leçons que cette actualité qui vient nous rappeler qu’il existe toujours en France une cinquième colonne et que le racisme, le fascisme, la nostalgie du pétainisme riment aujourd’hui encore avec collabo ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I. – M. Jean-Luc Mélenchon et Mme Mathilde Panot applaudissent également.) Mais je laisse là les poubelles de l’histoire.

Il nous faut d’ores et déjà, monsieur le Premier ministre, tirer quelques leçons.

Premièrement, dans ce malheur, nous avons une double chance : d’abord, que notre principal allié, les États-Unis d’Amérique, ne soit pas dirigé par M. Trump ou un équivalent, lui qui voulait découpler l’Europe de son pays à travers la démolition progressive de l’OTAN – car rien ne garantit que nous aurions alors eu des alliés aussi puissants à nos côtés ; ensuite, qu’il n’y ait pas en même temps une crise majeure en Asie et en Europe, car les États-Unis ne seraient peut-être pas capables de combattre sur les deux fronts. La première leçon est donc que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour nous défendre : Français et Européens. Le réveil de l’Allemagne, qui se rend compte que son armée est hors d’état de se battre et de participer à notre défense collective, est à cet égard de bon augure. Tant mieux si le chancelier allemand accomplit enfin les efforts que son pays avait abandonnés depuis si longtemps, tandis que la France tentait d’en faire de plus en plus.

La deuxième leçon, c’est que l’absence de démocratie en Russie restera un danger permanent pour nos pays, avec Poutine ou sans lui. Un dirigeant comme Vladimir Poutine, de même acabit et s’appuyant sur une même oligarchie, ne s’arrête en réalité que lorsqu’on s’oppose à ses ambitions par la force. Très franchement, les exigences folles du président russe qui souhaite non seulement démilitariser l’Ukraine, destituer le pouvoir en place et asservir le pays à la Russie, mais qui demande en outre à la Pologne, à la Roumanie, à la Hongrie et à la République tchèque de quitter l’OTAN pour revenir dans le giron de Moscou, montrent à quel point il n’y a pas, chez ce dictateur, de limites à l’ambition de restauration d’un empire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UDI-I.) Nous serons amenés à montrer plus que de la détermination face à la Russie, tant qu’elle ne sera pas une démocratie, c’est-à-dire tant qu’elle ne partagera pas les mêmes valeurs que nous.

Enfin, la troisième leçon nous vient du fond des âges. Les Latins disaient : Si vis pacem, para bellum. C’est ce que l’Europe doit apprendre. Là réside sans doute la faiblesse de l’Ukraine, ces derniers mois, ces dernières années, qui a conduit la Russie et son dictateur à penser qu’il pouvait envahir facilement l’Ukraine et agrandir ainsi son empire, pour détourner l’attention des difficultés internes dans son pays.

Oui, monsieur le Premier ministre, nous devons réarmer la France rapidement, fortement et largement. C’est vrai également de notre continent. La loi de programmation militaire pour les années 2019 à 2025 prévoyait une croissance annuelle du budget de 1,7 milliard d’euros par an jusqu’en 2022, puis de 3 milliards ensuite : il faut accélérer le rythme. L’attrition de nos armées est trop importante pour que celles-ci soient en mesure de résister à une guerre longue et globale. L’Europe doit aussi contribuer à cet effort ; elle commence à le faire au profit de l’Ukraine, mais il serait bon qu’elle n’oublie pas que la France intervient pour la défendre en Afrique et au Sahel, en puisant sur son propre budget. Enfin, nous devrons développer dans nos sociétés un esprit de défense que nous avons oublié depuis longtemps, grâce à une organisation éducative, économique et civile, réduire nos dépendances vis-à-vis de l’extérieur et augmenter nos capacités de résilience. Songez à ce qui se produirait si, demain, un sous-marin russe coupait les liens transatlantiques en sectionnant les câbles sous-marins qui relient nos deux continents.

Notre famille politique et notre groupe UDI et indépendants ont toujours milité, bien avant la survenue de cette dramatique guerre en Ukraine, pour que nos pays construisent une puissance européenne afin de ne pas subir celle des autres. Plus que jamais depuis 1945, c’est ce tournant d’une volonté de puissance assumée qui doit être notre chemin. Il y va non seulement de notre indépendance mais aussi de notre sécurité. Certains disent que les événements ressemblent à ceux de 1938 : je suis sûr, monsieur le Premier ministre, chers collègues, que personne ici ne voudra que nous allions à Munich ; mais personne ne doit oublier qu’on s’était endormi derrière la ligne Maginot et que Maginot ne doit plus jamais exister dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I et sur quelques bancs des groupes LaREM et LR.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Mar 01 16:14:57
S’il en est qui ont oublié que la guerre était possible, notre pays ne doit pas oublier qu’il a lui aussi été envahi et que, dans notre histoire, nos grands-parents ont été heureux de pouvoir compter sur l’hospitalité d’autres peuples lorsqu’ils étaient en détresse.
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Mar 01 16:11:38
Nous nous réjouissons, monsieur le Premier ministre, de la condamnation unanime des gouvernements européens et des initiatives prises par le Gouvernement français, que nous soutenons, et les autres gouvernements occidentaux d’instaurer des sanctions – trop timides au départ, puis réelles et massives. Nous saluons les décisions prises pour apporter une aide humanitaire, économique et militaire ainsi que, je veux le souligner ici devant notre assemblée, plusieurs événements majeurs : l’Allemagne, pour la première fois de son histoire, décide de livrer des armes à l’Ukraine – cela ne s’était jamais vu depuis 1945 ; la Suède sort de sa neutralité et aide, elle aussi, le peuple ukrainien qui souffre et se bat ; la Suisse, qui est historiquement plus neutre encore, s’associe aux sanctions économiques appliquées contre le régime russe ; l’Union européenne, que l’on dit et que l’on connaît trop divisée, se réunit et décide, pour une fois, d’agir ensemble.

C’est dire la gravité mais aussi la force du réveil de nos pays et de nos peuples, dont les opinions publiques sont solidaires – l’opinion publique française est admirative de ces hommes et de ces femmes qui se battent et qui meurent en ce moment dans les rues de Kiev ou de Kharkiv, face à un agresseur infiniment plus puissant qui veut écraser leurs rêves et les asservir. Le cœur des Français est avec ceux qui sont sous les bombes, avec ceux qui creusent des tranchées dans leur ville, avec ces femmes et ces enfants qui partent se réfugier pendant que les époux retournent combattre l’envahisseur.

Les Français sont solidaires, certes, mais ils craignent aussi que le conflit ne dégénère en conflit global, touchant tout notre continent. Monsieur le Premier ministre, il faut dire la vérité aux Français qui sont capables de la comprendre, même si elle est désagréable : la France n’est pas en guerre mais elle n’est plus réellement en paix.

Cela explique les sanctions économiques qui ont été décidées, mais aussi les conséquences que nous aurons à subir : l’inflation, les taux d’intérêt, le budget contraint, une croissance moindre. Nous subirons, nous aussi, les effets du conflit dont le Président de la République a dit qu’ils dureraient longtemps ; nous devons nous y préparer dès maintenant, quelles que soient nos options politiques. Cela explique aussi le coût de l’aide humanitaire, des livraisons d’armes, des déploiements français en Roumanie ou dans les pays baltes pour défendre le monde libre auquel nous appartenons. Si nous ne le faisons pas aujourd’hui, c’est notre liberté qui, demain, sera menacée.

Je le dis avec un peu de regret : j’aurais souhaité que nous puissions livrer des armes plus tôt, mais je me réjouis que nous le fassions maintenant. Car seule la détermination, et rien d’autre, peut faire reculer Vladimir Poutine.

Cela explique aussi l’impérieux devoir qui est le nôtre d’accueillir en France et en Europe ceux qui fuient cette guerre. (Mme Valérie Rabault applaudit.) Je veux d’ailleurs remercier le Gouvernement et les préfets d’interpeller en ce moment les députés de la nation et les représentants des collectivités locales afin de déterminer s’ils peuvent accueillir des réfugiés. Cela fait honneur à la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I et sur plusieurs bancs des groupes LaREM et SOC.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Mar 01 16:10:12
Jeudi dernier, après des mois d’un plan longuement préparé, Vladimir Poutine a lancé l’invasion de l’Ukraine et la guerre en Europe. Citoyens comme dirigeants occidentaux, nous découvrions tous avec stupeur et effroi que la guerre n’était pas un concept relégué aux accessoires de l’histoire mais qu’elle était de retour, de façon sanglante et brutale, sur le continent européen, à 2 400 kilomètres de Paris. Aucune et aucun d’entre nous, députés de la nation, n’avions imaginé en 2017 devoir débattre un jour dans cet hémicycle de la guerre sur notre continent.

Il s’agit d’un choc pour les générations que nous représentons et pour celle de nos enfants, qui s’étaient habituées à aimer la paix et à la vivre. Ceux qui croyaient qu’un retour de la guerre sur notre continent était impossible avaient sans doute oublié les leçons de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents qui, eux, l’avaient connue et savaient qu’elle était toujours possible.

L’agression froide du dictateur russe vise à étouffer les aspirations d’un peuple ukrainien en lutte depuis 2014 pour vivre en liberté, un peuple qui aspire à vivre comme nous, qui embrasse nos valeurs, pour qui nous représentons un rêve : le rêve européen.
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 22 18:42:14
Le 1er février dernier, lors des questions au Gouvernement, je vous demandais, monsieur le Premier ministre, de convoquer le Parlement dans le cas où la stratégie française au Mali évoluerait. Vous le faites et je tiens à vous en remercier.

Il va sans dire que nous appelons de nos vœux une nouvelle convocation de la représentation nationale dès l’instant où la situation dans la région sahélienne le nécessiterait pendant la campagne de l’élection présidentielle, malgré l’élection présidentielle. Nous formulons d’ailleurs la même demande pour la situation en Ukraine si celle-ci devait se dégrader à nouveau, au-delà même de la proposition que vous avez faite lors des questions d’actualité. Il est, en effet, fondamental que la représentation nationale puisse s’exprimer et débattre sur des sujets aussi importants que la situation au Mali, à l’heure où le Président de la République et nos principaux partenaires au Sahel ont pris la décision de mettre officiellement un terme aux opérations Barkhane et Takuba au Mali, pays dans lequel nous étions engagés militairement depuis 2013.

En réalité, une telle décision était devenue inévitable tant les relations que le Mali et ses dirigeants actuels entretiennent avec la France et nos partenaires se sont détériorées et tant la présence de nos armées, accueillies en libératrices en 2013, n’est plus acceptée parmi les populations du fait d’une propagande honteuse des militaires putschistes, ces mêmes militaires qui s’étaient déshonorés en se montrant incapables de défendre leur pays sans nous en 2013, alors que c’était leur devoir. (M. Jean-Luc Mélenchon applaudit.)

Comment pourrions-nous rester plus longtemps au Mali alors que nos armées sont contraintes d’opérer au sein d’un environnement hostile où la France n’apparaît plus, aux yeux d’une trop large part de la population, comme une garantie de sécurité ? Comment aurions-nous pu rester plus longtemps au Mali alors qu’un quarteron de putschistes y a supprimé la démocratie et n’hésite pas à brader la souveraineté de leur pays en échange du maintien au pouvoir que leur garantit une force de mercenaires, et en échange d’ailleurs de contrats bradant la richesse du sous-sol des Maliens au profit des oligarques russes ?

De même, depuis de longs mois, la junte au pouvoir à Bamako multiplie les provocations et les insultes envers notre pays et nos soldats. Après avoir accusé la France d’abandon en plein vol, après avoir renvoyé notre ambassadeur qu’à mon tour je salue, après avoir demandé le départ de nos partenaires danois, après avoir affirmé que les résultats de neuf années d’engagement français au Mali n’étaient pas satisfaisants, ces putschistes trouvent encore l’indécence d’ordonner le retrait sans délai de nos soldats du Mali.

Lorsqu’on sait la complexité et les dangers des manœuvres de désengagement des bases de Gao, Ménaka et Gossi, surtout avec l’arrivée de la saison des pluies, et du redéploiement de nos 2 400 militaires, on comprend qu’il s’agit là d’une véritable insulte faite au travail remarquable accompli par l’armée française durant toutes ces années et à nos soldats tombés au Sahel. Nous avons bien entendu, monsieur le Premier ministre, votre engagement de veiller à la sécurité de nos soldats pendant ces manœuvres. Nous espérons qu’ils auront toutes les instructions pour pouvoir se défendre sans hésiter si jamais ils étaient entravés.

À l’inverse de l’ingratitude de la junte malienne, je tiens à rendre une nouvelle fois un hommage appuyé à ces soldats morts pour la France et pour le Mali. Ce sont des héros qui nous honorent et qui doivent, ainsi que leurs frères d’armes, recevoir un traitement à la hauteur de leur engagement.

Le Président de la République a donc décidé de retirer l’armée Française du Mali, ce que les députés du groupe UDI et indépendants ne peuvent qu’approuver. La réalité est que ce pouvoir installé à Bamako, qui n’a aucune intention de rendre la démocratie au peuple malien, a vu dans la France le bouc émissaire idéal lui permettant de justifier l’injustifiable et de renvoyer la tenue d’élections aux calendes grecques alors qu’elles devaient avoir lieu dans quelques jours. Mais, comme le Gouvernement français, je le sais, nous ne confondons pas cette junte avec le peuple malien, qui reste un peuple ami de la France.

Si ce retrait inévitable du Mali constitue un échec, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un échec militaire, mais d’un échec de stratégies successives conduites par François Hollande et Emmanuel Macron.

Nos armées ont, en effet, effectué pendant neuf années un travail remarquable et ont obtenu des succès indéniables au Sahel, avec la mise en tension des organisations djihadistes, qui les a empêchées d’organiser un proto-État, et l’élimination de certains de leurs chefs, comme Abdelmalek Droukdal ou Abou Walid al-Sahraoui. En maintenant durant toutes ces années une pression aussi forte, nos militaires ont porté un coup aux ambitions que nourrissaient les djihadistes de disposer d’un sanctuaire qui aurait pu leur permettre de frapper l’Europe.

Cependant, force est de constater que ces nombreux succès militaires ne se sont jamais traduits en succès politiques. En l’absence de dynamiques politiques véritablement efficaces portées par les gouvernements locaux, les victoires tactiques de l’armée française, si nombreuses fussent-elles, ne pouvaient que se limiter à la gestion des symptômes d’un mal beaucoup plus profond. C’est bien parce que l’État malien est défaillant depuis de nombreuses années et qu’il n’est pas en mesure d’assurer à ses populations la sécurité, la justice, la santé ou l’éducation qu’un boulevard est ouvert aux djihadistes dans le nord et le centre du Mali, et toutes les actions de nos militaires pour combattre le terrorisme ne peuvent pas remplacer un État malien qui a failli avant même d’être dirigé, comme c’est désormais le cas, par des militaires putschistes.

En 2013, François Hollande a eu raison de répondre à l’appel à l’aide des autorités maliennes, qui risquaient d’être emportées par une offensive djihadiste, mais il n’a pas su exiger ni fixer les conditions du rétablissement d’un État malien, d’une gouvernance différente et des services publics essentiels que celui-ci devait à son peuple. C’est bien là la faute car, au lieu de saisir l’occasion d’accompagner notre intervention de conditions politiques indispensables, il a préféré élargir l’opération militaire à une zone aussi vaste que l’Europe, alors même qu’il réduisait les budgets militaires. Cette faute a créé et alimenté un espoir irréalisable dans le cœur des populations sahéliennes, qui pensaient qu’avec toute la puissance et toutes les technologies de l’armée française, leur sort pourrait enfin s’améliorer.

La réalité est que, malgré le rebond budgétaire de 2015 et la fin de l’opération Sangaris en 2016, qui ont permis d’augmenter les forces au Sahel, l’effort était toujours trop faible et, surtout, privé d’un relais politique local efficace. Pour reprendre les mots du colonel Michel Goya, « par l’insuffisance de ses moyens, Barkhane a sans doute plus nourri que réduit la force de l’ennemi en fournissant les arguments d’un discours nationaliste et surtout en lui laissant l’occasion d’accumuler de l’expérience militaire ».

Voilà donc l’héritage qu’a reçu Emmanuel Macron à son arrivée au palais de l’Élysée en 2017. Si le péché originel ne peut évidemment pas lui être imputé, il n’en demeure pas moins qu’il a dû, pendant cinq ans, gérer cette crise, et qu’il partage une part de la responsabilité de cet échec, notamment en raison des hésitations, des stratégies successives et du sentiment de « deux poids, deux mesures » qu’on a laissé s’installer et jamais vraiment éteint ; quelques fautes d’image ont aussi été commises, comme la convocation des dirigeants sahéliens à Pau, vécue comme une humiliation par certains pays et utilisée comme telle par nos ennemis.

Sur le plan militaire, il a fallu la tenue de ce sommet pour que soient prises les décisions d’augmenter une dernière fois les moyens et l’activité de Barkhane, tout en accompagnant plus étroitement les armées locales grâce à la task force Takuba. En 2021 a été prise la décision de réorganiser le dispositif militaire au Sahel, avec une réduction des effectifs à l’horizon 2023 et la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure. Or, cette décision prise sans réelle concertation a ouvert une brèche dans laquelle s’est engouffrée la junte militaire malienne – qui n’attendait sans doute que cela – pour justifier ses besoins sécuritaires et faire venir les mercenaires russes. Si c’est une imposture, du moins n’aurions-nous pas dû leur en laisser l’occasion. Dès lors, le retrait du Mali devenait inévitable.

Si nos armées ont obtenu de nombreux succès tactiques, il n’en demeure pas moins, je le dis avec tristesse, que le bilan de notre intervention au Sahel est, à ce jour, encore un échec. La menace djihadiste n’a, en effet, pas disparu et a même métastasé jusque dans les États voisins. Elle s’est propagée vers le sud, ainsi que vers les pays du golfe de Guinée. Le Mali a connu deux coups d’État successifs et a fait entrer sur son territoire les mercenaires que j’ai déjà évoqués. Au Burkina Faso, le président Kaboré a été renversé par des militaires et, au Niger, qui nous accueille désormais, le pouvoir du président Bazoum est déjà contesté.

Enfin, sur le plan de la lutte pour l’information, la France semble n’avoir fait qu’encaisser les coups et le sentiment anti-Français s’est accentué injustement parmi les populations sahéliennes, à tel point qu’un camion de ravitaillement de Barkhane a même été bloqué par des populations qui criaient « À bas la France ! » Elles ne sont pas les responsables, mais les victimes de cette désinformation – encore faut-il que nous puissions l’affirmer. C’est la preuve que nous n’avons pas gagné la bataille des cœurs et des esprits.

À l’heure où, en quittant le Mali, nous n’abandonnons pas la lutte contre les djihadistes – nous l’avons bien entendu, monsieur le Premier ministre – et en redéployant le dispositif de lutte militaire, nous voulons que tous gardent à l’esprit nos erreurs passées, car ce n’est que d’une solution politique globale que pourra émerger le retour à la paix dans cette région. La défaite des forces djihadistes que nous combattons n’aura lieu que si les États régionaux se consolident, en particulier dans les services qu’ils doivent à leurs peuples, qui renforceraient leur légitimité, mais aussi en acceptant des modèles de gouvernance différents, mieux partagés et démocratisés, et en assurant une croissance et un développement auxquels la France et l’Europe ne peuvent pas rester étrangers.

Ainsi, monsieur le Premier ministre, au-delà des efforts militaires de la France et de nos partenaires, que nous saluons et que nous soutenons, c’est à une stratégie diplomatique de reconstruction ou de renforcement de ces États et au développement économique de ces pays que doivent se consacrer désormais la France et l’Union européenne, en se montrant exigeants envers les gouvernements de la région. Sinon, il est inévitable que nos nouveaux efforts resteraient vains.
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 22 15:23:24
…et l’échec des stratégies successives déployées au Mali qui nous conduit à quitter ce pays – ce dont nous débattrons tout à l’heure –, il s’agit d’un échec de plus, peut-être celui de trop.

En envahissant l’Ukraine, Vladimir Poutine remet en cause les frontières internationalement définies ainsi que l’organisation de la sécurité en Europe élaborée après la guerre froide, et il se permet même de vouloir dicter leurs alliances à certains pays de l’OTAN. C’est évidemment un danger majeur pour la paix en Europe ; ce qu’il fait subir à l’Ukraine pourrait advenir demain à nos alliés de l’OTAN et nous entraîner dans un engrenage.

Nous avons trois questions. Tout d’abord, quelles sont la nature et l’ampleur des sanctions que l’Union européenne entend engager contre la Russie pour la dissuader d’aller plus loin ? Ensuite, pourquoi la France est-elle l’un des rares pays à ne pas avoir contribué à armer l’Ukraine, contrairement à la Pologne, aux pays baltes, au Royaume-Uni et aux États-Unis, tant il est vrai qu’il vaut mieux parfois préparer la guerre pour assurer la paix ? Enfin, face à la stratégie de tension permanente de la Russie, ne croyez-vous pas, monsieur le Premier ministre, qu’il est temps que nous accélérions la réalisation de la loi de programmation militaire française afin d’être prêts si M. Poutine allait un jour trop loin ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 22 15:22:44
Hier matin, l’Europe et le monde se levaient avec l’espoir, entretenu par l’Élysée, de la tenue d’un sommet entre le président Biden et Vladimir Poutine ; hier soir, le monde découvrait que ce dernier avait décidé d’envahir une partie de l’Ukraine. Si on ne peut pas reprocher au Président de la République d’avoir tenté une médiation, le moins que l’on puisse dire est que Vladimir Poutine l’a berné.

Après l’enlisement au Liban, l’humiliation subie avec l’arrêt du programme d’acquisition de sous-marins par l’Australie, le silence assourdissant de notre pays lorsque Amnesty International a accusé Israël d’être un régime d’apartheid…
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 03 09:29:51
Je veux en premier lieu remercier Patrick Mignola et l’ensemble du groupe Dem d’avoir inscrit à l’ordre du jour cette proposition de résolution : nous avons bien cru qu’il ne serait jamais question dans cet hémicycle, au cours de cette législature, de scrutin proportionnel. Il avait pourtant fait l’objet d’une promesse du Président de la République : elle a été abandonnée, et l’échec de la révision constitutionnelle de 2018 n’est rien d’autre qu’un prétexte, puisqu’une telle révision n’était pas nécessaire pour instaurer une forme de proportionnelle.

C’est donc une promesse trahie du président Macron – une de plus.

Ce débat me permet de revenir sur plusieurs idées fausses et sur le constat que nous devons dresser ensemble de l’état de la représentation politique en France.

La première chose à dire, c’est que ce constat est triste : on parle souvent de crise de la représentation ; en réalité, cette représentation est faussée par un système qui ne vise pas à représenter le peuple français, mais à dégager une majorité au service de l’exécutif. C’est l’équilibre trouvé dans la Ve République, dont je pense qu’il est de plus en plus déséquilibré.

Il est vrai qu’avec 32 % des voix, la majorité actuelle a obtenu près de 350 députés ; il est vrai que le Rassemblement national, avec 13 % des voix, en a 8, quand La France insoumise, avec 11 %, en a 17. Voilà qui peut éloigner nos concitoyens des urnes, quand ils ne se reconnaissent pas dans la question binaire de la Ve République : suis-je pour ou contre le Président de la République ? Voilà qui lamine les nuances qui existent chez nos concitoyens, mais que l’on retrouve très peu dans les débats de notre hémicycle.

Il est d’ailleurs paradoxal que l’on évoque souvent la nécessité de reconnaître le vote blanc, c’est-à-dire le vote de gens qui voudraient voter mais qui ont l’impression de ne pas être entendus, mais que l’on parle très peu de ceux qui ne voudraient pas voter blanc, mais qui savent que même s’ils votent, ils ne seront pas représentés sur ces bancs, et qu’ils n’auront pas de porte-parole dans cet hémicycle.

Le mécanisme électoral de la Ve République, avec le scrutin uninominal majoritaire à deux tours, aboutit en réalité à l’effacement du Parlement et à la toute-puissance de l’exécutif. Une fois la majorité acquise, le Président de la République qui est déjà, de tous les chefs d’État occidentaux, celui qui concentre entre ses mains les pouvoirs les plus étendus et qui a en face de lui le moins de contre-pouvoirs, n’a plus de contre-pouvoir parlementaire face à lui : l’Assemblée, quelles qu’aient été les majorités au cours du temps, fait toujours ce que veut le Président.

Combien de fois au cours de la Ve République l’Assemblée nationale s’est-elle opposée à la volonté de l’exécutif lorsqu’il s’égare ? Quasiment jamais.

Ce déséquilibre accentue à la fois la faiblesse de notre gouvernance et l’éloignement de nos concitoyens des urnes lorsqu’ils doivent élire leurs représentants nationaux.

Je veux combattre une autre idée fausse, celle de l’instabilité. Isabelle Florennes l’a d’ailleurs très bien fait avant moi. Les pays qui ont instauré la proportionnelle ne sont pas plus instables que le nôtre ; ils arrivent simplement à trouver ce qui est considéré comme une grossièreté en France alors que c’est la noblesse de la politique : des coalitions, des additions d’idées, des compromis, qui permettent d’avancer et souvent de faire partager plus largement par les citoyens les politiques qui sont conduites.

Nous sommes le pays où, je le répète, le chef de l’État concentre le plus de pouvoirs entre ses mains, avec des contre-pouvoirs quasiment inexistants ; et nous sommes pourtant le pays qui se réforme et se transforme le moins, quand les autres – parce qu’ils sont obligés de trouver des compromis entre différentes forces politiques – se réforment davantage et de façon plus durable. Le paradoxe de la toute-puissance du chef de l’État et de l’impuissance de la réforme devrait interpeller bien au-delà du groupe Dem – nous avons cette interrogation en partage, je le sais –, et bien au-delà de cet hémicycle.

Un mode de scrutin doit, de notre point de vue, avoir trois vertus : représenter le plus justement possible les opinions qui traversent la vie politique ; maintenir un ancrage territorial, et c’est en cela que ce que propose le groupe Dem ne me paraît pas satisfaisant, mais il y a vingt façons de faire de la proportionnelle – donc le sujet n’est pas dans le détail, si je puis me permettre ; dégager une majorité relative.

J’observe d’ailleurs que toutes les élections qui se tiennent en France, hormis les législatives et les départementales, se tiennent au scrutin proportionnel. Et on nous dit qu’il empêche de gouverner ! Cela a été vrai pour les régions, mais l’on a modifié le mode de scrutin et les modalités de renversement d’une majorité régionale, et alors qu’il n’y a pas de majorité absolue dans la plupart des régions, elles sont gouvernées, elles fonctionnent. Ce n’est donc pas le mode de scrutin qui détermine exclusivement la majorité – à moins de soumettre entièrement celle-ci au chef de l’État, phénomène qui s’est encore aggravé avec le quinquennat – mais l’équilibre des pouvoirs. Celui-ci peut être trouvé ailleurs que dans le mode de représentation, mais le mode de représentation ne peut pas être trouvé hors du mode d’élection.

Voilà l’équilibre que nous devrions rechercher lors de la prochaine législature, étant entendu que le Gouvernement a décidé de ne pas s’en préoccuper au cours de celle-ci. Cet équilibre nous permettrait de mieux représenter, de former des coalitions, de trouver des compromis, donc de réformer notre pays beaucoup plus profondément en rassemblant largement.

Tous les chefs de l’État qui se sont succédé ont eu la chance – mais c’est une malchance pour notre pays – de pouvoir gouverner en n’écoutant qu’eux-mêmes et en négligeant tous les autres acteurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 20:22:45
Eh oui !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 20:20:44
Au moins, le programme de Pécresse est cohérent !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 20:18:28
Eh oui !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 19:58:01
…au lieu de concevoir une stratégie, comme l’avait fait le président Valéry Giscard d’Estaing, que nous honorerons demain dans cet hémicycle. L’inconstance, en matière d’énergie nucléaire, est une faute lourde, qu’il faut souligner.

Par ailleurs, le marché européen de l’énergie et l’interconnexion de nos réseaux sont des éléments essentiels dans notre stratégie de décarbonation. Mais notre marché ne doit pas voir ses prix complètement faussés, dès lors qu’ils sont indexés sur le gaz, qui n’est pas produit en Europe et qui connaît une augmentation exponentielle. C’est ce que vivent les Français aujourd’hui !

Je m’amuse d’ailleurs d’entendre le Gouvernement dire que si l’on demande un effort à EDF pour payer la facture, c’est parce que l’entreprise dispose de sources de production qui sont amorties. Oui, bien sûr, c’est vrai, mais parce qu’elles ont été pensées sur un temps très long. Si les centrales nucléaires françaises sont amorties et peu émettrices, alors en laissant ouverte celle de Fessenheim vous auriez sans doute épargné quelques peines aux Français.

Quoi qu’il en soit, la composition du mix électrique doit rester un choix de raison, et nous devons choisir le moyen le plus efficace pour parvenir à la décarbonation.

Le débat actuel autour de la taxonomie me laisse sans voix quant à l’influence de la France en Europe, alors que l’Allemagne n’a jamais eu de mal à préserver les intérêts de ses industries automobiles dans nos législations communes, quelque peu vertueuses qu’elles soient en matière environnementale.

Actuellement, 70 % de l’énergie consommée en Europe est d’origine fossile. L’électrification de certaines pratiques est possible dès aujourd’hui, et pour cela nous devons rapidement construire des sources d’énergie renouvelable.

Mais d’autres changements nécessiteront des évolutions technologiques qui nous laissent peu de temps pour agir. Je préférerais voir la Pologne lancer dès aujourd’hui des projets de centrales nucléaires plutôt que de la voir continuer à faire tourner ses mines de charbon.

Pour illustrer l’importance fondamentale de la décarbonation de notre mix électrique pour l’avenir de notre stratégie zéro carbone, je terminerai par une anecdote concernant la mobilité électrique.

L’Europe a intelligemment choisi, sous l’impulsion d’ailleurs du Président de la République, de rapatrier une part importante de la production de batteries sur le continent. Et c’est essentiel, car une récente étude a démontré qu’une batterie produite sur le sol norvégien pour une voiture roulant dans ce même pays ne devra parcourir – parce que la Norvège a une électricité décarbonée – que 8 000 kilomètres pour compenser les émissions de CO2 qui ont été nécessaires à sa production. En Chine, où l’électricité n’est pas du tout décarbonée, il faudrait qu’elle parcoure 180 000 kilomètres, plus de vingt fois plus !

Oui, nous avons besoin d’une énergie électrique décarbonée. La France est le pays le plus vertueux en la matière, et elle devrait reprendre la main en matière d’énergies renouvelables sans tourner le dos à l’énergie nucléaire pour faire plaisir à quelques croyants : c’est l’addition des deux qui nous permettra d’avoir l’énergie la plus décarbonée du monde.
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 19:55:20
La place de l’Union européenne doit toujours être du côté de la science, face à celles et ceux qui préfèrent la croyance et l’incantation – vous en connaissez beaucoup, madame la secrétaire d’État chargée de la biodiversité. Ce sont les scientifiques qui nous donnent les éléments nécessaires à la construction d’une politique économique, énergétique et environnementale qui doit viser deux objectifs : la neutralité carbone avant 2050 et la limitation du réchauffement planétaire en dessous de 2 degrés Celsius.

Notre stratégie continentale doit reposer en grande partie sur nos choix concernant notre mix énergétique, avec deux idées simples : nous devons consommer moins d’énergie et décarboner massivement sa production.

J’aborde en premier lieu ce point de l’efficacité énergétique, car je partage avec vous, madame la secrétaire d’État, un constat que je résumerai d’une phrase empruntée à l’économie circulaire : la meilleure énergie, c’est celle que l’on n’a pas besoin de produire.

Mais notre accord s’arrête ici, car je dois vous avouer que je suis effaré de voir que la France n’a pas su résoudre le problème des plus de 5 millions de passoires thermiques existant dans notre pays. En 2019, nous proposions lors des élections européennes la création, à l’échelle continentale, d’une épargne populaire, d’un livret vert, d’un livret E, qui finance des investissements écologiques, notamment pour la rénovation des logements. Alors que le financement des logements sociaux au travers du livret A est à l’arrêt, décider sa transformation pour permettre à la Caisse des dépôts de financer la rénovation des passoires thermiques apparaît comme une évidence. Avec la crise sanitaire que nous connaissons, les chiffres de l’épargne s’envolent en Europe, à tel point que plus de 1 400 milliards d’euros ne sont pas utilisés, dont 470 milliards rien qu’en France !

L’autre enjeu, c’est bien sûr l’électrification du mix énergétique, par des sources décarbonées, qu’elles soient renouvelables ou non. Je combats tout dogmatisme en matière d’énergie nucléaire : peu importe ici que celle-ci soit plus ou moins vertueuse que d’autres sources. Je ne sais qu’une chose, que je tire des rapports scientifiques, et notamment ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : le nucléaire a un rôle fondamental à jouer en tant que source d’énergie abondante et stable pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

De ce point de vue, madame la secrétaire d’État, la politique française souffre d’un grave défaut stratégique : on ne fait pas du nucléaire à la petite semaine pour plaire à l’opinion publique et on ne change pas constamment d’avis, car il faut ici réfléchir sur le très long terme.

Dans la loi du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat, vous avez confirmé la fermeture de quatorze réacteurs dans les prochaines années ; mais aujourd’hui le candidat Macron nous explique que de nouveaux réacteurs sont nécessaires. On ferme, on ouvre, on promet : bref, on s’adapte à l’opinion publique…
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 16:24:10
Monsieur le Premier ministre, si la stratégie française au Mali change dans les semaines qui viennent, nous vous demandons de convoquer le Parlement pour en débattre. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I, ainsi que sur quelques bancs des groupes LR et Dem.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Feb 01 16:17:52
Monsieur le Premier ministre, la situation au Mali nous inquiète chaque jour un peu plus. Je veux commencer par témoigner du soutien et de l’admiration du groupe UDI et indépendants pour nos militaires qui se battent là-bas depuis tant d’années, et par avoir une pensée pour ceux qui ont été blessés ou sont décédés. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I et sur plusieurs bancs du groupe LR.)

Je veux dire aussi notre soutien à notre ambassadeur, qui relaie la parole du Gouvernement et de l’État et qui est aujourd’hui expulsé par ceux qui usurpent le pouvoir après deux coups d’État.

C’est sur le jeu trouble de la junte que je veux vous interroger. Votre ministre des affaires étrangères l’a dit, la situation au Mali n’est plus tenable : notre ambassadeur en est chassé ; le pouvoir ne souhaite plus coopérer avec l’armée française, ne souhaite plus sa présence ; la population est montée, par une propagande indigne, contre la France et contre l’armée française, décrite comme une armée d’occupation alors qu’elle a empêché l’occupation du Mali, il y a de cela quelques années déjà.

Monsieur le Premier ministre, ces constats doivent nous conduire à tirer des leçons. Si nous ne pouvons plus opérer au Mali dans quelques semaines, comme la ministre danoise l’a dit, des décisions devront être prises dans les quinze jours. Il faut nous réorganiser : nous sommes aujourd’hui au Mali face à un échec stratégique, mais c’est dans tout le Sahel que nous devons combattre le djihadisme.

Notre groupe voudrait savoir quelles sont les perspectives stratégiques de redéploiement de la présence française au Sahel. Par ailleurs, les travaux de l’Assemblée nationale seront suspendus dans trois semaines : en cas de réorganisation de la présence française au Mali, vous engagez-vous, monsieur le Premier ministre, à convoquer le Parlement pour débattre de la situation et en tirer les conséquences ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I.)
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:53:36
Madame la ministre déléguée, entendez au moins que sur les AESH, ce qu’on nous annonce est inexact !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:48:10
Oui !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:46:56
Eh oui !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:45:17
L’action, c’est ce que je propose aujourd’hui !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:44:57
Non, j’ai juste fait un constat !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:44:08
Madame la ministre déléguée, il est scandaleux de ne plus avoir accès à la préfecture pour demander un titre de séjour alors qu’on n’a pas d’ordinateur ou qu’on n’est pas capable de lire ni d’écrire le français. Il est scandaleux que le département ne compte aucun centre APEC – Association pour l’emploi des cadres –, alors qu’il y en a partout ailleurs, comme s’il n’y avait pas de cadres en Seine-Saint-Denis et qu’on était condamné à l’absence de mixité sociale. Le territoire a un besoin urgent de moyens pour lutter contre la subdivision pavillonnaire, parce qu’après les ghettos des immeubles, on en voit apparaître dans les quartiers pavillonnaires, investis par les marchands de sommeil. Les permis de louer ne résolvent pas tout, les problèmes sont nombreux. Il faut arriver à contrôler la population, ce qui n’est pas fait aujourd’hui. François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo reconnaissent, dans le rapport, ne pas savoir combien la Seine-Saint-Denis compte d’habitants, et la situation est en train de s’aggraver…
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:41:41
Pardonnez-moi pour mes propos lapidaires mais je ne souhaite pas entrer dans un débat politicien tel que celui que je viens d’entendre. Je me fiche de ce qui s’est passé avant, j’ai grandi en Seine-Saint-Denis, j’y vis et je continue de m’y battre. Très franchement, je n’ai pas le sentiment que, sous ce quinquennat – pas plus que sous les précédents –, la situation se soit améliorée.

La Seine-Saint-Denis, c’est, par rapport au reste du pays, deux fois et demie plus de personnes qui vivent dans un QPV, trois fois plus d’enfants en ZEP – zone d’éducation prioritaire –, 30 % de médecins en moins et deux fois plus de pauvreté. C’est aussi le département de France où la délinquance est la plus élevée.

Face à cette situation, François Cornut-Gentille l’a rappelé, l’État est défaillant. Il a rompu avec l’égalité républicaine, non pas depuis cinq ans mais depuis vingt-cinq ou trente ans. Quand j’étais môme, c’était déjà ainsi. Tous les élus de Seine-Saint-Denis, quelle que soit leur couleur politique, poussent le même cri : donnez-nous la même chose qu’ailleurs ! Je fais un rêve : que, lorsqu’on parle de la Seine-Saint-Denis, on ne soit pas face au ministre chargé de la ville. Cela signifierait que les politiques menées dans ce département sont les mêmes qu’ailleurs. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui – mais ce n’est pas de votre faute, à titre personnel, madame la ministre déléguée, ni de celle de votre majorité.

Notre département compte moins de magistrats aujourd’hui qu’hier. Vous avez mentionné le recrutement de quatorze magistrats. Or ils avaient été nommés, en tant que remplaçants, par M. Urvoas lorsque celui-ci était garde des sceaux. Leur emploi a finalement été pérennisé mais ils étaient déjà là il y a plus de cinq ans. On avait besoin d’eux pour rattraper le retard car, par exemple, il fallait plus de deux ans pour obtenir une première audition avec un juge des divorces. Voilà la réalité.

Nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux, pas à la bonne échelle. Je ne dis pas que vous pouvez créer des magistrats en trente secondes. Cependant il manque aujourd’hui 60 à 80 magistrats et 150 à 200 greffiers – les intervenants l’ont dit tout à l’heure.

Vous affirmez avoir fait un effort de rattrapage : c’est vrai. On a donné 20 millions aux collectivités pour la construction des écoles ; vu qu’il y a quarante communes, cela fait 500 000 euros par commune, soit une classe par ville. Pendant ce temps, l’État s’est accordé 100 millions pour ses propres bâtiments.

S’agissant des BAC, je posais déjà la question en 2018. Pour les renforcer, on n’a pas ajouté des effectifs supplémentaires – vous avez parlé de 337 policiers en plus, mais je ne sais pas où ils sont, je n’en ai pas vu un seul au commissariat de Drancy : on a déshabillé d’autres unités.

En matière de santé, s’agissant notamment des hôpitaux, la situation est catastrophique. On a découvert, à l’occasion de la crise sanitaire, que les lits de réanimation sont moins nombreux en Seine-Saint-Denis que dans les Hauts-de-Seine ou à Paris, alors même que la population y est plus pauvre et porteuse de polypathologies. Des quartiers entiers sont restés sans un seul médecin généraliste, sans parler des spécialistes. L’État agit dans ce domaine, mais les effets de cette action mettront du temps à se faire sentir.
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 23:30:22
Il n’y a pas 698 magistrats supplémentaires en Seine-Saint-Denis !
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Jean-Christophe Lagarde
2022 Jan 31 22:59:29
Je termine d’une phrase, madame la présidente. Le même problème se pose pour les avocats, et je ne parle même pas des policiers. Quant aux greffiers, madame Munoz, j’en connais aussi quelques-uns qui se trouvent dans des situations invraisemblables car ils vivent dans les pires cités de la Seine-Saint-Denis et sont reconnus au tribunal.

Voilà la priorité. Tout le reste n’est qu’une question de moyens et de volonté. Il y a trois ans, nous disions vouloir au moins la même chose que les autres départements. Ce n’est toujours pas le cas, dans tous les domaines, comme vous venez d’en témoigner.
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