Cela passera par le défi des ressources humaines : il faut permettre à l’industrie de disposer des compétences nécessaires pour faire face à ces enjeux. Si nous ne disposons pas de ces compétences, d’autres les auront à notre place. Ces groupes investissent, et nous les accompagnons. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
Nous mobilisons le fonds national de l’emploi (FNE) pour permettre aux salariés actuels de monter en compétences en matière de nouvelles technologies. L’année prochaine, nous y consacrerons 275 000 millions. Nous avons aussi lancé un appel à projets dans le cadre du plan France 2030, qui permettra de développer les formations de demain. Là aussi, ce sont 7 milliards d’euros qui peuvent être mobilisés. Au travers du plan d’investissement dans les compétences, nous faisons en sorte que les demandeurs d’emploi aient accès à des formations qualifiantes qui leur ouvrent les métiers de l’industrie. La Première ministre et moi-même souhaitons élargir les critères d’éligibilité et de financement de ces formations aux jeunes de moins de 26 ans, quand ils sont demandeurs d’emploi, pour qu’ils puissent suivre une formation jusqu’au niveau bac + 2. Nous souhaitons également lever toutes les conditions d’accès à la formation initiale pour les allocataires du RSA et pour les chômeurs dits seniors, afin de former et d’amener vers le secteur industriel le plus grand nombre de personnes. C’est une occasion majeure de retrouver notre souveraineté industrielle.
Au troisième trimestre de l’année 2023, malgré la légère hausse du taux de chômage, 36 000 emplois ont été créés en France, dont 12 000 dans le secteur industriel. Le dialogue social doit permettre de rendre ces métiers plus attractifs – nous y travaillons avec les partenaires sociaux. Pour répondre aux tensions de recrutement que ces métiers connaissent, il faut aussi faire un effort de formation.
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💬 • Olivier Dussopt, Ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion • 2023 Dec 20 14:46:51
Malgré quelques vociférations, j’ai entendu votre question. J’ai plaisir à rappeler que nous étions ensemble la semaine dernière à Poissy pour accompagner la construction d’un centre de formation, le Green Campus du groupe Stellantis, qui doit former aux métiers de demain. C’est un outil essentiel à la reconquête industrielle. Le ministère de l’économie et celui du travail conjuguent leurs forces pour encourager le retour de l’industrie sur notre territoire.
Nous ne devons pas laisser s’installer une telle situation. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de la conférence sociale que nous avons organisée avec Mme la Première ministre, nous avons indiqué que nous souhaitions ouvrir deux chantiers. Le premier porte sur la question des classifications, question technique qui relève du dialogue au sein des branches. Elle renvoie à leur capacité à prévoir des gradations salariales en fonction de l’ancienneté et des compétences, afin de favoriser les progressions de rémunération et d’éviter toute stagnation en début de carrière. Le deuxième concerne le rôle des branches professionnelles. Il s’agit de veiller à ce qu’elles aient la main sur la négociation sociale autour des salaires. Si l’État détermine par la loi le niveau du Smic, c’est aux partenaires sociaux qu’il appartient de fixer les niveaux des minima conventionnels. Il faut laisser au dialogue social le soin de déterminer le niveau des rémunérations, c’est une préoccupation que nous partageons, je crois. Nous devons faire en sorte que les branches soient plus actives. J’ai réuni hier le comité de suivi de la négociation salariale. À partir de demain, je recevrai pendant quinze jours les branches qui sont les plus en retard. Nous mobiliserons tous les outils dont nous disposons, y compris ceux prévus par la loi du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, qui autorise à procéder à la restructuration des branches ne jouant pas le jeu. Nous envisageons également, avec la Première ministre, de proposer dès 2024 des textes pour sanctionner les branches qui ne se seraient pas mises en conformité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
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💬 • Olivier Dussopt, Ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion • 2023 Dec 12 15:48:55
Monsieur le député, vous m’interrogez sur le pouvoir d’achat et l’évolution des salaires, plus particulièrement ceux qui sont très légèrement supérieurs au Smic. Le mécanisme d’indexation du Smic que nous avons institué a permis, depuis le 1er janvier 2021, sept augmentations du Smic, dont quatre étaient destinées à faire face à l’inflation. (M. Matthias Tavel s’exclame.) Au total, le Smic a progressé de 13,5 %, ce qui a permis de protéger le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes. Cela explique très largement le chiffre de 17 % de salariés au Smic enregistré au 1er janvier 2023. Il est logique d’une certaine manière qu’une augmentation rapide du salaire minimum ait des effets sur les plus basses rémunérations.
💬 • Olivier Dussopt, Ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion • 2023 Nov 22 15:21:18
Le Gouvernement accueille avec une grande satisfaction l’accord trouvé en commission mixte paritaire sur la transposition de l’ANI du 10 février dernier relatif au partage de la valeur. De son point de vue, c’est même une double satisfaction, non seulement pour le dialogue social mais aussi pour la démocratie parlementaire. Les deux assemblées se sont illustrées par leur sens du dialogue et de la responsabilité. C’est ce qui mène à cette transposition réussie, qui trouve un équilibre entre l’écoute du dialogue social et le respect de la compétence du législateur. Ce succès doit beaucoup à la qualité des discussions parlementaires, et je tiens plus particulièrement à saluer le travail accompli par le rapporteur, M. Louis Margueritte, en lien avec sa collègue du Sénat. Ce projet de loi répond à deux demandes majeures des Français : une action en faveur du pouvoir d’achat et la participation des salariés dans leur entreprise. Il s’inscrit dans la continuité de réformes précédentes en faveur du pouvoir d’achat, notamment la loi du 22 mai 2019, dite Pacte, relative à la croissance et la transformation des entreprises, les mesures d’urgence au moment de la crise sanitaire et les dispositions inscrites dans la loi en juillet 2022 pour lutter contre l’inflation. Sans jamais substituer au salaire les dispositifs de partage de la valeur, ce texte complète l’arsenal au service du pouvoir d’achat des Français. Ce gain de pouvoir d’achat par le partage de la valeur créée dans l’entreprise renvoie à une conception particulière du travail : l’idée que partager la valeur, c’est d’abord et avant tout revaloriser le travail et renforcer la solidarité de destin entre l’entreprise et le salarié. Le 16 septembre 2022, lorsque j’ai invité les partenaires sociaux à ouvrir une négociation à ce sujet, l’aboutissement de celle-ci n’avait rien d’évident, et nombreux étaient ceux qui en doutaient. Pourtant, malgré les débats agités du printemps, les partenaires sociaux sont parvenus le 10 février dernier à un accord, qui a été signé par les trois organisations patronales représentatives et quatre des cinq organisations syndicales représentatives. Fort de cet esprit de consensus, que je tiens de nouveau à saluer, je m’étais engagé auprès des partenaires sociaux à une transposition intégrale et fidèle de l’accord, en fixant un principe : l’accord, tout l’accord, rien que l’accord. Sans rien trahir de cet état d’esprit, le Parlement s’est penché sur l’accord et ses améliorations possibles. Les débats de qualité ont fait converger la vision des partenaires sociaux et celle des parlementaires vers un meilleur partage de la valeur dans notre pays. Tout d’abord, parmi un certain nombre de simplifications et d’assouplissements, le texte prévoit l’obligation d’engager, d’ici au 31 décembre prochain, une négociation pour examiner la nécessité de réviser les classifications des branches qui n’ont pas procédé à un tel examen depuis plus de cinq ans. Il s’agit là non seulement d’améliorer les rémunérations, mais aussi de faire écho aux chantiers ouverts par Mme la Première ministre à l’occasion de la conférence sociale. S’agissant plus particulièrement des outils de partage de la valeur, il convient de rappeler qu’à ce jour, rares sont les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE et PME) qui proposent ces dispositifs de participation, à la fois parce qu’elles n’en ont pas l’obligation et parce qu’ils sont très complexes à mettre en œuvre. Ainsi, seuls 9 % des salariés des entreprises de 11 à 49 salariés bénéficient d’un dispositif d’intéressement ou de participation. Pour mettre fin à cette inégalité de fait entre les salariés des petites et des grandes entreprises, le texte fait confiance au dialogue social pour organiser des négociations débouchant sur un accord de branche ou d’entreprise. Il s’agit de trouver des formules dérogatoires plus adaptées à la taille et aux moyens des entreprises en question. De même, les entreprises de 11 à 50 salariés auront jusqu’au 31 décembre prochain pour instituer un dispositif de partage de la valeur dès lors qu’elles ont réalisé un bénéfice net fiscal supérieur à 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois années consécutives. Grâce à ces deux dispositions pourtant d’apparence très technique, près de 1,5 million de salariés auront plus facilement accès à des dispositifs de partage de la valeur. Je crois que nous pouvons tous nous en féliciter. Le texte crée en outre un nouvel outil, le PPVE. Créé par accord pour une durée de trois ans, il permettra à l’ensemble des salariés ayant au moins un an d’ancienneté de bénéficier d’une prime lorsque la valeur de l’entreprise aura augmenté sur ces trois années. Cet outil permettra à la fois de fidéliser les salariés et de les intéresser à la croissance de leur entreprise. Le texte prévoit une autre mesure favorable au pouvoir d’achat des salariés : jusqu’au 31 décembre 2026, la prime de partage de la valeur continuera à être exonérée d’impôts pour les salariés qui travaillent dans les entreprises de moins de 50 salariés et dont la rémunération est inférieure à trois Smic. Aucune de ces évolutions ne s’éloigne d’un principe essentiel, réaffirmé à l’Assemblée nationale comme au Sénat : la non-substitution au salaire. Les partenaires sociaux l’avaient établi ; les parlementaires l’ont consacré dans la loi, pour en rappeler le caractère intangible. De surcroît, le texte engage le développement de l’actionnariat salarié. Dans l’ANI, les partenaires sociaux avaient défini plusieurs leviers pour en assurer le développement : l’extension de la portion du capital ouverte aux salariés actionnaires, grâce à l’augmentation des plafonds de versement d’actions gratuites aux salariés ; l’amélioration de la gouvernance des fonds d’actionnariat salarié en demandant davantage de transparence sur la politique d’engagement actionnarial ; la promotion d’une épargne verte, solidaire et responsable, en exigeant qu’au moins un fonds responsable soit proposé parmi les plans d’épargne entreprise (PEE) et les plans d’épargne retraite (PER) d’entreprise. Les travaux de la commission mixte paritaire, que je salue, ont permis d’affiner le texte et de préciser utilement certains dispositifs. Je pense par exemple au dispositif de rachat d’actions, inscrit non plus dans le projet de loi de finances, mais dans ce projet de loi. Les rachats d’actions par l’entreprise seront désormais l’un des critères pris en compte dans la définition d’une augmentation exceptionnelle du bénéfice net fiscal de l’entreprise. Je relève deux autres évolutions utiles : l’accord entre les deux assemblées sécurise le régime fiscal des apports d’actions consécutifs à une attribution gratuite ; le texte protège le secret des affaires en prévoyant l’absence de publicité des accords de partage de la valorisation de l’entreprise. Enfin, le suivi annuel de l’expérimentation des dispositifs de partage de la valeur institués dans les entreprises d’au moins 11 salariés et de moins de 50 salariés sera transmis aux partenaires sociaux. Le texte confirme que seront aussi transmis aux partenaires sociaux le suivi annuel d’une autre expérimentation, celle de la formule de participation dérogatoire, ainsi que le rapport d’évaluation qui intègre les évolutions envisageables de la formule de calcul de la réserve spéciale de participation. Pour techniques qu’ils soient, tous ces éléments sont très utiles. Le Gouvernement soutient ces précisions et compléments nécessaires proposés par les deux chambres. Le texte correspond aux attentes des Français en matière de pouvoir d’achat et de participation à la vie de l’entreprise. L’accord en CMP parachève son parcours exemplaire, de la signature d’un accord interprofessionnel à une transposition fidèle mais enrichie. Telles sont les raisons pour lesquelles le Gouvernement appelle l’Assemblée nationale à adopter les conclusions de la CMP. (Applaudissements sur les bancs du groupe RE ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem et HOR.)
Ces amendements ont été visés par le rapporteur du Sénat et les deux rapporteurs de l’Assemblée nationale. Il s’agit simplement de corriger des références.
Il permet de déterminer l’intensité de l’accompagnement. Grâce à vos débats, la rédaction retenue assure une prise en compte des difficultés spécifiques rencontrées par chacun. Citons les aidants, les personnes en situation de handicap et les familles monoparentales, ajouts issus des amendements de M. Viry et de M. Juvin. Cette attention portée aux situations particulières va dans le bon sens, celui de la personnalisation de notre approche de l’accompagnement vers l’emploi. Elle se retrouve également dans votre volonté de préciser qui, parmi les jeunes accompagnés par les missions locales, est concerné par l’inscription à France Travail ; il s’agit en l’occurrence de ceux relevant d’un parcours contractualisé d’accompagnement adapté vers l’emploi et l’autonomie (Pacea) ou ayant conclu un contrat d’engagement jeune (CEJ). De même, l’Assemblée s’est efforcée de trouver un juste équilibre dans le contrôle de la recherche effective d’un emploi par les demandeurs d’emploi. Le système retenu sera à la fois plus efficace, plus progressif et plus juste que le système actuel – je pense notamment aux modifications apportées par l’adoption de l’amendement de Michèle Peyron. Enfin, s’agissant de la gouvernance, vos débats ont approfondi la réflexion sur au moins deux aspects centraux. D’une part, l’Assemblée a pris soin de conforter les partenaires sociaux au sein de la gouvernance. D’autre part, le texte issu de vos travaux confirme la place qu’occupent les missions locales dans la réforme de France Travail. Je tiens à saluer le travail qu’elles réalisent tous les jours, sur le terrain, au plus près des jeunes, et à préciser que ni leur gouvernance, ni leurs statuts, ni leurs modalités de financement ne sont modifiés. L’ensemble de ces apports ont nourri ce projet de loi que les députés et les sénateurs de la commission mixte paritaire vous proposent d’adopter. Au nom du Gouvernement, je me réjouis de ce compromis équilibré qui affirme et raffermit l’ambition de ce texte. (M. Paul Vannier s’exclame.) Il est fidèle à l’esprit de nos précédentes réformes et conforme à l’objectif qui guide notre action : parvenir au plein emploi. Vous l’aurez compris, le Gouvernement est très favorable à l’adoption du texte issu de la CMP. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE et Dem.)
Le plafond d’emplois de l’opérateur France Travail sera rehaussé en 2024 de 300 équivalents temps plein travaillés (ETPT). Enfin, d’ici à 2027, c’est 1 milliard d’euros supplémentaire qui sera consacré à l’accompagnement, à l’insertion et au retour à l’emploi. Une enveloppe de 170 millions d’euros est par ailleurs prévue pour les départements en vue d’accompagner la mise en œuvre de la réforme, de densifier l’offre de solutions d’accompagnement socioprofessionnel et de lever les freins périphériques. Ces moyens soutiendront une montée en charge progressive de la réforme avant même la date de son entrée en vigueur, le 1er janvier 2025. Le débat parlementaire a précisé et complété le projet de loi et je me réjouis de l’adoption d’un texte ainsi enrichi. C’est pourquoi, mesdames et messieurs les députés, je tiens à vous remercier pour les travaux de qualité que vous avez menés. Parmi les apports majeurs du Parlement, je citerai la meilleure prise en compte des situations individuelles dans le contenu du contrat d’engagement.
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💬 • Olivier Dussopt, Ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion • 2023 Nov 14 17:34:38
Le Gouvernement accueille avec une grande satisfaction l’accord trouvé entre l’Assemblée nationale et le Sénat en commission mixte paritaire, qui marque la fin de l’examen d’un projet de loi majeur pour notre pays. La procédure législative s’est montrée à la hauteur, avec des débats de grande qualité aussi bien à l’Assemblée qu’au Sénat. Je tiens à remercier l’ensemble des parlementaires pour leur travail méticuleux, qui a abouti à un compromis d’intérêt général. Je salue en particulier l’engagement constant et exigeant des deux rapporteurs, Mme Le Nabour et M. Christophe, ainsi que de la présidente de la commission des affaires sociales, Mme Parmentier-Lecocq. Ce texte ambitieux et équilibré doit beaucoup à cette forte implication mue par un esprit de responsabilité qui honore le Parlement. Les dispositions de ce projet de loi créent de nouveaux outils pour progresser vers notre objectif central, fixé par le Président de la République : le plein emploi pour tous et partout. Nous mettons tout en œuvre pour l’atteindre, au niveau collectif, pour notre économie et nos territoires, mais aussi au niveau individuel, car il est sous-tendu par une quête d’émancipation personnelle par le travail, pour la liberté et la dignité de chacun. Sur tous les bancs, vous connaissez les constats qui ont conduit le Gouvernement à élaborer ce projet de loi. Il entend résoudre le paradoxe suivant : des entreprises peinent à recruter alors même que le nombre de demandeurs d’emploi reste élevé. Il est irrigué par la conviction forte selon laquelle personne n’est inemployable : nous pouvons parvenir à l’inclusion de ceux que la vie a éloignés du marché du travail si nous prévoyons l’accompagnement, la formation et les outils d’insertion nécessaires. Ce projet de loi propose un saut qualitatif dans l’accompagnement vers l’emploi. Par une meilleure formalisation et par une approche personnalisée, il doit permettre d’améliorer l’accompagnement de ceux qui sont confrontés à des difficultés particulières, qu’ils soient en situation de handicap ou bien allocataires du RSA. Il comporte ainsi des mesures fortes concernant l’emploi des personnes en situation de handicap – je pense notamment à l’instauration d’un droit universel à l’orientation en milieu ordinaire, appuyé par un projet professionnel mieux accompagné par le service public de l’emploi. De même, pour que plus aucun demandeur d’emploi ne soit exclu, il prévoit l’inscription systématique à France Travail des allocataires du RSA. C’est aussi pour cela que, dans une logique de droits et de devoirs, nous créons le contrat d’engagement. Adossé à un meilleur accompagnement du bénéficiaire, il s’articule à un régime de contrôle dont les sanctions se veulent davantage progressives, mais surtout plus effectives. Depuis le printemps dernier, pour ce qui concerne les allocataires du RSA, dix-huit départements mènent une expérimentation de ce dispositif. Les retours de terrain sont très encourageants : les chiffres portant sur les entrées dans les parcours d’accompagnement sont prometteurs. Des données plus précises sont en cours de fiabilisation, notamment celles relatives à la nature des orientations et au taux de satisfaction des bénéficiaires. Dès qu’elles seront stabilisées, nous les partagerons bien évidemment avec le Parlement. Ces mesures au service d’un meilleur accompagnement vers l’emploi reposent d’abord sur un devoir de la collectivité à l’égard des demandeurs d’emploi, a fortiori lorsqu’ils se heurtent à des difficultés particulières. Elles assurent aussi un meilleur retour vers l’emploi pour tous et constituent une condition pour que tous les conseillers en insertion professionnelle puissent trouver davantage de sens à leur action. Pour contenir les tensions de recrutement, le texte s’attaque à un deuxième grand défi en proposant une meilleure offre de services aux entreprises, notamment les plus petites d’entre elles, qui ne disposent pas des instruments leur permettant de faire face aux difficultés liées aux ressources humaines. Le troisième objectif est la réforme de la gouvernance du service public de l’emploi. Pour répondre à l’éclatement dont il souffre, nous voulons favoriser la coordination des acteurs grâce à une gouvernance renforcée à tous les échelons territoriaux. Désormais, l’État et les collectivités ainsi que les partenaires sociaux travailleront de concert avec les opérateurs et les partenaires du réseau pour faire converger les politiques menées ensemble. Il s’agit non pas d’une centralisation ou d’une subordination cachée, mais d’une meilleure coopération supposant un vrai partage des données. Toutes ces ambitions appellent des moyens renforcés. C’est pourquoi, vous le savez, le projet de loi de finances (PLF) pour 2024 prévoit la mobilisation de 300 millions d’euros pour la mise en œuvre de la réforme.
Nous partageons cette priorité, mais pas vous, en réalité. Car, quand une réforme de l’assurance chômage est mise aux voix pour rendre ses règles plus incitatives, vous n’êtes pas au rendez-vous et vous votez contre. Quand nous débattons afin que les allocataires du RSA puissent participer à quinze heures de formation et d’activités d’insertion, vous votez contre ; quand l’Assemblée vote des mesures pour faciliter l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, vous votez contre (Mme Caroline Parmentier proteste) ; alors que le plan d’investissement dans les compétences a permis de multiplier par deux et demi le nombre de demandeurs d’emploi formés, vous avez également voté contre chacun des articles du projet de loi pour le plein emploi dont les conclusions de la commission mixte paritaire seront soumises au vote de votre assemblée tout à l’heure. (M. Erwan Balanant applaudit.) Le Rassemblement national dénonce l’assistanat, mais il ne fait rien, ni pour l’emploi, ni pour sortir de leurs difficultés celles et ceux qui y sont plongés. (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Sans préjuger des débats qui interviendront lors de l’examen de ce texte dans les prochains jours, vous dites que la priorité est de faire baisser le chômage en France. Nous y adhérons, à tel point que, depuis six ans, grâce à la politique que nous menons, l’économie française a créé 2 millions d’emplois, dont 140 000 créations net l’an dernier. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
Ne vous en déplaise, il est possible d’avoir un contrat de travail sans titre de séjour valable. De nombreuses personnes ont en effet signé leur contrat lorsqu’elle disposait d’un titre valide, celui-ci n’ayant pas été renouvelé ensuite. (Exclamations prolongées sur quelques bancs du groupe RN.)
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💬 • Olivier Dussopt, Ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion • 2023 Nov 14 15:58:41
Vous prenez prétexte d’une des dispositions du projet de loi pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration, qui est en cours d’examen, pour aborder la question du chômage. Permettez-moi d’abord de rappeler que la disposition que nous avions envisagée avec Gérald Darmanin, tout comme celle qui a été votée par le Sénat avec des critères durcis et qui renvoie à un pouvoir discrétionnaire des préfets, n’a qu’un seul objectif : permettre de régulariser non de nouveaux immigrés, non des personnes travaillant de manière illégale, mais des hommes et des femmes qui travaillent légalement depuis longtemps dans notre pays. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)
Enfin, aller plus loin, c’est mettre en œuvre les dispositions de la directive européenne sur la transparence et l’égalité salariale. La France a jusqu’à fin 2026 pour le faire, et nous avons dit, Mme la Première ministre, Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et moi-même, que ce dispositif sera transposé d’ici début 2025 ; je ne doute pas pouvoir compter sur votre soutien. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
…s’en sont ensuivies 772 mises en demeure et 45 pénalités ont déjà été infligées. En 2021, vous avez adopté la proposition de loi visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle, afin de renforcer l’accès des femmes aux responsabilités dans les plus grandes entreprises ; nous veillons évidemment à sa bonne application. Toutefois, il faut aller plus loin. Aller plus loin, cela passe par les chantiers que la Première ministre, ma collègue Bérangère Couillard, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, et moi-même avons ouvert lors de la conférence sociale. Aller plus loin, c’est lutter contre le temps partiel subi : ce sera une priorité du Haut Conseil des rémunérations, car c’est l’une des premières explications à cette grande différence entre le salaire des hommes et celui des femmes. Aller plus loin, c’est faire en sorte que l’index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes soit évalué et révisé pour être amélioré et devenir plus coercitif, donc plus efficace.
Une partie des inégalités de salaire que nous savons expliquer relève d’une culture de la discrimination entre femmes et hommes, qui n’est pas acceptable. Que pouvons-nous faire pour combattre ce phénomène ? D’abord, nous devons conforter ce que nous avons commencé à faire. Depuis 2019, nous disposons d’un index qui mesure l’égalité professionnelle (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NUPES) ;…