Sur le fond de l’interpellation par notre collègue, il est vrai, madame la présidente, qu’il est assez consensuel de ne pas toujours attendre le délai réglementaire. Cependant, par définition, l’annonce du scrutin vise précisément à ce que les collègues qui ne se trouvent pas dans l’hémicycle parce qu’ils sont dans leur bureau ou dans une salle annexe puissent avoir le temps de s’y rendre. Il y a une forme de cohérence, c’est vrai, à appliquer le règlement. S’il faut attendre cinq minutes, attendons ! C’est la raison d’être de ce règlement.
Dans le prolongement de cette discussion, je suis toujours très heureux de voir un député de La France insoumise rappeler les règles et considérer qu’il est important de les respecter. C’est rassurant d’entendre cela dans l’hémicycle. Si l’on pouvait entendre la même chose hors de l’hémicycle, ce serait parfaitement rassurant.
Madame la ministre des solidarités et de la santé, plusieurs dizaines de médecins français ne peuvent pas exercer sur notre territoire, faute d’avoir soutenu leur thèse de fin d’études dans les délais impartis. Un décret de 2004 relatif à l’organisation du troisième cycle des études médicales a en effet imposé la soutenance de cette thèse au plus tard trois années après l’obtention du diplôme, afin de valider le diplôme d’État de docteur en médecine, indispensable pour exercer. Il dispose également que « les étudiants engagés en résidanat ont jusqu’au terme de l’année universitaire 2011-2012 pour valider l’intégralité de la formation théorique et pratique et soutenir leur thèse ». Cette date butoir a été imposée à des professionnels qui, le plus souvent, exercent déjà, soit en qualité de remplaçants de médecin généraliste, soit comme internes en centre hospitalier. Ceux qui, pour des raisons personnelles, par manque de disponibilité ou même d’information n’ont pas soutenu leur thèse dans les temps sont aujourd’hui contraints de ne plus exercer. Ils ont pourtant les compétences et l’expérience indiquées. Le gouvernement de Bernard Cazeneuve avait prévu d’assouplir ces dispositions afin de permettre aux médecins n’ayant pas passé leur doctorat de travailler à nouveau. La loi de 2016 de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne a ainsi autorisé à ceux qui n’ont pas soutenu leur thèse de s’inscrire à l’université, après avis d’une commission placée auprès des ministres de l’enseignement supérieur et de la santé, et à condition qu’ils s’engagent à exercer en zone sous-dotée. Malheureusement, le décret en Conseil d’État qui devait définir les modalités d’application de ces dispositions n’est toujours pas paru. Au regard de l’investissement, tant économique qu’humain, qu’ont représenté leurs neuf années de formation dans nos universités, il est aberrant de voir des médecins ainsi empêchés d’exercer. En effet, s’ils ne sont pas docteurs, ils sont pourtant bel et bien médecins. Compte tenu de la désertification médicale que l’on peut observer dans une part croissante de nos territoires, nous ne pouvons nous passer d’un tel vivier de compétences. Dès lors, que compte faire le Gouvernement pour remédier à cette situation ?
Avec le seul amendement no 1080, ce sont 15 milliards d’euros que nous ajouterions. Par ailleurs, on entend ici des discours tendant à montrer que la France est au fond un paradis fiscal, dont le gouvernement se borne à faire des cadeaux fiscaux. Je ne sais pas, mes chers collègues, si vous êtes très lucides quant à la situation économique de notre pays : notre dette s’élève à 2 200 milliards d’euros, et notre fiscalité ne rend pas notre pays concurrentiel par rapport à ses voisins européens directs. Quant à la politique menée par le Gouvernement, elle n’a manifestement pas été suffisamment essayée par le passé. Elle vise à rendre notre pays plus compétitif, pour enfin rompre avec le chômage. J’ai l’impression, à entendre les députés communistes et de la France insoumise, que ce n’est pas une question qui vous intéresse, que vous vous moquez de savoir si, grâce à cette politique, de vraies personnes obtiendront un travail dans notre pays.
Monsieur le ministre, nous sommes bien sûr favorables à cet article, et à une diminution – ou, plus exactement, un alignement – de l’impôt sur les sociétés. Je voudrais vous interpeller, mes chers collègues, à propos de l’image que les parlementaires donnent lorsqu’ils siègent dans les assemblées. La nuit dernière, à moins que ce ne soit la nuit précédente, les sénateurs ont détricoté le budget et ont ajouté 6 milliards d’euros de dépenses supplémentaires.