Il est des lois qui changent les choses et ouvrent des perspectives. Il est des lois qui accompagnent le changement et répondent à des besoins exprimés et non encore assouvis. Assurément, ce texte relève de la deuxième catégorie. Il s’inscrit à cet égard dans le cours d’une évolution. Il vient parachever un travail législatif commencé au début des années 2000. La loi du 4 mars 2002 relative au nom de famille, adoptée sous le gouvernement Jospin, a supprimé la transmission automatique et exclusive du nom du père à l’enfant. Elle a permis aux parents de choisir le nom de famille de l’enfant : soit le nom du père, soit celui de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux. Jusqu’à cette loi, l’enfant légitime portait obligatoirement le nom de son père dans seulement trois pays européens : la Belgique, la France et l’Italie. Par la suite la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été un peu plus loin puisqu’en cas de désaccord entre les parents, l’enfant peut porter les noms des deux parents accolés par ordre alphabétique. Initialement, le projet de 2013 prévoyait que les deux noms de famille accolés soient la règle, non seulement en cas de désaccord entre les parents, mais aussi lorsque ceux-ci négligeraient d’indiquer expressément à l’officier de l’état civil leur volonté de ne transmettre que l’un des deux noms de famille. L’évolution sociale passe aujourd’hui par le droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, et par le principe de non-discrimination figurant dans son article 14. La Cour européenne des droits de l’homme a eu l’occasion d’affirmer que le nom était un élément d’identification de la personne et qu’à ce titre, il se rattachait bien à sa vie privée et familiale. Le fait que l’État soit en mesure d’en réglementer l’usage ne retire rien au fait que le nom patronymique est d’abord un élément essentiel de la relation de l’individu avec ses semblables. Il ne fait guère de doute que la liberté du choix du nom a progressé en Europe et peut encore le faire dans notre pays. Le présent texte ne bouscule pas le cadre actuel, mais lui donne de la souplesse, permettant de concilier la possibilité d’une évolution personnelle avec la stabilité que requiert l’identité des personnes. En ce sens, il modifie la donne de façon raisonnable et équilibrée. L’article 1er donne le droit à toute personne majeure de porter, à titre d’usage, le nom de famille du parent qui ne lui a pas transmis le sien, par substitution ou adjonction à son propre nom, dans l’ordre qu’elle choisit, dans la limite d’un nom de famille pour chacun des parents. Ce droit est ouvert pour les enfants mineurs, et sera exercé par les titulaires de l’autorité parentale. L’article 2 prévoit que, par demande faite à l’officier de l’état civil dépositaire de son acte de naissance, toute personne majeure pourra changer de nom, par substitution ou adjonction à son propre nom du nom de famille du parent qui ne lui a pas transmis le sien, dans l’ordre choisi par elle, dans la limite d’un nom de famille pour chacun des parents. Quant à l’article 3, supprimé, il prévoyait les conditions d’exercice de cette faculté pour les majeurs protégés. Le présent texte va dans le sens de la responsabilité et de la liberté des parents. Il facilitera le changement de nom des enfants, qui ne rencontreront pas de difficulté majeure et éviteront un parcours parfois long, amer ou humiliant, s’ils veulent faire correspondre leur identité patronymique avec celle des parents aimants. Le texte complète un mouvement législatif auquel les députés socialistes et apparentés ont contribué et souscrivent. Heureusement, après les débats au Sénat, l’Assemblée a le dernier mot. Certains des amendements défendus par le groupe Socialistes et apparentés en première lecture ont été adoptés. Ce texte constitue donc pour nous un nouveau point d’équilibre. Les membres de notre groupe le voteront car il répond à une évolution sociale – certains diraient sociétale –, règle des situations personnelles et familiales difficiles et garantit mieux un droit au nom patronymique, élément de la vie privée et familiale. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem.)
Il propose qu’en Guadeloupe et en Martinique le projet régional de santé comprenne un volet spécifique de santé visant à mieux connaître les expositions à la chlordécone et leurs conséquences sanitaires, afin d’adapter les mesures de prévention et de protection, de surveiller l’état de santé de la population et d’assurer le suivi sanitaire adapté.
Il a pour objet de préciser que les agences régionales de santé définissent leurs missions et leurs compétences en prenant en compte les caractéristiques et les contraintes particulières à chaque région. Il vise également à associer les collectivités à l’organisation de la réponse d’urgence aux situations de crise sanitaire.
Il vise à établir, à titre expérimental, une composition plus équilibrée du conseil de surveillance de l’agence de santé de Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, en donnant un tiers des sièges aux élus représentant ces collectivités ou leurs groupements. La crise du covid a montré, une fois encore, l’importance du rôle des élus, leur connaissance du terrain et la nécessité de faire bénéficier l’agence de santé de leur expérience, a fortiori en Guadeloupe où la crise a des conséquences multiples. Tel est l’objectif visé par cet amendement.
J’ai compris que vous n’étiez pas favorable aux coprésidences, monsieur le ministre, mais il est important de comprendre que l’agence de santé de Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy couvre trois territoires ayant des institutions, des fonctionnements et des spécificités très différents ; elle doit donc faire l’objet d’une coprésidence effective.
Il prévoit une représentation à parts égales des différentes catégories de membres des conseils d’administration des ARS : représentants de l’État, des organismes locaux d’assurance maladie, des collectivités territoriales et des patients, personnes âgées ou personnes en situation de handicap.
Je tenais à prendre la parole sur cet article pour parler de démocratie sanitaire. La crise sanitaire a en effet révélé pour nos territoires ultramarins, éloignés de l’Hexagone, l’importance des élus locaux dans la gouvernance des politiques sanitaires, surtout dans le déploiement de mesures protectrices pour les populations. Pourtant, malgré nos multiples avertissements, il apparaît encore trop souvent – je parle surtout pour la Guadeloupe – que le dialogue entre les élus et l’ARS reste fortement dégradé. Face à une fragilisation sans précédent de l’offre de soins, l’inertie parfois trop accommodante de la direction de l’ARS vient déstabiliser encore un peu plus le système de santé local. Les coups portés successivement au comité de gestion des œuvres sociales hospitalières (CGOS), au groupement d’intérêt public - Réseaux et actions de santé publique en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy (GIP-RASPEG), au cyclotron et à l’Établissement français du sang sont autant d’illustrations des effets en cascade des problèmes de gouvernance locale de l’offre de soins. En ces temps de crise et alors que le nouveau centre hospitalier universitaire (CHU) de Guadeloupe est toujours en reconstruction, il m’apparaît fondamental de faire cesser ces dysfonctionnements et de rétablir la confiance. L’article 31 transforme la composition et les missions des ARS dans le but d’y faire une plus grande place aux élus locaux. C’est naturellement une bonne évolution, mais nous considérons qu’il faut aller plus loin dans les départements d’outre-mer. Ce sera le sens de l’ensemble des amendements que je défendrai avec mes collègues ultramarins.
Il propose d’améliorer l’effectivité de la loi du 27 décembre 2018 visant à faciliter la sortie de l’indivision successorale et à relancer la politique du logement en outre-mer, dite loi Letchimy, en proposant qu’elle s’applique à toutes les successions ouvertes depuis plus de cinq et non dix ans.
Sur les 129 communes situées dans les départements et régions d’outre-mer, seules six – j’insiste sur ce chiffre – ont obtenu la dénomination de « commune touristique » ou de « station classée de tourisme » : deux en Guadeloupe, deux en Martinique, une en Guyane et une à La Réunion, en l’occurrence Saint-Paul, station classée de tourisme. Ainsi, alors même que chacun peut mesurer la richesse du patrimoine naturel et culturel de l’ensemble de ces territoires et leur exceptionnel potentiel de création de valeur, 123 communes ultramarines – qui mènent toutes des politiques locales de promotion touristique spécifiques et adaptées – n’ont pu conserver ou retrouver l’exercice de la compétence « tourisme », et singulièrement la création d’offices de tourisme. C’est la raison pour laquelle, malgré les assouplissements apportés à la procédure de classification des stations de tourisme, cet amendement propose de consacrer la possibilité, pour toutes les communes des départements et régions d’outre-mer qui le désirent, de conserver ou retrouver cette compétence essentielle au dynamisme de leur territoire.
Je propose deux modifications aux règles régissant l’organisation des CTAP outre-mer, notamment dans les collectivités relevant de l’article 73 de la Constitution. La première ouvre la possibilité à un vingtième des électeurs de demander par voie de pétition l’inscription à l’ordre du jour de questions complémentaires relevant de compétences exercées par les collectivités territoriales. La seconde tend à ce que dans les collectivités régies par l’article 73, les parlementaires du territoire concerné soient automatiquement membres de la CTAP.
Il a trait à la déconcentration et vise à ce que les élus locaux soient systématiquement informés et saisis des projets d’évolution des services déconcentrés sur les territoires afin que l’évolution de l’offre des services déconcentrés ne se fasse plus de manière unilatérale.
La loi d’orientation pour l’outre-mer permet aux conseils régionaux et départementaux des outre-mer de présenter au Premier ministre des propositions tendant à modifier les dispositions législatives ou réglementaires en vigueur, ainsi que toutes propositions législatives ou réglementaires concernant leur développement économique, social et culturel. Afin de garantir que les propositions de modifications législatives émanant des collectivités seront pleinement prises en considération, et de les encourager, il convient que les parlementaires des territoires concernés en soient également informés. Les propositions de modifications d’ordre réglementaire pourront également faire l’objet d’une transmission, afin que le Parlement puisse les suivre, en vertu de son pouvoir de contrôle de l’action du Gouvernement.
Au cours des vingt années écoulées, le législateur et l’État ont engagé un profond bouleversement du paysage territorial et des institutions locales. Les différents changements intervenus ont eu un impact majeur dans nos outre-mer : création des intercommunalités, transferts de compétences, timides expérimentations et insuffisantes adaptations législatives. Ces réformes, déconcentrations et actes de décentralisation, entraînant des enchevêtrements de compétences, ont souvent été mal accompagnés et déconnectés de leurs conséquences directes sur le terrain. Tout n’est pas à jeter, bien sûr. Je pense notamment au desserrement constitutionnel de 2003. Je pense aussi à ce qu’ont pu réaliser, çà et là, les exécutifs locaux de Martinique et de Guadeloupe, notamment grâce aux habilitations. La Guadeloupe a d’ailleurs été la première collectivité à s’en saisir en adoptant des lois « péyi » adaptant les normes. En dépit de tout cela – on le constate à la faveur de la terrible crise que traverse la Guadeloupe –, a émergé la question de la domiciliation du pouvoir en local. Au-delà des débats institutionnels ou statutaires, j’affirme que le cadre constitutionnel nous offre d’ores et déjà les moyens de répondre au besoin de différenciation. Tout le reste relève d’autres processus constitutionnels et chacun connaît les propositions que nous faisons en la matière. Avant de parler d’autonomie, comme je l’ai entendu faire, je parlerais de démocratie, d’horizontalité, de relégitimation et de considération des élus, ainsi que de renforcement de l’adaptation des lois. Mais encore faut-il que chacun y soit prêt ! En tant qu’élue de terrain, longtemps responsable du devenir d’une collectivité, je sais combien toutes les réformes décidées à Paris sont sources de déstabilisation, ou constituent un frein, lorsqu’elles ne sont pas construites en concertation avec celles et ceux qui agissent au plus près des intérêts de la population. Mais encore faut-il avoir l’écoute de l’exécutif ! Vous connaissez l’ardeur des élus ultramarins au Parlement, madame la ministre, pour faire en sorte qu’aucune loi ne soit votée sans que ses conséquences sur le terrain n’aient été anticipées. Pourtant, sans un gouvernement et une majorité attentifs à nos remarques, il arrive bien trop souvent qu’un texte soit voté sans qu’aucune de nos propositions n’ait été acceptée. Tous les élus ultramarins constatent, hélas, y compris sur les bancs de votre propre majorité, que le prétendu « réflexe outre-mer » n’aura été qu’un slogan. Chacun voit ici que l’uniformité des politiques nationales demeure trop souvent la règle et que la différenciation reste un mirage. Il en résulte des politiques publiques parfois déconnectées de nos réalités et peu efficaces pour nos populations. Rappelons ce que nous voyons depuis bientôt cinq ans : de la verticalité, de la centralité et de la surdité. Permettez-moi de citer quelques exemples concrets. En 2018, les élus ultramarins ne sont pas entendus lorsqu’ils demandent des dérogations à la suppression des emplois aidés outre-mer. Il faut que le chaos s’installe en Guadeloupe il y a une semaine pour que l’on décide de recréer 1 000 de ces emplois, pas moins de trois ans plus tard. En 2018 toujours, on décide, contre l’avis des parlementaires ultramarins, de supprimer l’aide personnalisée au logement (APL) accession. Pendant un an, les mises en chantier s’effondrent, puis le Gouvernement décide de faire volte-face. En 2019 nous présentons, avec plusieurs collègues de mon groupe, une proposition de loi tendant à la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes du chlordécone et du paraquat en Guadeloupe et en Martinique, qui n’a pas été adoptée ici. Nous lançons ensuite une commission d’enquête mais le Gouvernement refuse toujours d’engager un vrai travail de fond pour réparer le mal qui a été fait. Ni le nouveau plan chlordécone, ni l’ouverture du tableau des maladies professionnelles, ne changeront un iota au désastre alimentaire, sanitaire, économique et social que nous vivons. Cette défausse alimente encore aujourd’hui les contestations sur les barrages. Cette année même, le Gouvernement a imposé une loi à la Guadeloupe, visant prétendument à y régler une bonne fois pour toutes le drame de l’eau en créant un syndicat mixte ouvert. Sur ces bancs, nous vous avons prévenus que le règlement des problèmes de gouvernance ne changerait rien au nœud des difficultés, c’est-à-dire le financement. Or, moins de trois mois après la création du SMO, nous revenons à la case départ : le syndicat est incapable de financer son fonctionnement et ses investissements. Ainsi, en cinq ans, aucune loi spécifique à l’outre-mer n’a été présentée ; presque aucun amendement, qu’il vienne de la majorité ou des oppositions, n’a été adopté ; toutes les réformes concernant l’outre-mer ont été faites sans les élus, sans les socioprofessionnels de nos îles et sans la société civile. S’il est heureux, madame la ministre, de voir enfin arriver ce projet de loi, disons clairement qu’il est bien tardif et largement sous-dimensionné. Comme à notre habitude, nous ferons notre travail en portant des amendements spécifiques ; comme à chaque fois, nous en appellerons à votre bienveillance pour les considérer et les faire adopter mais, je dois le dire, sans nous faire trop d’illusions. La différenciation, les adaptations et la décentralisation ne peuvent pourtant se construire qu’avec les élus. À vous, madame la ministre, de nous entendre, de nous associer et de nous accompagner. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Comme vous le constatez, cet amendement a été déposé par des députés qui siègent sur l’ensemble de nos bancs. Il prévoit une augmentation des crédits de 20 millions d’euros en faveur du prêt de développement outre-mer. Ce PDOM est extrêmement utile et il a beaucoup été sollicité pendant la crise, puisqu’il finance les besoins en fonds de roulement des entreprises, y compris les besoins de préfinancement.
L’article 34 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 a organisé une réforme des modalités de financement des activités de soins psychiatriques, en instaurant un ONDAM spécifique. Au vu des difficultés budgétaires que rencontrent les établissements des zones rurales, de montagne et d’outre-mer, mon amendement propose de tenir compte de leur éloignement par rapport aux établissements des régions limitrophes dans la répartition des dotations liées aux soins en psychiatrie.
Par cet amendement, je tente de revenir une fois de plus sur les coefficients géographiques des outre-mer, afin d’améliorer le financement de nos établissements de santé, qui sont en grande souffrance. Le sujet n’est pas nouveau : il y a deux ans, grâce à un amendement de notre collègue Justine Benin demandant la remise d’un rapport au Parlement sur ce sujet, l’Assemblée insérait une disposition à l’article 33 dans le PLFSS pour 2020. Le rapporteur général d’alors, aujourd’hui ministre, avait voté en faveur de cette initiative. À ma connaissance, et d’après le bilan annuel de l’application des lois au 31 mars 2021, ce rapport n’est toujours pas paru. Aussi proposons-nous de réviser les coefficients géographiques tous les trois ans – vous aurez compris que nous lançons là un appel, et même un appel à l’aide pour assurer le financement de nos structures de santé.
Conjuguée à la baisse prolongée d’activité, notamment dans le secteur touristique, l’accumulation de dettes outre-mer agira bientôt comme un couperet pour des milliers d’entreprises qui se dirigeront vers une fermeture. Il faut porter à cinq ans le délai maximal d’étalement de la dette des travailleurs indépendants et des employeurs. Bien sûr, dans les faits, la sécurité sociale tente de proposer des délais allant jusqu’à cinq ans dans les outre-mer, mais ce n’est pas inscrit dans la loi.
Cet amendement vise à placer les entreprises des départements et régions d’outre-mer du secteur du BTP dans le barème renforcé du régime d’exonération de charges sociales patronales pour, je le précise, la seule année 2022. Alors que dans le contexte sanitaire que chacun sait, ces entreprises du BTP ont réussi à maintenir la continuité de l’activité économique, une nouvelle réalité menace la profession : celle de la flambée des prix des matériaux, avec des augmentations parfois supérieures à 40 %. De surcroît, le prix du fret a également beaucoup augmenté pour le transport par containers. À cela s’ajoutent des ruptures d’approvisionnement pour certains matériaux. En raison du poids du secteur du BTP dans l’économie des territoires ultramarins, il est donc proposé de lui octroyer un petit coup de pouce, de l’ordre de 10 millions d’euros, pas plus, parce que c’est important pour nos territoires.
Je tiens à intervenir pour interpeller une nouvelle fois le Gouvernement sur la situation dans les territoires d’outre-mer. La loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, obligeant tous les professionnels de santé à être vaccinés, tend un peu plus une situation que nous savons tous dramatique. Chacun le sait, je milite en Guadeloupe pour la vaccination progressive et obligatoire de la population, mais je suis aussi quelqu’un de pragmatique et je constate simplement les chiffres. Parmi les personnels de santé, les données de vaccination sont alarmantes : au centre hospitalier universitaire (CHU) de la Guadeloupe, seulement un tiers du personnel administratif et la moitié des 2 200 agents paramédicaux sont vaccinés. Que ce soit au CHU de Pointe-à-Pitre, au centre hospitalier de la Basse-Terre ou dans les autres établissements de l’archipel, les responsables, tenus au respect de la loi, ne nous donnent pas d’autre choix que de réorganiser totalement le système de soins. Face au chaos qui s’annonce et à l’épuisement des personnels déjà lourdement éprouvés, je souhaite entendre le Gouvernement, d’autant que la situation est la même dans les autres territoires ultramarins. Comment pouvez-vous garantir aux Guadeloupéens et aux populations ultramarines la continuité des soins avec un tel manque de personnel ? L’envoi probable de renforts depuis l’Hexagone est-il selon vous une solution viable à long terme ? Quelle campagne spécifique à destination des personnels de santé allez-vous mettre en place ? Cet après-midi, le ministre Olivier Véran, en réponse à notre collègue Justine Benin, a affirmé qu’il fallait faire preuve de discernement dans l’application de la loi : qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Justine Benin applaudit également.)
Nous proposons que les parlementaires du territoire ainsi que le ou la présidente de l’association des maires de Guadeloupe soient membres de la commission de surveillance.
Je voudrais rebondir sur la question du prix de l’eau. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la commune de Trois-Rivières, dont j’ai été maire pendant de nombreuses années, est la seule commune de Guadeloupe à posséder sa propre régie des eaux. La seule différence est qu’il n’y a pas d’intermédiaire, pas de multinationale ; c’est une régie autonome. Il suffit de répéter le même principe et l’on parviendra à faire baisser le prix de l’eau.
L’amendement no 28 est en partie satisfait par l’amendement no 32 du Gouvernement. J’ai bien entendu les explications de M. le ministre sur le cadre du règlement de la dette par les EPCI ; je tiens à signaler la situation particulière de la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbes, marquée par un endettement colossal, mais surtout par la présence d’une régie autonome, en l’occurrence celle de la commune de Trois-Rivières. Il faut prendre en considération ces régies autonomes. Ce sont les seules communes où l’eau paie l’eau en Guadeloupe… L’amendement no 27 est défendu.