Monsieur le ministre de l’agriculture, ce n’est pas un hasard si, vendredi dernier, vous avez choisi la Haute-Saône, le pays de la cancoillotte, avec ses plus de 3 000 exploitants, pour venir échanger sur les nouvelles dispositions des retraites agricoles. Nous pouvons être fiers d’avoir répondu à une attente de longue date : augmenter à 85 % du SMIC le minimum de retraite, sur la base d’une démarche transpartisane engagée par André Chassaigne et travaillée avec Jacqueline Dubois. Il était urgent d’agir puisque la moitié des agriculteurs partiront à la retraite dans dix ans et viendront s’ajouter aux 200 000 retraités bénéficiaires de cette revalorisation dès ce mois. Nous sommes allés plus loin, avec l’élargissement du dispositif aux conjoints collaborateurs et aux aidants familiaux. Cette injustice désormais réparée contribue à rendre de l’attractivité à ce métier essentiel à la société, comme nous l’a rappelé le dernier recensement décennal. Cette action s’inscrit dans une démarche plus globale que nous menons avec le Gouvernement depuis 2017 ; avec les lois EGALIM 1, pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, et 2, pour protéger la rémunération des agriculteurs ; avec le texte sur le foncier agricole adopté hier sur ces bancs, pour une meilleure distribution des parcelles de la ferme France et aussi, évidemment, avec France relance, le Varenne de l’eau et prochainement la réforme de l’assurance récolte. Et ce n’est qu’un début. Depuis la décision du monde agricole de ne pas entrer dans le système général en 1962, les réalités ont évolué. La réforme des retraites qu’on nous a empêchés de mener prévoyait bien de corriger un déficit structurel par l’harmonisation et la solidarité. Monsieur le ministre, pouvez-vous confirmer votre volonté de créer un système juste et durable pour nos agriculteurs, mais aussi pour nos artisans, nos commerçants, nos indépendants, bref, de créer un système de retraite plus équitable eu égard à la valeur travail ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Il porte sur les fruits oubliés. Nous savons que la France compte plusieurs milliers de variétés de pommes, poires et autres fruits locaux. Notre consommation se limite pourtant souvent à une poignée d’entre elles alors que de nombreuses autres variétés présentent de nombreux atouts sur le plan gustatif mais aussi en matière d’alimentation saine, sûre et durable. Tout le monde devrait y avoir accès. Je donnerai l’exemple, qui nous a été signalé par une association, de la poire fauvanelle, cultivée uniquement en Haute-Saône. Trop peu de moyens sont mis pour développer et relancer la production de ces fruits oubliés. Nous proposons donc, par cet amendement, d’abonder de 500 000 euros l’action 01 du programme 206 pour que les associations aillent de l’avant et parviennent à recréer des filières. Il était question à l’instant de l’élaboration des PAT. Or les associations dont je vous parle n’en sont même pas à ce stade. Nous devons les aider à remettre sur le marché ces fruits dont nous avons besoin pour notre souveraineté alimentaire.
Nul besoin de s’étendre longuement sur le rôle de clé de voûte que joue notre agriculture, non seulement pour notre système alimentaire, mais également pour l’organisation du territoire. En nous donnant les moyens d’avoir une agriculture souveraine, dignement rémunérée et porteuse de sens, nous donnons les moyens aux zones rurales de faire de cet entreprenariat du vivant, un vecteur d’attractivité et de dynamisme durable. L’agriculture, c’est donc plus qu’un simple secteur d’activité économique. La ferme France et les filières alimentaires sont également un fleuron français infiniment précieux, qui représentent, de la ferme à la fourchette, 16 % de l’économie française incluant la restauration. Comme dans de nombreux domaines politiques, l’appréciation des ressources financières allouées à l’agriculture et à l’alimentation va au-delà de la mission Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales. Nos collègues rapporteurs spéciaux ainsi que notre collègue rapporteur pour avis au nom de la commission des affaires économiques l’ont rappelé : ce sont plus de 3 milliards d’euros supplémentaires qui sont consacrés à ces sujets dans le cadre du plan de relance et du plan d’investissement France 2030. Alors qu’il détaillait les moyens que nous allons nous donner pour réussir la troisième révolution agricole, le Président de la République l’a redit : le paradoxe de notre modèle agricole est bien que nous attendions toujours plus de notre agriculture, alors même que sa place dans le budget des ménages a diminué. Cette exigence du « manger mieux » est légitime, mais elle a un coût. Depuis le début de cette législature, en investissant massivement dans la transition écologique, l’État en prend pleinement la mesure. D’un point de vue structurel, il m’importe bien sûr de mentionner les lois que nous avons votées puisqu’il s’agit du dernier budget du mandat : EGALIM 1 et 2, loi relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires, loi visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles en France continentale et dans les outre-mer. Je mentionne également les initiatives parlementaires dont nous souhaitons l’aboutissement prochain, comme la proposition de loi visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes et la proposition de loi portant mesures d’urgence pour assurer la régulation de l’accès au foncier agricole au travers de structures sociétaires. J’ajoute le projet de loi relatif à la réforme de l’assurance agricole ou la mission d’information sur le modèle coopératif agricole. Nous avons eu à cœur sur ces bancs de mener des réflexions de fond au-delà du corporatisme et des facilités. Le budget pour 2022 traduit des engagements que vous-même, monsieur le ministre – ainsi que vos prédécesseurs, et je pense évidemment à notre collègue de la commission des affaires économiques, Stéphane Travert – avez tenus depuis le début de la législature. Ce budget favorise une agriculture résiliente et compétitive qui innove, forme les producteurs de demain, entretient notre patrimoine végétal, structure des filières de qualité, notamment grâce aux signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO), une agriculture qui réduit son effet sur l’environnement, qui est pleinement en mesure de s’adapter aux aléas climatiques, enfin qui, forte d’une envergure réaffirmée, bénéficie d’aides de la politique agricole commune. Ce budget encourage également, puisque l’un ne va pas sans l’autre, une alimentation faite au maximum de produits frais et locaux qui nourrissent, comportent un vrai goût, présentent une vraie couleur et se vendent à un juste prix – j’y tiens, en ma qualité de corapporteure de la mission d’information sur les sels nitrités dans l’industrie agroalimentaire. À ce titre, je ne peux que regretter que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) n’ait toujours pas remis son rapport sur les sels nitrités qui nous avait été promis, d’abord au mois de février puis au mois de juin – je sais, monsieur le ministre, que vous l’attendez également. Enfin, je me permets de mentionner un sujet connexe qui, du fait de son caractère transversal, n’est pas abordé lors de la discussion budgétaire, alors qu’il est pourtant indissociable de l’agriculture et de l’alimentation : la gastronomie. Ce matin, lors de l’examen de la mission Économie, la ministre déléguée chargée de l’industrie a confirmé l’allocation de 5 millions d’euros à l’année de la gastronomie pour la période 2021-2022, afin notamment de préfigurer un « Clairefontaine de la gastronomie », annoncé par le Président de la République. Monsieur le ministre, vous savez combien les enjeux sont grands puisque l’excellence tire tout un écosystème vers le haut. Nous serons à vos côtés pour mener à bien ce chantier qui doit s’inscrire dans la durée, afin que la gastronomie ne soit pas qu’un enjeu élitiste, mais bien, au quotidien, une réalité pour nos agriculteurs et dans nos cantines. Pour que ces crédits servent, en toute cohérence, notre ambition – qui, nous le savons, est aussi la vôtre –, le groupe La République en marche, évidemment, les votera. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM et sur les bancs des commissions.)
Compte tenu de ce qui vient d’être annoncé, je le retire. Bien entendu, vous pouvez compter sur moi et je ferai tout pour défendre ce projet. On doit absolument rassurer cette « team France » qui ne peut plus en être réduite à vendre des pin’s ou des tee-shirts pour financer ses actions. En tout cas, ce n’est pas ainsi que cela se passe dans les pays scandinaves. J’espère être là en 2023 pour pouvoir défendre cet amendement !
Cela fait donc marcher l’apprentissage, l’ascenseur social, etc. La victoire du candidat Davy Tissot et de son équipe à Lyon lors de cette édition du Bocuse d’Or n’est pas un hasard : des moyens sans précédent ont été mobilisés pour que notre « team France » puisse redevenir numéro un. Dans les pays scandinaves, l’État vient davantage agir sur cette partie-là. Cet amendement va donc dans le sens des annonces du Président de la République, ainsi que dans celui de ce que nous souhaitons tous développer : une alimentation plus saine, sûre et durable à travers l’outil de la gastronomie. Je propose donc que l’État consacre 1 million d’euros à l’accompagnement de cette structure-là.
Nous avons eu la chance que le Président de la République vienne, pour la première fois, nous rendre visite au salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation à Lyon. La veille, lors du dîner des chefs, il avait annoncé le Marcoussis ou le Clairefontaine de la gastronomie. Ce rapport avec le sport n’est pas anodin : l’on sait que lorsqu’une équipe joue en ligue 1, qu’il s’agisse du football ou du rugby, beaucoup plus d’enfants sont attirés par le sport. Lorsque des excellences arrivent à briller, cela crée une vraie force centrifuge.
…mais il n’était pas opérationnel – j’en ai moi-même fait l’expérience, puisque j’ai utilisé cette enveloppe pour mes collègues commerçants dans mon territoire. Les programmes Action cœur de ville ou 1 000 cafés sont bien plus efficaces pour aider les commerçants.
Je présidais l’Union des commerçants, industriels et artisans du canton de Marnay lorsque le FISAC a été créé. Dans mon village de 1 800 habitants, non seulement de nombreux commerçants n’avaient pas droit au FISAC, mais ceux qui y étaientéligibles ont été en butte à une procédure complexe et mal ficelée, dans laquelle l’argent était versé très tardivement. En définitive, ceux qui étaientles plus visés n’en ont pas nécessairement bénéficié. Le FISAC procédait d’une bonne intention…
Pour la troisième année consécutive, j’ai le plaisir de vous présenter l’analyse des crédits consacrés, dans le projet de loi de finances initiale pour 2022, à l’économie sociale, solidaire et responsable – ESS. Comme vous le savez, depuis le transfert réalisé par la précédente loi de finances initiale, c’est l’action 04 du programme 305, Stratégies économiques, qui regroupe les ressources budgétaires expressément consacrées à cette politique publique. Cette heureuse simplification de la maquette budgétaire pourrait éventuellement se poursuivre par le biais de la publication d’un document de politique transversale. À bien des égards, le dernier budget du présent quinquennat renouvelle l’engagement qui a été celui des pouvoirs publics tout au long de la législature. Au-delà de la création d’un secrétariat d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable, qui manifeste l’importance accordée au secteur, celui-ci a bénéficié d’un soutien financier croissant. Dans les circonstances économiques troublées de la crise sanitaire, il a pu compter sur le fonds d’urgence ESS qui a permis, au bénéfice de près 4 800 structures de moins de dix équivalents temps plein, la mobilisation de 30 millions d’euros. Alors que tous les tableaux de bord permettent d’annoncer une reprise exceptionnelle de l’activité marchande, il importe que l’État accompagne l’ESS, afin qu’elle prenne toute sa part dans la construction d’un modèle de développement pouvant parfaitement s’inscrire dans l’économie réelle. Le projet de loi de finances pour 2022 contribue pleinement à la réalisation de cet objectif, en dégageant les moyens nécessaires à la structuration d’un écosystème et à la conception de nouveaux outils. De fait, la programmation budgétaire assure la continuité de financements dédiés à ces enjeux essentiels pour la structuration et la croissance de l’économie sociale et solidaire. En premier lieu, les crédits prévus soutiennent le développement des contrats à impact social. En second lieu, ce projet de budget pour 2022 propose des ressources utiles à la structuration d’un écosystème dont la complexité peut décourager certains acteurs. Au-delà de la reconduite des crédits alloués au soutien des têtes de réseau, il met en effet l’accent sur le financement accru des pôles territoriaux de coopération économique – PTCE. Une telle orientation paraît décisive, car ces dispositifs présentent deux vertus : d’une part, ils offrent un cadre à la mise en commun de ressources et aux coopérations entre associations, coopératives, tiers lieux, entreprises et collectivités publiques ; d’autre part, ils paraissent de nature à favoriser un changement d’échelle pour la réalisation des projets, favorisant la mobilisation d’autres ressources que les microfinancements ou les subventions. Dans la même optique, il convient de souligner, en dernier lieu, le caractère stratégique des ressources dégagées cette année encore pour l’affermissement des dispositifs locaux d’accompagnement – DLA. En effet, ceux-ci visent à favoriser la consolidation et le développement des emplois et des projets des structures d’utilité sociale par le biais d’un accompagnement sur mesure et qui plus est gratuit. L’économie sociale, solidaire et responsable ne saurait être tenue pour un secteur sous perfusion. Elle représente 10 % du produit intérieur brut national, 14 % de l’emploi privé, compte 12 millions de bénévoles, 2,4 millions de personnes salariées et ses acteurs sont très divers, si bien qu’elle possède tous les attributs d’un secteur économique à part entière. Bien souvent, ces structures et opérateurs se heurtent à des difficultés de financement. L’investissement des acteurs privés apparaît aujourd’hui restreint du fait de nombreux facteurs. Il existe d’abord une appréciation très défavorable – et irraisonnée – du risque associé au financement de ses projets. Cette aversion, qui participe souvent d’une incompréhension des modèles de l’ESS et de la perception d’une rentabilité insuffisante, hypothèque le recours aux circuits financiers traditionnels. Il convient ensuite de prendre la mesure des limites des outils financiers spécifiques instaurés par la loi du 31 juillet 2014. La rénovation des titres et obligations associatifs, l’accompagnement des acteurs et le développement d’une épargne solidaire constituent des démarches indispensables afin d’accroître l’investissement du secteur privé. Même si plusieurs chantiers ont été ouverts par le Gouvernement en ce sens, aujourd’hui, le soutien des collectivités publiques conserve une importance cardinale. Le présent projet de loi de finances inscrit dans la durée l’effort de l’État en faveur d’un secteur d’avenir, qui n’oppose pas la rationalité économique à la poursuite de buts d’utilité sociale, au respect d’enjeux éthiques et à la valorisation des territoires. C’est en considération de ces choix et des moyens inscrits à l’action 04 du programme 305 qu’à l’instar de la commission des affaires économiques, je donnerai un avis favorable à ces crédits de la mission Économie.
Dans le cadre du plan de relance, et afin d’accélérer la transition agroécologique pour disposer d’un système agricole et alimentaire durable, un accompagnement a été mis en place pour la conversion des agroéquipements. Rapidement épuisée, l’enveloppe a été portée à 235 millions d’euros et témoigne d’une volonté forte de la part des producteurs de participer à la construction du modèle agronomique de demain. Nous proposons d’élargir ce fonds à de nouveaux bénéficiaires en l’abondant de 80 millions d’euros.
Afin d’exploiter pleinement les avantages du report modal de la route vers le rail et de permettre le soutien au développement d’une quatrième autoroute ferroviaire, qui pourrait couvrir par exemple la liaison Rhin-Rhône, il propose d’abonder de 70 millions d’euros l’action 7 Infrastructures et mobilité vertes du programme 362, en retranchant la même somme de l’action 2 Souveraineté technologique et résilience du programme 363. Il n’entend cependant pas véritablement minorer cette dernière action et appelle le Gouvernement à lever le gage.
En ce moment même et depuis des mois, la team France, qui joue en première ligue, est réunie autour de notre candidat Davy Tissot, pour se préparer au plus grand concours de cuisine international. La victoire de nos équipes sportives nationales a, nous le savons, de fortes répercussions sur l’intérêt du public, donc sur l’attractivité des clubs de nos territoires. Monsieur le ministre, nous connaissons bien votre attachement à une alimentation saine, sûre et durable, composée de produits frais et locaux. Nous en parlons dans l’hémicycle depuis 2017. Serez-vous présent avec ceux qui, comme moi, se mobilisent pour cette cause – Guillaume Gomez ou le ministre délégué Alain Griset – pour soutenir notre équipe de France lors de la finale du Bocuse d’or, le 27 septembre prochain, au SIRHA, le Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation, notre Stade de France de la gastronomie ? D’autre part, quels seront les contours et les temps forts de cette année de la gastronomie ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Monsieur le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, le 26 novembre dernier, le Premier ministre a annoncé que 2021 serait l’année de la gastronomie. Entendons-nous bien : la gastronomie est l’art de bien se nourrir. Elle appartient à toutes et à tous. C’est bien elle qui a été distinguée par l’UNESCO – Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture –, laquelle a en effet inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le repas gastronomique des Français. Car la gastronomie forme un tout, c’est un écosystème. Elle rassemble les artisans, les métiers de bouche et les arts de la table à travers nos PME, nos commerces et nos restaurateurs. Une mission d’information sur l’organisation et les enjeux de la gastronomie et de ses filières est d’ailleurs en cours. Tous les acteurs nous disent que le moment est venu de se structurer afin de promouvoir une vision audacieuse et engagée. Partout dans le monde notre gastronomie est reconnue. Nous devons pourtant aussi faire en sorte que chacun se l’approprie au quotidien. C’est une question de convivialité, certes, mais aussi de culture, de santé ou encore d’économie, et elle traverse tous nos territoires, jusqu’à Paris.
J’ai envie de vous croire, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, et je suis prête à retirer mon amendement. Reste que cette disposition a été votée par notre assemblée et que nous aurions préféré qu’elle figure dans la loi.
Cet amendement reprend l’article 9 de la loi du 10 juin 2020 relative à la transparence de l’information des produits agricoles et alimentaires, dont j’étais rapporteure. Du fait d’une procédure de notification incomplète auprès de la Commission européenne, cette disposition votée à l’unanimité par notre assemblée en mars 2020 a fait d’une procédure de déclassement par le Conseil constitutionnel et n’a pu entrer en vigueur. Nous proposons donc de faire apparaître le nom et l’adresse du producteur de bière sur l’étiquette afin que les consommateurs disposent d’une information claire et transparente sur l’origine des bières qu’ils achètent.
Mais s’il s’agit d’un même produit ? Prenons l’exemple d’un poulet : si on l’achète 1,5 euro, c’est qu’il est de très bonne qualité ; et s’il est de très bonne qualité, c’est qu’il vient de chez nous !
Je comprends la volonté qui sous-tend vos amendements. Seulement, monsieur Chassaigne, si on ajoute une marge de 0,5 euro à l’euro que vous souhaitez voir gagné par l’agriculteur – car vous ne voulez pas, dans l’exemple que vous avez pris, que le coefficient 2 s’applique à un prix de départ pour l’agriculteur de 0,5 euro –, le prix final sera bien de 1,5 euro. En revanche, la marge sera identique à celle qui aurait résulté de l’achat d’un produit à 0,5 euro et de sa revente à 1 euro, et la grande surface ne sera donc pas défavorisée si elle choisit de payer le producteur plus cher. Ainsi, même si la marge n’est que de 0,5 euro, le distributeur pourra toujours vendre le produit acheté à l’agriculteur à 1 euro.
Nous avons connu, il y a peu, un épisode de gel qui va entraîner une hausse du prix des fruits. Avec un accord-cadre qui fixe le prix, comment faites-vous pour augmenter ce prix, comment peut-on coller au marché ? Avec ce que vous proposez, le producteur de fruits n’aura plus aucun revenu, et il vendra systématiquement à perte le peu de fruits qu’il aura récoltés.
Merci pour cette réponse claire. On constate clairement l’existence d’une politique volontariste, qui doit nous permettre d’avancer ensemble. Mais rien ne sera jamais possible sans les victimes, qui désirent sortir de cette spirale infernale.
Selon les mots de la ministre déléguée Elisabeth Moreno, « c’est toute une société qui est malade de cette violence et qui doit prendre conscience de ce fléau » que sont les violences faites aux femmes. Cette prise de conscience doit avoir lieu partout en France et émaner du terrain autant que de la loi. Nous devons tous nous mobiliser. J’évoquerai à ce titre une initiative exemplaire provenant de ma circonscription, à savoir la création d’un outil d’information innovant à destination des victimes de violences intrafamiliales, notamment en milieu rural. Le groupement de gendarmerie de Haute-Saône, en collaboration avec la déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité ainsi qu’avec les associations locales d’aides aux victimes, a développé un nouvel outil d’information à l’intention des usagers, qui sera distribué par l’intermédiaire des municipalités. Il s’agit d’une carte papier présentant l’ensemble des numéros d’appels nationaux et départementaux à l’écoute des personnes qui en font la demande ainsi que d’un QR code à photographier pour être automatiquement redirigé vers les informations pratiques et les structures existantes en Haute-Saône. La distribution de cette carte aux élus a débuté à la fin du mois d’avril et le dispositif devrait être déployé dans les huit départements de Bourgogne-Franche-Comté d’ici à la fin de l’année. Cette distribution est assurée par les forces de l’ordre ainsi que par les stagiaires du service national universel, dans le cadre de leur mission d’intérêt général. Un partenariat avec les services de l’éducation nationale est en discussion afin de faire connaître, notamment grâce aux psychologues scolaires, les numéros d’urgence aux élèves concernés par les violences au sein de leur foyer. Un panel de supports de communication est déjà disponible dans le cadre de la lutte contre les violences intrafamiliales, pour informer les personnes ciblées des dispositions d’aides existantes. Il ne sera jamais trop large. Pour autant, le moyen de communication auquel je fais référence, à la fois simple et efficace, se révèle particulièrement pratique en ce qu’il se présente sous la forme d’une simple carte de visite peu coûteuse et discrète, ce qui facilite d’autant plus la diffusion de l’information. Pour faire face à cet enjeu grave, ce que chaque nouveau crime rend d’autant plus urgent, il est impératif de mobiliser toutes les forces vives sur le terrain et d’aller au plus efficace. C’est ce que nous nous attachons à faire à travers cette initiative. Comment ce dispositif innovant peut-il s’inscrire dans le panel d’outils déployés par le Gouvernement et dans son action contre les violences intrafamiliales faites aux femmes sur l’ensemble du territoire français ?
Je vous remercie, monsieur le secrétaire d’État et monsieur le rapporteur, pour vos réponses. Si vous me dites que mon amendement est satisfait, je le retire.
Il vise à faire de l’évolution du niveau de concentration des terres un des critères à prendre en considération pour fixer le seuil d’agrandissement significatif, en plus de la surface agricole utile régionale moyenne, dont le mode de calcul gagnerait à être conjugué à d’autres facteurs. Cela pourrait par exemple se mesurer par l’évolution du nombre d’exploitations. Comme pour les autres dispositions de l’alinéa 6, les modalités techniques seraient précisées par décret.