Mesdames, Messieurs,
La Nation tout entière s’est recueillie il y a peu à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre.
Au cours de la Première Guerre mondiale, ce sont 93 000 « Indochinois » sur 1,7 million d’asiatiques mobilisés dans cette guerre qui, à la demande de la France, se sont impliqués dans la défense de notre Nation, au moment où son indépendance et sa liberté se trouvaient menacées.
Que ce soit en s’enrôlant dans l’armée française ou en travaillant à l’arrière du front, ces populations ont apporté un soutien important et sans faille. Sur le front, les soldats ont notamment combattu sur des lieux d’affrontement emblématiques, à Verdun, sur le Chemin des Dames, dans les Vosges ou encore sur le front d’Orient dans les Balkans.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le ministre des colonies, M. Georges Mandel, a à nouveau fait appel aux populations coloniales.
Les 13 769 tirailleurs « Indochinois » se sont distingués par leur sang‑froid dans la bataille de France qui a fait rage au printemps 1940 : 3 151 y ont été tués, blessés ou portés disparus. Ces tirailleurs se sont encore distingués dans les combats des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) et des maquis de la Résistance, comme celui de l’Oisans dès 1943, puis dans la libération du territoire français en 1944 et en 1945, en particulier lors du débarquement de Provence en août 1944. Leur bravoure face à l’adversaire leur vaut citations, médailles militaires et croix de guerre.
La France connaît aujourd’hui avec le Vietnam, le Laos et le Cambodge une relation prometteuse, héritée de la Francophonie et d’une coopération active dans de nombreux domaines. Les prévisions de croissance sont importantes dans les trois pays. Partenaires de la France au sein de l’Asie du Sud‑Est, nos pays connaissent une accélération de leurs échanges en matières économique et culturelle. La France a en effet joué un rôle central dans la structuration de l’offre de soins et le développement de l’enseignement et de la recherche au sein de ces pays.
Les relations bilatérales entre la France et le Vietnam, le Laos et le Cambodge se nourrissent de relations diplomatiques de premier plan.
Le déplacement au Vietnam du Premier ministre, M. Édouard Philippe, au mois de novembre 2018 marquait en effet les 45 années de relations diplomatiques entre nos deux pays et le cinquième anniversaire de notre partenariat stratégique. Celui‑ci a été précédé, la même année, par la venue en France de M. Nguyen Phu Trong, qui était alors secrétaire général du Parti communiste vietnamien. En 2019, ces déplacements réguliers des plus hautes autorités se poursuivent avec la visite officielle en France, du 30 mars au 3 avril, de la présidente de l’Assemblée nationale du Vietnam, Mme Thi Kim Ngan Nguyen, et celle, annoncée, du président de la République française, M. Emmanuel Macron, au Vietnam.
L’ambassadeur de France et président de l’Institut international de recherche anti‑contrefaçon de médicaments, M. Jean‑David Levitte, s’est rendu au Cambodge où il s’est entretenu avec la ministre de la Santé, Mme Mam Bunheng, ainsi qu’avec le ministre des Affaires Étrangères, M. Prak Sohkom les 4 et 5 mars 2018. Cette visite a été suivie de la venue, les 6 et 7 mai 2019, du Vice‑Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances du Cambodge, M. Aun Pormoniroth, en France, à l’occasion du forum « Dette soutenable pour un développement durable ». Ce dernier s’est notamment entretenu avec la secrétaire d’État placé auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Mme Agnès Pannier‑Runacher et M. Rémi Rioux, directeur général de l’Agence Française de Développement.
Le président de la République française, M. François Hollande, s’était rendu le 5 novembre 2012 en visite officielle au Laos. Dans le cadre du 9ème sommet Asie‑Europe (ASEM), il s’était entretenu avec son homologue, M. Choummaly Sayasone. Il est important de noter que la France dispose de l’une des quatre seules représentations diplomatiques européennes à Vientiane, la capitale du Laos.
À l’heure où les relations d’amitié qui unissent la France et ces trois pays se renforcent, il apparaît primordial de témoigner toute la reconnaissance de la Nation à ces femmes et hommes venus prêter leur concours aux efforts des Français pour sauvegarder leur indépendance et leur liberté aux heures les plus difficiles de la vie de leur nation.
Cette contribution marque une étape de l’Histoire commune de nos nations et il importe que le symbole de cette reconnaissance soit à la hauteur de leur engagement pour notre pays. À l’Est du Bois de Vincennes, le Jardin d’agronomie tropicale de Paris rassemble un certain nombre d’édifices érigés en mémoire de Vietnamiens, Laotiens et Cambodgiens. On distingue notamment le Temple du souvenir Indochinois, dédié à tous les combattants vietnamiens morts pour la France depuis la Grande Guerre, sur tous les théâtres d’opérations, ou encore le Monument aux morts cambodgiens et laotiens.
Dans le cadre du projet de mise en valeur de ces monuments, entrepris par différentes associations de descendants de ressortissants des colonies installés en France, la présente résolution demande qu’une reconnaissance spécifique soit accordée aux volontaires vietnamiens, laotiens et cambodgiens qui ont apporté leur concours à l’effort de guerre du peuple français au cours des Première et Seconde guerre mondiales.
L’Assemblée nationale,
Vu l’article 34‑1 de la Constitution,
Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,
Considérant que les volontaires vietnamiens, laotiens et cambodgiens ayant contribué à l’effort de guerre français méritent la pleine reconnaissance de la Nation ;
1. Reconnaît le dévouement des volontaires vietnamiens, laotiens et cambodgiens, au cours des Première et Seconde Guerres mondiales aux côtés du peuple français ;
2. Invite le Gouvernement, en symbole de cette reconnaissance, à soutenir les projets de transmission de la mémoire et de mise en valeur des monuments dédiés aux troupes coloniales ayant servi les armes de la France qui ont été édifiés dans le jardin d’agronomie tropicale de Paris.