đŸ‡«đŸ‡· Tous concernĂ©s, tous acteurs !
📛Choix du Pseudo 📧VĂ©rification du Mail
Code :
🔑Choix du Mot de passe
đŸ›ïžPourquoi nous rejoindre ?
  • ⚡ C'est rapide, et gratuit !
  • 🔔 Recevez des notifications sur les thĂšmes qui vous intĂ©ressent
  • 💬 Partagez vos idĂ©es et avis sur le travail lĂ©gislatif en cours
đŸ‡«đŸ‡· Tous concernĂ©s, tous acteurs !
📛Pseudo
🔑Mot de passe

đŸ˜±Pseudo oubliĂ©
â„čSaisir l'adresse mail liĂ©e au pseudo oubliĂ© :
đŸ˜±Mot de Passe oubliĂ©
â„čSaisir l'adresse mail liĂ©e au Mot de Passe oubliĂ© :
🔎Chercher
â„čConseil : Quelques mots-clĂ©s suffisent 😉
📜Loi assurant le droit au logement et l'expulsion effective des squatteurs
02 oct. 2020 ‱
Éric Diard

ExposĂ© des motifs ‱ ⏱Lecture 4min.

Mesdames, Messieurs,

« Un petit chez soi vaut mieux qu’un grand chez les autres ». Cet adage français est d’autant plus vrai pour un couple de retraitĂ©s qui a dĂ©couvert, en aoĂ»t 2020, que sa maison de vacances de ThĂ©oule‑sur‑Mer n’était plus tout Ă  fait la sienne, car occupĂ©e par toute une famille.

La dĂ©couverte du squat de leur maison ayant Ă©tĂ© faite plus de 48 heures aprĂšs l’introduction frauduleuse de la famille dans la maison, il est impossible pour les forces de l’ordre de procĂ©der Ă  l’évacuation des lieux sans dĂ©cision de justice. Cela implique alors une procĂ©dure longue et coĂ»teuse pour les propriĂ©taires du logement.

La protection des propriĂ©taires et des locataires a rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© renforcĂ©e face aux menaces que reprĂ©sentent les squatteurs pour leur domicile. Or, c’est justement parce que la lĂ©gislation ne s’est intĂ©ressĂ©e qu’à la notion, juridiquement restrictive, du domicile que Henri Kaloustian et son Ă©pouse se sont retrouvĂ©s Ă  la porte de leur propre rĂ©sidence secondaire.

En effet, actuellement, la loi distingue les cas des logements squattĂ©s suivant qu’ils constituent le domicile ou non des victimes, le domicile Ă©tant dĂ©fini comme Ă©tant la rĂ©sidence Ă  titre permanent d’une personne. Tous ses autres biens immobiliers sont compris comme des rĂ©sidences ou, plus largement, des logements.

Cette distinction pour le cas de squatteurs n’a pas lieu d’ĂȘtre et, pourtant, est lourde de consĂ©quences pour les personnes qui en sont victimes : la procĂ©dure Ă  suivre est plus longue et complexe si l’habitation squattĂ©e n’est pas le domicile de la victime.

C’est la raison pour laquelle cette proposition de loi prĂ©voit tout d’abord la fin du critĂšre domiciliaire pour dĂ©terminer quelle procĂ©dure est applicable en matiĂšre d’habitations squattĂ©es, afin d’accĂ©lĂ©rer l’évacuation des occupants sans droit ni titre. En effet, les squatteurs visent prioritairement les habitations secondaires, afin de bĂ©nĂ©ficier d’une procĂ©dure dĂ©favorable aux propriĂ©taires souhaitant faire libĂ©rer leur logement. Il est donc proposĂ© de mettre fin Ă  cette incohĂ©rence juridique et de rendre plus efficaces les processus d’évacuation des squatteurs.

De plus, la proposition de loi ajoute l’introduction par ruse dans l’habitation aux critĂšres qui constituent la dĂ©finition du squat, nĂ©cessaire Ă  la mise en place des procĂ©dures d’évacuation. Cela permet en effet d’élargir aux cas de squats rĂ©alisĂ©s aprĂšs une introduction dans l’habitation, sans avoir procĂ©dĂ© Ă  une effraction ou Ă  la contrainte.

Dans le cas de l’affaire de ThĂ©oule‑sur‑Mer, la famille occupant l’habitation du couple de retraitĂ©s clame sa bonne foi, en expliquant qu’elle s’est vue recevoir les clefs du logement par un tiers aprĂšs paiement. Ce tiers semble avoir fait changer les serrures sans disposer d’un moindre droit ni titre sur l’habitation.

Pour les cas oĂč les personnes occupant des habitations seraient de bonne foi, il est nĂ©cessaire d’adapter la lĂ©gislation, sans pour autant que le prĂ©judice ne repose sur les Ă©paules du propriĂ©taire du logement. Le prĂ©judice subi par les occupants de bonne foi reposera alors sur le tiers frauduleux, contre qui pourront se retourner aussi bien les occupants de bonne foi que les propriĂ©taires ou les locataires de l’habitation occupĂ©e.

Il est rĂ©guliĂšrement appliquĂ© un dĂ©lai de 48 heures entre l’introduction frauduleuse au sein de l’habitation et l’observation de l’infraction, pour constater la flagrance de l’infraction. Si ce dĂ©lai de flagrance de 48 heures est dĂ©passĂ©, alors une dĂ©cision judiciaire est indispensable avant de pouvoir procĂ©der Ă  l’expulsion des squatteurs. Ce dĂ©lai rĂ©sulte simplement d’un usage.

Cette proposition de loi vise alors Ă  Ă©noncer que le simple constat des infractions mentionnĂ©es Ă  l’article 226‑4 du code pĂ©nal, que sont l’introduction frauduleuse et le maintien dans une habitation sans droit ni titre, suffit Ă  Ă©tablir la flagrance des faits. Ainsi pourra s’appliquer une procĂ©dure d’évacuation du logement sans passer par la voie judiciaire.

Il est Ă©galement prĂ©vu que le prĂ©fet a l’obligation de faire droit Ă  l’évacuation des habitations squattĂ©es, si besoin avec l’usage de la force publique, pour rendre justice aux victimes le plus rapidement possible.

Enfin, il est proposĂ© d’augmenter les peines d’emprisonnement, en les passant d’un an Ă  trois ans, ce qui permettra plus facilement au juge de prononcer des peines d’emprisonnement ferme et effectif. Les amendes sont, elles, passĂ©es Ă  50 000 euros. Ces peines comme ces amendes seront encourues par les squatteurs, ainsi que par les tiers leur ayant permis d’investir les lieux, comme c’est le cas pour l’intermĂ©diaire de ThĂ©oule‑sur‑Mer, mais aussi pour les serruriers qui auront procĂ©dĂ© Ă  un changement de serrure sans s’ĂȘtre assurĂ©s que les demandeurs disposaient bien du droit de changer les serrures de l’habitation.

L’objectif de la prĂ©sente proposition est donc d’en permettre une application plus rapide, efficace et pragmatique. D’abord afin de permettre aux victimes de retrouver leur bien le plus rapidement possible, mais Ă©galement de dissuader la commission de tels dĂ©lits, qui reprĂ©sentent un dommage considĂ©rable pour toutes les personnes qui en sont les victimes et Ă  qui notre justice et notre administration se doivent de porter soutien et assistance.

Article 1

L’article 38 de la loi n° 2007‑290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohĂ©sion sociale est ainsi rĂ©digé :

« Art. 38. – En cas d’introduction et de maintien dans l’habitation d’autrui Ă  l’aide de ruses, manƓuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, le propriĂ©taire ou le locataire de l’habitation occupĂ©e peut demander de droit au prĂ©fet de mettre en demeure l’occupant de quitter les lieux aprĂšs avoir dĂ©posĂ© plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile ou sa propriĂ©tĂ© et fait constater l’occupation illicite par un officier de police judiciaire.

« La constatation de l’occupation de l’habitation par des personnes sans droit ni titre suffit Ă  constater la flagrance des infractions mentionnĂ©es Ă  l’article 226‑4 du code pĂ©nal.

« Si l’infraction mentionnĂ©e au troisiĂšme alinĂ©a de ce mĂȘme article est constatĂ©e, les personnes occupant de bonne foi l’habitation sont soumises aux mĂȘmes obligations, mais peuvent se retourner conjointement contre le tiers ayant permis leur occupation pour demander rĂ©paration de leurs prĂ©judices.

« Le prĂ©fet est alors dans l’obligation de procĂ©der Ă  la mise en demeure, qui est assortie d’un dĂ©lai d’exĂ©cution qui ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  vingt‑quatre heures, ni supĂ©rieur Ă  huit jours. Elle est notifiĂ©e aux occupants et publiĂ©e sous forme d’affichage en mairie et sur les lieux. Le cas Ă©chĂ©ant, elle est notifiĂ©e au propriĂ©taire ou au locataire.

« Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n’a pas Ă©tĂ© suivie d’effet dans le dĂ©lai fixĂ©, le prĂ©fet doit procĂ©der, par exception aux articles L. 411‑1 et suivants du code des procĂ©dures civiles d’exĂ©cution, Ă  l’évacuation forcĂ©e du logement avec, si besoin, l’usage de la force publique dans la semaine qui suit l’expiration du dĂ©lai fixĂ©, sauf opposition du propriĂ©taire ou du locataire dans ce mĂȘme dĂ©lai. »

Article 2

L’article 226‑4 du code pĂ©nal est ainsi rĂ©digé :

« Art. 226‑4. – L’introduction dans l’habitation d’autrui Ă  l’aide de ruses, manƓuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas oĂč la loi le permet, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 50 000 euros d’amende.

« Le maintien dans le domicile d’autrui Ă  la suite de l’introduction mentionnĂ©e au premier alinĂ©a, hors les cas oĂč la loi le permet, est puni des mĂȘmes peines.

« Le fait d’introduire des tiers de bonne foi dans une habitation pour laquelle l’on ne dispose ni de droits ni de titres est puni des mĂȘmes peines. 

« Toute personne ayant permis la commission des faits mentionnĂ©s aux alinĂ©as prĂ©cĂ©dents, par un changement de serrure sans s’ĂȘtre assurĂ© que les personnes ayant demandĂ© ce changement ne disposent ni droit ni titre sur l’habitation concernĂ©e, est punie des mĂȘmes peines. »

🚀