Mesdames, Messieurs,
Crise des gilets jaunes, montĂ©e inquiĂ©tante de lâabstention : autant dâindices dâune dĂ©connexion croissante entre le peuple et ses reprĂ©sentants, au premier rang desquels les parlementaires. DĂ©putĂ©s, sĂ©nateurs et dĂ©putĂ©s europĂ©ens sont souvent accusĂ©s dâĂȘtre « dĂ©connectĂ©s du rĂ©el », « horsâsol ».
Lors des nombreux dĂ©placements quâil a effectuĂ©s dans le cadre du grand dĂ©bat national, le PrĂ©sident de la RĂ©publique a eu lâoccasion dâentendre la voix des Ă©lus locaux et nos concitoyens. La possibilitĂ© pour un dĂ©putĂ© ou un sĂ©nateur dâĂȘtre maire dâune petite commune nâa pas manquĂ© dâĂȘtre Ă©voquĂ©e et le PrĂ©sident de la RĂ©publique sâest montrĂ© ouvert Ă la rĂ©flexion sur ce sujet.
Les auteurs de la prĂ©sente proposition de loi organique sont profondĂ©ment attachĂ©s Ă un parlementarisme rĂ©solument ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ© des territoires. Mais ils reconnaissent quâune rĂ©forme rĂ©cente a largement alimentĂ© ce sentiment : lâinterdiction stricte pour un parlementaire dâexercer une fonction exĂ©cutive locale (par la loi organique n° 2014â125 du 14 fĂ©vrier 2014 interdisant le cumul de fonctions exĂ©cutives locales avec le mandat de dĂ©putĂ© ou de sĂ©nateur). Cette mesure, qui sâapplique aux fonctions de maire et dâadjoint au maire de lâensemble des communes, y compris celles de moins de 10 000 habitants, a eu des effets dommageables, alimentant le sentiment de parlementaires dĂ©connectĂ©s.
En rĂ©alitĂ©, le principal reproche adressĂ© au cumul des mandats est la possibilitĂ© de cumuler des rĂ©munĂ©rations liĂ©es Ă plusieurs mandats. Aujourdâhui, il existe Ă©videmment des mĂ©canismes dâĂ©crĂȘtement qui limitent ce cumul de rĂ©munĂ©rations. Peu connues, ces dispositions ne suffisent pourtant pas Ă dissiper la suspicion Ă lâencontre des parlementaires qui exerceraient, en complĂ©mentaritĂ© de leur mandat, une fonction de maire (ou dâadjoint).
Aussi, la prĂ©sente proposition de loi organique, en modifiant lâarticle LO. 141â1 du code Ă©lectoral, prĂ©voit de rĂ©tablir la possibilitĂ© pour un parlementaire national et europĂ©en dâĂȘtre Ă©galement maire dâune commune de moins de 10 000 habitants ou adjoint au maire dâune commune de moins de 100 000 habitants (lâarticle 1er), tout en interdisant le cumul dâindemnitĂ©s attachĂ© Ă ces fonctions avec son indemnitĂ© parlementaire. En limitant cette facultĂ© aux communes de moins de 10 000 habitants, la charge de travail cumulĂ©e pour les Ă©lus reste rĂ©aliste et enrichit la substance de chacun des deux mandats.
De plus, la prĂ©sente proposition de loi entend réécrire lâarticle LO. 147â1 du code Ă©lectoral qui Ă©tend de maniĂšre particuliĂšrement abusive le champ dâinterdiction du cumul du mandat parlementaire Ă des fonctions dĂ©rivĂ©es des mandats locaux (article 2). Enfin, la proposition de loi dresse la liste de ces fonctions dĂ©rivĂ©es pour lesquelles le parlementaire ne pourra pas percevoir dâindemnitĂ©s pour leur exercice (article 3).
AprĂšs la premiĂšre occurrence du mot : « maire », la fin du 1° de lâarticle LO. 141â1 du code Ă©lectoral est ainsi rĂ©digĂ©e : « dâune commune de plus de 10 000 habitants, de maire dâarrondissement, de maire dĂ©lĂ©guĂ© et dâadjoint au maire dâune commune de plus de 100 000 habitants ; ».
Lâarticle LO. 147â1 du code Ă©lectoral est ainsi rĂ©digé :
« Art. LO. 147â1. â Le mandat de dĂ©putĂ© est incompatible avec :
« 1° Les fonctions de prĂ©sident et de vice-prĂ©sident du conseil dâadministration du Centre national de la fonction publique territoriale ;
« 2° La fonction de prĂ©sident du conseil dâadministration dâun centre de gestion de la fonction publique territoriale. »
AprĂšs lâavant-dernier alinĂ©a de lâarticle 4 de lâordonnance n° 58â1210 du 13 dĂ©cembre 1958 portant loi organique relative Ă lâindemnitĂ© des membres du Parlement, sont insĂ©rĂ©s cinq alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« Un parlementaire ne peut toutefois percevoir aucune indemnitĂ© pour lâexercice des fonctions de maire, dâadjoint au maire ou des fonctions :
« 1° De prĂ©sident et de vice-prĂ©sident du conseil dâadministration dâun Ă©tablissement public local ;
« 2° De vice-prĂ©sident du conseil dâadministration dâun centre de gestion de la fonction publique territoriale ;
« 3° De prĂ©sident et de vice-prĂ©sident du conseil dâadministration ou du conseil de surveillance dâune sociĂ©tĂ© publique locale ou dâune sociĂ©tĂ© publique locale dâamĂ©nagement ;
« 4° De prĂ©sident et de vice-prĂ©sident dâun organisme dâhabitations Ă loyer modĂ©rĂ©. »