Avis favorable pour l’ensemble de ces amendements. Je voudrais à mon tour remercier les parlementaires présents sur ces bancs. Je remercie également Diane Boucher, qui nous regarde sur son écran n’ayant pu être présente car elle attend dans quelques semaines un heureux événement. Cela fait trois ans que je travaille avec elle , on ne peut nier la qualité des administrateurs de l’Assemblée nationale.
L’aboutissement d’un texte est aussi celui d’une forme d’aventure collective, une aventure qui implique les acteurs de terrain, agriculteurs, transformateurs et distributeurs, ainsi que des députés et des sénateurs appartenant à tous les groupes de nos assemblées, et bien évidemment le ministre de l’agriculture et de l’alimentation dont je tiens à saluer l’engagement personnel. Cette aventure aura duré moins de six mois, depuis le dépôt de ma proposition de loi jusqu’à la présentation des conclusions, aujourd’hui, de la commission mixte paritaire ; ces délais brefs sont le signe de l’urgence et de la détresse d’un monde agricole sous pression. Je commencerai par rappeler ce qui se trouve au cœur des travaux que nous avons menés, par redire ce que nous devons aux agriculteurs français, à ces femmes et à ces hommes qui nourrissent notre pays, assurent notre souveraineté alimentaire et façonnent nos paysages, à ces femmes et à ces hommes qui travaillent durement et passionnément pour des salaires souvent dérisoires et avec des conséquences sociales trop souvent dramatiques. Je commencerai par leur réitérer notre reconnaissance et par leur affirmer que nous nous battrons toujours, dans cet hémicycle, pour leur avenir, pour que, demain, aucun agriculteur ne cède au désespoir, étranglé par la dette, pour que, demain, les jeunes qui leur succéderont vivent décemment de ce métier, à la fois le plus beau et le plus dur de tous, pour que, demain, enfin, l’agriculture ait les moyens de mener à bien sa transition agroécologique et de continuer à nous assurer à tous une alimentation toujours plus sûre, toujours plus saine et toujours plus durable. Car le cœur de notre combat, depuis les états généraux de l’alimentation et l’adoption de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dite loi EGALIM, c’est bien la rémunération des agriculteurs. De celle-ci dépend et dépendra tout le reste. La proposition de loi que nous avons adoptée en première lecture cet été, à l’unanimité je le rappelle, avait alors été enrichie par quatre-vingt-sept amendements en commission et encore cinquante en séance, issus des divers groupes, ce qui témoignait de notre mobilisation et de notre engagement collectifs, et également de l’excellent travail de la responsable de texte Sophie Beaudoin-Hubiere. Nous avions en particulier entériné plusieurs avancées des plus importantes : la généralisation des contrats écrits agricoles ; la révision automatique des prix et l’expérimentation d’un tunnel de prix ; la transparence et la non-négociabilité des matières premières agricoles ; la création d’un comité de règlement des différends commerciaux agricoles ; enfin, l’encadrement de l’utilisation des symboles représentatifs de la France sur les emballages. Nous avions également, dans un souci de rééquilibrage des relations entre la grande distribution et les fournisseurs, adopté des dispositions relatives à l’encadrement des produits sous marque de distributeur, dit MDD, au ligne à ligne ou encore aux pénalités logistiques et à la non-discrimination tarifaire. Si je salue certaines avancées du Sénat, dont le travail a permis d’aller encore plus loin, notamment sur les MDD, sur les pénalités logistiques, sur la clause de renégociation et les questions d’étiquetage, c’est tout de même un texte particulièrement modifié qui nous a été transmis au terme de cette première lecture et sur lequel les membres de la commission mixte paritaire ont cherché à s’entendre. Les points de divergence étaient peu nombreux mais forts de conséquences. C’est donc dans un climat d’écoute exigeante, d’attention mutuelle et de dialogue constant, tant entre parlementaires qu’avec les acteurs de terrain, que nous avons travaillé pour dégager un texte équilibré et consensuel. Le principal point de discorde portait sur l’article 2, en particulier sur la première option permettant d’assurer une transparence des coûts de la matière première agricole. Cette option consistant à détailler la part en volume et en valeur de chaque matière première agricole dans le tarif avait en effet été supprimée par le Sénat. Mais nous y tenions absolument et je remercie les membres de la commission mixte paritaire d’avoir accepté de la réintégrer dans le texte. De notre côté, nous avons fait des concessions pour donner satisfaction au Sénat, plus spécifiquement sur la question de la suppression du seuil de revente à perte dit SRP+10 – seuil de revente à perte avec une marge minimale de 10 %. Nous étions pourtant en complète opposition, mais les négociations ont permis de dégager une solution de compromis qui me paraît satisfaisante parce que le nouveau dispositif est très encadré, limité à certains produits que sont les fruits et légumes, et parce que l’arrêté ne peut être pris qu’à la demande motivée de l’interprofession concernée. Dans ces conditions, nous avons accepté la proposition de rédaction de la rapporteure du Sénat. C’est donc un texte élaboré dans un esprit de consensus et d’unanimité que je vous propose aujourd’hui d’adopter. Je vous le propose avec humilité, mais aussi avec espoir car je veux croire qu’il contribuera, dans les années à venir, à la garantie d’une juste rémunération du travail des agriculteurs et parce qu’il témoigne de la capacité des élus que nous sommes, sur l’ensemble des bancs de cette assemblée, à unir nos forces pour mener ce combat essentiel.
Défavorable. J’en profite pour remercier tous les parlementaires qui ont pris part aux débats. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit ici ni de la loi EGALIM 2, ni de la loi Besson-Moreau, ni de la loi de la majorité : c’est la loi des parlementaires qui ont, chevillé au corps, le souci de protéger la rémunération des agriculteurs. Tous mes remerciements vont à Sophie Beaudouin-Hubiere, qui a piloté plusieurs volets de la proposition de loi. Je remercie également et applaudis des deux mains notre ministre, Julien Denormandie, puisque c’est à l’initiative du Gouvernement que le texte a été inscrit à l’ordre du jour. Enfin, on oublie aussi trop souvent les administratrices et les administrateurs. Cela fait plus de quatre ans que je travaille sur la protection de la rémunération des agriculteurs, et trois ans qu’a été lancée la commission d’enquête présidée par Thierry Benoit : c’est donc avec beaucoup d’émotion que je me tiens devant vous, en espérant que cette loi sera votée à l’unanimité, comme l’ont été de nombreux amendements. À très bientôt pour de nouvelles aventures !
Sagesse. Les parlementaires assis sur ces bancs n’ont qu’une envie, j’en suis intimement convaincu : savoir si cette proposition de loi fonctionnera ou pas. C’est la raison pour laquelle elle sera adoptée.
Demande de retrait ou avis défavorable pour les amendements nos 194 et 195 qui ne sont pas en rapport avec cette proposition de loi. Quant à l’amendement no 193, je vous invite, monsieur Potier, à le retirer au profit de l’amendement no 210 de Mme Beaudouin-Hubière utilement focalisé sur l’objet du texte.
Votre demande est légitime, madame Taurine, mais le système que vous proposez semble excessivement figé. La consultation de l’interprofession est un élément très important et le refus doit être explicite. Avis défavorable.
La promulgation de la loi a été malheureusement trop précoce et a mis à mal la procédure de notification en cours au niveau européen, ce qui a entraîné le déclassement de cette disposition. En la réintroduisant dans cette proposition de loi, nous nous heurterions exactement au même problème de calendrier puisque, contrairement aux décrets, nous ne pouvons pas maîtriser la date de promulgation de la loi pour la faire coïncider avec la décision de la Commission, au terme de la procédure de notification. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.
L’avis sera défavorable. Le règlement permet déjà d’indiquer la dénomination commerciale, le nom scientifique, la méthode de production – « pêché » ; « pêché en eau douce », « élevé » –, la zone de pêche ou le pays d’élevage. Il est possible d’apposer des mentions complémentaires, mais cela repose sur le volontariat.
L’alinéa 2 de l’article 4 tire les conséquences des décisions du Conseil d’état et de la CJUE. Il est impératif de conserver ces dispositions dans la loi. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.
Je rappelle, concernant l’amendement no 345, que le marché des produits alimentaires, qui sont des biens de grande consommation, est le plus gros marché de valeur échangée en France, avec le marché de l’automobile. Il me semble plus pertinent de mener une expérimentation pendant cinq ans dans les filières qui le souhaitent plutôt que d’étendre le rémunérascore à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire. Au sujet de l’amendement no 199, je précise que ce que demande aujourd’hui le consommateur est une certitude quant à la rémunération de l’agriculteur. La cause que vous soutenez est légitime, monsieur Potier, mais je ne suis pas certain qu’elle réponde aux attentes du consommateur. J’émets donc un avis défavorable sur les deux amendements.
Il s’agit plutôt là d’un amendement d’appel à l’intention du ministre, que je laisserai donc s’exprimer. Toutefois, l’avis de la commission est défavorable.
Cette précision ne serait pas utile, car l’analyse de l’effectivité du ruissellement fait partie des éléments que le Gouvernement devra fournir dans le cadre des rapports qui seront remis les 1er octobre 2021 et 2022, en vertu d’un engagement pris à l’époque de l’examen de la future loi ASAP. Par ailleurs, dans leur rapport d’évaluation au Parlement de septembre 2020, François Gardes et Céline Bonnet, tout en estimant manquer de données pour mesurer le ruissellement, considéraient que cette tâche relevait bien du domaine d’expertise en cause. Je demande le retrait de l’amendement ; à défaut, avis défavorable.