Madame la secrétaire d’État, je vous remercie pour les éléments de réponse que vous m’avez communiqués. Je tenais à appeler l’attention du Gouvernement sur l’importance de ce projet pour l’agglomération bisontine. Je sais que les projets d’infrastructures sont nombreux dans la région Bourgogne-Franche-Comté, mais l’aménagement de ce dernier tronçon parachèvera le contournement de Besançon, engagé voilà de nombreuses années, et permettra à chacun de mieux rouler et de mieux respirer, tout en permettant aussi de prévoir des solutions de développement des transports en commun sur ce tronçon qu’ils utilisent actuellement très peu, car ils s’y trouvent dans les mêmes bouchons que les véhicules personnels.
Au début de 2021, l’État et les régions se sont accordés sur les orientations stratégiques des contrats de plan État-région (CPER) pour 2021-2027. En Bourgogne-Franche-Comté, le nouveau CPER et l’accord de relance État-région s’élèvent à près de 2,75 milliards d’euros. Dans le cadre de la phase de discussion en cours relative à l’identification des actions et au fléchage des financements pour la période 2023-2027, il est notamment question des grands investissements d’infrastructures de transports. Dans l’agglomération de Besançon, un projet d’aménagement est prévu pour la mise à deux fois deux voies de la RN57 au niveau du contournement ouest de la ville et pour la création d’aménagements en faveur des modes de transport autres que la voiture. Ce tronçon accueille un volume de trafic parmi les plus importants de l’agglomération. La circulation y est très dense sur l’ensemble de la journée, avec de fortes congestions et d’importants trafics de voies de dégagement dans les quartiers riverains jusqu’à l’hypercentre, provoquant nuisances sonores et écologiques, et insécurité pour les habitants. Les projections à 2025 et 2045 de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) présentent une saturation de 80 % à 100 % en heure de pointe le matin et de 100 % à 120 % le soir. Les évolutions des comportements et le développement d’autres modes de transports que la voiture ne suffiront pas à pallier la congestion, ni aujourd’hui ni dans les années à venir. C’est là un risque supplémentaire qui pèse sur l’attractivité du territoire et sur ses liens avec la Suisse, qui représentent un atout stratégique pour l’économie locale. Dernièrement, les collectivités parties prenantes se sont prononcées en faveur de leur participation financière au projet. Les collectivités de Besançon et Grand Besançon métropole ont délibéré en faveur d’une participation à 25 %, le département du Doubs s’est engagé à hauteur de 16 millions d’euros, soit 12,5 %, et la région a fait connaître publiquement son accord pour financer à hauteur de 12,5 % en cas d’avis favorable dans le cadre du CPER. Je souhaite donc savoir si le ministère est en mesure d’affirmer la position favorable de l’État dans ce cadre pour financer les 50 % restants, puisque le mandat du ministère chargé des transports est attendu pour permettre au préfet de région d’entreprendre les échanges avec le conseil régional.
Je maintiens mon amendement. J’approuve évidemment les bienfaits des assouplissements qui ont déjà été apportés à certains « irritants » de la loi NOTRE ; toutefois, il reste des problèmes à régler, notamment en ce qui concerne le transfert des compétences relatives à l’eau et à l’assainissement. Avec le sénateur Longeot, nous cherchons à le faire et si nos solutions ne fonctionnent pas, je suis preneuse de vos suggestions.
Il est encore question du transfert des compétences eau et assainissement. Avec mon collègue Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, nous cherchons à remédier au problème suivant : il est demandé à des communes de se prononcer sur le transfert de la compétence relative à l’assainissement alors qu’elles ne sont pas directement concernées, parce qu’elles ne disposent pas d’un service d’assainissement collectif – pour certaines communes, un tel dispositif n’est pas pertinent. Par conséquent, certaines communes n’ont pas souhaité se prononcer sur le sujet ; or celles qui n’ont pas délibéré dans un délai de trois mois sont réputées favorables au projet soumis. Le sénateur Longeot avait donc suggéré que les communes non concernées par un transfert de compétences puissent être exemptées de vote ; ce n’est pas totalement satisfaisant mais il fallait bien proposer des solutions ! Cela a évidemment été refusé et je propose donc pour ma part qu’à défaut de réponse apportée dans les trois mois, les communes puissent être considérées comme abstentionnistes et non comme automatiquement favorables au projet.
Je le maintiens, monsieur le président. La baisse exceptionnelle des dépenses s’explique en partie par un report des chantiers ralentis au cours de la période de covid. Des décaissements sont donc à prévoir. Les moyens, à hauteur de 15 millions d’euros, apportés en soutien aux rénovations de bâtiments ne sont pas nouveaux : ils existaient déjà avant la crise sanitaire. Si le niveau de la trésorerie du MNHN est aujourd’hui satisfaisant, cette dernière est en quelque sorte préemptée par des engagements pluriannuels : la marge disponible réelle s’élève donc plutôt à 15 ou 20 millions d’euros. Ne pas prévoir de compensations supplémentaires, c’est remettre par exemple en cause la rénovation de la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée, attendue depuis plusieurs années. Évidemment, d’autres projets risquent d’être reportés.
Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) est non seulement un fleuron de notre enseignement supérieur et de notre recherche, mais aussi un établissement de culture scientifique, technique et industrielle (CSTI). Je connais, madame la ministre, votre action résolue pour faire de la CSTI un enjeu de premier plan. Vous aviez d’ailleurs annoncé, au mois d’avril dernier, des avancées significatives en la matière au sein même du MNHN. En tant qu’établissement de CSTI le Muséum national d’histoire naturelle a souffert, comme d’autres, des conséquences du covid : après une fermeture de huit mois, il a été soumis à des jauges de fréquentation. Le MNHN a perdu 18 millions d’euros de ressources propres en 2020, et ses pertes pour 2021 devraient s’élever à 24 millions d’euros, soit un total de 42 millions d’euros en deux ans. C’est énorme ! L’État a souhaité accompagner ce type d’établissements, et des compensations importantes leur ont été accordées, parfois à l’euro près, par plusieurs ministères – je pense au ministère de la culture, mais également à celui des armées. Pour l’heure, le MNHN a perçu 4 millions d’euros de compensation exceptionnelle, en décembre dernier. L’amendement vise à ajouter 17 millions à ces 4 millions d’euros, ce qui compenserait la moitié des pertes et permettrait de ne pas remettre en question des investissements de court terme absolument nécessaires.
Dans la mesure où le ministre s’engage à ce que des rendez-vous pour des primo-injections soient ouverts dans les prochains jours pour les personnes concernées par l’obligation vaccinale mais également – il faut y penser – pour les salariés qui devront être détenteurs d’un passe sanitaire à compter du 30 août, je considère que je peux retirer mon amendement.
Il vise à organiser une priorité d’accès à la vaccination pour les personnes concernées par l’obligation vaccinale. Il fait suite à un constat effectué notamment sur le territoire du Doubs – que je connais le mieux –, celui d’un accès difficile à des premières injections de vaccin et de difficultés à organiser des files prioritaires, en particulier pour les soignants. Je propose donc que nous inscrivions dans la loi une priorité d’accès aux professions visées par l’obligation vaccinale, de manière à éviter que des personnes ne se retrouvent coincées le 15 septembre sans avoir eu le temps d’obtenir un schéma vaccinal complet.
Ces deux amendements proposent de caractériser les pratiques commerciales trompeuses portant sur l’impact environnemental. Le premier reprend les préconisations formulées en la matière par l’ADEME et le second est plutôt un amendement de repli, qui ne prend en compte que les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie. Compte tenu toutefois des explications de Mme la rapporteure et de son excellent amendement, je les retire.
Il vise à intégrer à la liste des pratiques commerciales trompeuses les allégations d’impact social et écologique qui ne reposent pas sur des critères explicites et une information réelle.
…une mission visant à élaborer une vraie stratégie nationale contre l’endométriose. Pourriez-vous faire le point sur la façon dont celle-ci est actuellement prise en charge et nous présenter les grands enjeux de votre future stratégie ? (ApplaudissementssurquelquesbancsdesgroupesLaREMetLT.)
…et j’y associe ma collègue Laëtitia Romeiro Dias, députée de l’Essonne. Monsieur le ministre, je souhaite aborder ici, devant la représentation nationale, la question des inégalités de genre en matière de santé, inégalités qui résident notamment dans la méconnaissance des spécificités de la physiologie féminine. Je veux vous parler d’une maladie propre aux femmes, d’une maladie chronique complexe, car elle ne se développe pas de la même façon d’une patiente à l’autre, mais entraîne souvent des conséquences majeures sur leur vie personnelle et conjugale, leur vie sociale, leur vie professionnelle. Cette maladie n’a rien d’exceptionnel, puisqu’elle touche une femme sur dix ; pourtant, elle est souvent diagnostiquée par hasard, et en moyenne au bout de sept années de souffrances, durant lesquelles divers organes ont pu subir des dommages importants. Cette maladie empêche certaines d’entre nous de devenir mères ; elle a toujours existé, mais elle n’a pas échappé au tabou qui, dans toutes les sociétés, frappe le sujet des règles et des douleurs féminines, bien qu’il concerne la moitié de l’humanité. Au surlendemain de la journée mondiale contre l’endométriose, je souhaitais mettre en lumière la souffrance quotidienne de toutes ces femmes et adresser un grand merci aux associations qui se battent pour les accompagner, pour rendre visible cette maladie. (Applaudissementssurtouslesbancs.)Depuis quelques années, les choses avancent, grâce à une réelle prise de conscience et à une meilleure formation des spécialistes ; des femmes peuvent enfin mettre un nom sur le mal qui les ronge parfois depuis l’adolescence. Le 12 mars, monsieur le ministre, vous avez confié à Chrysoula Zacharopoulou…
Le groupe La République en marche votera, bien entendu, en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur plusieurs bancs du groupe Dem.)
La recherche n’est ni une option ni une variable d’ajustement, mais un investissement sur le long terme pour anticiper et faire face aux grands défis qui attendent notre pays et, plus largement, l’humanité.
Deux mois après son adoption en première lecture, le projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 est de retour en vue de son adoption définitive – un texte que nos collègues du Sénat ont enrichi, mais dont les grands axes ont très largement été conservés, rendant possible une commission mixte paritaire conclusive. Je tiens d’ailleurs à saluer le travail des rapporteurs, qui a permis cette convergence. Par définition, un compromis n’est jamais totalement satisfaisant et j’entends qu’il peut rester certains points de désaccord, mais ils ne doivent pas faire oublier l’essence même du projet de loi : redonner des moyens, du temps et de la visibilité à la recherche publique française. Nos laboratoires ont besoin d’avoir l’assurance que le financement de leurs travaux sera garanti plus d’un an ; ils ont besoin d’anticipation et de lisibilité. Nous réinjectons 25 milliards d’euros sur dix ans dans la recherche publique française, faisant ainsi passer son budget annuel de 15 à 20 milliards d’euros par an d’ici à 2030, et cela, sans prendre en compte l’intégralité des financements annoncés dans le cadre du plan de relance, qui permettront d’apporter une véritable impulsion à cette programmation budgétaire, avec pas moins de 6,5 milliards supplémentaires répartis sur les deux prochaines années. Je mesure les inquiétudes qui se sont exprimées quant à la répartition de ces fonds entre appels à projets et financements dits « de base ». Une opposition entre ces deux modes de financement n’a pas de sens, parce que la recherche ne souffre pas d’un excès de financements par appels à projets, mais d’un défaut de financement global. Les deux doivent donc être complémentaires et faire l’objet d’un certain équilibre. Ce texte va faciliter l’accès aux financements de l’ANR en relevant le taux de succès à 30 %, ce qui répond à une demande des chercheurs, qui en ont marre de consacrer des jours et des semaines à monter des dossiers avec d’aussi faibles chances de les voir accepter. Il faut bien avoir à l’esprit que ces financements par appels à projets ne représenteront in fine et qu’environ 8 % du total des moyens consacrés à la recherche, alors que les financements de base des laboratoires seront augmentés de 10 % dès l’an prochain et de 25 % à l’horizon 2023. Par ailleurs, avec le mécanisme du préciput, ce sont près de 450 millions de crédits de base qui irrigueront désormais toutes les disciplines, tous les territoires et tous les établissements, au-delà des seules équipes lauréates. Arrêtons d’opposer appels à projets et financements de base, recherche appliquée et recherche fondamentale. Nous avons une seule et même stratégie : la réussite et l’excellence de la recherche française. Redonner des moyens passe aussi par des moyens humains, avec l’objectif de recruter plus et, surtout, mieux. Au-delà de la création de 5 200 emplois scientifiques sous plafond État sur dix ans, ce sont près de 15 000 postes contractuels qui seront également créés dans les établissements publics de recherche. Recruter mieux, avec un mouvement sans précédent de revalorisation salariale au bénéfice de l’ensemble des personnels : chaque année, 92 millions supplémentaires y seront consacrés, soit 2,6 milliards d’ici à 2027 et la promesse que, dès l’année prochaine, plus aucun chargé de recherche ou maître de conférences ne sera rémunéré en dessous de deux SMIC. Le projet de loi crée aussi de nouveaux outils de recrutement à disposition des établissements et des organismes, en plus des recrutements classiques : la chaire de professeur junior et le CDI de mission scientifique, qui permettront respectivement d’accroître l’attractivité et de sécuriser des emplois d’ingénieurs et de techniciens. Nous saluons également toutes les dispositions nouvelles concernant l’intégrité scientifique et l’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche par le biais d’un renforcement de l’indépendance, d’un changement de statut et d’un renforcement des prérogatives du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Entre ces dispositions et la nomination de son nouveau président voilà quinze jours, le HCERES a désormais toutes les cartes en main pour mener à bien ses missions. Comme je l’ai longuement évoqué en première lecture, nous nous réjouissons également, tout particulièrement dans la période actuelle, des mesures visant à favoriser le lien entre les chercheurs et l’ensemble de la société. Le projet de loi doit contribuer à infuser la culture scientifique dont nous manquons cruellement quand les postures prennent le pas sur l’objectivité et quand le fait scientifique s’efface derrière la post-vérité. Pour finir, je tiens enfin à vous remercier, madame la ministre, ainsi que les membres de votre cabinet et les services du ministère, pour le travail effectué en amont et pendant l’examen du texte dans les deux assemblées. Chers collègues, réjouissons-nous ! Avec ce projet de loi, nous nous donnons enfin la possibilité et les moyens de faire en dix ans ce que tous nos prédécesseurs n’ont pas réussi à faire en vingt. (Exclamations sur les bancs du groupe FI.)
Les différentes mesures relatives à la culture scientifique que nous avons adoptées au cours de l’examen du projet de loi devraient s’inscrire dans un grand plan multisectoriel. Un bilan de l’existant et des actions menées depuis plusieurs décennies pourraient constituer le socle d’une refondation en profondeur et d’une adaptation à la société d’aujourd’hui et de demain. C’est l’objet du rapport que nous demandons.
Je rappelle qu’elle a pris plusieurs ordonnances, sur des thématiques très importantes – la réforme du code minier, les hydrocarbures ou la gestion des déchets. Avec les oppositions, c’est souvent deux poids, deux mesures : quand c’est vous qui prenez les ordonnances, tout va bien, quand c’est nous, rien ne va plus. Ça suffit ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.)
Ce sont toujours les mêmes arguments. On reproche au Gouvernement de recourir aux ordonnances, alors que dans cette procédure, il est prévu que le Parlement ait son mot à dire : c’est donc loin d’être un déni de démocratie. Par ailleurs, je rappelle que les ordonnances n’ont pas été inventées par ce gouvernement, et qu’il n’est pas le premier à les utiliser.
Il est nécessaire de financer la recherche fondamentale, pour accumuler les connaissances et parce qu’on ne sait jamais d’où viendront les découvertes essentielles et les ruptures conceptuelles. Il est également nécessaire de mobiliser la recherche sur des sujets donnés, à des moments précis – on l’a constaté pendant la crise du covid-19 : il a fallu mobiliser par exemple la recherche en mathématiques pour établir des modélisations, ou la recherche en chimie pour obtenir la synthèse de nouvelles molécules. Pour ce faire, nous disposons de deux outils : le programme d’investissements d’avenir, qui établit les programmes prioritaires de recherche, et les financements sur projet de l’Agence nationale de la recherche, qui se monteront à terme à 1 milliard d’euros par an. Le projet de loi vise à porter à 30 % le taux de financement des projets déposés, qui s’élève aujourd’hui à 16 % seulement. En outre, les financements seront élargis à tout l’écosystème de l’équipe de recherche : on estime en effet que lorsqu’une équipe se mobilise pour défendre un projet, son établissement contribue également à sa réalisation, ainsi que les laboratoires et les autres chercheurs qui l’entourent. Une part du financement revient déjà à l’écosystème, mais cette somme est prélevée sur les fonds attribués au projet, à hauteur de 8 %. Grâce au projet de loi, l’équipe lauréate recevra 100 % de la somme attribuée, et 40 % supplémentaires seront versés à l’établissement, non seulement pour gérer ledit programme de recherche, mais aussi, par exemple, pour soutenir de jeunes équipes qui n’ont pas encore atteint leur maturité, afin qu’elles aillent elles-mêmes chercher des financements. Ainsi, grâce à l’article 12, les financements attribués via les appels à projets de l’Agence nationale de la recherche contribueront davantage au développement scientifique national.
Monsieur Larive, vous aviez déposé le même amendement en commission, vous avez donc reçu du rapporteur la même réponse qu’en commission. Au cours des auditions menées par les rapporteurs, qui ont tout de même une certaine importance, personne n’a demandé la suppression du HCERES. Je note que vous souhaitez supprimer purement et simplement un organisme qui assure l’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche, contribue à la réflexion stratégique des acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, à travers l’Observatoire des sciences et techniques, qui lui est rattaché, et contribue à la définition de la politique nationale de l’intégrité scientifique, à travers l’Office français de l’intégrité scientifique, qui est l’un de ses départements. Qui plus est, vous demandez cette suppression sans proposer de solution de remplacement concrète. Pour avoir siégé, jusqu’à l’année dernière, au sein du collège administrant le HCERES, je puis vous assurer que les évaluations sont réalisées en toute objectivité et, surtout, en toute indépendance. Le principe est que les travaux de recherche sont évalués par d’autres chercheurs, recrutés en qualité d’experts par le HCERES. Le groupe La République en marche ne votera pas cet amendement qui tend à supprimer une autorité dont l’expertise est reconnue en Europe et au niveau international.
Il concerne les sciences humaines et sociales, que l’on ne peut évidemment pas séparer des sciences dites dures, mais dont les particularités doivent être prises en considération, s’agissant, en particulier, de la production scientifique, de la publication et du référencement international. L’évaluation de la production scientifique et les incitations prévues par le projet de loi de programmation doivent se fonder sur un choix pertinent d’indicateurs reconnaissant la spécificité et la diversité des sciences humaines et sociales. La définition de ces indicateurs nécessite l’expertise incontournable de l’Observatoire des sciences et techniques, aujourd’hui rattaché au HCERES.
Alors que la trajectoire budgétaire est positive et annoncée comme telle pour les trois programmes budgétaires en question – 150, 172 et 193 –, le tableau de l’article 2 et les graphiques du rapport annexé montrent clairement et uniquement pour 2021, une diminution de crédits de 32 millions d’euros du programme 193, hors remboursement de notre dette à l’Agence spatiale européenne – ESA. Souhaitant que les raisons de cette anomalie temporaire puissent être mentionnées dans le rapport annexé, je tiens à dire qu’elles n’ont pas du tout été cachées puisque le ministère m’a répondu avec beaucoup de transparence lors des auditions des rapporteurs. Pour faire court et simple, disons que nous avons bien une augmentation des crédits du spatial à destination du CNES – Centre national d’études spatiales –, et de l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques – EUMETSAT –, de l’ordre de 40 millions d’euros. Mais, dans le même temps, nous constatons une baisse de la contribution française à l’ESA, d’un montant de 72 millions d’euros, qui s’explique par le fait que le programme Ariane 6, tel qu’engagé lors de la conférence ministérielle de Luxembourg en 2014, approche de son achèvement. Les années 2019 et 2020 correspondent donc à des pics de paiements programmés qui n’avaient pas vocation à perdurer au-delà de 2020. La baisse nette observée résulte d’engagements internationaux passés. En revanche, je me permets de signaler une coquille qu’il faudrait rectifier : pour plus de clarté, il faudrait remplacer le point-virgule par deux points à la fin de l’alinéa 4.