Laïcité et école de la République sont intrinsèquement liées. La laïcité, en garantissant la stricte neutralité de l’espace scolaire, participe de l’idéal émancipateur de l’école. Or loin d’être perçue comme un outil d’émancipation, la laïcité est aujourd’hui comprise par un nombre croissant d’élèves comme une interdiction, dirigée contre la religion. Face à ce constat, j’aimerais vous interroger sur deux enseignements censés fournir aux élèves les éléments d’une culture indispensable à la compréhension de notre patrimoine commun : l’enseignement moral et civique (EMC) d’une part, l’enseignement du fait religieux d’autre part. Concernant le premier, les travaux de la mission d’information sur la redynamisation de la culture citoyenne, conduits au Sénat en 2022, ont mis en évidence un contenu des programmes d’éducation morale et civique à la fois disparate et trop fréquemment modifié au gré des faits de société. En résulte un EMC qui place sur le même plan des thématiques diverses et nombreuses, avec des programmes trop ambitieux, abstraits et confus. Comme le relate Mark Sherringham, président du Conseil supérieur des programmes (CSP), « les programmes actuels se caractérisent par une grande profusion. Les professeurs ne savent pas comment les traiter en intégralité. C’est un peu à la carte. Or un programme national n’est pas à la carte ». Concernant l’enseignement du fait religieux, il n’existe pas en France, dans les programmes scolaires, de cours de fait religieux à proprement parler. Du collège à la terminale, le fait religieux est seulement abordé et analysé comme élément de compréhension des sociétés passées et de notre patrimoine culturel, par le truchement de disciplines comme l’histoire, l’éducation musicale, les arts plastiques ou encore la philosophie. Or tout l’enjeu de l’enseignement du fait religieux à l’école est d’apaiser la perception de ces sujets, d’expliquer aux élèves la différence entre croire et savoir, et de favoriser « une laïcité d’intelligence », comme l’écrivait Régis Debray dans son rapport de 2002, « L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque ». Face à ces constats, ne serait-il pas opportun de repenser entièrement l’enseignement moral et civique, en le centrant davantage sur les institutions et les valeurs républicaines, avec une attention particulière portée à la laïcité ? Quant à l’enseignement du fait religieux, la question n’est plus de savoir s’il est justifié de le mener dans les écoles publiques, mais plutôt comment le faire de manière plus efficace et pertinente.
L’année 2022 a été la plus chaude de l’histoire de France, provoquant en cascade des événements climatiques extrêmes. Ainsi, la sécheresse de l’année qui vient de se clore fut l’une des plus longues et des plus territorialement étendues que notre pays ait connue. Mon territoire de l’Hérault a largement été touché par la raréfaction de l’eau et des restrictions ont évidemment été mises en place afin que la situation n’empire pas. Mais ces restrictions ne sont pas une fatalité pour l’avenir, puisque la réutilisation des eaux usées après traitement est une solution alternative fiable et incontournable afin de répondre aux tensions sur les ressources en eau qui ne vont que s’accroître. Il est scientifiquement vérifié qu’elle présente de nombreux avantages, tant pour l’environnement et l’économie que pour le devenir de nos enfants. Toutefois, dans notre pays, la réglementation est complexe et peu lisible. La procédure qui permet d’obtenir une autorisation de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) est lourde et coûteuse, ce qui décourage les collectivités, les exploitants agricoles ou les industriels d’y recourir. Il n’en demeure pas moins que les assises de l’eau de 2019 ont réaffirmé l’intérêt de cette pratique. L’objectif est que d’ici 2025, le volume d’eaux réutilisées soit triplé. Par ailleurs, une déclinaison française de la réglementation européenne sur la REUT est attendue pour le premier semestre 2023. Quelles démarches ont-elles d’ores et déjà été engagées en la matière et comment entendez-vous simplifier la réglementation nationale en vigueur ?