Outre la question de la surpopulation carcérale, dont nous sommes conscients, il s’agit de mettre à l’ordre du jour de nos réflexions le sujet des extractions et de la protection des personnels. Vous avez lancé une traque sans merci pour retrouver le fuyard et ses complices : que pouvez-vous dire à la représentation nationale sur ces vingt-quatre heures de recherches ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE et sur quelques bancs du groupe Dem.)
Ce plan macabre et froid visait à profiter d’une extraction pour faire s’évader un détenu qui revenait du tribunal. Ces assassinats d’une violence inédite ont choqué notre pays et l’ont plongé dans une grande tristesse. Nos pensées vont aux familles et aux 43 000 collègues des victimes, qui agissent à l’ombre des murs de nos prisons pour assurer la sécurité de la nation – leur travail a une valeur inestimable. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent.) Aujourd’hui, ils se mobilisent nationalement pour exprimer leur solidarité, ce que nous ne pouvons que comprendre. Les deux agents décédés laissent derrière eux des familles endeuillées et des orphelins dans une grande détresse. Notre sympathie leur est acquise ; la dette de la nation à leur égard est immense. L’extraction de Mohamed Amra a mobilisé cinq agents et deux véhicules. De niveau trois sur les quatre échelons de la sécurité des escortes, elle était proportionnée au profil du détenu, qui n’était pas un détenu particulièrement signalé (DPS). L’année dernière, l’administration pénitentiaire a procédé à 130 000 extractions ; celle d’hier n’aurait pas dû se terminer ainsi. Loin des profiteurs qui instrumentalisent déjà ce drame d’une violence inédite, le président de la commission des lois, Sacha Houlié, proposera demain le lancement d’une mission flash consacrée aux transfèrements et aux extractions pénitentiaires. Hier, la violence a franchi un seuil, et il faut adapter ces moments de grande vulnérabilité que sont les extractions à ce nouvel état de fait.