Je tiens, avant toute chose, à remercier MM. Vincent Caure et Damien Girard, rapporteurs de ce texte, pour l’occasion qu’ils nous offrent de parler de la situation en Arctique. En effet, les régions polaires deviennent chaque année plus vulnérables et accessibles. Les équilibres régionaux sont aujourd’hui remis en question par les agissements de certaines grandes puissances – la Russie, évidemment, mais aussi les États-Unis. Les dernières déclarations de Donald Trump sur le Groenland sont venues s’ajouter à l’intérêt ancien des États-Unis pour cette région, en particulier pour ce territoire. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait affirmé son intérêt pour le Groenland. Cette fois, il va encore plus loin. Ses propos constituent une remise en cause de la souveraineté danoise sur le Groenland et du droit à l’autodétermination du peuple groenlandais. Elles sont contraires aux règles du droit international et bousculent la stabilité de la région. La situation en Arctique nécessite une vigilance accrue de la communauté internationale face aux défis géopolitiques émergents, qu’il s’agisse de la gouvernance, de l’accès aux ressources naturelles, notamment minérales et halieutiques, ou des enjeux de défense et de sécurité. Préserver l’Arctique, c’est avant tout maintenir les cadres de gouvernance existants, garants d’un certain niveau de coopération et de collaboration entre les acteurs. La France a récemment décidé d’ouvrir un consulat à Nuuk. Cette décision mérite d’être saluée. Le groupe Démocrates votera donc cette proposition de résolution européenne pour exprimer son entière solidarité aux autorités danoises et groenlandaises pour la défense du droit international et de la stabilité de cette région. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem, EPR et SOC.)
Madame la ministre de la mer et de la pêche, je souhaite vous interroger sur les mesures que vous comptez prendre après l’entrée en vigueur du traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine, ou BBNJ. Ce traité, adopté par consensus par les États membres de l’Organisation des Nations unies en juin 2023, complète la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer pour mieux prendre en compte les enjeux de protection des écosystèmes marins du fait de la progression des activités humaines en haute mer – c’est-à-dire à plus de 200 milles marins de nos côtes. Ce traité repose sur quatre grands piliers : le partage juste et équitable des avantages tirés de l’utilisation des ressources génétiques marines ; la création d’outils de gestion par zone, y compris des aires marines protégées ; l’obligation de réaliser des études d’impact pour les activités humaines ; le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines au profit des pays en développement. En 2021, déjà, l’Assemblée avait adopté à l’unanimité la proposition de résolution appelant à un accord ambitieux, que nous avions présentée avec notre ancienne collègue de Polynésie française, Maina Sage. Les députés ont ensuite adopté à l’unanimité le projet de loi de ratification du traité international pour la protection de la haute mer, en mai 2024, suivis par les sénateurs à la fin de la même année. Grâce au travail diplomatique de la France et au portage politique de nos ministres et de notre parlement en amont de la conférence des Nations unies sur l’océan, qui s’est tenue à Nice en juin dernier, le traité BBNJ a obtenu les soixante ratifications nécessaires à son entrée en vigueur, qui a justement eu lieu samedi 17 janvier. C’est une très bonne nouvelle, dont nous pouvons tous sincèrement nous réjouir. Dans la perspective de la COP consacrée à l’océan, qui aura lieu à New York à la fin de l’année, nous devons rester à l’avant-garde de la protection de l’océan au niveau international, en travaillant dès aujourd’hui à des projets concrets et à des mesures de protection d’espaces de haute mer. Madame la ministre, quels outils de conservation de la biodiversité marine par zone, y compris des aires marines protégées, la France entend-elle proposer ou mettre en œuvre en amont de la COP consacrée à l’océan, dès les premières années suivant l’entrée en vigueur de l’accord ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)
J’appuie les propos de Mme la ministre. Le problème, monsieur le rapporteur général, c’est que le nombre de petits navires de 7 mètres augmente fortement. Il s’agit essentiellement de Zodiac fortement motorisés, qui ne contribuent pas à l’effort demandé à l’ensemble des navires de plaisance. Il serait légitime de les intégrer au périmètre de cette taxe. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
Cette proposition de loi marque une avancée importante pour nos ports et nos territoires côtiers. Nous devons être particulièrement attentifs à la souveraineté alimentaire de notre pays, à laquelle la filière pêche contribue ; nous devons trouver pour elle des solutions équilibrées, au service d’un avenir plus prospère et durable. Il s’agit d’un enjeu de compétitivité, d’emploi et de développement économique ; c’est aussi une demande des collectivités, qui en ont besoin. Nous devons les entendre. Le groupe Les Démocrates votera en faveur de cette proposition de loi et souhaite qu’elle soit adoptée de manière conforme pour permettre sa promulgation rapide, afin de répondre à l’urgence rencontrée sur le terrain. (Mme la rapporteure, M. Frédéric Petit et Mme Julie Ozenne applaudissent.)
C’est important pour le transport maritime à la voile, auquel nous croyons beaucoup. En Bretagne, le Caboteur des îles est une réussite. Je crois également à l’évolution des ports. La base sous-marine de Lorient s’est ainsi transformée en un pôle de course au large exceptionnel. Les zones portuaires présentent aussi un grand intérêt pour le futur développement des énergies marines. Cette proposition de loi étend donc la possibilité, pour les collectivités territoriales et leurs groupements détenant des ports en pleine propriété, d’avoir recours au modèle de la société portuaire. Elle procède également à des mises à jour bienvenues. Ce modèle permet une gestion plus souple des infrastructures portuaires et un renforcement de leur pilotage, en associant collectivités et chambres de commerce et d’industrie. Il permet également d’envisager une gestion coordonnée de plusieurs ports au sein d’une structure unique, ou de mobiliser des capitaux privés pour accompagner le développement des infrastructures. Je comprends les mises en garde de Mme Ozenne au sujet des investisseurs étrangers susceptibles de prendre des parts dans ces sociétés portuaires. Nous risquons peut-être de ne plus être chez nous, comme les Grecs au Pirée.
…mais parce que ces territoires devront faire face, d’ici fin décembre, à la fin des concessions. Depuis la loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports, les collectivités territoriales ont la possibilité de créer des sociétés portuaires ou d’y prendre des participations, mais uniquement pour les ports métropolitains visés par la loi du 13 août 2004 – des ports d’intérêt national pour lesquels la compétence de l’État a alors été transférée aux régions ou aux départements. À ce jour, d’ailleurs, seules trois collectivités ont exercé cette faculté : la région Bretagne à Brest, la région Nouvelle-Aquitaine à Bayonne et la région Occitanie à Port-la-Nouvelle. Je crois à l’avenir des ports décentralisés, et au cabotage : contrairement à ce qui se passe dans les grands ports maritimes, comme celui du Havre, où les conteneurs sont parfois parqués pendant un mois avant d’être livrés à leur destinataire, le cabotage permet de faire circuler la marchandise de port en port ; on peut aller la chercher dans un port et l’acheminer de l’autre côté de l’Atlantique, ou ailleurs en Europe.
…Nadège Havet, Michel Canévet et Yves Bleunven. Leur travail répond à des difficultés rencontrées pour faire évoluer notre modèle de gouvernance portuaire. J’évoquerai ainsi le département du Finistère et la région Bretagne, non en tant que Breton,…
Il tend à affecter le produit du système communautaire d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SCEQE-UE) généré par le secteur maritime au secteur maritime, conformément à l’engagement pris lors du dernier comité interministériel de la mer. Environ 90 millions d’euros sont en jeu. Le principe selon lequel « le maritime revient au maritime » a déjà été débattu ce matin. Vous savez que l’Organisation maritime internationale (OMI) s’est engagée à atteindre zéro émission nette en 2050. Les armements français, qui naviguent notamment grâce à la propulsion du vent, sont leaders dans cette démarche.
Il tend à rehausser le seuil de taxation pour le droit sur les moteurs, fixé par l’amendement no 2386 à 110 kilowatts, ce qui correspond à peu près à 160 chevaux-vapeur pour un moteur souvent hors-bord, à 120 kilowatts, ce qui correspond à un moteur d’environ 200 chevaux.
Tout était justement dans la traçabilité et dans une certaine forme de continuité. Nous avons essayé de défendre une proposition de loi visant à interdire certains plastiques. Seule une faible part des pots de yaourt sont recyclés, mais ils le sont dans des usines en Belgique. C’était une chance pour nos industriels de mettre en place des usines en France pour fabriquer, comme en Angleterre ou au Portugal, des pots de yaourt en polystyrène un peu moins faciles à ouvrir, mais bien plus faciles à recycler. C’est une grosse bêtise que d’avoir supprimé l’article 21 ! (M. Erwan Balanant et Mme Agnès Pannier-Runacher applaudissent.)
Tous les ans, la France paie 1,5 milliard d’euros de taxe plastique à l’Union européenne parce que nos metteurs en marché ne tiennent pas leurs objectifs de recyclage. Nous sommes les plus mauvais élèves de l’Europe. Malgré la loi Agec, nous ne sommes qu’à 28 % de nos objectifs de recyclage. Le PLF pour l’année 2026 prévoit une taxe de 30 euros la tonne, ce qui rapporterait 30 millions. Nous avons déposé un amendement pour porter le montant de cette taxe à 100 euros, ce qui nous amènerait à 1 milliard en 2028 – on serait encore loin du milliard et demi que nous payons tous les ans. Je suis prêt à le retirer si l’article 21 est maintenu. Voilà pourquoi je vous demande de voter cet article. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
Vous n’êtes pas sans savoir qu’on a vite fait de « dépavillonner » un navire. Je vous prie donc de raison garder. Il y a quelques jours, nous discutions de la décarbonation des navires, monsieur le président de la commission des finances. La semaine dernière, Rodolphe Saadé a annoncé la mise sous pavillon français au sein de sa flotte de dix nouveaux porte-conteneurs propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL). La flotte stratégique française n’est donc pas en reste. Je rappelle par ailleurs que nous ne disposons que d’un porte-avions et que nous avons besoin des nombreux navires de commerce qui composent notre flotte stratégique. Encore une fois, un armateur n’a besoin que de vingt-quatre heures pour dépavillonner un navire ! (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Je ne me porte pas au secours de la famille Saadé mais à celui de la taxe au tonnage, qui est une taxe internationale – raison pour laquelle ce serait une ineptie de la remettre en cause.
Les États-Unis n’ont plus de flotte stratégique. Faites bien attention à ce que vous faites. On risque, lentement mais sûrement, de voir partir un fleuron français.
Ce n’est pas le groupe CMA-CGM que je soutiens ici mais la flotte française. Dépavillonner un navire prend vingt-quatre heures. Faites confiance à la CMA-CGM : si ces amendements venaient à être adoptés, elle changera de pays ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le problème, c’est que la taxe au tonnage est une taxe internationale – personne ne la paye. Pour conserver une flotte stratégique française, il est important de s’aligner sur les normes appliquées aux autres armements internationaux – M. le rapporteur général l’a souligné –, comme le permet précisément la taxe au tonnage. Il y a dix ans, la CMA-CGM était en faillite. Ce sont des métiers dans lesquels l’activité est particulièrement fluctuante. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quand la profession a besoin de la CMA-CGM, le groupe répond souvent présent, comme lorsque Brittany Ferries était en difficulté, ou encore pour investir dans la décarbonation. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
L’amendement que nous venons d’adopter donne un vrai coup de pouce au transport maritime vélique – c’est-à-dire mû par le vent –, alors que celui-ci tend à aider tous les types de transport maritime. Je vous remercie d’avoir voté en faveur du transport maritime vélique ; les autres types de transport maritime existent déjà. Il s’agit d’une industrie et d’un savoir-faire français qu’il faut continuer à défendre. Tous ces navires sont très souvent construits dans le Sud-Est asiatique alors que nous, en France, nous avons tout ce qu’il faut pour développer cette filière. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)
Le dispositif du suramortissement est de nature à restaurer la confiance entre les banques et les armateurs. Il aura permis à la flotte française de se moderniser. Les ferries de Saint-Malo peuvent ainsi sortir du port essentiellement en propulsion électrique. Monsieur le ministre, en 2024, vous avez signé le pacte vélique avec la filière du transport maritime : il marquait un engagement de long terme et permettait à la France de se positionner comme leader mondial dans ce secteur. L’amendement que je défends ne coûterait rien puisqu’il tend simplement à accélérer le remboursement, consolidant ainsi la confiance mutuelle entre la banque et les armateurs. Cela a été souligné à juste titre : le vent est l’instrument de décarbonation le plus simple et le plus efficace qui soit. Nous l’avons montré en France. La flotte française est à l’avant-garde dans ce secteur, grand pourvoyeur d’emplois.