Les prisons sont de vraies passoires, il est temps d’y remédier. Votre réponse est en décalage complet avec la réalité vécue par nos agents pénitentiaires – notamment ceux de la prison de Liancourt au cœur de ma circonscription. N’oubliez pas que le laxisme et l’impunité dont bénéficient de tels criminels dans le milieu carcéral contribuent à l’extension de l’empire de la drogue dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
Le garde des sceaux a tenté de se dédouaner en déclarant qu’il avait découvert ces révélations dans la presse. On croit rêver ! Le propre d’un ministre n’est-il pas de tenir son administration ? Ce n’est pas la commande d’un nouveau rapport à l’inspection générale qui changera les choses : nous n’en sommes plus là. Monsieur le Premier ministre, comment comptez-vous reprendre la main pour renforcer la sécurité carcérale, mieux protéger les fonctionnaires pénitentiaires et mettre fin à l’impunité inacceptable dont profitent un trop grand nombre de prisonniers dangereux ? (« Très bien ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
Enfin et surtout, nous apprenons que les services pénitentiaires n’ont visiblement pas été informés de la très grande dangerosité de Mohamed Amra, ce qui ne leur a pas permis d’adapter la sécurité du convoi, avec les conséquences tragiques que l’on connaît.
Chaque jour qui passe nous révèle l’ampleur des failles qui ont abouti à l’évasion de Mohamed Amra et au tragique assassinat de Fabrice Moello et Arnaud Garcia. Je tiens, avant tout, à rendre hommage au courage de l’ensemble des agents pénitentiaires qui font un travail remarquable dans un contexte éminemment difficile. (Applaudissements sur de nombreux bancs.) En revanche, je déplore qu’ils ne soient pas suffisamment équipés et protégés face à la violence extrême à laquelle ils sont exposés. J’en veux pour preuve la gravité des manquements relatés par la presse dans cette affaire ; ils sont profondément choquants. Nous apprenons en effet que Mohamed Amra avait transformé sa cellule en un véritable bureau depuis lequel il pouvait commanditer des enlèvements, se faire livrer de la drogue, des repas et des téléphones portables ; il possédait même une chicha, dissimulée derrière le lavabo.