Il n’y a aucun honneur à considérer qu’une drague entre collégiens mérite la peine de mort. Sommes-nous prêts à utiliser tous les moyens (Exclamationssur les bancs du groupe RN) pour faire comprendre aux mineurs, et surtout à leurs parents, qu’aucun précepte moral ou religieux ne peut servir de prétexte à un acte barbare ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR.)
Ma question s’adresse à M. le garde des sceaux. Il s’appelait Shemseddine, il avait 15 ans. Les cris de douleur, les larmes, le silence : il fallait être dans ce couloir du collège Les Sablons de Viry-Châtillon vendredi pour mesurer l’effroi et le désespoir à l’annonce de sa mort. Shemseddine a été tué. Par qui, pour quoi ? L’enquête est en cours et nous respectons le temps de son déroulement, mais ces cris glaçants résonnent dans ma tête. On ne meurt pas quand on a 15 ans. On se blesse en jouant au foot, on ne se fait pas massacrer au bas de son immeuble. On ne meurt pas quand on a 15 ans. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent et applaudissent.) Ce qui s’est produit à Viry-Châtillon est tout sauf un drame ordinaire. Ils ont arraché Shemseddine à sa mère, à sa sœur et à son frère ; ils l’ont arraché à ses amis, à son collège et à son quartier. Je veux exprimer nos condoléances à sa famille et à tous ceux qui l’ont connu. Je tiens également à saluer le courage et l’engagement du maire de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, qui a su trouver les mots justes (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, LR, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs SOC et GDR-NUPES – Mme Sophia Chikirou applaudit aussi) pour exprimer le traumatisme d’une ville et l’émotion de la nation tout entière. Monsieur le garde des sceaux, le temps de la justice est venu. Si les personnes mises en cause sont coupables, il faudra s’interroger sur l’efficacité des mesures judiciaires dont elles avaient déjà fait l’objet et sur l’absence d’éducation dans leur cadre familial. (Exclamationssur plusieurs bancs du groupe RN.) Si cette mise à mort est liée à une pseudo-réputation dans la rue, au collège ou sur les réseaux sociaux, il faudra s’interroger : pourquoi certains considèrent-ils encore qu’une fille peut être la propriété des garçons de sa famille ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et HOR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LR, SOC, GDR-NUPES et Écolo-NUPES.)
Je sais, c’est du dépassement ! Il s’inscrira dans les pas de Maurice Thorez, donc, lui qui, en 1946 déjà, voulait reconnaître « la valeur réelle et inégale des agents ». Monsieur le ministre, quelle sera votre méthode pour y associer les syndicats, les agents et les employeurs territoriaux, en particulier les maires, qui attendent beaucoup de cette transformation ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RE.)
Depuis vingt mois à la tête de votre ministère, vous avez mené des chantiers majeurs concernant la rémunération, la protection des agents, l’égalité professionnelle, la planification écologique de l’État ou encore la reconnaissance des secrétaires de mairie. Cependant, la perte d’attractivité des métiers du service public doit nous alerter. On compte en effet six candidats pour un poste aux concours de la fonction publique, alors qu’ils étaient deux fois plus nombreux il y a quinze ans. Pour relever ce défi d’attractivité, nous devons nous appuyer sur des agents publics motivés – motivés par leur fiche de poste, mais aussi par leur fiche de paie. La fonction publique doit attirer et garder les meilleurs – car vouloir les meilleurs pour servir l’État, l’hôpital et les collectivités locales, c’est vouloir le meilleur pour les Français. La fonction publique devrait être un grand édifice doté de portes d’entrée, d’ascenseurs, de passerelles et de portes de sortie. Or elle est trop souvent un couloir qui fige les trajectoires de vie. Lors de son discours de politique générale, M. le Premier ministre a annoncé une grande loi sur la fonction publique. La performance et la rémunération au mérite seront au cœur de ce projet. En matière de service public, les Français méritent d’en avoir pour leur argent, mais les agents publics méritent d’en avoir pour leur talent ! Votre chantier s’inscrira dans les pas de Maurice Thorez,…
Ma question s’adresse à M. Stanislas Guerini, ministre de la transformation et de la fonction publiques. Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour le renouvellement de vos fonctions, monsieur le ministre. C’est une marque de confiance, celle que le Président de la République et le Premier ministre placent en vous pour relever un défi majeur : bâtir la fonction publique de demain et redonner l’envie d’embrasser les carrières du service public.
…qui enseignent des matières fondamentales telles que l’histoire, le fait religieux, qu’il faut distinguer de la religion, l’éducation à la sexualité, dont nous avons également parlé dans les interventions liminaires, l’éducation à la différence. Parfois, ils ont peur de montrer des images qui peuvent interpeller ou choquer. Le rôle des parents d’élèves me semble fondamental dans cette équation, dans le respect des valeurs de la République et de la laïcité. La laïcité a été instaurée dans l’école de la République avant même la loi de séparation des églises et de l’État : à partir de 1882, l’enseignement public ne fait plus référence à la religion. La loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics s’inscrit dans cette histoire. Cependant, on sait que la laïcité et ses traductions concrètes sont parfois contestées à l’école, par des parents ou par des élèves. Nous devons aider les professeurs, qui sont des représentants de l’État et qui sont chargés de faire respecter les principes de la République. Madame la ministre, comment protégeons-nous l’école contre toutes les idéologies de haine, notamment celles qui remettent en cause la laïcité ?
…et de mettre en abyme leur propre sujet, en mettant en cause la ministre alors qu’elle répond sur un sujet dont la gravité, comme nous l’avons dit dans nos interventions liminaires, nécessiterait un débat raisonnable et apaisé.
Avant de poser une question, si vous me le permettez, je soulignerai que l’instrumentalisation politique, cet après-midi, est le fait des députés siégeant à gauche de cet hémicycle,…