(Les amendements identiques nos 103 et 893 sont adoptés ; en conséquence, les amendements identiques nos 403 et 1084 ainsi que l’amendement no 1161 tombent.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS ainsi que sur certains bancs du groupe EPR. – Mmes Stella Dupont et Sandrine Rousseau se lèvent pour applaudir.)
Aujourd’hui, à Strasbourg comme ailleurs, des milliers d’étudiants survivent dans la précarité, notamment en raison d’un système de bourses défaillant : c’est moins une question de moyens pour l’État – des recettes sont possibles, nous l’avons prouvé lors de l’examen du budget – que de volonté politique envers notre jeunesse. Les faits sont accablants : un étudiant sur cinq déclare d’importantes difficultés financières et a déjà eu recours à une aide alimentaire, quand 36 % d’entre eux sautent des repas régulièrement, selon un baromètre récent de l’association Cop1. Par ailleurs, les syndicats alertent aussi sur les retards administratifs : en 2024, près du tiers des étudiants strasbourgeois – pour prendre l’exemple de ma circonscription – ont subi des retards de versement de plus de deux mois, les contraignant à cumuler emplois précaires et dettes pour payer loyer et nourriture. Cette situation existe à la même ampleur au niveau national. Un étudiant devrait étudier, et non survivre. Or comment étudier sereinement avec la peur de perdre son logement ou le ventre vide ? S’ajoutent des effets de seuil absurdes : à l’université de Strasbourg, un étudiant a perdu sa bourse pour 100 euros de revenus parentaux en trop et dû renoncer à ses projets d’études. La flambée des loyers des petits logements, liée à la spéculation et au manque d’encadrement, aggrave encore la situation. Le système actuel ne fonctionne pas : lourdeurs administratives, court-termisme budgétaire et absence de vision politique laissent des jeunes sans ressources pendant des mois. Cette double difficulté à se loger et à se nourrir alimente le désespoir : le nombre d’étudiants ayant pensé au suicide a été multiplié par trois depuis 2020. Tel est le résultat de la politique macroniste. Pourtant, des solutions existent. La France insoumise propose un revenu étudiant universel, qui dépasserait le seuil de pauvreté, versé dès 18 ans sans conditions de ressources parentales, garantissant l’autonomie financière. Finis la bureaucratie, les inégalités de soutien familial et les seuils dépassés de quelques euros qui brisent des avenirs. Les études doivent rester un levier d’émancipation garanti par la République. Monsieur le ministre, quand le gouvernement réformera-t-il radicalement ce système pour qu’aucun jeune ne cesse ses études faute de moyens ? Un pays qui abandonne ses étudiants est un pays qui abandonne son avenir.