Il vise à supprimer cet article qui étend la taxe soda aux gâteaux, aux confiseries, aux pâtes à tartiner. Cet article incarne le socialisme mental dans toute sa splendeur : taxer, surtaxer, encore et toujours, mais, bien sûr, au nom de la santé publique ! À sa création, la taxe soda rapportait 350 millions d’euros ; aujourd’hui, son rendement dépasse les 800 millions ; avec cet article, il franchira le milliard. Mais avec trois fois plus de recettes fiscales, consomme-t-on trois fois moins de sucre ? Non, évidemment. En revanche, les consommateurs paient davantage ; les agriculteurs et les industriels agroalimentaires sont asphyxiés et les emplois disparaissent. Depuis la hausse de cette taxe en 2025, plusieurs entreprises ont annoncé des fermetures d’usines, causant la perte de 400 emplois. C’est toute la filière betteravière, des planteurs jusqu’aux transformateurs, avec ses 15 000 emplois ruraux, qui se trouve mise en péril. Avec vous, c’est toujours la même idéologie : punir plutôt que prévenir, matraquer les producteurs et faire payer les Français plutôt que s’attaquer efficacement aux problèmes. Arrêtons de taxer la France qui travaille, laissons respirer les entreprises et supprimons cet article !
Les chiffres que j’attendais portaient sur la baisse des commissions : aucun chiffrage n’a été fourni à cet égard. Vous confondez, monsieur le rapporteur, les titres papier qui sont parfois perdus, oubliés ou détruits, et qui représentent effectivement entre 40 et 50 millions d’euros, avec l’ensemble des titres non consommés, tous supports confondus. Je pense en particulier aux soldes non consommés sur les cartes, dont le montant est estimé à 700 millions d’euros, soit environ 145 euros par bénéficiaire : ce n’est pas rien. Nous avons là une mesure simple pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Alors, allons-y !
Il s’agit d’un amendement de repli par rapport à l’amendement no 53 que j’avais défendu à l’article 1er. Il vise à repousser de trois ans l’échéance prévue pour la disparition du titre-restaurant papier, parce qu’une transition d’une telle ampleur doit tenir compte de la diversité des entreprises, des commerces et des salariés concernés. Aujourd’hui, 1,6 million de salariés sont concernés par ce dispositif et les titres papier représentent 30 % des titres émis. Le calendrier actuellement prévu impose une bascule complète, alors même que les conséquences tant économiques qu’opérationnelles de cette extension n’ont pas encore été suffisamment documentées. J’attendais d’ailleurs de votre part, monsieur le rapporteur, des chiffres plus précis à ce sujet. Un délai supplémentaire de trois ans permettrait de laisser la dématérialisation poursuivre son développement naturel – nous ne sommes pas opposés à la dématérialisation, mais favorables à la liberté laissée aux salariés d’utiliser les titres papier –, d’accompagner les petites structures, de mesurer l’évolution réelle de la part du papier et de traiter parallèlement le sujet des commissions supportées par les restaurateurs et commerces de proximité. Ce report ne remet pas en cause la modernisation du dispositif. Il vise au contraire à garantir qu’elle s’effectue sans rupture et sans transfert de charges vers les acteurs les plus fragiles.
Nous ne nous opposons pas à la dématérialisation, qui est déjà utilisée par 70 % des consommateurs – contrairement à ce que vous disiez, monsieur le rapporteur, celle-ci n’a pas permis de faire baisser les commissions. Cet amendement n’est pas un amendement de contrainte ; il vise, en conservant la rédaction actuelle de l’article L. 3262-1 du code du travail, à garantir aux 1,6 million de Français qui les utilisent au quotidien la liberté d’usage des titres papier.
Le titre-restaurant, qui est censé accorder un surcroît de répit à une France du travail déjà saignée par l’inflation et l’explosion des impôts et des taxes, est un instrument de liberté en sursis, à cause d’une disposition de cette proposition de loi qui prévoit d’interdire brutalement les titres-restaurant sous format papier. Cette nouvelle interdiction touchera 1,5 million de Français. L’argent des titres-restaurant étant avant tout leur argent, c’est à eux et à eux seuls de décider comment ils veulent le dépenser et sous quel format, dématérialisé ou papier. La France du travail, des TPE et des petits commerçants n’a besoin ni d’une nouvelle interdiction, ni d’une nouvelle contrainte, mais qu’on lui foute la paix. Je rappelle qu’il y a douze ans, au moment de l’apparition des premiers titres au format dématérialisé, les quatre grands émetteurs avaient pronostiqué à tort l’extinction du titre papier, au point d’avoir programmé la fin d’activité de la centrale de règlement des titres pour mars 2023. Or près d’un bénéficiaire sur trois utilise, aujourd’hui encore, les titres-restaurant au format papier pour régler ses achats alimentaires. Pourquoi une telle résistance ? Parce que le titre-restaurant papier, au même titre que le paiement en espèces, échappe encore à l’hypercontrôle de son utilisation et à la numérisation des données de consommation de ses bénéficiaires. C’est un outil souple, particulièrement adapté aux petites entreprises, aux petits commerces, aux salariés en CDD ou en intérim et à une clientèle populaire, peu familière du numérique – depuis que la numérisation a été introduite, le montant des crédits non utilisés a atteint près de 700 millions d’euros, soit presque 145 euros par an et par bénéficiaire. Mon amendement ne remet évidemment pas en cause la dématérialisation ; il vise simplement à préserver la liberté de choisir entre un support numérique et des titres au format papier. Les Français veulent voir perdurer au-delà du 1er janvier 2028 cette solution de paiement, à laquelle ils sont attachés.
Sur le fondement de l’article 70, alinéa 3. C’est moi qui ai prononcé ces mots, madame Regol, mais ils ne vous étaient pas adressés, je parlais à mon collègue Dufosset pour lui dire de fermer sa tablette. Mais ce n’est pas bien grave, puisque nous allons maintenant être réduits au silence. Et je vous souhaite, chère madame, une bonne nuit !
Honte à vous, qui êtes les défenseurs des voyous et qui détestez nos agriculteurs ! Nous, nous sommes les défenseurs des honnêtes gens, de la France du travail, de ceux qui garantissent quotidiennement notre souveraineté alimentaire.
En fait, vous vous faites une fois de plus les défenseurs des délinquants, des punks à chiens, qui se droguent, qui occasionnent des violences policières, qui ruinent des exploitations agricoles et qui causent des incendies dans nos territoires.
Je tiens à répondre à une accusation honteuse, proférée par un collègue de La France insoumise – M. Coulomme, me semble-t-il – à l’égard de nos agriculteurs, qu’il a qualifiés d’empoisonneurs et de pollueurs. Monsieur Coulomme, je vous rappelle qu’en France, nous avons l’agriculture la plus vertueuse au monde. Et nous pouvons être fiers du travail quotidien de nos agriculteurs pour garantir la souveraineté agricole française et éviter, comme vous le voudriez, d’importer des produits pourris qui viennent du bout du monde.
Une fois de plus, malheureusement, le bloc central et le groupe EPR ont choisi de céder aux exigences de la gauche écologiste, plutôt que de défendre clairement la continuité de notre agriculture et de notre souveraineté alimentaire en adoptant une trajectoire de diminution crédible. Le groupe Rassemblement national et ses alliés défendent une autre voie, celle de la science, de l’innovation, de la transition progressive et des solutions concrètes. Parce que votre trajectoire est totalement déconnectée des réalités économiques et agricoles de notre pays, notre groupe votera contre cette proposition de loi.
Cette proposition de loi est une nouvelle illustration de ce que nous dénonçons depuis des années : une écologie punitive qui préfère la contrainte à l’accompagnement, l’interdiction à l’innovation, l’idéologie aux réalités du terrain. Personne dans cet hémicycle ne conteste l’enjeu sanitaire que représente le cadmium pour la santé humaine, personne ne s’oppose à la poursuite des efforts visant à réduire l’exposition de nos concitoyens, mais encore faut-il agir avec pragmatisme et responsabilité. Or le texte qui nous est soumis ce soir impose une trajectoire particulièrement contraignante et étouffante. Cette trajectoire ne tient aucun compte des réalités auxquelles notre agriculture est quotidiennement confrontée. Le phosphore demeure indispensable à de nombreuses productions agricoles et les sources d’approvisionnement en roches phosphatées dépendent de marchés internationaux de plus en plus instables. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation des coûts de production, il est irresponsable d’ajouter de nouvelles contraintes à des agriculteurs déjà fortement fragilisés. Ce texte propose une logique que nous refusons, qui consiste à considérer que toute réduction de la production agricole française constituerait une victoire écologique. Nous pensons exactement l’inverse : affaiblir nos agriculteurs, c’est renforcer les importations et transférer notre production vers des pays qui appliquent souvent des normes moins exigeantes que les nôtres.
Faute d’une telle souplesse, notre agriculture pourrait être confrontée à des difficultés d’approvisionnement susceptibles d’affecter la production alimentaire. C’est pourquoi cet amendement tend à introduire une clause dérogatoire strictement encadrée. Exceptionnelle et temporaire, celle-ci permettrait au pouvoir réglementaire de déroger aux plafonds nationaux applicables au taux de cadmium dans les engrais phosphatés…
Il vise à répondre à un enjeu de sécurité d’approvisionnement pour notre agriculture. Aujourd’hui, la production mondiale de phosphates à faible teneur en cadmium est concentrée entre quelques mains, dans un nombre limité de pays, situation qui peut créer une dépendance stratégique et fragiliser notre souveraineté alimentaire, notamment en cas de crise internationale ou de tensions géopolitiques qui perturberaient durablement les chaînes d’approvisionnement. Dans un contexte mondial de plus en plus instable, il est nécessaire que les pouvoirs publics disposent d’une capacité d’adaptation aux menaces pesant sur l’accès aux intrants agricoles essentiels.
Pourtant, monsieur Fugit, vous souteniez en commission que la trajectoire figurant dans votre amendement marquait un point d’équilibre. Visiblement, vous n’êtes pas à une contradiction près – mais on sait, encore une fois, que le courage n’est pas votre fort. J’en viens à mon sous-amendement, qui vise à instaurer une clause dérogatoire permettant au pouvoir réglementaire, à titre exceptionnel, de manière temporaire et selon un cadre strict, de déroger aux limites de cadmium contenu dans les engrais phosphatés – dans la limite des plafonds fixés par le règlement européen –, lorsque la sécurité d’approvisionnement agricole est gravement menacée, du fait de circonstances particulières telles qu’une crise géopolitique ou de sévères tensions diplomatiques. L’adoption de ce sous-amendement est la condition pour que nous adoptions les amendements identiques nos 14 rectifié et 16 rectifié.
Nous assistons ce soir, une fois encore, à une grande démonstration de courage de la part du groupe Ensemble pour la République. Je regrette, monsieur Attal, que votre groupe abandonne ce soir la trajectoire pourtant crédible et équilibrée qu’envisageaient les agriculteurs et les acteurs de la filière eux-mêmes, pour céder à nouveau aux sirènes de l’extrême gauche – les retraits de l’amendement de M. Fugit et du sous-amendement de Mme Pannier-Runacher en témoignent. Cette extrême gauche, qui ment et qui verse encore une fois ce soir dans l’indignité, en insinuant que certains députés de cet hémicycle seraient favorables au cancer…
La position finale de notre groupe dépendra de la suite qui sera donnée à nos amendements de réécriture générale, améliorés par les sous-amendements qui créent une clause de sauvegarde.
Le groupe Rassemblement national et ses alliés d’Identité Libertés sont, pour leur part, favorables à une trajectoire de réduction de la teneur en cadmium, mais à deux conditions : l’objectif de décadmiation doit être réaliste et soutenu par la filière ; surtout, le texte doit être assorti d’une clause de sauvegarde qui préserve la sécurité de nos approvisionnements en cas de crise majeure. Tel est le sens des amendements que nous avons déposés.
Ces comportements, visiblement cautionnés par plusieurs autres groupes, sont inacceptables, mais ce qui est tout aussi dommageable, c’est que certains puissent céder à ces pressions en laissant la passion l’emporter sur la raison.
Personne ne nie la nécessité de réduire l’exposition de nos concitoyens à cette substance. Mais gouverner, ce n’est pas afficher des postures, comme vous le faites depuis tout à l’heure ; c’est mesurer les conséquences de ses décisions, et surtout savoir raison garder. Nos filières n’ont pas attendu cette proposition de loi pour s’organiser et ont divisé par quatre – j’insiste sur ce chiffre – les apports d’engrais phosphatés. Elles ont déjà engagé un effort substantiel vers une décadmiation de leurs engrais pour réduire encore, substantiellement, leur teneur en ce métal. Elles attendent donc du législateur, non pas des diffamatoires dont vous êtes coutumiers, ni le concours Lépine de l’interdiction sans solutions, mais un accompagnement et une trajectoire réaliste qui préserve la sécurité de nos approvisionnements dans un contexte géopolitique incertain. Pour y parvenir, le législateur doit pouvoir travailler sereinement, loin des menaces. Je tiens à ce propos à condamner avec la plus grande fermeté les raids numériques contre les députés auxquels l’extrême gauche se livre sur les réseaux sociaux.
Ils peuvent, et nous pouvons, être fiers de nos agriculteurs. Nous leur disons que le groupe Rassemblement national et ses alliés de l’UDR et d’Identité Libertés les défendront sans relâche face à ceux qui veulent les voir disparaître et nous placer en situation de dépendance voire d’esclavage alimentaire. Venons-en au fond du texte et aux enjeux de la réduction de la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Personne ici ne conteste la dangerosité du cadmium pour la santé humaine.