Nous soutenons les revendications légitimes des lycéens et le mouvement social, mais dans toute la France, de Marseille à Paris, des commerçants ont été durement frappés par les violences et les pillages des 17 et 18 octobre. Ma circonscription a été particulièrement touchée. J’y ai moi-même été adjointe aux commerces pendant six ans et, depuis samedi, j’en fais le terrible constat, rue après rue, aux côtés de nos commerçants. Boulevard Voltaire, rue Vieille-du-Temple, rue Jean-Pierre Timbaud, rue du Faubourg-Saint-Antoine, boulevard Beaumarchais : j’ai vu des vitrines brisées, des commerces saccagés, des années de travail réduites à néant. Derrière chaque vitrine détruite, il y a un commerçant, un lieu de travail, des salariés à payer, des familles à nourrir et des années d’efforts. Nos commerçants sont des habitants, et les habitants sont solidaires de leurs commerces de proximité. Nous avons une vive pensée pour eux, pour les salariés mais aussi pour les agents municipaux, qui, partout en France, sont en première ligne et font tenir nos villes. Ces commerçants, vous les avez complètement abandonnés ce week-end. Des heures durant, des rues ont été laissées sans protection. Vous avez permis que des commerces soient pillés, que des lieux de travail soient détruits, que des femmes et des hommes qui font vivre nos quartiers ne sachent même pas s’ils pourront rouvrir leurs magasins. Depuis, ils essaient de les nettoyer, de les sécuriser, de constater les dégâts et d’envisager la suite. Mais quelle suite ? La suite, ce serait que l’État se tienne enfin à leurs côtés. Alors que certains commerçants en viennent à dire qu’ils devront eux-mêmes défendre leur commerce, nous sommes arrivés à un moment de vérité. L’État doit protéger, réparer et permettre la reprise de l’activité. Il y va de l’État de droit. Le désordre ne peut pas devenir la seule réponse, au risque de nourrir ceux qui prospèrent sur la peur. Monsieur le premier ministre, les commerçants victimes des 17 et 18 octobre ne peuvent pas attendre 2027. Depuis dix ans, vos gouvernements successifs courent après les urgences. À cause de la faillite de votre gouvernement ce week-end, à cause de vos promesses non tenues, les commerçants n’auront pas le temps de se relever avant les fêtes de fin d’année. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Huit siècles que la lumière traverse les vitraux de la Sainte-Chapelle de Paris ; huit siècles que le temps, lui, les ronge. Notre patrimoine est précieux, mais fragile. Édifiée au XIIIe siècle sur la volonté de Saint Louis, la Sainte-Chapelle renferme l’un des plus remarquables ensembles de vitraux au monde. Monument historique classé, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle figure parmi les sites les plus fréquentés de France. Le Centre des monuments nationaux a engagé un vaste projet de restauration et souhaite lancer une grande campagne de mobilisation. La Sainte-Chapelle de Paris n’est pas seule : neuf saintes chapelles réparties sur notre territoire en témoignent. De Paris à Aigueperse, de Châteaudun à Vincennes, elles abritent des trésors d’art et d’architecture. Ces édifices traversent les siècles, mais encore faut-il avoir les moyens de les préserver. Ces deux amendements proposent donc une majoration exceptionnelle de la réduction d’impôt pour les dons destinés à leur restauration, l’un pour les baies de la Sainte-Chapelle de Paris, l’autre pour les neuf saintes chapelles que compte le territoire français. Ce dispositif serait limité à un an, sur le même modèle que celui que nous avons appliqué après l’incendie de Notre-Dame de Paris – la même ambition au service d’autres monuments d’exception. Nous avons su sauver ensemble Notre-Dame. Je vous propose de refaire ce geste, avant qu’il ne soit trop tard, pour transmettre aux générations futures un patrimoine commun partout en France, et je vous invite donc à voter pour ces amendements.
…plutôt que d’investir dans notre jeunesse, vous choisissez de la sacrifier. Vous rompez ainsi avec la promesse républicaine d’accueillir et d’émanciper toutes et tous.
…tous les élus socialistes se mobilisent auprès des communautés éducatives dans leur territoire. Face à votre obstination à supprimer 4 000 postes d’enseignants à la prochaine rentrée, nous ne lâcherons rien et nous continuerons à dénoncer votre casse de l’école publique. Concrètement, ces suppressions de postes sont autant de fermetures d’écoles, de baisses de dotations horaires globales, de fins de certains enseignements, de manques d’accompagnement pour les élèves les plus en difficultés, donc d’attaques envers l’école publique, partout sur le territoire – en ruralité, dans les quartiers prioritaires, les pays des océans, comme en milieu urbain – et ainsi envers notre société tout entière. Je prends l’exemple d’une école de ma circonscription, dans le 11e arrondissement de Paris. L’État annonce un effectif de 155 élèves, qui ne correspond pas à la réalité et ne prend pas en compte les dernières inscriptions : finalement, vingt et un élèves de plus y feront leur rentrée. Pourtant, vous avez été alerté, monsieur le ministre – par la directrice, les parents d’élèves, la Ville de Paris. Vingt et un élèves, c’est une classe entière. Une classe que vous choisissez d’ignorer, au mépris de la qualité de l’enseignement et du bien-être des enfants. Comment justifiez-vous une telle sous-évaluation ? Comment pouvez-vous fermer une classe dans cette école, parmi tant d’autres, alors que vos services sont parfaitement informés ? Cette décision n’est pas seulement injuste, elle est incohérente, dangereuse pour l’avenir des élèves et inacceptable pour les familles. Nos enfants méritent mieux que des calculs erronés et des portes qui se ferment. Plutôt que de redonner du souffle à l’école publique, vous choisissez de l’affaiblir ;…
Merci, madame la présidente. J’ai l’honneur de poser ma première question au gouvernement et j’en remercie mon groupe. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, ma collègue Chantal Jourdan vous a interrogé il y a quinze jours ; le président de notre groupe vous a envoyé un courrier, resté sans réponse ;…