Samedi dernier, 3 000 personnes ont défilé pacifiquement à Oisy-le-Verger contre votre projet de mégacanal qui doit défigurer notre région, anéantir 300 espèces, détruire 6 zones naturelles protégées et 240 hectares de zones humides. Monsieur le ministre des transports, êtes-vous sérieux ? Agriculteurs en colère, rapports accablants de la Cour des comptes et du Conseil d’orientation des infrastructures, consultation citoyenne rejetée à près de 70 % : malgré tout, vous vous obstinez. Êtes-vous sérieux en imposant ce projet écocidaire, alors qu’en pleine canicule, chacun constate que l’eau commence à manquer et qu’on ne compte plus les villages où l’eau potable est rationnée quand elle n’est pas coupée ? Alors que les feux de forêt sont en train de dévorer le pays, vous continuez à soutenir un projet qui va pomper 35 millions de mètres cubes d’eau dans l’Oise, construire une mégabassine vingt-deux fois plus grande qu’à Sainte-Soline, qui asséchera les nappes phréatiques et déréglera le cycle de l’eau dans toute une région. Êtes-vous sérieux ? Alors que nos agriculteurs peinent à survivre, vous décidez de continuer à sacrifier leurs terres, en artificialisant plus de 3 000 hectares, en découpant les parcelles des paysans sans le moindre scrupule et en détruisant à coups de bulldozer une vie de travail. Vous allez creuser dans nos sols l’équivalent de dix fois le tunnel sous la Manche. Êtes-vous sérieux ? Après avoir déjà supprimé près de 2 milliards dans le fonds Vert, annulé des commandes de Canadair et détruit le fret ferroviaire, vous nous annoncez cette semaine de nouvelles coupes budgétaires, mais vous êtes prêts à investir plus de 11 milliards d’euros dans un mégacanal inutile. Êtes-vous sérieux, avec votre Choose France, alors que ce projet revient à orienter tous les flux vers Rotterdam, sacrifiant ainsi les ports de Marseille ou du Havre ? Pour défendre l’emploi dans notre région, vous feriez mieux de nationaliser ArcelorMittal ou d’aider nos paysans. Ce mégacanal est un mégascandale écologique, financier et social. C’est l’erreur écologique de notre siècle. Ma question est simple : quand allez-vous enterrer définitivement ce projet ?
Madame Lebec, vous soutenez que nationaliser entraînerait un risque, cependant nous encourons dès à présent un risque à ne pas le faire. Le risque est là : nous le faisons porter aux familles des salariés, des ouvrières et des ouvriers d’ArcelorMittal. Avec votre amendement, vous prenez le risque de les condamner à perdre leur emploi, comme 600 d’entre eux l’ont été l’année dernière et encore 1 650 cette année. Voilà qui est sûr : si ArcelorMittal reste dans les mains du banquier Mittal, nous savons exactement où nous allons : à la catastrophe, à la fermeture, à la désindustrialisation et à la destruction de territoires entiers. La solution raisonnable, calme et ordonnée est que l’État assume ses responsabilités et que nous, députés, nous assumions les nôtres, en votant la nationalisation d’ArcelorMittal pour qu’enfin l’acier soit géré en considérant ce qu’il est, c’est-à-dire une industrie d’intérêt national.
Quand les travaux débuteront-ils ? Le directeur général d’Arcelor a précisé, lors de l’annonce de Macron, que les travaux commenceraient en avril. Désormais, la direction de l’usine dit que ce ne sera pas avant un an. Ces travaux auront-ils lieu un jour…
Quel cynisme, collègues macronistes ! Oui, monsieur Kasbarian, l’État sera un meilleur gestionnaire, et cela pour une simple raison : il défend l’intérêt général et son gouvernement est élu par le peuple, alors que les actionnaires ont pour seul but de s’engraisser et de distribuer toujours plus de dividendes. Quel cynisme, monsieur Cazeneuve ! Vous osez nous expliquer que la situation d’ArcelorMittal est positive et qu’ils ont suffisamment d’argent pour investir. Dans ce cas, pourquoi ont-ils adopté un plan qui prévoit la suppression de 1 650 postes cette année ? C’est bien parce qu’ils n’ont que faire de la production en France et des salariés, comme ils n’avaient que faire des 600 personnes qu’ils ont déjà licenciées ! Ils ont promis d’investir, dites-vous – mais vous y croyez, vous ? À Dunkerque, la moitié des 80 postes consacrés à la décarbonation ont été supprimés et les quatre personnes qui avaient été embauchées pour acheminer la ligne à haute tension, indispensable pour les fours électriques, ont été licenciées. Arrêtez de répéter en boucle les mensonges de la direction d’Arcelor ! Vos amendements sont remplis de mensonges. Dans l’exposé sommaire du vôtre, vous écrivez, madame Lebec, que, dans le cadre de France 2030, l’État a déjà mobilisé 850 millions pour le site dunkerquois d’Arcelor. C’est faux, puisque le contrat a été rompu – à moins que le ministre nous annonce que la France a investi 850 millions à perte dans une entreprise qui a licencié 600 salariés, ce qui serait un scandale d’État ! Monsieur le ministre, merci de nous répondre et de contredire vos collègues macronistes. Enfin, monsieur le ministre, ArcelorMittal a annoncé un investissement de 1,3 milliard, mais cela ne couvre qu’un tiers de la production. Combien de salariés seront licenciés si les deux autres tiers de la production s’arrêtent ?