Madame Lebec, vous soutenez que nationaliser entraînerait un risque, cependant nous encourons dès à présent un risque à ne pas le faire. Le risque est là : nous le faisons porter aux familles des salariés, des ouvrières et des ouvriers d’ArcelorMittal. Avec votre amendement, vous prenez le risque de les condamner à perdre leur emploi, comme 600 d’entre eux l’ont été l’année dernière et encore 1 650 cette année. Voilà qui est sûr : si ArcelorMittal reste dans les mains du banquier Mittal, nous savons exactement où nous allons : à la catastrophe, à la fermeture, à la désindustrialisation et à la destruction de territoires entiers. La solution raisonnable, calme et ordonnée est que l’État assume ses responsabilités et que nous, députés, nous assumions les nôtres, en votant la nationalisation d’ArcelorMittal pour qu’enfin l’acier soit géré en considérant ce qu’il est, c’est-à-dire une industrie d’intérêt national.
Quand les travaux débuteront-ils ? Le directeur général d’Arcelor a précisé, lors de l’annonce de Macron, que les travaux commenceraient en avril. Désormais, la direction de l’usine dit que ce ne sera pas avant un an. Ces travaux auront-ils lieu un jour…
Quel cynisme, collègues macronistes ! Oui, monsieur Kasbarian, l’État sera un meilleur gestionnaire, et cela pour une simple raison : il défend l’intérêt général et son gouvernement est élu par le peuple, alors que les actionnaires ont pour seul but de s’engraisser et de distribuer toujours plus de dividendes. Quel cynisme, monsieur Cazeneuve ! Vous osez nous expliquer que la situation d’ArcelorMittal est positive et qu’ils ont suffisamment d’argent pour investir. Dans ce cas, pourquoi ont-ils adopté un plan qui prévoit la suppression de 1 650 postes cette année ? C’est bien parce qu’ils n’ont que faire de la production en France et des salariés, comme ils n’avaient que faire des 600 personnes qu’ils ont déjà licenciées ! Ils ont promis d’investir, dites-vous – mais vous y croyez, vous ? À Dunkerque, la moitié des 80 postes consacrés à la décarbonation ont été supprimés et les quatre personnes qui avaient été embauchées pour acheminer la ligne à haute tension, indispensable pour les fours électriques, ont été licenciées. Arrêtez de répéter en boucle les mensonges de la direction d’Arcelor ! Vos amendements sont remplis de mensonges. Dans l’exposé sommaire du vôtre, vous écrivez, madame Lebec, que, dans le cadre de France 2030, l’État a déjà mobilisé 850 millions pour le site dunkerquois d’Arcelor. C’est faux, puisque le contrat a été rompu – à moins que le ministre nous annonce que la France a investi 850 millions à perte dans une entreprise qui a licencié 600 salariés, ce qui serait un scandale d’État ! Monsieur le ministre, merci de nous répondre et de contredire vos collègues macronistes. Enfin, monsieur le ministre, ArcelorMittal a annoncé un investissement de 1,3 milliard, mais cela ne couvre qu’un tiers de la production. Combien de salariés seront licenciés si les deux autres tiers de la production s’arrêtent ?
Aujourd’hui, nous allons recommencer. Le petit manège de Macron et de Mittal sur le dos des ouvriers a assez duré. L’hypocrisie du Rassemblement national aussi, qui avait décidé, la dernière fois, d’empêcher des heures durant le Parlement de voter. Il est temps de rendre le pouvoir aux métallos. Nationalisons Arcelor – faisons du métal sans Mittal !
En ce début d’année 2026, alors qu’ArcelorMittal voit son bénéfice quadrupler par rapport à l’hiver dernier, l’entreprise annonce la suppression de 1 650 emplois – et le gouvernement espère encore lui quémander des investissements ? Il faut nationaliser. M. Macron a annoncé un nouveau four électrique à Dunkerque ? Écran de fumée ! Il assure une production de 2 millions de tonnes par an, quand l’usine est rentable à partir de 6 millions de tonnes. En février, Macron n’a annoncé rien d’autre que l’ampleur de sa trahison, empruntant le triste chemin de Sarkozy à Gandrange et de Hollande à Florange. Il se gargarise de garantir un tiers de la production, mais assume-t-il de supprimer deux tiers des emplois ? Il faut nationaliser. L’Assemblée nationale doit se faire respecter, face à l’autocrate de l’Élysée qui a osé dire, depuis l’usine de Dunkerque, qu’elle n’avait pas voté la nationalisation. Mensonge présidentiel ! Monsieur le ministre, vous serez gentil de bien vouloir informer le président de l’existence de l’Assemblée. Précisez-lui, quand vous le croiserez, que la proposition de loi no 2123 visant à la nationalisation d’ArcelorMittal France a bien été adoptée, le 27 novembre 2025, par 127 voix contre 41 !
C’est cela, aussi, que nous devons solder aujourd’hui. Alors oui, nous allons voter la nationalisation d’ArcelorMittal ! Il n’y a pas d’autre solution pour sauvegarder l’emploi et notre souveraineté ; pas d’autre solution pour ces dizaines de milliers de familles. II y a urgence. Notre industrie s’effondre, vendue par les financiers à la découpe. À Dunkerque, 3 200 métallos font tourner trois hauts-fourneaux jour et nuit. Si, dans quatre ans, ces hauts-fourneaux ne sont pas remplacés par des fours électriques, l’usine fermera. Avec elle, le Dunkerquois sombrera. Il y a urgence : quatre ans, c’est exactement le temps qu’il faut pour construire un four électrique. Il faut agir maintenant. À Dunkerque, la situation devient intenable. La répression s’abat sur les ouvriers et sur leur syndicat. La direction convoque les syndicalistes de la CGT pour les menacer de licenciement. Devraient-ils se laisser condamner à la mort sociale sans protester ? C’est aujourd’hui qu’il faut nationaliser. Que faire d’autre, face à un patron voyou dont le seul but est de voir son obscène fortune s’accroître toujours plus ? M. Mittal n’avait-il pas promis d’investir 850 millions d’euros pour décarboner l’usine ? Il a pourtant déchiré le contrat signé avec l’État et supprimé les postes permettant d’installer la ligne à haute tension destinée à l’alimentation des fours électriques. Des fours électriques sans électricité – prouesse du PDG ! Il faut nationaliser. On nous dit : l’acier va mal, Mittal n’a pas de quoi investir. En 2025, il n’a réalisé que 3,2 petits milliards de bénéfices – 250 % de plus que l’année précédente !
Aujourd’hui, avec ce texte, ils font irruption dans cette assemblée – par leur lutte acharnée, ils en fixent même l’ordre du jour ! Ce texte est le fruit de leur combat, de leurs nuits passées sans dormir et de leurs mois aux salaires amputés par la grève. Aujourd’hui, ce sont les sidérurgistes de Dunkerque, de Mardyck, de Fos, de Florange ou d’ailleurs, travailleurs d’ArcelorMittal, qui nous convoquent. C’est sous les yeux de ces travailleurs, installés en tribune sans droit à la parole, spectateurs d’un débat qui engage toute leur vie, que nous allons voter. Ils ont fait leur part du travail ; à nous de faire la nôtre pour leur rendre leur dignité. C’est pour cela qu’ils se battirent, en décembre dernier, quand la grève éclata à Dunkerque – 500 grévistes, la plus grande grève que le site a connue. Ils disaient que c’était le vote de l’Assemblée qui leur avait permis de relever la tête et donné le courage de se battre. Ils défendaient leur dignité. Après une année passée à trimer, les métallos avaient généré plus de 3 milliards de bénéfices. Le fruit de leur travail se devait d’être partagé, mais Mittal préférait se gaver et offrir 20 euros à chaque salarié.