En cette fin de mois d’avril, comme chaque année, vous nous présentez l’avancement du plan de sacrifice des Français et de leurs services publics sur l’autel de l’austérité européenne. Qui êtes-vous ? À qui répondez-vous ? Êtes-vous le gouvernement de la France souveraine ou juste des envoyés de la Commission européenne pour appliquer par la force une réduction du déficit que vous avez vous-même creusé en gavant les plus aisés ? Vous vous gargarisez de faire baisser ce déficit. Mais qui paie ? Qui souffre ? Il manque bien des chiffres dans ce rapport d’avancement, notamment ceux que vous cachez honteusement. Ainsi des chiffres de l’Insee, qui disent qu’une famille monoparentale sur trois – soit 3 millions de personnes – est en situation de privation matérielle, qu’un tiers de ceux qui habitent dans des logements sociaux – là encore, 3 millions de personnes – doivent se priver de l’essentiel, qu’un Français sur quatre ne peut se payer une semaine de vacances dans l’année, qu’un Français sur dix ne peut s’acheter des vêtements neufs ou encore qu’un Français sur dix ne peut acquitter à temps son loyer et ses factures. Quand la pauvreté frappe, ce sont les besoins vitaux qui sont mis en danger : un Français sur trois a eu froid cet hiver faute de pouvoir payer le chauffage, un tiers des Français n’arrivent pas à prendre trois repas par jour. Oui, dans la France de Macron, on a faim, froid et, parfois, on en meurt ! Quel rapport, me direz-vous ? Le rapport, ce sont vos politiques de coupes budgétaires qui étranglent toujours plus les Français. Elles sacrifient les budgets de la rénovation thermique, elles endettent les bailleurs et rendent invivables les logements sociaux, elles détruisent les écoles et laissent mourir notre économie. Votre budget pour cette année prévoit 40 milliards d’euros de coupes budgétaires, qui s’ajoutent aux 35 milliards de l’année dernière et aux 32 milliards de l’année précédente. Vous êtes responsables de cette situation et vous voulez continuer. Pour atteindre votre objectif de 3 % de déficit en 2029, la Cour des comptes estime que 80 milliards d’euros de coupes supplémentaires seront nécessaires. Comment ferez-vous ? On ne sait pas. Ce document ne contient même pas de trajectoire actualisée. Ces chiffres sont autant de souffrances supplémentaires. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il estime que votre budget 2026 avait fait ralentir la consommation des ménages de 0,6 point. La saignée du budget en cours devrait faire reculer cette même consommation des ménages de 0,4 point. Heureusement, selon votre rapport annuel, « la consommation des ménages [continuera] d’accélérer » dans les prochaines années. Incroyable ! Mais avec quel argent, s’il vous plaît ? La consommation des ménages recule cette année. Elle a ralenti l’année dernière, mais vous espérez que, miraculeusement, elle se mette à s’accélérer l’année prochaine ? La consommation baisse alors qu’une partie des Français ne mangent déjà pas à leur faim, pendant que l’on distribue des dividendes records. Voilà la réalité de votre plan d’avancement ! La consommation devait déjà reculer en 2026. Mais ça, c’était avant. Avant que l’impérialisme états-unien et le gouvernement criminel israélien ne déclenchent une guerre en Iran et que vos amis pétroliers, TotalEnergies en tête, décident d’en profiter pour spéculer sur le pétrole et fassent exploser le coût de la vie et la souffrance des Français. Au début de la guerre, Total a acheté à bas coût 34 millions de barils de pétrole, pour les revendre maintenant à des prix exorbitants. Résultat : 12 millions d’euros de bénéfices par jour pour Total et des prix qui explosent pour tout le monde. On aurait pu les bloquer, mais non ! Vous laissez les pétroliers se gaver. La note est salée : 6 milliards d’euros, dites-vous, de coûts supplémentaires pour la puissance publique. Qui va payer ? Total, qui, en à peine un mois, a engrangé 1 milliard d’euros de bénéfices sur le dos des Français ? Total, ce profiteur de guerre récidiviste qui avait déjà instrumentalisé l’invasion de l’Ukraine pour encaisser pas loin de 40 milliards d’euros de bénéfices en 2022 et 2023 ? Non, bien sûr ! On ne touche pas aux copains. Pas vrai, madame Le Pen ? J’espère que le champagne partagé avec Patrick Pouyanné était bon. N’avait-il pourtant pas le goût de la sueur des Français rackettés par Total pour distribuer des dividendes ? Pour le Rassemblement national et pour la Macronie, c’est la coupe de champagne ; pour les Français, c’est la coupe budgétaire de 6 milliards ! Où ferez-vous ces coupes ? Dans l’école à bout de souffle ? Dans l’hôpital en train de devenir un mouroir ? On ne sait pas, sans doute un peu de tout. En tout cas, l’argent ne sera pas pris sur les bénéfices de Total. Ces coupes seront-elles soumises à notre vote ? Non ! Avec Macron, la démocratie est en option. Les budgets passent sans vote, par 49.3. La loi de finances n’est pas respectée ? Pas grave. On la modifie sans vote en cours d’année.