💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 May 06 14:24:00
Ma réponse dépassera un peu le seul cadre du 8 mai. Vous avez raison, notre rôle est de transmettre un legs historique et mémoriel autour des valeurs pour lesquelles nous nous sommes battus – les libertés publiques – et autour de ce que nous avons combattu, à commencer par les totalitarismes. Pour que nous soyons là aujourd’hui et pour que nous connaissions cette destinée singulière, des hommes et des femmes ont payé ce combat du prix de leur vie. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.) Nos élèves, quelle que soit leur histoire, doivent s’approprier ce legs historique et se reconnaître dans celles et ceux qui leur permettent de vivre libres. À partir de la rentrée prochaine, le 11 novembre, qui est à la fois la célébration de l’Armistice et la journée de tous les soldats morts au combat, sera commémoré dans tous les établissements scolaires – soit la veille, soit le lendemain, puisque le 11 est férié. Par ailleurs, la seconde guerre mondiale est au cœur des programmes de troisième et du lycée. La commémoration du 8 mai doit entrer en résonance avec ces programmes. Cela pourra être une cérémonie simplement commémorative, mais qui sera bien le rappel vivant de cette mémoire. Nous avons à cet égard relancé le concours national de la Résistance et de la Déportation, qui avait connu une baisse de fréquentation après le covid et qui est redevenu cette année le premier concours scolaire, avec la participation de plus de 30 000 élèves. Enfin, l’enseignement moral et civique nous servira aussi à transmettre cette mémoire, notamment dans le cadre de la proposition de loi, actuellement en discussion, visant à renforcer l’enseignement à la défense nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.)
…et de sensibiliser en amont les entreprises comme les élèves à la nécessité d’éviter tout geste professionnel dans un environnement susceptible de présenter un risque.
La vraie question concerne les modalités et les conditions dans lesquelles les stages doivent se dérouler. Ce sont des stages d’observation, lors desquels on ne doit en aucun cas effectuer un geste professionnel. (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Sur place, des enquêtes administrative, pénale et de l’inspection du travail sont en cours. Avec Jean-Pierre Farandou, nous avons lancé une mission flash interministérielle afin de consolider le dispositif avant les stages du mois de juin…
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 29 14:40:27
Au nom du gouvernement, je me permets d’adresser toutes mes pensées à la famille de Calvin, à laquelle j’ai d’ailleurs écrit. Pour l’éducation nationale, perdre un élève est ce qu’il y a de pire. Ce qui s’est passé est une perturbation et un traumatisme pour la famille de Calvin et pour la communauté éducative. Il convient de distinguer le principe même du stage d’observation de ses conditions d’exercice. Actuellement, les élèves de troisième connaissent en moyenne dix à quinze métiers. Il y a quinze jours, les collégiens avec lesquels j’ai déjeuné m’ont dit qu’ils hésitaient entre celui de leur père et celui de leur mère. Les stages d’observation permettent d’élargir les ambitions des élèves et participent à l’égalité des chances. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Pierre Pribetich s’exclame.)
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 12:08:12
Je confirme que nous partageons l’objectif de disposer d’ici à la rentrée 2027 d’au moins une Ulis – certains établissements de grande taille en accueillent plusieurs – et d’au moins un espace de répit par collège. En effet, pour qu’un collège puisse être pleinement inclusif, il faut les deux : un dispositif qui accueille les enfants en situation de handicap et un espace de répit pour que ces élèves ou d’autres élèves à besoins éducatifs particuliers puissent – passez-moi l’expression – décompresser et mieux vivre leur scolarité. En Gironde, quatre-vingt-onze Ulis sont déployées dans les collèges du département, parmi lesquelles quatre ont été ouvertes à la rentrée 2025. Pour la rentrée 2026, trois créations supplémentaires sont programmées dans différents collèges du département – où je me suis d’ailleurs rendu vendredi dernier : nous y étions ensemble, monsieur le député. J’ai demandé aux services académiques de se pencher sur la situation du collège Cantelande à Cestas, qui leur est effectivement bien connue. Le taux de pression y est assez élevé et les dispositifs des collèges voisins de Martignas-sur-Jalle et de Gradignan sont eux-mêmes sous tension. L’analyse académique révèle que des besoins encore plus importants avaient été identifiés dans d’autres secteurs du département, conduisant à donner la priorité à ces territoires pour l’ouverture des trois nouvelles Ulis à la rentrée 2026. Cela ne préjuge pas de l’avenir : je l’ai dit depuis le début, je veux que tous les collèges disposent d’une Ulis à la rentrée 2027. Dans ce cadre, la situation du collège de Cestas sera nécessairement examinée. Pour ouvrir des Ulis, il faut disposer de la ressource humaine qualifiée et experte – les coordonnateurs d’Ulis ne sont pas des enseignants ordinaires. D’ici là, à moins que nous arrivions à dégager la ressource nécessaire, nous mettrons en place des organisations qui permettent d’intervenir dans l’établissement, en s’appuyant à la fois sur l’expertise des coordonnateurs des Ulis situées aux alentours et sur la formation des enseignants des élèves concernés. D’autre part, un travail conduit avec l’Agence régionale de santé vise à faciliter l’accès aux établissements médico-sociaux pour les élèves en attente. En effet, le taux de pression dans ces collèges s’explique en grande partie par le fait que des élèves sont en attente de place en institut médico-éducatif (IME) – ils ont une notification pour cela –, parfois depuis plusieurs années. L’un des enjeux est de leur permettre d’y accéder, y compris pour revenir ensuite dans le système éducatif, de manière que les dispositifs Ulis existants scolarisent effectivement les élèves qui bénéficient d’une notification pour une place en Ulis et que chacun bénéficie d’un parcours véritablement adapté. Concernant le collège de Cestas, j’ai demandé au recteur de réexaminer la situation. Si la ressource en coordonnateur Ulis existe, nous pourrons réévaluer la situation. Sinon, toutes les mesures que j’ai décrites seront mises en place. Quoi qu’il arrive, dans la perspective de la rentrée 2027, la situation sera évidemment réexaminée avec une bienveillance particulière.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 12:02:15
Merci pour cette question relative à l’apprentissage des langues vivantes, et plus généralement au bilinguisme. Cette priorité doit être défendue de la maternelle jusqu’au baccalauréat si l’on veut qu’elle soit pleinement efficace. Tout l’enjeu est d’assurer un certain continuum éducatif permettant de répondre à la demande. Vous avez cité plusieurs dispositifs, mais permettez-moi de retracer sous cet angle l’ensemble de la scolarité de l’élève. Depuis 2019, les dispositifs existants ont été structurés par le plan Langues vivantes – nous aimons bien les plans à l’éducation nationale, mais, en l’occurrence, l’expression se justifie. Dès la moyenne section de maternelle, les enfants sont éveillés à la diversité des langues. À l’école élémentaire, les nouveaux programmes publiés en mars 2026 renforcent un enseignement des langues structuré dès le CP, conçu pour s’inscrire dans la durée et se poursuivre naturellement au collège. En outre, nous avons fait le choix de placer les élèves au contact vivant des langues, le plus souvent possible – le dispositif que vous avez cité en est un exemple. Les assistants de langues, locuteurs natifs, recrutés notamment par France Éducation international, accompagnent les enseignants dans les classes du premier degré. Dans certaines écoles, dès la maternelle ou le cours préparatoire, des matières entières sont enseignées en langue étrangère – c’est le principe du dispositif Emile, mentionné à l’occasion de la question précédente et qui ancre la langue dans une réalité concrète plutôt que dans un exercice formel. Le programme Élysée Prim, né de la coopération franco-allemande, va encore plus loin en proposant dès la maternelle un enseignement en allemand assuré par des professeurs allemands. Tout cela se poursuit au collège et au lycée. Pour les élèves et les familles qui souhaitent s’engager davantage, les sections internationales, qui concernent plusieurs centaines de classes, offrent un cadre véritablement bilingue, ouvert aux élèves français comme étrangers. Depuis quatre ans, nous conditionnons l’ouverture de ces sections à une politique de mixité sociale : la création de nouvelles sections internationales est réservée soit à des établissements très défavorisés – appartenant essentiellement aux trois déciles les plus défavorisés –, soit à des établissements, publics ou privés, menant une véritable politique de mixité sociale. Cela a eu un effet immédiat : chaque fois que nous ouvrons une section internationale dans un établissement défavorisé, l’IPS augmente dès la rentrée suivante, parce que l’établissement retrouve son attractivité. C’est par ce continuum entre des dispositifs spécifiques, comme Emile, dans le premier degré, des sections internationales dans le second degré, et une reprise de l’intégralité des programmes de langues du cycle 1 jusqu’au cycle 4, que nous arriverons à cultiver le bilinguisme que nous appelons collectivement de nos vœux, aussi bien en anglais et en allemand que dans d’autres langues.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 11:56:42
S’agissant de la carte scolaire, je rappelle que la situation démographique de Paris est l’une des plus marquées, pour ne pas dire catastrophiques, du territoire national. La ville a déjà perdu plus de 20 % de ses élèves dans le premier degré au cours des dernières années et s’apprête à en perdre encore 30 % lors de la prochaine décennie. Quand on perd quasiment un élève sur deux, il est difficile de ne pas l’observer objectivement et de ne pas en tirer les conséquences qui s’imposent – des conséquences aussi minimales que possible, certes, mais nécessaires. Notons que l’académie de Paris présente l’un des taux d’encadrement les plus élevés de France, alors même que la population parisienne n’est pas, en moyenne, la plus défavorisée. Pour ce qui est de la concurrence avec l’enseignement privé, je connais bien les projections du chercheur Julien Grenet. Je suis très attentif à ses travaux. Ce sont des projections établies toutes choses égales par ailleurs, mais elles omettent un point essentiel : la régulation des moyens du privé intervient à la lumière de celle du public. Les décisions que j’ai prises cette année relatives aux moyens attribués au privé parisien auront mécaniquement pour effet de tarir la progression de sa part relative par rapport au public. Il faut maintenir cette cadence, car nous ne pourrions accepter qu’un simple effet d’aubaine conduise à un déséquilibre qui n’est pas souhaitable. Les choses sont déjà en cours de correction. Je vous garantis que si ces orientations sont maintenues avec la même constance, les alertes de Julien Grenet demeureront des projections intéressantes mais qui, fort heureusement, seront restées lettre morte grâce à une action publique volontariste et respectueuse du choix des familles. S’agissant des écoles défavorisées, rappelons que le classement en REP et REP+ ne s’arrête pas à l’IPS, mais traite la question de la concentration de la grande pauvreté – c’est bien la part d’élèves en situation de pauvreté qui, historiquement, détermine le classement en REP et REP+. Je le répète, il m’est impossible de changer ce classement, qui est en partie périmé, pour la rentrée 2026 et même pour la rentrée 2027, parce que je ne veux pas engager l’autorité politique suivante. Je préparerai le travail techniquement, mais je ne peux pas prendre la décision à sa place – ce serait une méconnaissance de la démocratie. Concernant la santé scolaire, nous renforçons les effectifs : 300 postes ont été créés par la loi de finances pour 2026. Quant aux fermetures de classes, à la lumière de vos propos, la situation sera à nouveau examinée sereinement par la rectrice – je le rappelle, ce n’est pas le ministre qui décide de fermer ou d’ouvrir des classes en France.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 11:50:26
Je ne répéterai pas ce que j’ai dit précédemment et me concentrerai sur le cœur de votre question. Vous connaissez nos projections : nous allons perdre 1,7 million d’élèves au cours des dix prochaines années. Nous en avons déjà perdu 600 000, ce qui n’est pas anecdotique. Néanmoins, nous avons créé 16 000 postes de professeurs dans le premier degré. Pour ce qui est de l’amélioration du taux d’encadrement et de l’offre scolaire, nous avons ainsi suivi une trajectoire inédite – il me semble important de le signaler. Je m’inscris en faux contre l’idée d’une logique purement comptable que vous avez mentionnée. Que ces décisions ne soient pas prises de gaieté de cœur, c’est certain ; ce sentiment est partagé par tous. C’est précisément pour cette raison que nous avons déployé les observatoires des dynamiques rurales et territoriales, les CDEN et diverses instances qui permettent d’échanger avec les élus locaux et nationaux. Mon ambition profonde est que nous portions cette vision à long terme pour faire de l’école un véritable outil d’aménagement du territoire et d’amélioration de l’offre scolaire. Ces deux objectifs sont indissociables. Il ne s’agit pas de fermer pour fermer, ni de subir une logique annuelle où la suppression d’un nombre donné de postes entraînerait mécaniquement autant de fermetures de classes. S’agissant de la Côte-d’Or, vous l’avez dit, la baisse démographique est substantielle. Ce département est particulièrement touché : il a perdu 11 % de ses effectifs dans le premier degré en l’espace de huit ans, et une baisse de 2,5 % est anticipée pour la seule rentrée 2026. C’est une diminution drastique, mais le retrait d’emplois ne suit pas cette courbe démographique. Si nous l’avions suivi strictement, nous aurions supprimé presque deux fois plus de postes. Tout l’enjeu est là : tenir compte de la réalité démographique tout en respectant des principes fondamentaux. Premièrement, il ne doit y avoir aucune fermeture d’école sans l’accord du maire. D’après les informations transmises par les acteurs en Côte-d’Or et à la suite des concertations menées, il n’y aura pas de fermeture d’école à la rentrée 2026, uniquement des fermetures de classes. Deuxièmement, il faut un contrat scolaire d’accessibilité à l’école. Troisièmement, précisément parce que nous ne suivons pas la démographie, nous améliorons chaque année le taux d’encadrement. La Côte-d’Or compte déjà vingt et un élèves par classe en moyenne ; ce chiffre passera sous cette barre l’année prochaine. Il faut poursuivre cette trajectoire. L’action publique ne peut se résumer à un tableau Excel ni à des moyennes. Chaque situation doit être examinée individuellement. C’est pourquoi j’ai engagé une expérimentation afin d’aboutir, pour construire le budget pour 2027, à une méthode différente, partant des besoins constatés sur le terrain.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 11:44:00
Je vais d’abord vous répondre sur les AESH et, plus généralement, sur l’école inclusive. Vous le savez, nous faisons face à une forte croissance du nombre d’élèves reconnus en situation de handicap et, plus encore, du nombre d’élèves bénéficiant d’un droit à un accompagnement notifié par la MDPH. Si l’on perd 1 % à 2 % d’élèves chaque année, entre 8 % et 12 % d’élèves supplémentaires font l’objet d’une notification de droit à un AESH – on constate une forme d’effet de ciseau. En l’espace d’une quinzaine d’années, nous avons créé un véritable service public de l’école inclusive. Nous comptons aujourd’hui 145 000 AESH dans le système éducatif ; c’est devenu le deuxième métier de l’éducation nationale. Ce nombre est à mettre en perspective avec les quelque 800 000 professeurs. En Loire-Atlantique, ce sont 10 310 élèves en situation de handicap qui sont scolarisés, dont 5 379 font l’objet d’une notification MDPH. Il est vrai qu’à la rentrée, 50 000 élèves ne bénéficiaient pas de l’AESH auquel ils avaient droit. Je me permets toutefois de souligner la différence entre la photographie et le film. Nous rencontrons un problème pour satisfaire la demande ; c’est une réalité qu’il ne faut pas ignorer et à laquelle je me suis attaqué dès mon arrivée au ministère. Mais il existe une autre réalité : lorsque des dizaines de milliers de notifications tombent entre le 15 juillet et le 31 août, il est extrêmement difficile, à la date du 10 ou du 12 septembre, d’obtenir un AESH pour chaque élève. Qu’il y ait des pics de demandes, cela correspond au fonctionnement des familles, mais il en résulte que nous ne sommes pas toujours capables d’y répondre immédiatement. Nous essayons bien évidemment d’organiser les choses, mais il faut avoir cette donnée en tête. Au-delà des mesures prises au cours des dernières années en faveur des AESH – même si elle reste insuffisante, leur rémunération a ainsi progressé de 41 % en huit ans –, j’ai annoncé, à la suite des travaux sur la proposition de loi de la sénatrice Marie-Pierre Monier, que j’ouvrirais une concertation sur leur statut. La première réunion aura lieu dans les jours qui viennent ; la deuxième se tiendra fin mai. Elle portera notamment sur la possibilité de fonctionnaliser certains d’entre eux afin de leur offrir un cadre plus protecteur. Je rappelle également que nous déployons des pôles d’appui à la scolarité, qui permettent d’inverser la logique et de répondre, dans le bon ordre, d’abord à la nécessité de l’accessibilité des apprentissages, puis à la question de la compensation. Tout cela forme un ensemble cohérent ; j’aurais aimé approfondir la question mais, comme je souhaite répondre aussi à votre seconde question, je m’arrêterai là. Je l’ai dit : la carte de l’éducation prioritaire ne sera pas refaite au cours des prochains mois car je ne souhaite pas engager la future majorité de 2027 s’agissant d’un sujet aussi fondamental. En revanche, j’ai demandé un examen particulier de la situation des écoles dont l’indice de position sociale des élèves (IPS) est très faible ou qui se trouvent dans des configurations aussi contraintes que celles que vous mentionnez ; cela permettra de se pencher spécifiquement sur leurs moyens, tant humains – le nombre de professeurs – que médico-sociaux.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 28 11:37:21
Je ne reviendrai pas sur ce que vous avez rappelé au sujet de la répartition des moyens dans le premier degré, qui tient effectivement compte des critères territoriaux et sociaux. Les nombreux échanges avec les élus locaux sont renforcés, en amont des conseils départementaux de l’éducation nationale (CDEN), dans le cadre des observatoires des dynamiques rurales et territoriales, que j’ai généralisés à tout le territoire et au sein desquels j’ai demandé une visibilité pluriannuelle. Je crois en outre être le premier à avoir souhaité des projections démographiques concernant les dix prochaines années – projections glissantes, si bien que mes successeurs disposeront chaque année d’une visibilité à dix ans –, afin que nous arrivions à construire quelque chose de pluriannuel en matière à la fois d’aménagement du territoire et d’offre scolaire. Dans le Nord, les effectifs du premier degré public ont diminué de 33 700 élèves entre 2017 et 2025, c’est-à-dire que, rien que dans le premier degré, le département a perdu quasiment 15 % de ses élèves – ce qui en fait l’un des plus touchés de France. Cela ne s’est pas fait au détriment des effectifs des professeurs : durant la même période, le taux d’encadrement dans le Nord s’est substantiellement amélioré ; le nombre d’élèves par classe est passé de 23,1 à 19,9, devenant plus favorable que la moyenne nationale, qui se situe autour de 21. Malheureusement, la baisse se poursuivra à la rentrée 2026 : 5 600 élèves de moins, soit 3 %, d’où un retrait – limité à 165 emplois, ce qui permettra d’améliorer encore le taux d’encadrement, autrement dit de réduire le nombre d’élèves par classe. Dans la 18e circonscription du Nord, la vôtre, le solde s’établit à moins onze – cinq ouvertures et seize fermetures –, pour une perte supérieure à 270 élèves. Ce résultat ne sort pas de nulle part : il est le fruit d’un dialogue avec les acteurs locaux. Treize fermetures ont été annulées en amont du CDEN, une ouverture supplémentaire décidée à l’issue des travaux avec les différentes organisations. Comme chaque année, ces dispositions peuvent être ajustées au mois de juin en fonction des inscriptions ou des départs d’élèves – ajustements marginaux, donc, mais sur lesquels l’attention du Dasen a été appelée. C’est dans ces conditions que nous préparons la rentrée. Compte tenu de la chute démographique drastique, un moratoire ne serait pas la solution ; il convient de limiter partout les fermetures, autant que possible, mais dans un certain nombre de cas, je le répète, la démographie, des paramètres qui nous sont étrangers, commandent malheureusement des actions que nous n’effectuons pas de gaieté de cœur.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 14 16:30:55
Merci d’appeler l’attention sur cette situation criminelle : il ne s’agit pas seulement de dysfonctionnements administratifs, mais bien de crimes commis sur des mineurs, avec toutes les conséquences que vous avez rappelées. Si un problème de frontière administrativo-juridique se pose effectivement, il ne nous empêche pas d’agir. Du côté de l’éducation nationale, j’ai engagé depuis plusieurs semaines plusieurs actions fortes. En matière de détection et de repérage, nous avons diffusé un guide unique facilitant les signalements au procureur – au titre de l’article 40 du code de procédure pénale – et les dépôts de plainte. Nous avons formé à ce sujet tous les directeurs d’école de la Ville de Paris. J’ai également institué une déléguée à la protection des enfants à l’école, qui pourra être saisie quelle que soit la personne responsable, qu’elle relève du scolaire ou du périscolaire. Enfin, dans le cadre du projet de loi relatif à la protection de l’enfance, nous défendrons des dispositions concernant le contrôle d’honorabilité ainsi que l’établissement d’une liste noire : celle-ci recenserait les agents publics qui se seraient rendus coupables d’actes sur mineurs non pénalement répréhensibles, néanmoins inacceptables, afin qu’ils ne puissent plus être réembauchés ni au sein de l’éducation nationale ni au contact des mineurs de manière générale. Du côté du périscolaire, la situation relève des collectivités territoriales, mais cela n’interdit pas des contrôles. Je réponds au nom de Marina Ferrari, qui est chargée de ce portefeuille : en trois ans, nous avons augmenté les contrôles de 70 % et cent agents supplémentaires y seront dédiés. S’agissant plus particulièrement du périscolaire parisien, le maire de Paris a annoncé un nouveau plan. Nous étudions la faisabilité d’une mission conjointe qui serait menée par les différentes inspections générales. Pour être tout à fait honnête avec vous, nous sommes en train d’expertiser son périmètre juridique, car les droits d’accès varient en fonction de la nature du service rendu. Marina Ferrari reviendra vers vous très prochainement à ce sujet, mais sachez qu’il est à l’étude. (Mme Brigitte Klinkert applaudit.)
À voir ! Il reste qu’il faut trouver un équilibre entre l’offre scolaire et l’aménagement du territoire. À cet égard, nous devons changer de braquet et transformer la difficulté en occasion – j’en conviens –, en réduisant le nombre d’élèves par classes. Vous noterez d’ailleurs avec intérêt qu’en Saône-et-Loire, vous êtes passés, en l’espace de cinq ans, de 22,2 élèves par classe à 20,6 ; c’est donc bien la direction prise, il n’est pas inintéressant de le mesurer. Nous devons surtout inverser la logique qui nous enferme depuis des années dans une gestion budgétaire annuelle. Nous nous attelons à ce changement de logiciel. Jusqu’à présent, le nombre de postes supprimés ou octroyés en loi de finances se traduisait chaque année par une répartition ministérielle au niveau académique, puis à l’échelon départemental. Cette année sera expérimentale. J’ai inversé la méthode, en partant de quinze départements – dont je communiquerai la liste la semaine prochaine –, qui feront remonter eux-mêmes leur projet de carte scolaire à un, deux et trois ans, ce qui permettra de déterminer les besoins à inscrire dans le projet de loi de finances. Si cette expérimentation est concluante, je généraliserai cette méthode l’année prochaine. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 14 16:22:04
Vous avez bien voulu le rappeler, nous faisons face à une baisse massive des effectifs scolaires. Nous ne pouvons pas totalement l’ignorer. Quand on perd 25 % de ses élèves en quinze ans, on ne peut pas faire comme si on n’était pas confrontés à une secousse d’ordre sismique ! Quand, en certains endroits, la chute est de 40 à 50 % d’élèves, on ne peut pas faire comme si de rien n’était ! Ensuite, vous avez raison, notre contrat social en matière de système éducatif repose historiquement, depuis Guizot, sur l’accessibilité territoriale de l’école – principe que nous ne cherchons pas à fragiliser, au contraire. Je rappelle qu’aujourd’hui 30 % des écoles se situent en zone rurale, pour seulement 18 % des élèves ; et que 8 % des établissements ne comportent qu’une seule classe. Vous évoquiez les classes multiniveaux ; sachez que dans certaines classes, il arrive qu’un élève fasse toute sa scolarité en étant le seul représentant de son niveau, ce qui n’est pas forcément un service pédagogique à lui rendre !
…voilà ce que je vais faire : commencer un travail technique portant sur les critères et la carte, afin que tout soit prêt pour mon successeur, quel qu’il soit. La carte pourra être ainsi modifiée en temps utile, en synchronisation avec le prochain mouvement des professeurs. Je ne pourrai pas faire davantage dans le délai qui est le mien !
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 14 16:17:42
La question se présente ainsi : notre carte de l’éducation prioritaire comporte 1 097 réseaux, dont 361 réseaux renforcés, les REP+, qui tiennent compte des concentrations géographiques de grande pauvreté. Cette carte, qui a vocation à être révisée périodiquement, l’a été pour la dernière fois en 2014, si bien qu’elle est aujourd’hui, objectivement, en partie obsolète. Je l’ai dit dès ma prise de fonction. Nous rencontrons cependant une petite difficulté : pour réviser cette carte, il faut à la fois définir les critères de révision – les critères de 2014 étant eux-mêmes obsolètes – et travailler avec les collectivités locales qui sont, curieusement, tout comme les équipes pédagogiques, d’ailleurs, parfois assez favorables au fait d’entrer dans un réseau d’éducation prioritaire, mais beaucoup moins à l’idée d’en sortir, quand bien même leur situation s’est largement améliorée entre-temps. Enfin, nous devons aussi nous synchroniser avec le mouvement des enseignants. En effet, je ne peux pas m’amuser – pardonnez-moi l’expression – à faire sortir un établissement d’un réseau d’éducation prioritaire sans avoir donné la possibilité aux enseignants de postuler au mouvement pour se réorienter, s’ils le souhaitent, vers un autre réseau d’éducation prioritaire. Pour que le processus aille à son terme, il faut donc compter, en moyenne, entre quinze et dix-huit mois. Ajoutez à cela la période de réserve des élections municipales, puis celle de l’élection présidentielle, et vous constaterez que je dispose devant moi d’un délai assez court ! Accessoirement, il se trouve que j’ai tendance à respecter le verdict des urnes : je ne voudrais pas préempter une décision qui sera potentiellement au cœur du débat public l’année prochaine. Donc…
S’il s’avère que les calculs comportent des erreurs ou que de nouvelles inscriptions ont fait suite à des déménagements, il sera toujours possible de faire des ajustements, aux mois de juin et d’août, pour ouvrir des classes là où c’est nécessaire – y compris dans l’exemple que vous avez évoqué. Si besoin, nous le ferons. Mais n’oublions pas que nous subissons une chute démographique majeure, en particulier à Paris. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)
S’agissant de l’exemple précis que vous avez évoqué, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire des fermetures ont été annoncées – ainsi que des ouvertures, ne l’oublions pas. À ma demande, le conseil départemental de l’éducation nationale est revenu, après évaluation, sur une quinzaine de fermetures.
Le taux d’encadrement dans l’académie de Paris est donc l’un des plus élevés.
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💬 • Édouard Geffray, Ministre de l’éducation nationale • 2026 Apr 14 15:47:37
Je vous présente mes vœux pour votre nouveau mandat. Vous avez souligné la situation démographique en général et celle de Paris en particulier. Je vous le dis pour la première fois, mais je le répète depuis plusieurs semaines : nous sommes dans une situation démographique générale alarmante. J’ai fait établir et publier des projections qui montrent que dans les dix prochaines années, nous perdrons 1,7 million d’élèves sur les 11,8 millions que compte notre pays. Si on examine la situation à Paris, on constate une baisse de 20 % du nombre d’élèves en huit ans, et on estime à 30 % la baisse supplémentaire d’ici à 2035. Autrement dit, Paris aura perdu quasiment 45 % de ses élèves en quinze ans. C’est la réalité. Nous essayons à la fois de tenir compte de la situation démographique et de diminuer le nombre d’élèves par classe. À Paris, pour rester sur le même exemple, il est passé, en l’espace de quelques années, de 23,7 élèves par classe à 20,1.
Je suis d’accord : le temps de transport est un des déterminants essentiels pour concevoir une implantation équilibrée et un service public de qualité en matière scolaire. Toutefois, je ne suis pas favorable à l’élaboration d’un tel rapport, précisément parce que je prône une approche très territorialisée : les réalités ne sont pas les mêmes selon le territoire où l’on se trouve – montagne, campagne, etc. Je l’ai indiqué tout à l’heure, j’applique une nouvelle méthode, qui part du terrain et qui devra tenir compte notamment de cet élément, étant entendu que la question relève de la compétence des collectivités territoriales. En réalité, je serais bien en peine de vous remettre un rapport national sur ce point, a fortiori dans un délai de six mois, tant la maille est fine et tant les réalités varient en fonction de la géographie. Pour cette raison, je suis défavorable à l’amendement.
Défavorable. La commune a l’obligation de participer à la scolarisation des enfants qui résident sur son territoire, mais imposer des règles relatives au retrait d’un RPI serait contraire au principe de libre administration des collectivités territoriales, donc à la Constitution.
La constitution d’un RPI a vocation à être discutée en conseil d’école, les élus des parents sont donc forcément consultés à ce stade. Je suis par nature, par conviction, très favorable à la consultation des parents. Mais si l’amendement est adopté, la rédaction retenue induira mécaniquement une deuxième consultation, en plus de celle des conseils d’école. Il faut évidemment que les conseils d’école soient pleinement associés et que le débat ait lieu dans cette enceinte, mais si cet amendement était adopté, une deuxième étape de consultation devrait être organisée, et je ne sais pas comment elle s’articulerait avec celle des conseils d’école. Avis défavorable pour cette raison,.
Vous avez opposé rationalisation et pédagogie. Il n’y a pas de rationalisation, il y a une organisation pédagogique qui va se placer au service de l’efficacité du système.