Mereana Reid Arbelot Une dévastation totale, un silence assourdissant. À Mayotte, une catastrophe naturelle se transforme en tragédie humanitaire. La violence du cyclone Chido, la grande pauvreté de la population et l'extrême précarité de l'habitat font craindre la perte de très nombreuses vies humaines.
Mayotte est meurtrie, la France est en deuil. Une course contre la montre a commencé. Contre la soif, contre la faim, contre le choléra et toutes les menaces épidémiques, contre les traumatismes et tous les dangers post-cycloniques. Porter secours à l'ensemble de la population sinistrée est une priorité nationale. Elle devrait être, monsieur le premier ministre, votre priorité prioritaire.
Dans l'un des plus grands déserts médicaux français, l'hôpital de Mayotte et son personnel dévoué ne peuvent faire face. Le CHU de La Réunion accueille les évacués sanitaires et des équipes médicales sont arrivées à Mayotte, mais en quelques heures, tout – absolument tout – est devenu critique dans cette île et particulièrement l'accès à des lieux d'accueil, à l'eau potable, aux soins et aux réseaux de télécommunication.
C'est pourquoi il faut mobiliser tous les secours à l'échelle internationale. La France a-t-elle sollicité l'Organisation mondiale de la santé ou les principales ONG ? A-t-elle prévu d'augmenter les moyens de la plateforme d'intervention régionale de l'océan Indien de la Croix-Rouge ? A-t-on fait appel aux navires de secours des pays voisins ?
Toutes les solidarités, à l'œuvre et à venir, doivent dès à présent se conjuguer avec le plein engagement de l'État pour que soit enfin lancée une véritable politique de développement, en lien avec les Comores et tout leur environnement régional.
La tragédie de Mayotte est un appel à la responsabilité de l'État, qui doit venir au secours de tous, avec la plus grande détermination et sans aucune distinction. Chaque vie compte !