Mesdames, Messieurs,
Au 1er janvier 2021, selon les estimations de lâInsee, la France comptait 1 669 621 jeunes de seize et dixâsept ans. 1 669 621 jeunes, ce sont autant dâambitions et dâidĂ©aux, de prĂ©occupations et dâapprĂ©hensions. Ce sont des existences remplies, tendues vers lâavenir.
Cependant, les rĂȘves et les combats qui traversent cette jeunesse peinent Ă se concrĂ©tiser du fait de lâobstacle juridique de la majoritĂ©. Les jeunes français doivent attendre dixâhuit ans avant de se voir accorder lâensemble de leurs droits et devoirs de citoyens. Et cet Ăąge peut sembler bien lointain quand les engagements et les projets sâaccumulent.
Avec cette proposition de loi, nous souhaitons Ă©largir le champ des possibles des jeunes de seize et dixâsept ans Ă travers un vĂ©ritable pacte de confiance.
Lâarticle 1er propose de permettre aux jeunes de seize et dixâsept ans de concrĂ©tiser leurs luttes pour lâavenir. Les jeunes sâintĂ©ressent Ă la vie politique et sâengagent avec passion, notamment pour lâenvironnement, la justice sociale, lâĂ©galitĂ© entre les femmes et les hommes⊠Toutefois, cet engagement ne peut aujourdâhui se transformer en influence Ă©lectorale.
Pour pallier cela, lâarticle 1er Ă©tablirait le droit de vote Ă seize ans. Notre pays qui se forge sous leurs yeux sera le pays dont ils auront, un jour, la charge. Faisons dâeux des acteurs effectifs dâune dĂ©mocratie rajeunie.
Lâarticle 2 propose dâouvrir la possibilitĂ© Ă ces mĂȘmes jeunes de passer le permis de conduire dĂšs seize ans, avec une prĂ©paration dĂšs quinze ans.
VĂ©ritable facteur dâĂ©mancipation, lâobtention du permis de conduire forme un rite de passage vers la vie adulte. Pour beaucoup, et notamment dans les territoires ruraux ou les villes moyennes, il est Ă©galement un indispensable pour tout dĂ©placement personnel ou professionnel. Le permis, câest le premier diplĂŽme pour travailler. Certains jeunes, faute de moyens de transport adaptĂ©s, se retrouvent ainsi dans lâimpossibilitĂ© de signer des contrats dâapprentissage car ne pouvant pas se rendre dans leur entreprise. Dâautres voient leur accĂšs Ă la culture, aux loisirs et aux lieux de sociabilitĂ© rĂ©duit pour les mĂȘmes raisons. Abaisser la limite dâĂąge, câest bouleverser le quotidien de toute cette gĂ©nĂ©ration.
Cette proposition de loi acte la confiance en la jeunesse de France, en lui confĂ©rant dĂšs seize ans des droits de la citoyennetĂ©. Et, dans notre pays, lâexercice de ces droits est au prix de lâexercice de devoirs.
Les article 3 et 4 proposent donc dâabaisser la majoritĂ© pĂ©nale de dixâhuit Ă seize ans. Cette mesure sâinsĂšre dans une logique gĂ©nĂ©rale de responsabilisation de la jeunesse dont nous souhaitons encourager lâĂ©mergence.
Ă lâarticle L. 2 du code Ă©lectoral, le mot : « dixâhuit » est remplacĂ© par le mot : « seize ».
AprĂšs lâarticle L. 211â2 du code de la route, il est insĂ©rĂ© un article L. 211â2â1 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 211â2â1. â Toute personne ĂągĂ©e dâau moins quinze ans peut se prĂ©parer Ă lâĂ©preuve du permis de conduire des vĂ©hicules lĂ©gers et le prĂ©senter dĂšs seize ans. »
Au dĂ©but lâarticle prĂ©liminaire du code de la justice pĂ©nale des mineurs, sont ajoutĂ©s deux alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« La majorité pénale est fixée à seize ans.
« Pour lâapplication du prĂ©sent code et de ses textes dâapplication, le terme : « mineur » sâentend dâune personne nâayant pas atteint lâĂąge de la majoritĂ© pĂ©nale. »
Ă lâarticle 122â8 du code pĂ©nal, aprĂšs le mot : « bĂ©nĂ©ficient », sont insĂ©rĂ©s les mots : « ou non ».