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📜Loi actant la confiance en la jeunesse
26 oct. 2021 ‱
François Jolivet

ExposĂ© des motifs ‱ ⏱Lecture 2min.

Mesdames, Messieurs,

Au 1er janvier 2021, selon les estimations de l’Insee, la France comptait 1 669 621 jeunes de seize et dix‑sept ans. 1 669 621 jeunes, ce sont autant d’ambitions et d’idĂ©aux, de prĂ©occupations et d’apprĂ©hensions. Ce sont des existences remplies, tendues vers l’avenir.

Cependant, les rĂȘves et les combats qui traversent cette jeunesse peinent Ă  se concrĂ©tiser du fait de l’obstacle juridique de la majoritĂ©. Les jeunes français doivent attendre dix‑huit ans avant de se voir accorder l’ensemble de leurs droits et devoirs de citoyens. Et cet Ăąge peut sembler bien lointain quand les engagements et les projets s’accumulent.

Avec cette proposition de loi, nous souhaitons Ă©largir le champ des possibles des jeunes de seize et dix‑sept ans Ă  travers un vĂ©ritable pacte de confiance.

L’article 1er propose de permettre aux jeunes de seize et dix‑sept ans de concrĂ©tiser leurs luttes pour l’avenir. Les jeunes s’intĂ©ressent Ă  la vie politique et s’engagent avec passion, notamment pour l’environnement, la justice sociale, l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes
 Toutefois, cet engagement ne peut aujourd’hui se transformer en influence Ă©lectorale.

Pour pallier cela, l’article 1er Ă©tablirait le droit de vote Ă  seize ans. Notre pays qui se forge sous leurs yeux sera le pays dont ils auront, un jour, la charge. Faisons d’eux des acteurs effectifs d’une dĂ©mocratie rajeunie.

L’article 2 propose d’ouvrir la possibilitĂ© Ă  ces mĂȘmes jeunes de passer le permis de conduire dĂšs seize ans, avec une prĂ©paration dĂšs quinze ans.

VĂ©ritable facteur d’émancipation, l’obtention du permis de conduire forme un rite de passage vers la vie adulte. Pour beaucoup, et notamment dans les territoires ruraux ou les villes moyennes, il est Ă©galement un indispensable pour tout dĂ©placement personnel ou professionnel. Le permis, c’est le premier diplĂŽme pour travailler. Certains jeunes, faute de moyens de transport adaptĂ©s, se retrouvent ainsi dans l’impossibilitĂ© de signer des contrats d’apprentissage car ne pouvant pas se rendre dans leur entreprise. D’autres voient leur accĂšs Ă  la culture, aux loisirs et aux lieux de sociabilitĂ© rĂ©duit pour les mĂȘmes raisons. Abaisser la limite d’ñge, c’est bouleverser le quotidien de toute cette gĂ©nĂ©ration.

Cette proposition de loi acte la confiance en la jeunesse de France, en lui confĂ©rant dĂšs seize ans des droits de la citoyennetĂ©. Et, dans notre pays, l’exercice de ces droits est au prix de l’exercice de devoirs.

Les article 3 et 4 proposent donc d’abaisser la majoritĂ© pĂ©nale de dix‑huit Ă  seize ans. Cette mesure s’insĂšre dans une logique gĂ©nĂ©rale de responsabilisation de la jeunesse dont nous souhaitons encourager l’émergence.

Article 1

À l’article L. 2 du code Ă©lectoral, le mot : « dix‑huit » est remplacĂ© par le mot : « seize ».

Article 2

AprĂšs l’article L. 211‑2 du code de la route, il est insĂ©rĂ© un article L. 211‑2‑1 ainsi rĂ©digé :

« Art. L. 211‑2‑1. – Toute personne ĂągĂ©e d’au moins quinze ans peut se prĂ©parer Ă  l’épreuve du permis de conduire des vĂ©hicules lĂ©gers et le prĂ©senter dĂšs seize ans. »

Article 3

Au dĂ©but l’article prĂ©liminaire du code de la justice pĂ©nale des mineurs, sont ajoutĂ©s deux alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :

« La majorité pénale est fixée à seize ans.

« Pour l’application du prĂ©sent code et de ses textes d’application, le terme : « mineur » s’entend d’une personne n’ayant pas atteint l’ñge de la majoritĂ© pĂ©nale. »

Article 4

À l’article 122‑8 du code pĂ©nal, aprĂšs le mot : « bĂ©nĂ©ficient », sont insĂ©rĂ©s les mots : « ou non ».

🚀