Il a pour objectif d’éviter l’actualisation du taux de la redevance pour pollutions diffuses. Ce taux frappe un produit. Or la loi de finances prévoit une formule d’actualisation, ce qui est assez nouveau. Dans la période que traverse le monde agricole, cela ne paraît pas nécessaire.
Je souhaite apporter mon soutien à ces deux amendements sur le principe. J’ai bien compris que le ministre souhaitait poursuivre la réflexion. Toutefois, j’appelle votre attention sur la situation particulière des fonctionnaires et des personnes chargées d’une mission de service public installées hors de France. Lorsqu’ils reviennent en France, ou lorsque leurs enfants occupent leur logement, celui-ci demeure taxé comme une résidence secondaire – on considère qu’une bonne politique du logement consiste à augmenter les taxes. Les fonctionnaires en mobilité dans les outre-mer rencontrent les mêmes difficultés. Il s’agit d’un effet indésirable méconnu : les dispositifs fiscaux mis en place depuis la suppression de la taxe d’habitation – la taxe sur les logements vacants par exemple – peuvent avoir pour conséquence de décourager certaines mobilités professionnelles dans ces territoires.
Cet amendement saura nous réunir. Les communes ont la possibilité de demander aux établissements publics de procéder à des acquisitions pour des opérations d’intérêt général. Or les établissements publics fonciers ne peuvent pas être exonérés de la taxe d’habitation et de la taxe sur les logements vacants, au détriment des équilibres d’opération. L’amendement vise donc à favoriser le secteur public dans la maîtrise foncière en l’aidant à acheter des emprises destinées à la production de logements, notamment sociaux.
En outre, les logements peuvent être vacants pour des raisons diverses, notamment parce que personne ne souhaite les louer ou parce qu’ils n’ont pas été rénovés et ne peuvent pas être loués en l’état. Or vous ne distinguez pas ces différents cas dans votre amendement. Enfin, même si votre propos paraît sortir du cœur, j’y décèle beaucoup de jalousie.
Je voudrais rappeler que les propriétaires privés sont les principaux bailleurs de notre pays. Je conteste par ailleurs votre analyse, monsieur Piquemal, selon laquelle notre pays verrait un accaparement de ces logements par quelques familles. Les chiffres que vous citez intègrent les logements possédés par les sociétés civiles immobilières (SCI) et les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ; il est trop facile de les lancer comme cela. Sachez qu’en moyenne, les propriétaires français possèdent 1,7 logement par foyer.
Comment une commune peut-elle construire un bâtiment sur un terrain dont elle ne connaît pas les propriétaires ? Comment instruire le permis de construire d’une personne qui ne peut pas prouver son titre de propriété ? Comment construire des logements sociaux – c’est mon domaine plus que d’autres – sur un terrain dont on ne connaît pas les propriétaires ? Des indivisions successorales non réglées depuis des décennies, des cadastres incomplets, un décalage entre le droit applicable dans les territoires et les pratiques, les usages : les causes du désordre foncier sont connues, tout comme ses victimes. Le désordre foncier pèse d’abord directement sur ceux de nos concitoyens ultramarins qui, faute de titres fiables, ne peuvent ni vendre, ni transmettre, ni emprunter. Les occupants ne peuvent même pas faire de travaux pour maintenir le bien en l’état. Il pèse ensuite sur l’ensemble de nos concitoyens ultramarins qui attendent un logement. Il pèse enfin sur les collectivités territoriales, qui ne peuvent pas lever l’impôt : si l’on ne peut pas identifier les indivisaires redevables, rien n’est payé. Face à ce constat, l’État a tenté d’agir, sans doute de manière imparfaite. Nous comprenons la volonté du rapporteur et de son groupe politique. Des outils concrets ont été mis en place. Les agences des cinquante pas géométriques, dont personne n’a parlé, contribuent à la résorption du désordre foncier ; peut-être faudrait-il les renforcer. De son côté, le législateur a fait le choix d’adapter le droit aux contraintes particulières de ces territoires, dans le cadre que lui ouvre l’article 73 de la Constitution. La loi d’avril 2024 relative à l’habitat dégradé a ainsi ramené, jusqu’en 2038, le délai de prescription acquisitive à dix ans – vous l’avez rappelé, et vous le contestez. Elle a aussi permis à l’indivisaire de bonne foi de prescrire contre ses coindivisaires, qu’il ne connaît pas toujours. Ce sont ces dispositions que la présente proposition de loi entend abroger. Je rappelle qu’elles ont été inscrites dans la loi en 2024 par suite de l’adoption d’un amendement de Guillaume Vuilletet, qui siégeait à l’époque sur nos bancs et que personne n’a jamais considéré comme un dangereux réactionnaire. Monsieur le rapporteur, les inquiétudes que traduit votre texte sont réelles. Elles s’expriment avec vigueur dans nos territoires d’outre-mer, et le groupe Horizons & indépendants les aborde avec toute l’attention qu’elles méritent. Je suis d’ailleurs heureux que vous soyez un défenseur du droit de propriété. Des interrogations demeurent toutefois sur les dispositions de votre proposition de loi. La première tient au diagnostic. La crise du logement en outre-mer est multifactorielle. Elle s’explique aussi par la rareté du foncier disponible et par le coût de la vie, comme vous l’avez rappelé. La deuxième tient au calendrier. Pour les possessions en cours, le délai de dix ans ne court qu’à compter du 11 avril 2024. Aucune propriété ne pourra être acquise sur ce fondement avant avril 2034. Nous manquons donc de recul pour juger de la cohérence du dispositif. La troisième tient à la méthode. Vous reprochez à ces dérogations de s’appliquer uniformément dans tous les territoires. La critique peut s’entendre, mais, pour la même raison, une suppression tout aussi uniforme se justifie-t-elle ? Le groupe Horizons & indépendants plaide pour une évaluation territoire par territoire – le droit et les pratiques diffèrent dans chacun d’eux –, afin d’en mesurer les effets et d’en tirer les enseignements dans la loi. Nous avons l’impression que l’on met la charrue avant les bœufs, puisque nous n’avons pas encore pu observer les conséquences de la loi de 2024. La diversité des Antilles et de La Réunion n’est pas une difficulté : c’est une richesse, la richesse de notre nation. Ce débat a le mérite d’inscrire à l’ordre du jour la défense du droit de propriété. Il en a un autre : rappeler aux indivisaires qu’ils sont responsables du patrimoine dont ils estiment être propriétaires, qu’ils doivent payer les impôts, et que la règle de la République veut que nul n’est censé rester dans l’indivision. En l’état, le groupe Horizons & indépendants s’abstiendra.
…intelligibles et intelligentes, a toujours le souci des destinataires des politiques publiques, comme moi et comme nous tous. Il dit qu’il vaut mieux bloquer les loyers. C’est en quelque sorte ce que je propose – alors qu’actuellement, certains propriétaires peuvent modifier le loyer à chaque mouvement de locataire. Lorsqu’un propriétaire privé loue un appartement à un niveau de loyer HLM, sa richesse importe peu. Ce qui compte, c’est le destinataire de la politique publique. Que le propriétaire soit ou non considéré comme riche parce qu’il a plus de 800 000 euros de patrimoine n’est pas l’enjeu : ce qui importe, c’est qu’il loue son logement à 4,25 euros le mètre carré plutôt qu’à 7,80 euros. Je préfère regarder le destinataire de la politique publique que le propriétaire – dont je ne suis pas jaloux.
Par ailleurs, je comprends l’analyse de M. le ministre et les propos de M. le rapporteur général. Mais le dispositif Jeanbrun vient d’entrer en vigueur et ce qui importe, c’est le stock. Aujourd’hui, 3 millions de personnes sont à la recherche d’un logement. Pour la plupart, il s’agit de personnes seules avec des ressources qui les rendent éligibles à un prêt locatif social (PLS), même si elles sont de la classe moyenne. Or elles ne peuvent pas payer les loyers demandés, précisément parce qu’elles sont seules. Le modèle économique actuel de la construction et de la location ne permet pas aux célibataires de se loger. Seul, un commissaire de police avec dix ans d’ancienneté ne peut pas louer un logement à Nantes. Monsieur le ministre, la priorité doit être de remettre sur le marché des biens dont les loyers soient compatibles avec les ressources des demandeurs de logement, sans se soucier du profil des propriétaires. C’est pourquoi je maintiens mon amendement.
Il vise à sortir de l’assiette de l’IFI les logements qui seraient loués à des locataires sous un certain plafond de ressources et de loyer. Je n’ai qu’une obsession, ce sont les demandeurs de logement, et ce serait une bonne chose que de remettre sur le marché des logements qui n’y sont pas. Cela me permet d’ajouter que l’accès au logement, que ce soit par l’accession à la propriété ou en location, est fait pour des couples dont les deux membres sont fonctionnaires ou en CDI. Pourtant, on s’aperçoit que le taux moyen d’occupation est très faible – 1,3 personne – et que c’est plutôt un seul salaire qui paie le logement. L’amendement permettrait de préparer les propriétaires à une baisse de la valeur de leurs actifs et, surtout, de remettre des logements sur le marché.
…ou les bâtiments qui ne sont pas loués, vous allez demander à des gens de payer alors qu’ils ne dégagent pas de ressources. Encore une fois, je comprends l’objectif, mais pas les voies et moyens par lesquels vous proposez de l’atteindre.
Je comprends l’objectif de notre collègue mais je rappelle que l’IFI se déclenche à partir de 800 000 euros. Je prendrai un exemple issu de ce que je connais le mieux : le monde agricole. L’agriculture ne gagne pas d’argent. Si l’assiette du dispositif que vous proposez inclut tous les biens professionnels, dont les biens professionnels agricoles…
J’entends bien les arguments de M. le ministre. Je n’étais pas là ce matin, et c’est certainement un tort, mais il me semble que l’article 4 permet de faire une donation à ses enfants ou petits-enfants plutôt pour l’achat d’une voiture, d’un bijou ou d’un voyage. Le dispositif que nous voulons proroger par ces amendements, au contraire, permet d’orienter les donations vers une politique publique. Nous voulons que les productions neuves de logement puissent bénéficier de ces donations. Si demain le budget devait être adopté par un recours au 49.3 ou par un autre moyen, j’invite le gouvernement à considérer ces amendements que l’Assemblée nationale adoptera peut-être.
Il vise à proroger jusqu’au 31 décembre 2030 le dispositif de donation adopté il y a deux ans par notre assemblée et repris par deux gouvernements successifs. Son terme est actuellement fixé au 31 décembre 2026. Je sais que le rapporteur général attend un rapport du gouvernement, qui sera remis prochainement d’après ce qu’a indiqué le ministre. Le présent amendement ne modifie toutefois rien à l’existant.
Je ne sais pas comment nos débats vont se poursuivre, ni même s’il est pertinent que nous les tenions – peut-être la loi de finances pour 2027 sera-t-elle bâtie demain par des moyens plus violents. J’invite néanmoins l’Assemblée à se saisir de cet amendement car il est très difficile de transformer des immeubles de bureaux en logements. Les enjeux sont réels, comme sur la dalle de La Défense en région parisienne : sans dispositif de ce type, monsieur le ministre, nous aurons beaucoup de difficultés à sortir ce territoire du marasme dans lequel – si j’en crois les experts – il risque d’entrer.
Dans la loi de finances pour 2025, notre assemblée avait adopté un dispositif d’exonération fiscale des donations destinées à l’acquisition d’un logement neuf ou à la réalisation de travaux de rénovation énergétique. Ce dispositif a été repris par les gouvernements Barnier et Bayrou. Le présent amendement vise à en étendre le bénéfice aux donations destinées à la transformation d’immeubles de bureaux en logements.
Votre proposition n’est guère raisonnable : pensez aux conséquences, pour les salariés concernés, de la disparition des entreprises à caractère familial. En outre, les prises de position du groupe Écologiste et social sont incohérentes. Vous avez voté l’amendement de M. Le Coq visant à réduire les droits de succession pour les personnes héritant de 550 000 euros, alors que l’un de vos collègues défend l’idée qu’au-delà de 100 000 euros, on est riche.
Je m’oppose vigoureusement à l’amendement no 48. Madame Sas, votre proposition pourrait être divertissante si ce n’était pas aussi grave : vous souhaitez intégrer le patrimoine professionnel dans l’assiette des droits de succession. Or, jusqu’à présent, notre pays a cherché à préserver les entreprises à caractère familial. Je vous invite à observer le sort des nombreuses entreprises cédées à des groupes étrangers.
Je le dépose chaque année depuis maintenant sept ans ; il est parfois accepté, parfois non, mais il ne poursuit pas sa vie lorsque le projet de loi de finances est transmis au Sénat. Dans notre pays, nous avons organisé un système que je baptise du nom de rétention foncière. D’autres me disent que c’est plutôt une rétention de propriété. Il repose sur le principe suivant : plus on détient un bien longtemps, moins on paie d’impôt sur la plus-value. Les terrains ou les ensembles immobiliers ont tendance à rester hors du marché, puisque ceux qui en ont hérité ou qui ont acheté attendent de meilleurs auspices avant de céder leur bien, de façon à ne pas payer d’impôt sur la plus-value. Je propose l’inverse, à l’instar de Jean-Paul Mattei – je ne sais pas s’il a déposé à nouveau un amendement comparable –, pour faire en sorte que plus on détient longtemps un bien, plus on paie d’impôt sur la plus-value. Symétriquement, plus on vendrait vite, moins l’impôt serait élevé.
L’exonération d’impôt sur la plus-value lorsqu’une copropriété cède des droits à surélévation sur son immeuble prend fin au 31 décembre 2026. Il est proposé de la reconduire jusqu’au 31 décembre 2029, dans la mesure où cette niche a été un accélérateur de projets. Sans elle, les projets de surélévation seront bloqués.
…non de leur léguer des factures. Le groupe Horizons & indépendants veut que ce budget réussisse et nous y prendrons notre part. Nous souhaitons connaître le plan d’action du gouvernement.
Le passé n’a pas d’avenir, mais ayons l’honnêteté de reconnaître qu’en les suspendant, nous avons collectivement renoncé à conserver des réformes qui avaient été adoptées. Ce n’est jamais le moment de réformer, d’appliquer ! D’ailleurs – je le dis en réponse aux commentaires que j’entends lorsque je parle –, les conservateurs ne sont pas sur les bancs que l’on croit : pour certains, il s’agit de ne rien changer pour durer. Toutes les concessions ne sont pas bonnes à faire. L’histoire tranchera. Le gouvernement propose un effort de 50 milliards, que nous saluons, mais 18 milliards viennent de recettes nouvelles, dans un pays qui est pourtant le plus taxé au monde. Le principe de réalité nous rattrape : il faudra prendre des réformes structurelles choisies et non imposées par d’autres, car le rôle de la politique est d’offrir un avenir meilleur aux générations futures,…