Mesdames, Messieurs,
La transmission familiale dâentreprise est un phĂ©nomĂšne Ă©conomique majeur. Ă lâheure du rĂ©armement industriel mondial, elle conditionne la souverainetĂ© et lâavenir de notre modĂšle productif. Elle dĂ©termine la dĂ©tention française dâactifs industriels et commerciaux français, le maintien de centres de dĂ©cisions dans nos rĂ©gions et nos villes moyennes, ainsi que la permanence des emplois et des savoirâfaire sur lâensemble du territoire national.
Si la transmission dâentreprise est au cĆur de la croissance et de la pĂ©rennitĂ© du tissu Ă©conomique de notre pays, elle reste aujourdâhui un « impensé » de nos politiques publiques en la matiĂšre.
Cet « angle mort » a profondĂ©ment endommagĂ© notre tissu Ă©conomique. Faute dâun cadre lĂ©gal et fiscal appropriĂ© pendant prĂšs de 30 ans, la France a perdu prĂšs dâun millier de petites et moyennes entreprises (PME) de croissance et dâentreprises de taille intermĂ©diaire (ETI), vendues bien souvent Ă des groupes Ă©trangers.Â
Ainsi, alors quâen 1981, la France comptait le mĂȘme nombre dâETI que la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale dâAllemagne, elle en compte aujourdâhui 6 200 contre 13 000 en Allemagne et deux fois moins de PME quâoutreâRhin.
Cette hĂ©morragie du tissu productif a accĂ©lĂ©rĂ© la dĂ©sindustrialisation de notre pays, la plus marquĂ©e des pays de l'Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE). Elle explique Ă©galement pour partie le dĂ©crochage de notre balance commerciale.Â
Pour faire face à cette situation, des progrÚs notables ont été réalisés depuis les années 2000.
Afin dâassurer les objectifs dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de stabilitĂ© de lâactionnariat et de pĂ©rennitĂ© de lâentreprise, le Pacte Dutreil, mis en place en 2003, constitue le dispositif le plus cĂ©lĂšbre en matiĂšre de transmission dâentreprise. Cet outil facilite fiscalement la transmission des biens professionnels, avec une exonĂ©ration de 75 % des droits de mutation Ă titre gratuit. Les conditions quâil pose, au travers dâune conservation par lâauteur de la transmission et les bĂ©nĂ©ficiaires des titres pendant six annĂ©es ainsi que lâexercice dâune fonction de direction pendant une certaine durĂ©e aprĂšs la transmission, contribuent Ă stabiliser le capital et la gouvernance de lâentreprise durant toute cette pĂ©riode. SanctuarisĂ© par tous les gouvernements depuis plus de 20 ans, il est lâillustration de la stabilitĂ© dont manquent cruellement les entrepreneurs qui souhaitent dĂ©velopper leur activitĂ© sur notre territoire.
La suppression de lâ impĂŽt de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) et la crĂ©ation du prĂ©lĂšvement forfaitaire unique (PFU) en 2017 ont Ă©galement contribuĂ© Ă renforcer la stabilitĂ© actionnariale et Ă allĂ©ger le coĂ»t de la transmission en France, tout comme les mesures de simplification portĂ©es par la loi Pacte en 2019.
Si ces progrĂšs Ă©taient nĂ©cessaires, ils restent aujourdâhui trĂšs insuffisants au regard des dĂ©fis quâil nous reste Ă relever.
La France se classe bonne derniĂšre des pays de lâUnion europĂ©enne en matiĂšre de transmission familiale, avec 20 % des entreprises qui se transmettent dans un cadre intrafamilial contre 56 % en Allemagne, 70 % en Italie et 83 % en SuĂšde.Â
Ce retard français sâexplique en grande partie par le coĂ»t fiscal de la transmission familiale qui reste en fort dĂ©calage par rapport Ă la moyenne europĂ©enne : il reprĂ©sente entre 8 et 11 % de la valeur dâune entreprise en France, contre 5 % en moyenne europĂ©enne.
Par ailleurs, il existe un dĂ©sĂ©quilibre en fonction de la nature du donataire : en cas de donation aux salariĂ©s, un abattement de 300 000 euros sâapplique, Ă la demande des salariĂ©s donataires, sur la valeur des actifs faisant lâobjet de la donation. Cet abattement ne sâapplique pas en cas de transmission familiale.
Ainsi, malgrĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s ces derniĂšres annĂ©es, le coĂ»t Ă©levĂ© de la transmission familiale dâentreprise en France continue Ă impacter durablement sa compĂ©titivitĂ©. Pour preuve, 30 000 entreprises disparaissent chaque annĂ©e faute de repreneurs, alors quâen parallĂšle 750 000 entreprises sont amenĂ©es Ă se transmettre dans les dix prochaines annĂ©es.
La puissance publique sâest rĂ©solument engagĂ©e depuis plusieurs annĂ©es sur le chemin de la rĂ©industrialisation, et plus rĂ©cemment dans la transformation environnementale de lâĂ©conomie française.
Toutefois, ces deux objectifs pourront difficilement ĂȘtre atteints si la France peine Ă fixer durablement son outil industriel sur le territoire national.Â
Il nây aura ni rĂ©industrialisation ni transformation environnementale des entreprises si la seule forme de transmission possible est la vente, qui entraine un risque de dĂ©localisation et Ă©puise les fonds propres de cellesâci, alors que nos PME et ETI sont confrontĂ©es Ă un mur dâinvestissements colossal pour faire verdir leurs process de production.
La prioritĂ© doit ainsi ĂȘtre portĂ©e sur la stabilitĂ© actionnariale et lâinvestissement de long terme au regard des retours sur investissements particuliĂšrement longs quâimpose la dĂ©carbonation des process de production.Â
Pour faire face Ă cette situation, la prĂ©sente proposition de loi dĂ©finit une vĂ©ritable politique publique de la transmission familiale dâentreprise en France et vise Ă mieux satisfaire les objectifs dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de stabilitĂ© de lâactionnariat et de pĂ©rennitĂ© de lâentreprise et de porter la garantie de ces objectifs sur le long terme.
Ă lâheure oĂč les donnĂ©es sur la transmission familiale dâentreprise manquent cruellement, et pour Ă©clairer les choix du lĂ©gislateur Ă venir sur la question, un pilotage de cette politique publique, au travers de la rĂ©union une fois par an dâun conseil informel sous lâautoritĂ© du Premier ministre, apparaĂźt ĂȘtre une nĂ©cessitĂ©.
Parce quâune politique lisible et claire est lâune des conditions de son succĂšs, la prĂ©sente proposition de loi vise Ă©galement Ă sanctuariser les dispositifs existants en rĂ©duisant les marges dâinterprĂ©tation pour assurer leur lisibilitĂ©.
Pour que les diffĂ©rents acteurs puissent sâen saisir, lâaccent doit Ă©galement ĂȘtre mis sur la pĂ©rennisation des outils actuels en matiĂšre de transmission familiale dâentreprise.
AuâdelĂ des mesures de simplification du droit existant, le prĂ©sent texte ambitionne enfin dâaller plus loin en matiĂšre de transmission familiale dâentreprise afin dâopĂ©rer un rĂ©alignement compĂ©titif de la France sur ses voisins europĂ©ens, suivant lâesprit du lĂ©gislateur du dĂ©but des annĂ©es 2000, animĂ© par la volontĂ© de prĂ©server nos entreprises sur le territoire national et de les voir se dĂ©velopper. Au travers de la crĂ©ation dâun nouveau dispositif, lâobjectif est Ă©galement de rapprocher le coĂ»t de la transmission familiale du coĂ»t de la transmission par une donation Ă un salariĂ©.
Aussi, Ă lâaune de ces convictions, il apparaĂźt que pour ĂȘtre efficiente, la politique publique de la transmission familiale dâentreprise impulsĂ©e par la prĂ©sente proposition de loi doit reposer sur ces quatre piliers majeurs : piloter, sanctuariser, pĂ©renniser, rĂ©aligner.
Ainsi, lâarticle 1er de cette proposition de loi prĂ©voit la rĂ©union une fois par an de lâensemble des acteurs concernĂ©s (reprĂ©sentants des entreprises, experts, Ă©lus des chambres consulaires), sous lâautoritĂ© du Premier ministre, pour piloter la politique publique de la transmission, assurer le suivi des dispositifs existants en la matiĂšre et formuler des propositions pour amĂ©liorer son efficience.
En complĂ©ment, il est proposĂ© au travers de lâarticle 2 la remise dâun rapport annuel contenant les donnĂ©es relatives Ă lâutilisation du « Pacte Dutreil », ainsi que des donnĂ©es comparatives concernant les dispositifs fiscaux de transmission dâentreprises familiales dans les autres pays europĂ©ens, montrant les caractĂ©ristiques des dispositifs de transmission dans chaque pays, Ă©clairant ainsi la situation de la France par rapport Ă ses voisins europĂ©ens. Afin dâassurer la bonne information du lĂ©gislateur, ce rapport est prĂ©sentĂ© annuellement au Parlement au plus tard le premier mardi dâoctobre.
Ce rapport annuel est en partie inspirĂ© de lâarticle 1er de la proposition de loi visant Ă moderniser la transmission dâentreprise, issue des travaux des sĂ©nateurs Claude Nougein et Michel Vaspart. Les objectifs de ce rapport annuel, qui vise Ă permettre de combler les lacunes tant dĂ©criĂ©es en matiĂšre de connaissance de la transmission dâentreprise en France, concordent avec les propositions n° 1 et 2 du rapport n° 440 (2016â2017) prĂ©sentĂ© au nom de la dĂ©lĂ©gation sĂ©natoriale aux entreprises par MM. Claude Nougein et Michel Vaspart.
Afin de sanctuariser un dispositif nĂ©cessaire pour assurer lâavenir de notre modĂšle productif, lâarticle 3 dĂ©toure les actifs professionnels concernĂ©s par le « Pacte Dutreil » en excluant la possibilitĂ© dâexonĂ©ration si lâauteur de la transmission bĂ©nĂ©ficie de la jouissance du bien au moment de la transmission.
Le paiement des droits de donation sur les transmissions Ă titre gratuit (donations ou successions) dâentreprises peut ĂȘtre diffĂ©rĂ© pendant cinq ans Ă compter de lâexigibilitĂ© des droits, et, Ă lâexpiration de ce dĂ©lai, fractionnĂ© sur une pĂ©riode de dix ans.
Le cumul de ces diffĂ©rents dispositifs permet dâallĂ©ger sensiblement la pression fiscale liĂ©e Ă une transmission dâentreprise. Certaines transmissions connaissent toutefois des complications liĂ©es au paiement de ce diffĂ©rĂ© / fractionnĂ©. Il est proposĂ© au travers de lâarticle 4 que lâĂtat puisse prendre en garantie la sociĂ©tĂ© quâil impose.
Lâarticle 5 instaure une procĂ©dure de rescrit spĂ©cifique pour lâapprĂ©ciation du caractĂšre animateur des holdings. AuâdelĂ dâun dĂ©lai de 3 mois, le silence de lâadministration vaut ainsi accord. Cette disposition vise Ă Ă©viter les revirements de jurisprudence qui peuvent remettre en cause des projets de transmission.
Lâarticle 6 ambitionne de rendre opĂ©rant le mĂ©canisme du fonds de pĂ©rennitĂ©, créé par la loi Pacte. Les apports de titres de sociĂ©tĂ©s rĂ©alisĂ©s par des personnes physiques ou morales Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© sont, par dĂ©faut, soumis aux droits de mutation Ă titre gratuit au taux de 60 % applicable entre personnes non parentes. La transmission des titres Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© ne constitue donc pas une vĂ©ritable donation. Il est ainsi prĂ©vu que la transmission de titres Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© soit uniquement passible dâun droit fixe sous rĂ©serve, lorsque les titres de capital ou les parts sociales ne sont pas frappĂ©s dâinaliĂ©nabilitĂ©, que le fonds sâengage Ă conserver les titres pendant un dĂ©lai de six ans. Ce dispositif permet ainsi dâassurer lâeffectivitĂ© de lâobjectif dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral visĂ© par le lĂ©gislateur dans le cadre de la loi Pacte de protĂ©ger de maniĂšre durable le capital des entreprises pour assurer leur croissance Ă long terme.
Enfin, pour aligner la France avec ses voisins europĂ©ens en matiĂšre de transmission familiale et pour Ă©viter que des entreprises françaises soient vendues Ă lâĂ©tranger dans les prochaines annĂ©es, lâarticle 7 ouvre un pacte Dutreil sur le trĂšs long terme, avec une durĂ©e de dĂ©tention plus stricte en contrepartie dâun abattement plus important.
Ce nouveau dispositif, qui vise Ă mieux satisfaire lâobjectif dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de stabilitĂ© de lâactionnariat et de pĂ©rennitĂ© de lâentreprise en prenant en compte les enjeux de long terme, a Ă©galement vocation Ă rĂ©aligner les intĂ©rĂȘts des actionnaires familiaux avec ceux des actionnaires salariĂ©s en faisant baisser mĂ©caniquement le coĂ»t de la donation Ă un tiers. Il tend enfin Ă mieux satisfaire les objectifs dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral visĂ©s par le pacte Dutreil.
Lâarticle 8 gage la prĂ©sente proposition de loi.
La loi prĂ©voit lâinstauration dâune rencontre annuelle, dĂ©nommĂ©e rencontre nationale de la transmission dâentreprises, placĂ©e sous lâautoritĂ© du Premier ministre.
La rencontre mentionnĂ©e au premier alinĂ©a Ă©claire et conseille les pouvoirs publics sur la situation de la transmission dâentreprise en France, aux niveaux national et territorial. Elle peut proposer des actions, de dimension nationale ou europĂ©enne, visant Ă soutenir le dĂ©veloppement de la transmission dâentreprise. Elle peut soumettre des avis argumentĂ©s et des propositions relatifs Ă lâefficacitĂ© des dispositifs existants en matiĂšre de transmission dâentreprise, ainsi quâĂ lâimpact des politiques publiques sur la transmission.
Lors de la rencontre nationale de la transmission dâentreprises, les membres peuvent ĂȘtre consultĂ©s sur des projets de texte lĂ©gislatif ou rĂ©glementaire, susceptibles dâavoir un impact sur la transmission dâentreprise.
La composition et le fonctionnement de la rencontre nationale de la transmission dâentreprises sont fixĂ©s par dĂ©cret.
Les fonctions des membres de la rencontre nationale sont exercées à titre bénévole.
Le Gouvernement prĂ©sente au plus tard le premier mardi dâoctobre un rapport annuel concernant lâutilisation des articles 787 B et 787 C du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, indiquant notamment le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires ayant revendiquĂ© le dispositif, le montant total des avantages fiscaux ayant Ă©tĂ© appliquĂ©s au titre de lâexonĂ©ration partielle et le cas Ă©chĂ©ant de la rĂ©duction de droits, le pourcentage de transmission entre vifs et celui par dĂ©cĂšs, lâĂąge moyen des donateurs sâagissant des transmissions entre vifs, ainsi que des donnĂ©es comparatives concernant les dispositifs fiscaux de transmission dâentreprises familiales dans les autres pays europĂ©ens, montrant les caractĂ©ristiques des dispositifs de transmission dans chaque pays, Ă©clairant ainsi la situation de la France par rapport Ă ses voisins europĂ©ens.
AprĂšs le deuxiĂšme alinĂ©a du h de lâarticle 787 B du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, il est insĂ©rĂ© un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :
« Lorsque le donateur ou le dĂ©funt se rĂ©serve la jouissance pour luiâmĂȘme ou lâun de ses prĂ©somptifs hĂ©ritiers, de biens ou droits mobiliers ou immobiliers figurant Ă lâactif de la sociĂ©tĂ© dont les parts ou actions font lâobjet de lâengagement collectif prĂ©vu au a, lâexonĂ©ration partielle ne sâapplique pas Ă hauteur de la fraction de ces parts ou actions, que reprĂ©sente la valeur vĂ©nale desdits biens par rapport Ă celle de lâactif brut total de la sociĂ©té ».
I. â Lâarticle 1717 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts est complĂ©tĂ© par un II ainsi rĂ©digé :
« II. â Le paiement des droits de mutation Ă titre gratuit peut ĂȘtre diffĂ©rĂ© pendant cinq ans Ă compter de la date dâexigibilitĂ© des droits et, Ă lâexpiration de ce dĂ©lai, fractionnĂ© pendant dix ans lorsque les mutations portent :
« 1° Sur lâensemble des biens meubles et immeubles, corporels ou incorporels affectĂ©s Ă lâexploitation dâune entreprise individuelle ayant une activitĂ© industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libĂ©rale et exploitĂ©e par le donateur ou le dĂ©funt ;
« 2° Sur les parts sociales ou les actions dâune sociĂ©tĂ© ayant une activitĂ© industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libĂ©rale, ou une activitĂ© de holding animatrice, au sens du dernier alinĂ©a du B du 1 quater de lâarticle 150â0 D, Ă condition que le bĂ©nĂ©ficiaire reçoive au moins 5 % du capital social.
« 3° Sur les parts ou les actions dâune sociĂ©tĂ© dĂ©tenant directement ou indirectement des participations dans une sociĂ©tĂ© ayant lâune quelconque des activitĂ©s visĂ©es au b) du paragraphe II de lâarticle 1717 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts. Dans ce cas, le paiement diffĂ©rĂ© et fractionnĂ© visĂ© au II du mĂȘme article ne sâapplique quâĂ la fraction des droits de mutation Ă titre gratuit correspondant Ă la proportion de la valeur vĂ©nale de lâactif brut de la sociĂ©tĂ© dont les parts ou actions sont transmises, reprĂ©sentative de ces participations. »
II. â Le I sâapplique Ă compter du 1er janvier 2025.
AprĂšs le 9° bis de lâarticle L. 80 B du livre des procĂ©dures fiscales, il est insĂ©rĂ© un 9° ter ainsi rĂ©digé :
« 9° ter Lorsque lâadministration nâa pas rĂ©pondu de maniĂšre motivĂ©e dans un dĂ©lai de trois mois Ă un contribuable de bonne foi qui a demandĂ©, Ă partir dâune prĂ©sentation Ă©crite, prĂ©cise et complĂšte de la situation de fait, si une sociĂ©tĂ© exerce une activitĂ© de holding animatrice au sens du dernier alinĂ©a du B du 1 quater de lâarticle 150â0 D du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, le cas Ă©chĂ©ant Ă titre prĂ©pondĂ©rant.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©cise les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent 9° ter, notamment les documents et informations qui doivent ĂȘtre fournis aux services en charge de lâinstruction de telles demandes. »
I. â Le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts est ainsi modifié :
1° Le 12° quater de la section IX du chapitre IV du titre IV de la premiÚre partie du livre Ier est complété par un article 1133 quinquies ainsi rédigé :
« Art. 1133 quinquies. â I. â Les actes constatant lâapport gratuit et irrĂ©vocable Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© de titres de capital ou de parts sociales dâune ou de plusieurs sociĂ©tĂ©s exerçant une activitĂ© industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, ou dĂ©tenant directement ou indirectement des participations dans une ou plusieurs sociĂ©tĂ©s exerçant une telle activitĂ©, rĂ©alisĂ© par un ou plusieurs fondateurs dans les conditions prĂ©vues par lâarticle 177 de la loi n° 2019â486 du 22 mai 2019 relative Ă la croissance et la transformation des entreprises, sont soumis Ă un droit fixe de 125 euros.
« II. â Lorsque le fonds de pĂ©rennitĂ© contrĂŽle la ou les sociĂ©tĂ©s mentionnĂ©es au I de lâarticle 177 de la loi no 2019â486 du 22 mai 2019 relative Ă la croissance et la transformation des entreprises, le I du prĂ©sent article sâapplique aux titres de capital ou aux parts sociales correspondant Ă la fraction du capital social nĂ©cessaire Ă lâexercice de ce contrĂŽle.
« III. â Lorsque le fonds de pĂ©rennitĂ© contrĂŽle la ou les sociĂ©tĂ©s mentionnĂ©es au I de lâarticle 177 de la loi no 2019â486 du 22 mai 2019 relative Ă la croissance et la transformation des entreprises, le I du prĂ©sent article sâapplique aux titres de capital ou aux parts sociales correspondant Ă la fraction du capital social qui nâest pas nĂ©cessaire Ă lâexercice de ce contrĂŽle lorsque les conditions suivantes sont remplies :
« 1° Lâapporteur ou le testateur a dĂ©cidĂ©, en application du deuxiĂšme alinĂ©a du IV de lâarticle 177 de la loi no 2019â486 du 22 mai 2019 prĂ©citĂ©e, que ces titres de capital ou ces parts sociales ne sont pas frappĂ©s dâinaliĂ©nabilité ;
« 2° Le fonds de pĂ©rennitĂ© prend lâengagement de conserver les titres ou les parts qui lui sont apportĂ©s pendant un dĂ©lai de six ans. »
2° à la fin du premier alinĂ©a de lâarticle 787 B, les mots : « , entre vifs ou, en pleine propriĂ©tĂ©, Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© mentionnĂ© Ă lâarticle 177 de la loi n° 2019â486 du 22 mai 2019 relative Ă la croissance et la transformation des entreprises » sont remplacĂ©s par les mots : « ou entre vifs ».
III. â Le prĂ©sent article sâapplique aux apports effectuĂ©s Ă un fonds de pĂ©rennitĂ© Ă compter du 1er janvier 2025.
I. â Le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts est ainsi modifié :
1° AprĂšs lâarticle 787 C, il est insĂ©rĂ© un article 787 D ainsi rĂ©digé :
« Art. 787 D. â I. â Les parts ou actions mentionnĂ©es Ă lâarticle 787 B, bĂ©nĂ©ficient, en sus de lâexonĂ©ration de 75 % prĂ©vue audit article, dâune exonĂ©ration de droit de mutation Ă titre gratuit, Ă concurrence de 15 %, si les conditions suivantes sont rĂ©unies :
« 1° Lâensemble des conditions prĂ©vues Ă lâarticle 787 B sont respectĂ©es jusquâĂ leur terme ;
« 2° Et quâen outre, chacun des hĂ©ritiers, donataires ou lĂ©gataires a pris lâengagement dans la dĂ©claration de succession ou lâacte de donation, pour lui et ses ayants cause Ă titre gratuit, de conserver les parts ou les actions transmis, pendant une durĂ©e de quatre ans Ă compter de la date dâexpiration du dĂ©lai visĂ© au c de lâarticle 787 B ;
« 3° En cas de nonârespect de la condition prĂ©vue au 2° par suite dâun apport, dâune fusion ou dâune scission au sens de lâarticle 817 A, dâune augmentation de capital ou dâune offre publique dâĂ©change prĂ©alable Ă une fusion ou une scission dĂšs lors que cette fusion ou cette scission est opĂ©rĂ©e dans lâannĂ©e qui suit la clĂŽture de lâoffre publique dâĂ©change, lâexonĂ©ration partielle prĂ©vue au a du I, nâest pas remise en cause si les titres remis en contrepartie de ces opĂ©rations sont conservĂ©s par le signataire de lâengagement prĂ©vue au c du I jusquâĂ terme. De mĂȘme, cette exonĂ©ration nâest pas non plus remise en cause lorsque la condition prĂ©vue au c du I nâest pas respectĂ©e par suite dâune annulation des titres pour cause de pertes ou de liquidation judiciaire ;
« En cas de nonârespect de la condition prĂ©vue au c du prĂ©sent I, par suite dâune donation, lâexonĂ©ration partielle accordĂ©e au titre de la mutation Ă titre gratuit nâest pas remise en cause, Ă condition que le ou les donataires soient le ou les descendants du donateur et que le ou les donataires poursuivent lâengagement prĂ©vu au c) du I. jusquâĂ son terme.
« II. â Les biens visĂ©s Ă lâarticle 787 C du prĂ©sent code, bĂ©nĂ©ficient, en sus de lâexonĂ©ration de 75 % prĂ©vue audit article, dâune exonĂ©ration de droit de mutation Ă titre gratuit, Ă concurrence de 15 %, si les conditions suivantes sont rĂ©unies :
« 1° Lâensemble des conditions prĂ©vues Ă lâarticle 787 C sont respectĂ©es jusquâĂ leur terme ;
« 2° Et quâen outre, chacun des hĂ©ritiers, donataires ou lĂ©gataires a pris lâengagement dans la dĂ©claration de succession ou lâacte de donation, pour lui et ses ayants cause Ă titre gratuit, de conserver lâensemble des biens affectĂ©s Ă lâexploitation de lâentreprise pendant une durĂ©e de quatre ans Ă compter de la date dâexpiration du dĂ©lai visĂ© au b de lâarticle 787 C ;
En cas de nonârespect de la condition prĂ©vue au 2° du prĂ©sent II, par suite dâune donation, lâexonĂ©ration partielle accordĂ©e au titre de la mutation Ă titre gratuit nâest pas remise en cause, Ă condition que le ou les donataires soient le ou les descendants du donateur et que le ou les donataires poursuivent lâengagement prĂ©vu au c du II jusquâĂ son terme. »
2°Lâarticle 790 est complĂ©tĂ© par un III ainsi rĂ©digé :
« III. â Les rĂ©ductions prĂ©vues aux I et II, ne sont pas applicables lorsque les donations bĂ©nĂ©ficient de lâexonĂ©ration partielle prĂ©vue Ă lâarticle 787 D ».
II. â Le I sâapplique Ă compter du 1er janvier 2025.
La perte de recettes pour lâĂtat est compensĂ©e, Ă due concurrence, par la crĂ©ation dâune taxe additionnelle Ă lâaccise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.