Mesdames, Messieurs,
La France, comme de nombreuses sociĂ©tĂ©s occidentales, est frappĂ©e par une crise profonde de lâinformation sans prĂ©cĂ©dent, qui fait peser un risque majeur sur son rĂ©gime dĂ©mocratique.
LâavĂšnement du numĂ©rique avec la domination de grandes plateformes internationales, et plus rĂ©cemment, de lâintelligence artificielle gĂ©nĂ©rative, a transformĂ© en profondeur le monde de lâinformation. Celleâci nous est ainsi proposĂ©e en continu, par une profusion dâacteurs et de contenus dont la fiabilitĂ©, la contextualisation ou lâorigine sont loin dâĂȘtre assurĂ©es ou identifiables.Â
En lien avec cette rĂ©volution, diffĂ©rentes mutations sont venues bouleverser notre espace informationnel : changement des usages, notamment chez les plus jeunes ; explosion du prix du papier et de lâĂ©nergie ; polarisation exacerbĂ©e du dĂ©bat ou encore intermĂ©diation et concurrence des grandes plateformes.
Ces transformations et ces nouveaux acteurs du monde de lâinformation ont fragilisĂ© le modĂšle Ă©conomique des mĂ©dias traditionnels et se situent bien souvent en dehors du cadre lĂ©gal et rĂšglementaire qui rĂ©git le fonctionnement de ces derniers.Â
En parallĂšle, les conflits gĂ©opolitiques actuels et les risques dâingĂ©rences Ă©trangĂšres intensifient lâurgence dâagir pour prĂ©server les principes fondamentaux dâune information libre, Ă©clairĂ©e, fiable et plurielle pour tous. Cette urgence est dâautant plus pressante en cette annĂ©e 2024, marquĂ©e par lâappel aux urnes de plus de la moitiĂ© de la population mondiale.
Câest dans ce contexte que le prĂ©sident de la RĂ©publique, Emmanuel Macron, a souhaitĂ© confier en octobre 2023 Ă un comitĂ© indĂ©pendant, la mission de mener les Ătats gĂ©nĂ©raux de lâinformation (EGI).
Ainsi, lors de la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature, plusieurs dĂ©putĂ©s, autour de M. Violette Spillebout (Renaissance), MM. JĂ©rĂ©mie PatrierâLeitus (Horizons) et Laurent EsquenetâGoxes (DĂ©mocrate) ont constituĂ© le groupe de travail MĂ©dias et informations de la majoritĂ© prĂ©sidentielle (MIMP), composĂ© dâune trentaine de dĂ©putĂ©s, pour mener ses propres auditions, rĂ©flĂ©chir et concevoir un livre blanc de propositions. LâintĂ©rĂȘt Ă©tait double : se former pour maĂźtriser les enjeux complexes et ĂȘtre prĂȘts Ă un futur dĂ©bat parlementaire de qualitĂ© et construire des propositions politiquement fortes et efficaces.
Durant 6 mois, plusieurs dizaines de personnes ont été auditionnées par ce groupe de députés, de toutes sortes de médias, publics comme privés, historiques comme numériques, radios comme télés ou presse écrite.
Ces Ă©changes ont renforcĂ© la conviction de vos lĂ©gislateurs, dâun systĂšme informationnel français de qualitĂ©, dans lequel une large majoritĂ© dâacteurs tente, chacun Ă sa maniĂšre, de participer au dĂ©bat public en apportant Ă nos concitoyens informations et points de vue complĂ©mentaires et contradictoires.Â
Elles ont aussi montrĂ© que dans un secteur aujourdâhui fragilisĂ©, les problĂ©matiques sont trĂšs nombreuses, et les enjeux presque tous prioritaires. PublicitĂ©, droits voisins, pluralisme de lâinformation, Ă©ducation aux mĂ©dias ou prĂ©carisation du journalisme, il y a tant Ă faire !
Des rĂ©flexions de ce groupe de travail, 100 propositions sont ressorties. Chacune individuellement nâa pas vocation Ă rĂ©gler la crise de lâinformation que nous connaissons. Mais sans nul doute, elles peuvent contribuer Ă amĂ©liorer la situation globale des mĂ©dias en France.
Ainsi, la prĂ©sente proposition de loi reprend plusieurs mesures importantes et consensuelles du Livre blanc Tous citoyens de lâinformation, les 100 propositions des dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© prĂ©sidentielle, prĂ©sentĂ© le 17 septembre 2024 Ă lâAssemblĂ©e nationale, mais aussi plusieurs des recommandations formulĂ©es lors des Ătats GĂ©nĂ©raux de lâInformation, le 12 septembre 2024.
Lâarticle 1er prĂ©voit la mise en place dâun Centre national de lâinformation, Ă©tablissement public Ă caractĂšre administratif (EPA), placĂ© sous la tutelle du ministĂšre de la Culture. Le contour de ces missions doit faire lâobjet de dĂ©bats durant lâexamen de cette proposition de loi en lien avec toute la profession. Les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article sont dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret par le Conseil dâĂtat.
Lâarticle 2 vise Ă densifier les heures de formation dâĂ©ducation critique aux mĂ©dias, via lâarticle L. 312â9 du code de lâĂ©ducation, le contenu des programmes scolaires Ă©tant du domaine rĂ©glementaire.
Lâarticle 3 vise Ă renforcer la procĂ©dure de nĂ©gociation des droits voisins. Il demande au Gouvernement, aprĂšs consultation des parties prenantes, dâĂ©tablir par dĂ©cret une liste des Ă©lĂ©ments devant obligatoirement faire lâobjet dâune transmission des plateformes vers les acteurs du monde la presse. Actuellement, le flou sur les donnĂ©es devant faire lâobjet dâune transmission permet aux entreprises du numĂ©rique concernĂ©es par le texte de ne dĂ©livrer que des Ă©lĂ©ments trĂšs partiels ou indĂ©chiffrables. Il inscrit Ă©galement dans la loi un dĂ©lai maximum pour la transmission des Ă©lĂ©ments de nĂ©gociation mentionnĂ©s ciâdessus. En lâabsence de respect de ce dĂ©lai, lâentreprise incriminĂ©e pourrait se voir imposer une amende pouvant aller jusquâĂ Â 2 % de son chiffre dâaffaires mondial.Â
Ensuite, il crĂ©e une procĂ©dure de mĂ©diation par lâAutoritĂ© de la concurrence en cas dâabsence de conclusion dâun accord dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de lâouverture des nĂ©gociations. Si aucune issue nâest trouvĂ©e Ă cette nĂ©gociation encadrĂ©e, lâAutoritĂ© de la concurrence sera habilitĂ©e Ă dĂ©terminer elleâmĂȘme les conditions de rĂ©munĂ©ration. Cette procĂ©dure sâinspire du mĂ©canisme créé par la loi de 2019 en cas dâĂ©chec des nĂ©gociations entre un journaliste et un Ă©diteur ou agence de presse pour la rĂ©partition de la rĂ©munĂ©ration des droits voisins.
Lâarticle 4 prĂ©voit dâajouter les journalistes Ă la liste des personnes dont la qualitĂ© entraĂźne une circonstance aggravante, lorsquâelles sont victimes de violences ayant entraĂźnĂ© la mort sans intention de la donner, une mutilation ou infirmitĂ© permanente, une interruption temporaire de travail (ITT) de plus de 8 jours ou une ITT infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 8 jours.
Lâarticle 5 a pour objectif de mettre en place une protection sociale pour des journalistes qui travaillent Ă lâĂ©tranger pour des mĂ©dias français.
Lâarticle 6 vise Ă Ă©tendre la qualitĂ© de sociĂ©tĂ© Ă mission aux entreprises dâinformation. En effet, il nâexiste pas aÌ ce jour de statut particulier pour les entreprises de meÌdias qui tienne compte de cette double nature. La loi PACTE a permis aux socieÌteÌs commerciales de pouvoir se deÌfinir comme socieÌteÌ aÌ mission. Nous proposons dâeÌtendre ce principe en creÌant la socieÌteÌ aÌ mission dâinformation.
Lâarticle 7 vise Ă renforcer la protection des sources en dĂ©finissant prĂ©cisĂ©ment les proceÌduresâbaÌillons dans lâarticle 2 de la loi de 1881.
Lâarticle 8 vise Ă renforcer la mise en place de chartes dĂ©ontologiques, rĂ©digĂ©es conjointement entre la direction et la rĂ©daction au sein des mĂ©dias, en sanctionnant les entreprises de presse et les sociĂ©tĂ©s audiovisuelles nâayant pas adoptĂ© de charte.
Lâarticle 9 vise Ă mettre en place une dĂ©claration prĂ©ventive de conflit dâintĂ©rĂȘts au sein des rĂ©dactions afin de renforcer la confiance dans lâinformation. Cette derniĂšre doit ĂȘtre remplie au moment de la prise de fonction de lâintĂ©ressĂ©.
Lâarticle 10 prĂ©voit de renforcer la place des journalistes dans la gouvernance des mĂ©dias, en accordant a minima une place pour les reprĂ©sentants syndicaux des journalistes, au sein des conseils dâadministration des entreprises ou sociĂ©tĂ©s Ă©ditrices de presse.
Lâarticle 11 vise Ă associer la reÌdaction et le comiteÌ dâeÌthique en cas de nomination dâun nouveau directeur de la reÌdaction par lâactionnaire dâune sociĂ©tĂ© Ă©ditrice de presse. Cette information de nomination devra ĂȘtre motiveÌe et eÌtayeÌe. En paralleÌle, le comiteÌ dâeÌthique, eÌgalement informeÌ de cette intention, devrait pouvoir rendre un avis dans un deÌlai rapide et le rendre public.
Lâarticle 12 prĂ©voit dans les groupes plurimĂ©dias la nomination dâun administrateur indeÌpendant chargeÌ de veiller aÌ lâindeÌpendance et aÌ la preÌvention des conflits dâinteÌreÌts.
Lâarticle 13 vise la geÌneÌralisation des comiteÌs dâeÌthique et la modification de leur mode de deÌsignation, en instituant une nomination aÌ pariteÌ par la direction et par la reÌdaction. DĂ©sormais, ils seront prĂ©sents dans lâensemble des mĂ©dias dâinformation et non dans les seuls meÌdias audiovisuels, comme câest le cas aujourdâhui.
Il est créé un Ă©tablissement public Ă caractĂšre administratif, placĂ© sous la tutelle du ministre chargĂ© de la culture et dĂ©nommĂ© Centre national de lâinformation.
Il exerce dans le secteur de la presse écrite les missions suivantes :
1° Soutenir lâensemble du secteur professionnel de lâinformation et des mĂ©dias dans toutes ses composantes et en garantir la diversitĂ©Ì ;
2° RĂ©unir lâensemble des parties prenantes pour rĂ©flĂ©chir et anticiper lâensemble des mutations du secteur ;
3° Contribuer, dans lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, au financement et au dĂ©veloppement du secteur. Ă cette fin, il soutient ce secteur, notamment par lâattribution dâaides financiĂšres ;
4° GĂ©rer un observatoire de lâĂ©conomie de lâensemble de la filiĂšre ;
5° Assurer une veille sur les évolutions technologiques du secteur.
Les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article sont dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
Le deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 312â9 du code de lâĂ©ducation est complĂ©tĂ© par une phrase ainsi rĂ©digĂ©e : « Cette formation comporte Ă©galement un volet dâĂ©ducation critique aux mĂ©dias, une sensibilisation sur la lutte contre la dĂ©sinformation et les ingĂ©rences Ă©trangĂšres dans les mĂ©dias et sur les rĂ©seaux sociaux. »
Lâarticle L. 218â4 du code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle est ainsi modifié :
1° Le dernier alinĂ©a est complĂ©tĂ© par une phrase ainsi rĂ©digĂ©e : « AprĂšs consultation des Ă©diteurs, agences de presse et services de communication au public en ligne concernĂ©s, un dĂ©cret dĂ©termine la liste des Ă©lĂ©ments devant nĂ©cessairement faire lâobjet dâune transmission de la part des services de communication au public aux personnes mentionnĂ©es Ă lâarticle L. 218â1. »
2° Sont ajoutés trois alinéas ainsi rédigés :
« Le refus exprĂšs ou tacite dâun service de communication au public en ligne de transmettre les Ă©lĂ©ments mentionnĂ©s au troisiĂšme alinĂ©a du prĂ©sent article, ou la transmission partielle de ceuxâci, est puni dâune amende ne pouvant excĂ©der 2 % de son chiffre dâaffaires mondial.Â
« Est considĂ©rĂ© comme un refus tacite le fait pour un service de communication au public en ligne de ne pas dĂ©livrer ces Ă©lĂ©ments dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la premiĂšre demande dâaccĂšs aux informations adressĂ©e par lâune des personnes mentionnĂ©es Ă lâarticle L. 218â1.Â
 « à dĂ©faut dâun accord portant sur la rĂ©munĂ©ration prĂ©vue au prĂ©sent article dans un dĂ©lai dâun an Ă compter dâune demande dâouverture de nĂ©gociation par une personne mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 218â1, celleâci peut saisir lâAutoritĂ© de la concurrence, qui recherche alors, avec le demandeur ou les services de communication au public en ligne concernĂ©s, une solution de compromis afin de parvenir Ă un accord. En cas de dĂ©saccord persistant, elle fixe les modalitĂ©s de rĂ©munĂ©ration. »
Au 4° bis des articles 222â8, 222â10, 222â12 et 222â13 du code pĂ©nal, aprĂšs la seconde occurrence du mot : « public », sont insĂ©rĂ©s les mots : « , sur un journaliste, au sens du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse ».
AprĂšs le 16° de lâarticle L. 311â3 du code de la sĂ©curitĂ© sociale, il est insĂ©rĂ© un 16° bis ainsi rĂ©digé :
« 16° bis Les journalistes professionnels et assimilĂ©s, au sens des articles L. 7111â3 et L. 7111â4 du code du travail, fournissant des articles, des informations, des reportages, des dessins ou des photographies Ă une agence de presse ou Ă une entreprise de presse quotidienne ou pĂ©riodique soumise Ă lâimpĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s en France en application de la section III du chapitre II du titre Ier de la premiĂšre partie du livre Ier du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, quelle que soit la nature du lien juridique qui les unit Ă cette agence ou entreprise et, par dĂ©rogation au deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 111â1 du prĂ©sent code, quel que soit leur pays dâexercice et leur pays de rĂ©sidence ; ».
Le titre Ier du livre II du code de commerce est complĂ©tĂ© par un article L. 210â13 ainsi rĂ©digé :
« Art. 210â13. â Une entreprise Ă©ditrice de presse ou un Ă©diteur de services de radio ou de tĂ©lĂ©vision peut faire publiquement Ă©tat de la qualitĂ© de sociĂ©tĂ© Ă mission dâinformation lorsque les conditions suivantes sont respectĂ©es :
« 1° Ses statuts prĂ©cisent une raison dâĂȘtre, au sens de lâarticle 1835 du code civil ;
« 2° Ses statuts prĂ©cisent un ou plusieurs objectifs, notamment la diffusion dâune information gĂ©nĂ©raliste, fiable et pluraliste Ă destination du citoyen, que la sociĂ©tĂ© se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité ;
« 3° Ses statuts précisent la participation des citoyens, des lecteurs ou des abonnés, ainsi que des journalistes, à la gouvernance de la société ;
« 4° La sociĂ©tĂ© doit employer un seuil minimum de journalistes disposant de la carte dâidentitĂ© professionnelle des journalistes mentionnĂ©e Ă lâarticle R. 7111â1 du code du travail ou ayant reçu une formation diplĂŽmante par une Ă©cole reconnue. Ce seuil est dĂ©fini par dĂ©cret en Conseil dâĂtat ;
« 5° Ses statuts prĂ©cisent les modalitĂ©s dâassociation de la rĂ©daction Ă la nomination du responsable de la rĂ©daction au sens du 3° de lâarticle 5 de la loi n° 86â897 du 1er aoĂ»t 1986 portant rĂ©forme du rĂ©gime juridique de la presse ;
« 6° Ses statuts prĂ©cisent la politique menĂ©e par la sociĂ©tĂ© en termes dâĂ©ducation aux mĂ©dias, avec obligation de moyens ;
« 7° Ses statuts prĂ©cisent la mise en place par la sociĂ©tĂ© de la promotion dâune « éthique de la discussion », par lâorganisation de dĂ©bats et de discussions publiques ;
« 8° Ses statuts prĂ©cisent les engagements pris par la sociĂ©tĂ©, sans preÌjudice du principe de liberteÌ eÌditoriale, des engagements en matieÌre de diversiteÌ dans les sujets abordeÌs et les points de vue, ainsi quâun effort pour distinguer lâeÌditorialisation et lâinformation factuelle, y compris sur les reÌseaux sociaux. »
Le troisiĂšme alinĂ©a de lâarticle 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse est remplacĂ© par deux alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« Il ne peut eÌtre porteÌ atteinte au secret des sources que si un motif preÌpondeÌrant dâinteÌreÌt public tenant aÌ la preÌvention ou aÌ la reÌpression, soit dâun crime, soit dâun deÌlit, constituant une atteinte grave aÌ la personne ou aux inteÌreÌts fondamentaux de la Nation, le justifie, et si les mesures envisageÌes sont strictement neÌcessaires et proportionneÌes au but poursuivi.
« Tout acte dâenqueÌte ou dâinstruction ayant pour objet de porter atteinte au secret des sources doit eÌtre preÌalablement autoriseÌ par ordonnance speÌcialement motiveÌe prise par le juge des liberteÌs et de la deÌtention, saisi, selon les cas, par requeÌte motiveÌe du procureur de la ReÌpublique ou par ordonnance motiveÌe du juge dâinstruction. »
Lâarticle 2 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse est complĂ©tĂ© par un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :
« La violation, par une entreprise Ă©ditrice de presse, des obligations prĂ©vues au prĂ©sent article entraĂźne la suspension des aides Ă la presse, directes et indirectes, dont elle bĂ©nĂ©ficie. LâAutoritĂ© de rĂ©gulation de la communication audiovisuelle et numĂ©rique veille au respect, par les sociĂ©tĂ©s audiovisuelles mentionnĂ©es Ă lâavantâdernier alinĂ©a, des obligations prĂ©vues au prĂ©sent article dans les conditions prĂ©vues aux articles 42 Ă Â 42â11 de la loi n° 86â1067 du 30 septembre 1986 relative Ă la libertĂ© de communication. »
AprĂšs lâarticle 2 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse, il est insĂ©rĂ© un article 2 ter ainsi rĂ©digé :
« Art. 2 ter. â Tout journaliste, au sens du 1° du I de lâarticle 2, doit remplir lors de sa prise de fonction une dĂ©claration dâintĂ©rĂȘts.
« Cette dĂ©claration mentionne les liens dâintĂ©rĂȘts de toute nature, directs ou par personne interposĂ©e, que le dĂ©clarant a, ou quâil a eus pendant les cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dant sa prise de fonction, avec des entreprises, des Ă©tablissements ou des organismes dont les activitĂ©s, les techniques et les produits entrent dans le champ de lâorgane de presse au sein duquel il exerce ses fonctions.
« Elle est rendue publique et actualisĂ©e Ă lâinitiative du dĂ©clarant chaque fois quâune modification intervient dans sa situation. »
AprĂšs lâarticle 6 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse, il est insĂ©rĂ© un article 6 bis ainsi rĂ©digé :
« Art. 6 bis. â Le conseil dâadministration des entreprises Ă©ditrices comporte au moins un reprĂ©sentant des syndicats de journalistes.
« Les reprĂ©sentants des syndicats de journalistes prennent part Ă lâensemble des discussions et votes du conseil dâadministration de lâentreprise ou sociĂ©tĂ© Ă©ditrice de presse. »
AprĂšs lâarticle 2 ter de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse, il est insĂ©rĂ© un article 2 quater ainsi rĂ©digé :
« Art. 2 quater. â En cas de nomination dâun nouveau responsable de la rĂ©daction, lâactionnaire ou le dirigeant est tenu dâinformer lâensemble des journalistes et le comitĂ© dâĂ©thique de lâentreprise ou sociĂ©tĂ© Ă©ditrice de presse ou audiovisuelle. Cette dĂ©cision doit ĂȘtre motivĂ©e et Ă©tayĂ©e. La publication de cette information est assurĂ©e dans des dĂ©lais permettant au comitĂ© dâĂ©thique et aux organisations reprĂ©sentatives de rendre un avis public.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©termine les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article. »
AprĂšs lâarticle 30â8 de la loi n° 86â1067 du 30 septembre 1986 relative Ă la libertĂ© de communication, il est insĂ©rĂ© un article 30â9 ainsi rĂ©digé :
« Art 30â9. â Un administrateur indĂ©pendant chargeÌ de veiller au respect de la charte dĂ©ontologique mentionnĂ©e Ă lâarticle 2 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse, de lâindeÌpendance visâĂ âvis de lâactionnaire et Ă la preÌvention des conflits dâinteÌreÌts est instituĂ© au sein du conseil dâadministration de toute personne morale se trouvant dans au moins deux des situations mentionnĂ©es Ă lâarticle 41â1 de la prĂ©sente loi.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©termine les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article. »
I. â La premiĂšre phrase du dernier alinĂ©a de lâarticle 30â8 de la loi n° 86â1067 du 30 septembre 1986 relative Ă la libertĂ© de communication est ainsi rĂ©digĂ©e : « Les membres du comitĂ© sont nommĂ©s de maniĂšre paritaire, dâune part, par le conseil dâadministration de la personne morale et, dâautre part, par lâensemble de la rĂ©daction par un vote majoritaire. »
II. â AprĂšs lâarticle 2 quater de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse, il est insĂ©rĂ© un article 2 quinquies ainsi rĂ©digé :
« Art. 2 quinquies. â Un comitĂ© relatif Ă lâhonnĂȘtetĂ© et Ă lâindĂ©pendance de lâinformation composĂ© de personnalitĂ©s indĂ©pendantes est instituĂ© auprĂšs de toute entreprise Ă©ditrice au sens de lâarticle 2 de la loi n° 86â897 du 1 aoĂ»t 1986 prĂ©sentant un caractĂšre dâinformation politique et gĂ©nĂ©rale. ChargĂ© de contribuer au respect des principes des articles 2 bis, 2 ter, 2 quater, 6 et 6 bis, il peut se saisir ou ĂȘtre consultĂ© Ă tout moment par les organes dirigeants de lâentreprise Ă©ditrice, par le mĂ©diateur lorsquâil existe ou par toute personne. Il informe les organes dirigeants de lâentreprise Ă©ditrice de tout fait susceptible de contrevenir Ă ces principes. Il rend public son bilan annuel.
« Est regardĂ©e comme indĂ©pendante, au sens du premier alinĂ©a du prĂ©sent article, toute personne qui, pendant lâexercice de ses fonctions au sein du comitĂ© ainsi quâau cours des deux annĂ©es prĂ©cĂ©dant sa prise de fonction, nâa pas pris, reçu ou conservĂ©, directement ou indirectement, un intĂ©rĂȘt quelconque dans lâentreprise Ă©ditrice du en cause, Ă lâĂ©gard de lâun de ses actionnaires ou dans une des sociĂ©tĂ©s dans laquelle cet Ă©diteur ou lâun de ses actionnaires dĂ©tient une participation ou avec laquelle il entretient une relation commerciale.Â
« Tout membre du comitĂ© mentionnĂ© au premier alinĂ©a du prĂ©sent article sâengage, Ă lâissue de ses fonctions et pour une durĂ©e de douze mois, Ă ne pas accepter un emploi ou un mandat Ă©lectif, directement ou indirectement, pour lâentreprise Ă©ditrice en cause, chez lâun de ses actionnaires ou dans une des sociĂ©tĂ©s dans laquelle cet Ă©diteur ou lâun de ses actionnaires dĂ©tient une participation ou avec laquelle il entretient une relation commerciale.Â
« Les membres du comitĂ© sont nommĂ©s de maniĂšre paritaire, dâune part, par le conseil dâadministration de lâentreprise Ă©ditrice et, dâautre part, par lâensemble de la rĂ©daction par un vote majoritaire. La nomination des membres doit assurer une reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e des femmes et des hommes. Les modalitĂ©s de fonctionnement du comitĂ© sont fixĂ©es avec lâentreprise Ă©ditrice. Lorsquâune personne morale contrĂŽle plusieurs publications de presse ou services de presse en ligne, ce comitĂ© peut ĂȘtre commun Ă tout ou partie de ces services.
« La violation par une entreprise éditrice des obligations prévues au présent article, entraßne la suspension des aides à la presse, directes et indirectes, dont elle bénéficie. »
I. â La charge pour lâĂtat est compensĂ©e Ă due concurrence par la crĂ©ation dâune taxe additionnelle Ă lâaccise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
II. â La charge pour les organismes de sĂ©curitĂ© sociale est compensĂ©e Ă due concurrence par la majoration de lâaccise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.