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Violette Spillebout
2026 Jul 17, 00:00:18
Monsieur Léaument, il est vrai que tous les membres de la commission spéciale ne sont pas commissaires aux lois, mais j’ai entendu dans vos propos un certain mépris pour notre travail.

Si nous avons intégré la commission spéciale, c’est parce que nous avions étudié cette question, que ce soit dans le cadre d’une commission d’enquête – celle sur les violences scolaires, celle sur les défaillances du traitement judiciaire de l’inceste, celle sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance – ou dans le cadre de la délégation aux droits des enfants. Nous faisons sérieusement notre travail de parlementaire. Par conséquent, nous nous permettons, même sans appartenir à la commission des lois, de proposer des modifications du code pénal et du code de procédure pénale.

Si le traitement judiciaire des violences faites aux enfants était satisfaisant, il n’y aurait rien à y changer. Vous citez par exemple l’amendement de M. Balanant, qui n’est pas là pour se défendre et dont l’expertise en matière de traitement judiciaire du harcèlement et des violences entre enfants mérite d’être reconnue. Vos propos m’ont personnellement heurtée et choquée.

S’agissant de l’information des ordres professionnels, j’ai un exemple en tête. M. Paul Vannier et moi avons reçu un signalement concernant un psychologue, faisant l’objet d’une interdiction d’exercer auprès de mineurs, condamné pour ce qu’il a fait à de nombreux enfants d’un établissement scolaire de l’Est de la France, et qui pourtant exerce toujours auprès de majeurs. Malgré l’interdiction judiciaire d’exercer, malgré l’information de l’Ordre, il reçoit dans son cabinet des jeunes de 18, 19 ou 20 ans. Donc, oui, il y a encore du travail à faire !
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 23:24:20
Deux points avant que nous ne votions et que Mme la rapporteure et Mme la ministre et M. le ministre apportent leurs éclairages à nos collègues.

Il ne faut pas faire preuve de mauvaise foi dans ce débat. Vous savez déjà tous très bien, notamment pour ceux qui travaillent dans le secteur médico-social ou du sport où les contrôles d’honorabilité existent déjà, que la liste des infractions entraînant une incapacité est une liste détaillée. Cette dernière existe déjà dans chacun des codes ; on peut regretter qu’elle soit différente entre le code de l’éducation, celui du sport ou de l’action sociale et des familles.

Mme la rapporteure, dans son travail coordonné avec tous les groupes parlementaires – y compris avec le vôtre ! –, a bien précisé que son objectif était de se fonder sur le code de l’action sociale et des familles, à l’exception du sport. En effet, dans les discussions avec le gouvernement, le sport est vraiment à part. Cher collègue Paul Vannier, on ne parle donc pas d’AFD pour infractions routières ou blocage de voies ferrées.

On parle d’infractions graves, d’infractions susceptibles de présenter un risque pour la santé ou la sécurité des mineurs ou des personnes vulnérables.

En commission, nous avons même eu des débats consistant à se demander s’il était possible d’exercer auprès d’enfants en cas de condamnation pour trafic de drogue si la sanction a été purgée. On peut avoir des points de vue différents. Mais, aujourd’hui, on se fonde tout de même sur des codes et des listes d’infractions déjà existantes.

Il ne faut pas déplacer le débat. L’objectif, c’est d’harmoniser au mieux quelque chose qui ne l’est pas du tout, sans remettre en cause le principe fondamental.

J’entends Mme la ministre et le gouvernement affirmer leur souhait de mettre en place ces attestations d’honorabilité au plus vite. Pour ma part, je regrette que depuis le 1er juin, alors que nous avions eu, avec monsieur le ministre, pour le scolaire et le périscolaire, un débat et que nous étions parvenus à une rédaction permettant d’obtenir ces attestations dès la rentrée scolaire, aucun effort n’ait été fait pour favoriser l’inscription et le vote au Sénat.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 23:05:13
Il vise à faciliter l’articulation des interdictions administratives d’exercer prononcées dans des domaines diversement couverts par le contrôle d’honorabilité – je pense notamment au sport, à l’éducation, aux affaires sociales. Il conviendrait que l’information soit transmise, qu’une personne ayant interdiction d’exercer dans l’un de ces secteurs ne puisse être recrutée dans un autre. Ce sous-amendement constitue donc un complément du dispositif présenté par Mme la rapporteure.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 22:46:06
Le projet de loi que nous examinons a pour objectif de protéger les enfants : tous les enfants, dans tous les domaines. Notre responsabilité est donc de garantir que les articles de loi que nous écrivons et que nous amendons les protégeront effectivement.

Il faut pouvoir garantir aux parents qui confient leurs enfants à des encadrants, à des animateurs, à des professeurs, qu’aucun agresseur ou agresseur potentiel ne se trouvera parmi eux. La réécriture qui nous est proposée ce soir est issue d’un travail très sérieux, qui a pris en compte les questions que nous nous sommes posées en commission spéciale.

Quelle est notre responsabilité, en tant que députés ? Nous lancer dans la modification d’une pile de codes souvent anciens, aux règles différentes – code du sport, code de l’éducation, code de l’action sociale et des familles… – pour essayer de combler tous les trous, tous les interstices par lesquels un agresseur potentiel pourrait passer ? Ne devons-nous pas plutôt faire une loi qui protège largement tous les enfants ?

Je tiens par conséquent à remercier la rapporteure Nathalie Colin-Oesterlé pour le travail transpartisan qu’elle a orchestré et qui a permis de définir un cadre large. Désormais, quel que soit le code concerné, quelles que soient les incapacités décidées, ce seront les mêmes règles pour tout le monde. Désormais, les parents sauront que, où qu’ils déposent leur enfant, que ce soit dans un centre social, dans un club sportif, dans une école, publique ou privée, ou dans le périscolaire, il ne risquera pas de rencontrer un agresseur.

Même si la rédaction de cet article n’est pas absolument parfaite, même s’il existe des risques constitutionnels, notre responsabilité, notre devoir, est de protéger les enfants, en envoyant au Sénat un texte qui ne laissera plus d’espace aux agresseurs, qui ne présentera plus de faille.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 20:00:19
Or le sujet est important, et l’amendement de M. Bonnet a été élaboré en lien avec la Cnape. Nous étions nombreux à avoir déposé des amendements visant à instaurer une prime d’installation, afin d’aider des assistants familiaux qui ont les qualités éducatives nécessaires et souhaitent accueillir des enfants, mais qui, en raison de leurs conditions matérielles, ne peuvent pas obtenir l’agrément.

L’article 4 assouplit déjà les conditions d’obtention de l’agrément en laissant du temps pour aménager le logement. Mais aménager un logement pour accueillir un enfant, c’est acquérir ou installer des équipements tels que de la literie, du mobilier, du linge de maison ou encore des jeux. Si nous ne pouvons pas débattre du sujet dans la discussion de ce projet de loi, il reviendra lors du débat budgétaire.

Accompagner les départements pour qu’ils puissent verser ces primes d’installation, c’est renforcer l’attractivité du métier d’assistant familial, augmenter leur nombre – le nombre de « familles d’accueil », comme les nomme notre collègue – et éviter le recours à l’accueil collectif ou aux foyers pour certains enfants qui se sentiraient mieux dans une famille d’accueil.

Voilà pourquoi je soutiens ces amendements. Tout ce qui peut assouplir le critère des conditions matérielles au profit de la motivation et des capacités éducatives va dans le sens de ce projet de loi.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 20:00:07
Je souhaite intervenir sur les amendements de MM. Rimane et Bonnet concernant les conditions matérielles d’accueil. Du fait de l’application de l’article 40 de la Constitution, on nous a privés d’un débat.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 16:50:08
Oui, avec lui ! Si l’enfant accède à ce dossier, il ne sera plus mis à l’écart de sa propre vie et n’aura plus le sentiment d’être déplacé comme un objet en cas de changement de lieu de vie, notamment après la remise du rapport de situation. Je pense aux témoignages d’enfants placés qui, en atteignant l’âge de 18 ans, accèdent au dossier et découvrent leur propre histoire et leurs propres comportements, décrits en des termes techniques parfois très brutaux. Les associer à l’écriture de ce rapport permet une meilleure continuité de l’histoire personnelle de l’enfant et constitue un facteur de construction identitaire de l’adulte qu’il deviendra une fois qu’il aura quitté l’ASE.

Au-delà du fait que cela s’inscrit dans le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), notamment de son article 12 et de son article 13 relatifs au droit à l’information, il me semble très important de soutenir cet amendement qui va dans le sens de nos travaux.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 16:49:58
…et à faire de ce dossier non pas seulement un dossier sur lui, mais un dossier pour lui.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 16:49:53
Il revient à considérer l’enfant comme une personne, comme l’a expliqué Arnaud Bonnet,…
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 16:49:39
Je viens en soutien à cet amendement d’Ayda Hadizadeh, au nom d’une partie de mes collègues du groupe Ensemble pour la République, parce qu’il est très important pour l’intérêt supérieur de l’enfant. Il prévoit un renforcement de l’accès à ses droits.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 15:43:16
Il a été déposé à l’initiative de ma collègue Prisca Thevenot.

Le placement d’un enfant constitue l’une des décisions les plus graves que puisse prendre l’autorité judiciaire. Parce qu’elle conduit à séparer un mineur de son milieu familial, cette mesure de protection doit demeurer strictement proportionnée à la situation de l’enfant et régulièrement réévaluée. Or, en l’absence de critères explicites encadrant le renouvellement d’un placement, le risque existe que sa reconduction repose davantage sur l’inertie administrative que sur une appréciation actualisée de l’intérêt supérieur de l’enfant. La situation des parents peut avoir évolué, leur capacité à exercer leurs responsabilités parentales s’être améliorée ou des mesures alternatives moins attentatoires aux liens familiaux être devenues envisageables. Ainsi, dans les cas de carence éducative, un travail de restauration du lien avec les parents est mené dans le but, à terme, de mettre fin au placement.

Le présent amendement vise à garantir que toute prolongation d’un placement repose sur une évaluation complète, objective et actualisée de la situation. À cette fin, il prévoit que le juge motive sa décision au regard de l’évolution du respect de l’exercice du devoir parental, de l’état de l’enfant et de l’existence éventuelle d’une mesure alternative, sur la base d’un rapport pluridisciplinaire. L’amendement instaure également une révision de plein droit tous les douze mois afin que le maintien du placement résulte d’un choix délibéré et régulièrement réexaminé, et non d’une simple reconduction administrative par défaut. Cette exigence constitue une garantie essentielle tant pour les droits de l’enfant que pour le respect du caractère exceptionnel du placement.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 12:55:49
…mais je crois que c’est le moment de voter en conscience pour l’imprescriptibilité.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 12:55:03
On peut avoir des avis différents, ce n’est pas une raison pour mépriser le travail des associations et le travail du parlement. La France est à la traîne sur ce sujet : six pays de l’Union européenne ont supprimé la prescription pour les infractions sexuelles commises sur les enfants – le Danemark, l’Irlande, la Belgique, Chypre, les Pays-Bas et la Hongrie – et neuf autres ont déjà entamé la démarche. La toute récente révision de la directive européenne fera de toute façon évoluer la prescription en France avant 2030. Nous sommes sur le chemin progressiste de l’évolution vers cette imprescriptibilité.

Oui, nous sommes à un moment historique. Nous pouvons avoir des avis différents et nos propres questionnements,…
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 12:53:46
J’ai un souvenir très marquant dans ma vie de parlementaire. Il date d’il y a un an. C’était le 11 juin 2025, la première table ronde que nous organisions avec mon collègue Paul Vannier, au début des travaux de la commission d’enquête sur la prévention des violences dans les établissements scolaires, avec les associations de victimes de violences systémiques dans les établissements scolaires publics et privés : je pense à Bétharram, à Riaumont, à Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine, au Relecq-Kerhuon. Nous avons alors rencontré toutes ces femmes et ces hommes brisés à vie par la violence subie lorsqu’ils étaient enfants, qui ont témoigné aussi pour certains de leurs camarades de l’époque qui n’étaient plus de ce monde. Nous sommes restés en contact avec eux. Aujourd’hui encore, ils nous regardent quand nous traitons de sujets relatifs au combat contre les violences sur les enfants, à la protection de l’enfance et en particulier à l’imprescriptibilité. J’ai une pensée particulière pour Constance Bertrand, qui préside des associations de victimes, aujourd’hui mobilisée chez Be Brave France et qui combat aussi pour l’imprescriptibilité en Europe. Elle a beaucoup travaillé sur ces questions.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de débat parlementaire et de travail sérieux sur l’imprescriptibilité.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 12:19:09
Si vous l’acceptez, je présenterai les trois amendements de mon collègue Sébastien Huyghe, c’est-à-dire les amendements nos 8, 6 et 7. Nous sommes très nombreux au sein du groupe EPR à les avoir cosignés.

Par l’amendement no 8, notre collègue propose de rendre imprescriptibles les infractions les plus graves commises sur des mineurs ; l’amendement no 6 se limite aux crimes et l’amendement no 7 au crime de viol, l’infraction sexuelle la plus grave dont un mineur peut être victime.

M. Huyghe avait déposé ces amendements dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, que nous avions coécrite avec Paul Vannier et qui a été débattue le 1er juin. Ce jour-là, il a eu la sagesse de retirer ces amendements pour sauver notre proposition de loi en évitant que les débats ne se prolongent au-delà de minuit. Il les a déposés de nouveau et nous les avons cosignés parce que nous pensons que c’est le bon moment.

Madame la rapporteure Maximi, je ne suis pas d’accord avec votre analyse. Vous pensez que nous ne sommes pas prêts car nous n’aurions pas assez travaillé et débattu. Pourtant, nous pouvons nous appuyer sur le rapport de la Ciivise, qui préconise l’imprescriptibilité, notre rapport parlementaire sur les violences dans le cadre scolaire et périscolaire – je salue le travail que nous avons réalisé avec Paul Vannier et les évolutions qu’il a permises – et sur celui de la commission d’enquête de Maud Petit et de Christian Baptiste sur l’inceste. Je pense aussi au rapport de la délégation aux droits des enfants présidée par notre collègue Mme Goulet. Tous ces rapports ont exigé des heures de travail et ont été précédés de centaines d’heures d’audition. Nous sommes donc prêts à débattre ! Certes, tout n’est pas parfait, mais le garde des sceaux se déclare favorable à l’inscription dans la loi de l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs.

Toutes les personnes qui suivent nos débats aujourd’hui et qui ont été victimes d’infractions prescrites ou non y seront très attentives. Nous aurons d’autres échanges au fil de cette discussion commune et le passage par le Sénat et les autres étapes de la navette parlementaire permettront d’améliorer le texte. Si nous attendons l’année prochaine sous le prétexte de l’élection présidentielle, nous allons encore perdre deux, trois voire quatre années pendant lesquelles les victimes ne seront ni entendues ni reconnues.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 11:08:09
Je soutiens l’amendement de notre collègue Arnaud Bonnet, car il soulève une question essentielle pour l’ensemble de nos débats : l’information des victimes et – lorsque c’est nécessaire, par exemple lorsqu’il s’agit d’une violence commise par un adulte ayant autorité dans le cadre scolaire et périscolaire – des parents de victimes. C’est une préoccupation permanente : depuis que nos travaux parlementaires se penchent ce sujet, notamment dans le cadre de commissions d’enquête, nous sommes submergés par des témoignages de victimes mineures ou majeures, qui évoquent des faits prescrits ou non, et de parents qui sont sans nouvelles de la justice.

Je sais que des efforts sont faits, mais il faut que les victimes puissent, par exemple, être informées des raisons pour lesquelles l’auteur présumé des actes qu’elles dénoncent, qui est connu et qui n’habite pas loin, n’est pas immédiatement entendu dans le cadre de l’enquête et qu’elles puissent comprendre pourquoi il y a encore des actes d’enquête – nous avons eu ce débat avec Mme Capdevielle et M. le ministre.

Il faut qu’elles puissent comprendre pourquoi un auteur présumé est réintégré après une suspension administrative dans une école ou une structure périscolaire, ce qui peut se produire actuellement sans que les parents plaignants soient informés. Si l’enquête se poursuit, que les victimes puissent comprendre la procédure est selon moi un droit fondamental, qui doit pouvoir être exercé – y compris sous une forme élargie, comme le propose M. Bonnet.

Je salue l’instauration par les procureurs, suite à l’action de M. le ministre Gérald Darmanin, de séances deux fois par semaine pour recevoir les victimes mineures et les informer de l’avancement de la procédure – c’est notamment le cas à Lille. Il y a un mouvement à accomplir pour l’information des victimes et des familles lorsque c’est nécessaire. Cet amendement y contribue.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 09:56:55
Lors des premières auditions de mineurs, notamment de tout-petits, les parents sont souvent perdus dans la procédure. Ils ne savent pas quelle attitude adopter et peinent à interpréter la parole de leur enfant, souvent recueillie à domicile, parfois enregistrée.

La première audition est très importante. L’article 10 prévoit que la victime mineure est informée de son droit à être assistée par un avocat. Il s’agit ainsi, dans le projet de loi, de la reconnaissance du travail de notre collègue Ayda Hadizadeh sur l’assistance de l’enfant par un avocat. Il est nécessaire de préciser que cette assistance doit intervenir dès la première audition, afin de soutenir les parents qui accompagnent leur enfant victime de la violence d’un adulte, par exemple en milieu scolaire ou périscolaire.

Je pense au témoignage glaçant que j’ai reçu au mois de juin dernier – les faits sont donc tout récents. Alors que la première audition de leur petite fille de 4 ans se déroulait à la brigade des mineurs, après un signalement pour des violences dans le cadre périscolaire, les parents se sont entendu dire par un autre agent : « Vous savez, il faut faire attention, à 3 ans ou 4 ans, il y a déjà des enfants mythomanes. »

Voilà le type de phrase que l’on entend encore de nos jours, malgré l’évolution de la société et le travail de formation réalisé au sein du ministère de la justice. Face à de tels discours, les parents sont complètement démunis. Ce jour-là, aucun avocat ne les accompagnait, aucun avocat n’était présent pour leur expliquer les droits de l’enfant et de la famille dans le cadre de la procédure. La présence de l’avocat dès la première audition est donc très importante.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 09:33:23
La commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses relève de manière centrale le manque de formation des enquêteurs. Quelqu’un qui n’a pas été sensibilisé aux psychotraumatismes ou à la dissociation ne devrait pas être en position de mener de telles enquêtes, d’où la recommandation no 13 du rapport de la commission : que d’ici à un an « chaque enfant victime de violences sexuelles soit auditionné par un enquêteur formé au protocole Nichd » – c’est dire l’importance, en la matière, de ce qui touche la formation.

Par conséquent, l’amendement vise à préciser que la formation des enquêteurs chargés de recueillir la parole des mineurs doit intégrer les psychotraumatismes, les mécanismes d’emprise, de sidération et de révélation tardive des violences. Ce dernier sujet, hélas, reparaît régulièrement dans l’actualité, notamment liée à notre travail parlementaire : les révélations tardives sont nombreuses et, encore une fois, nécessitent une formation. Nous ne pouvons accepter qu’au sein d’une brigade des mineurs, d’un service d’enquête, les auditions se déroulent à la va-vite, avec des questions inappropriées.
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Violette Spillebout
2026 Jul 16, 00:14:55
Pour le groupe Ensemble pour la République, il est évident qu’il faut voter en faveur de la création d’une ordonnance de sûreté de l’enfant, parce que le mot « sûreté » a du sens. À cet égard, je suis assez choquée par les arguments de notre chère collègue Mme Capdevielle, notamment celui que vous avez avancé en défendant votre premier amendement, madame, et que vous avez repris pour défendre le suivant, et selon lequel l’ordonnance de sûreté relèverait d’une logique coercitive et sécuritaire, là où la protection de l’enfance en danger serait d’abord une mesure d’assistance éducative. Je crois qu’il faut assumer le mot « sûreté ». La sûreté est l’état de quelqu’un qui est à l’abri, qui n’a rien à craindre. Le sens profond de cette ordonnance de sûreté relève d’une logique de neutralisation du danger.

Ce sujet est prioritaire, tout le monde en convient – la Ciivise ainsi que l’ensemble des associations. Il faut absolument que, dans l’urgence, des procureurs puissent réagir, sur saisine d’un proche ou d’un parent, pour protéger immédiatement l’enfant, puis, dans un délai extrêmement court, confier la situation de cet enfant à l’un des deux juges – le juge des enfants ou le juge aux affaires familiales –, avec une seule priorité : son intérêt supérieur.

Nous voterons donc en faveur de l’amendement du gouvernement et des sous-amendements de nos collègues Catherine Ibled, Philippe Fait et Perrine Goulet, parce que cette réécriture globale du dispositif prévu à l’article 6 est la plus appropriée en vue de protéger l’enfant.
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Violette Spillebout
2026 Jun 01, 23:50:02
Je remercie l’ensemble des collègues pour leur présence nombreuse, active et dynamique. Nous sommes parvenus à construire ensemble un compromis équilibré. Je remercie mon cher collègue Paul Vannier pour tout le travail que nous avons mené en commun Contrairement à lui, je tiens pour ma part à remercier Gabriel Attal d’avoir permis l’inscription de ce texte dans notre niche parlementaire. C’est grâce à cette initiative que ce texte a pu être adopté aujourd’hui.

Grâce au gouvernement, le texte va, je l’espère, poursuivre son parcours parlementaire au Sénat. C’est aussi grâce au gouvernement que nous pourrons examiner un projet de loi sur la protection de l’enfance et un autre sur l’imprescriptibilité des crimes commis sur mineurs, cher Sébastien Huyghe.

Je remercie tous les groupes pour l’esprit de dialogue renforcé qui a prévalu. Enfin, je salue naturellement les associations de victimes et les lanceurs d’alerte présents ce soir, qui nous ont accompagnés de leur force et de leur énergie. Nous sommes avec vous.
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Violette Spillebout
2026 Jun 01, 23:46:10
Avis favorable.
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Violette Spillebout
2026 Jun 01, 23:38:00
J’ai donc décidé de donner un avis favorable à cet amendement. Non que j’y sois personnellement favorable, mais je crois qu’il est de notre responsabilité collective de garantir un débat de qualité sur un sujet aussi important que celui d’imposer une telle obligation aux ministres des cultes. Nous ne pourrons y parvenir en quelques minutes, à la fin des débats d’une niche parlementaire.

Cet avis est donc un avis de raison et je vous invite tous à être raisonnables, quelles que soient vos convictions. Ce débat se fera peut-être dans un autre cadre. Je souhaite que nous avancions pour finir l’examen du texte et pouvoir ainsi voter – je l’espère à l’unanimité – une loi sur la lutte contre les violences scolaires et la protection des enfants.
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Violette Spillebout
2026 Jun 01, 23:36:25
Les alinéas 1 à 3 de l’article 9 qui imposent aux ministres des cultes de respecter le droit commun de la dénonciation des crimes commis sur mineur ont suscité de longs débats en commission. Nous avons choisi de les maintenir, malgré les nombreux amendements de suppression déposés en commission, au motif que ces dispositions porteraient atteinte à la liberté de conscience des fidèles de l’Église catholique ou qu’elles ne faciliteraient pas la libération de la parole auprès des ministres du culte.

Chacun a ses raisons, mais nous sommes désormais à trente minutes de la fin de cette séance. Depuis 16 heures, nous avons réussi à dialoguer, à faire des compromis entre tous les groupes pour voter, article après article, un texte très important pour la reconnaissance des victimes, pour le contrôle des établissements publics et privés et, surtout, pour l’honorabilité de tous les personnels – bénévoles, accompagnants occasionnels et salariés – du scolaire et du périscolaire. Le gouvernement s’est engagé à appliquer la procédure accélérée et à transmettre au Sénat cette proposition de loi. Les deux chambres pourront ainsi la voter pour que l’honorabilité dont je viens de parler soit effective partout à la prochaine rentrée scolaire.
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Violette Spillebout
2026 Jun 01, 23:28:35
J’émettrai un avis favorable sur l’amendement no 16 rectifié et donc défavorable sur les amendements nos 56 et 130.
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