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šŸ“œLoi relative aux missions de l'observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires
17 avr. 2025 •
Dominique Potier

ExposĆ© des motifs • ā±ļøLecture 3min.

Mesdames, Messieurs,

Le monde agricole et le Parlement portent au long cours un combat pour un prix rémunérateur. MeĢ‚me si, dans les faits, les résultats sont encore loin du compte, on observe depuisĀ 2016 une forme de continuum législatif et un relatif consensus pour répondre aĢ€ cette attente, avec la loi SapinĀ 2, puis avec les lois Egalim successives.

Alors que le secteur aval de l’agriculture fait l’objet de débats permanents, celui du secteur amont demeure un angle mort des politiques publiques alors qu’il est tout autant constitutif de l’économie des exploitations agricoles. Cette question de la construction et du partage de la valeur dans l’agrofourniture recouvre l’ensemble des biens utilisés pour la production agricoleĀ : les matieĢ€res fertilisantes, les produits phytosanitaires, les produits destinés aĢ€ l’alimentation animale, les équipements agricoles, les médicaments vétérinaires. Tout laisse aĢ€ penser que, par différents biais, ce secteur n’est pas exempt de marges indécentes et de profits d’opportunité́.

AĢ€ l’heure actuelle, notre politique fiscale est aveugle quant aux stratégies d’optimisation des entreprises multinationales qui appauvrissent la puissance publique. Par ailleurs, la politique massive d’exonération sur l’amortissement des investissements ou d’effacement des plus‑values dans les exploitations agricoles contribue aĢ€ un marché artificiel, sans rapport avec les couĢ‚ts de production de l’industrie, ni avec les besoins objectifs de l’agriculture. Les charges de mécanisation représentent l’un des postes de dépenses les plus importants des exploitations agricoles. Comment justifier une hausse exponentielle du couĢ‚t du machinisme, particulieĢ€rement ces 24Ā derniers mois ?

MeĢ‚me étonnement concernant les intrants chimiques (engrais, produits phytopharmaceutiques). Le paradoxe, s’agissant de ces intrants chimiques, c’est que toute hausse de la redevance pour pollution diffuse (RPD) – laquelle contribue aĢ€ financer la réparation de certains impacts environnementaux – est immédiatement considérée comme devant eĢ‚tre répercutée sur le prix de vente, sans que ne soient interrogés ni le niveau de profit des firmes, ni leur contribution fiscale.

Tout laisse aĢ€ penser que, aĢ€ l’instar d’entreprises de l’aval qui induisent des situations de dĆ©pendance commerciale dont elles peuvent abuser, les entreprises des secteurs de l’amont peuvent profiter d’un pouvoir économique de nature aĢ€ écraser le revenu agricole.

L’articleĀ L.682‑1 du code rural et de la peĢ‚che maritime donne aĢ€ l’Observatoire de la formation des prix et des marges la mission « d’éclairer les acteurs économiques et les pouvoirs publics sur la formation des prix et des marges (…)Ā Ā». Cet observatoire étudie les couĢ‚ts de production au stade de la production agricole, les couĢ‚ts de transformation et les couĢ‚ts de distribution dans l’ensemble de la chaiĢ‚ne de commercialisation des produits agricoles.

Son objectif est d’expliquer le niveau et les variations des prix des produits alimentaires en mesurant les apports de valeur réalisés aĢ€ chaque étape de leur élaboration, depuis la production agricole et la transformation industrielle jusqu’aĢ€ la mise aĢ€ disposition des consommateurs par le commerce de détail.

Cependant, au fil du temps, cette fonction n’a pas changé et la question de la construction des couĢ‚ts de production en amont demeure un point aveugle de l’économie agricole.

DeĢ€s lors, il apparait indispensable, pour éclairer le débat public, de rendre plus transparente la construction des couĢ‚ts de production, qui est l’un des facteurs majeurs constitutif du revenu agricole.

Tel est le sens de la présente proposition de loi qui vise donc, dans son article 1er, aĢ€ ajouter aux missions de l’Observatoire des prix et des marges l’analyse du secteur amont de l’agriculture, afin de faire la lumieĢ€re sur les marges commerciales des metteurs sur le marché de l’agrofourniture et l’impact des stratégies fiscales sur l’ensemble de la chaiĢ‚ne de production. Cet article précise par ailleurs les informations aĢ€ transmettre aĢ€ l’établissement FranceAgriMer et utilisées par l’Observatoire quant aĢ€ la connaissance des productions, marchés et données du commerce extérieur.

Article 1

Le livreĀ VI du code rural et de la peĢ‚che maritime est ainsi modifié :

1° Au premier alinéa de l’articleĀ L.Ā 621‑8, apreĢ€s le motĀ : « dansĀ Ā», sont insérés les motsĀ : « la fourniture de matieĢ€res fertilisantes, de produits phytosanitaires, de produits destinés aĢ€ l’alimentation animale, d’équipements agricoles, de médicaments vétérinaires, » ;

2° L’articleĀ L.Ā 682‑1 est ainsi modifié :

a) Le premier alinéa est ainsi modifié :

– les motsĀ : « économiques etĀ Ā» sont remplacĆ©s par le motĀ : « économiques, » ;

– à la fin, les motsĀ : « surĀ laĀ formationĀ desĀ prix et des marges au cours des transactions au sein de la chaĆ®ne de commercialisation des produits alimentaires, qu’il s’agisse de produits de l’agriculture, de la pĆŖche ou de l’aquacultureĀ Ā» sont remplacĆ©s par les motsĀ : « et sur la population surĀ : » ;

b) Après le même premier alinéa, sont insérés un 1° et un 2° ainsi rédigés :

« 1° La formation des prix et des marges au sein du secteur de l’agrofourniture, lequel comprend l’ensemble des entreprises fournissant aux producteurs agricoles des matieĢ€res fertilisantes au sens de l’articleĀ L.Ā 255‑1 du présent code, des produits phytosanitaires au sens de l’articleĀ L.Ā 253‑1 du meĢ‚me code, des produits destinés aĢ€ l’alimentation animale, des équipements agricoles et des médicaments vétérinaires au sens de l’articleĀ L.Ā 5141‑1 du code de la santé publiqueĀ ;

« 2° La formation des prix et des marges au cours des transactions au sein de la chaiĢ‚ne de commercialisation des produits alimentaires, qu’il s’agisse de produits de l’agriculture, de la peĢ‚che ou de l’aquaculture. » ;

c)Ā Le quatrieĢ€me alinéa est ainsi modifié :

– aĢ€ la fin de la seconde phrase, les motsĀ : « ainsi que la répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaiĢ‚ne de commercialisation des produits agricoles qui en résulte, notamment celle des produits issus de l’agriculture biologiqueĀ Ā» sont supprimésĀ ;

– est ajoutée une phrase ainsi rédigéeĀ : « Il examine la répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaiĢ‚ne d’approvisionnement alimentaire, de l’agrofourniture aĢ€ la commercialisation des produits, notamment pour les produits issus de l’agriculture biologique. » ;

d)Ā Le dernier alinéa est complété par les motsĀ : « ainsi que du secteur de l’agrofourniture et des services associésĀ Ā».

Article 2

La charge pour l’État est compensĆ©e Ć  due concurrence par la crĆ©ation d’une taxe additionnelle Ć  l’accise sur les tabacs prĆ©vue au chapitreĀ IV du titreĀ Ier du livreĀ III du code des impositions sur les biens et services.

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