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📜Loi pour un esport responsable et attractif
18 nov. 2025 ‱
Denis Masséglia

ExposĂ© des motifs ‱ ⏱Lecture 7min.

Mesdames, Messieurs,

Le secteur de l’esport s’est dĂ©veloppĂ© en France de maniĂšre fulgurante au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, faisant de notre pays l’un des leaders europĂ©ens dans l’organisation de compĂ©titions et l’accompagnement des talents. Ce dynamisme se traduit par la structuration d’équipes professionnelles, l’essor d’évĂšnements majeurs attirant des millions de spectateurs et la reconnaissance croissante de l’esport comme une discipline Ă  part entiĂšre.

L’esport dĂ©signe l’ensemble des pratiques permettant Ă  des joueurs de confronter leur niveau Ă  travers un support Ă©lectronique, principalement le jeu vidĂ©o, sur diverses plateformes (ordinateur, console, tablette). Ces confrontations peuvent se dĂ©rouler en ligne (online) ou en prĂ©sentiel (offline), prenant la forme de compĂ©titions locales, nationales ou internationales. Ces Ă©vĂ©nements sont souvent organisĂ©s par des communautĂ©s de joueurs, des associations, des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans l’évĂ©nementiel ou par les Ă©diteurs de jeux eux‑mĂȘmes.

Certaines compĂ©titions attirent de nombreux spectateurs sur place et peuvent ĂȘtre diffusĂ©es en direct sur des plateformes de streaming. Les meilleurs joueurs sont gĂ©nĂ©ralement affiliĂ©s Ă  des structures qu’ils reprĂ©sentent lors des compĂ©titions, qu’elles soient associatives, privĂ©es, amateures ou professionnelles.

L’esport se distingue par sa double dimension : une pratique compĂ©titive de haut niveau, structurĂ©e autour de clubs professionnels, et une pratique amateure, profondĂ©ment ancrĂ©e dans le tissu associatif et local.

D’un cĂŽtĂ©, la scĂšne compĂ©titive professionnelle s’appuie sur des Ă©quipes structurĂ©es, soutenues par des partenaires privĂ©s, qui participent Ă  des ligues nationales et internationales, contribuant ainsi au rayonnement de la France dans les grandes compĂ©titions mondiales. Autour d’elles gravite un Ă©cosystĂšme Ă©conomique dynamique, rĂ©unissant organisateurs d’évĂ©nements, diffuseurs, marques, plateformes de streaming, commentateurs, techniciens


De l’autre, l’esport amateur constitue un vivier essentiel de talents et un espace d’expĂ©rimentation et de cohĂ©sion sociale. Il se dĂ©veloppe dans les associations, les Ă©tablissements scolaires, les maisons de quartier ou encore au sein des collectivitĂ©s territoriales, oĂč se multiplient les tournois et Ă©vĂšnements locaux. Ce maillage favorise l’apprentissage, la socialisation et l’accompagnement d’une pratique saine du jeu vidĂ©o.

Cette articulation entre le monde amateur et le monde professionnel fait la singularitĂ© et la richesse de l’esport français. Elle suppose toutefois un cadre clair, garantissant la sĂ©curitĂ© juridique des acteurs, la protection des jeunes pratiquants et la reconnaissance de ceux qui contribuent Ă  la structuration et Ă  la professionnalisation de la discipline.

Le cadre juridique affĂ©rent Ă  l’esport apparaĂźt aujourd’hui incomplet et parfois inadaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s de ce secteur en constante Ă©volution. La loi pour une RĂ©publique numĂ©rique de 2016 a certes constituĂ© une premiĂšre Ă©tape importante, en amorçant la structuration du secteur et en reconnaissant l’esport comme une pratique spĂ©cifique - mais certaines dispositions demeurent Ă  ce jour sans vĂ©ritable assise lĂ©gislative, et certains sujets dans un cadre flou. 

La prĂ©sente proposition de loi vise Ă  moderniser et sĂ©curiser l’environnement juridique de l’esport en France, en l’adaptant aux besoins des joueurs, des clubs, des organisateurs et des fans. 

L’article 1er inscrit dans la loi le passeport talent pour les joueurs et entraüneurs d’esport. 

Le « passeport talent », créé par la loi n° 2016‑274 du 7 mars 2016 relative au droit des Ă©trangers en France, est une carte de sĂ©jour pluriannuelle d’une durĂ©e maximale de quatre ans rĂ©gie par les articles L. 421‑7 et suivants du code de l’entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d’asile. L’instruction interministĂ©rielle du 15 mai 2023 demande aux services consulaires et prĂ©fectoraux de considĂ©rer que cet article ouvre droit au passeport talent “renommĂ©e internationale” au joueur ou entraĂźneur esportif Ă©tranger dont la renommĂ©e nationale ou internationale est Ă©tablie ou qui est susceptible de participer de façon significative et durable au dĂ©veloppement Ă©conomique, au mĂȘme titre que l’exercice d’une activitĂ© dans un domaine intellectuel ou sportif.

Ce dispositif facilite l’accueil des talents esportifs Ă©trangers en France, dans un contexte international Ă©minemment compĂ©titif pour les clubs et l’organisation des grands Ă©vĂšnements.

Cet article vise Ă  la consĂ©cration lĂ©gislative de ce qui n’est Ă  ce jour qu’une simple circulaire, offrant ainsi une meilleure lisibilitĂ© et une sĂ©curitĂ© juridique accrue pour les acteurs concernĂ©s.

L’article 2 renforce les exigences d’honorabilitĂ© et de sĂ©curitĂ© pour les encadrants et exploitants d’établissements liĂ©s Ă  l’esport.

L’article 56 de la loi n° 2022‑296 du 2 mars 2022 visant Ă  dĂ©mocratiser le sport en France a insĂ©rĂ© un article 102‑1 au sein de la loi n° 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique qui prĂ©cise les conditions d’honorabilitĂ© devant ĂȘtre satisfaites pour exercer les fonctions d’enseignement, d’animation ou d’encadrement d’une activitĂ© de jeux vidĂ©o ou entraĂźner ses pratiquants. 

Toutefois, cette obligation demeure Ă  ce jour inappliquĂ©e faute de dĂ©cret prĂ©cisant ses modalitĂ©s de mise en Ɠuvre. Cet article vise Ă  apporter des prĂ©cisions quant Ă  ces exigences d’honorabilitĂ© dans la perspective de la publication effective dudit dĂ©cret. 

L’article 3 autorise l’organisation de compĂ©titions d’esport en ligne avec frais de participation.

L’article L. 321‑9 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure encadre l’organisation des compĂ©titions de jeux vidĂ©o, en prĂ©cisant notamment les rĂšgles relatives aux droits d’inscription et aux rĂ©compenses (« cashprizes »). A ce jour, l’accĂšs payant aux compĂ©titions de jeux vidĂ©o intĂ©gralement en ligne et offrant des rĂ©compenses n’est pas autorisé : il est interdit de faire payer aux participants de ces Ă©vĂšnements des frais d’entrĂ©es. 

Cet article vise Ă  autoriser ces compĂ©titions en ligne, tout en renvoyant Ă  un dĂ©cret la prĂ©cision des modalitĂ©s d’organisation afin de prĂ©venir tous risques qui leur seraient associĂ©s (contrĂŽle de la triche, vĂ©rification de l’ñge des participants
). 

L’article 4 met en place un cadre sĂ©curisĂ© pour l’organisation des Ă©vĂšnements esportifs afin de prĂ©venir et sanctionner tout agissement condamnable en leur sein. 

Le dĂ©veloppement des Ă©vĂ©nements esportifs rassemblant parfois jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de spectateurs s’accompagne de nouveaux enjeux de sĂ©curitĂ©, d’ordre public et de responsabilitĂ© pour les organisateurs. Ces manifestations connaissent des dynamiques de public et de ferveur comparables Ă  celles des grands Ă©vĂ©nements sportifs. Afin de prĂ©venir les dĂ©rives et de protĂ©ger Ă  la fois les joueurs, les spectateurs et les organisateurs, il est introduit dans le code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure un ensemble de dispositions inspirĂ©es du rĂ©gime applicable aux manifestations sportives.

Cet article vise notamment Ă  garantir un accĂšs sĂ©curisĂ© aux compĂ©titions de jeu vidĂ©o, interdire et sanctionner les comportements violents ou discriminatoires, encadrer la consommation d’alcool et l’introduction d’objets dangereux, et permettre aux autoritĂ©s judiciaires de prononcer des interdictions d’accĂšs aux Ă©vĂ©nements esportifs Ă  l’encontre des fauteurs de troubles, Ă  l’image des interdictions de stade.

L’article 5 instaure, par voie rĂ©glementaire, un nouveau cadre contractuel mieux adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s des carriĂšres des joueurs professionnels et Ă  l’organisation des clubs.

L’article 102 de la loi pour une RĂ©publique numĂ©rique du 7 octobre 2016 avait introduit un contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e spĂ©cifique aux joueurs professionnels d’esport, afin de tenir compte de la particularitĂ© de leur activitĂ©. Cependant, prĂšs de 10 ans aprĂšs son instauration, ce contrat n’est quasiment pas voire pas du tout utilisĂ©. En pratique, les clubs et les joueurs recourent le plus souvent Ă  des statuts prĂ©caires ou inadaptĂ©s, tels que le statut d’autoentrepreneur, qui ne garantit ni la sĂ©curitĂ© juridique des acteurs, ni la protection sociale des joueurs. Cette situation expose les structures Ă  des risques croissants de requalification par les juridictions prud’homales et fragilise le dĂ©veloppement professionnel du secteur.

Le prĂ©sent article vise Ă  abroger le contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e spĂ©cifique de 2016 pour lui substituer un nouveau cadre contractuel plus souple et mieux adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s de l’esport. Ce nouveau contrat, dĂ©fini par dĂ©cret en Conseil d’État, prĂ©cisera les caractĂ©ristiques et clauses essentielles permettant d’assurer Ă  la fois la sĂ©curitĂ© juridique des clubs et la protection des joueurs, tout en tenant compte de la nature intermittente et compĂ©titive de leur activitĂ©.

L’article 6 encadre, par voie rĂ©glementaire, le mĂ©tier d’agent de joueurs esportifs.

Le dĂ©veloppement rapide de l’esport s’est accompagnĂ© de l’émergence d’un marchĂ© des transferts et de la reprĂ©sentation des joueurs professionnels comparable Ă  celui du sport traditionnel. Pourtant, la profession d’agent de joueur esportif n’est aujourd’hui encadrĂ©e par aucun dispositif juridique, laissant place Ă  des pratiques hĂ©tĂ©rogĂšnes et parfois abusives.

Cet article vise Ă  encadrer l’activitĂ© d’agent de joueur professionnel d’esport en subordonnant son exercice Ă  l’obtention d’une licence dĂ©livrĂ©e par un organisme agréé. Ce dispositif permettra de garantir la compĂ©tence et la probitĂ© des agents, de protĂ©ger les joueurs et les clubs, d’assurer la transparence des relations contractuelles, et de prĂ©venir les conflits d’intĂ©rĂȘts.

L’article 7 crĂ©e un cadre d’accompagnement adaptĂ© pour les talents esportifs reconnus tout au long de leur carriĂšre, Ă  l’école comme dans leur voie professionnelle.

L’essor du jeu vidĂ©o compĂ©titif a fait Ă©merger une nouvelle gĂ©nĂ©ration de talents, dont la carriĂšre dĂ©bute souvent trĂšs tĂŽt et s’inscrit dans un environnement exigeant. Faute de cadre structurĂ©, de nombreux jeunes s’engagent aujourd’hui dans des parcours esportifs sans accompagnement scolaire ou professionnel adaptĂ©, avec des risques de dĂ©crochage, de dĂ©scolarisation et de prĂ©caritĂ© Ă  la fin de leur carriĂšre. Un encadrement spĂ©cifique est donc nĂ©cessaire pour leur permettre de concilier formation, pratique compĂ©titive et construction d’un projet de vie durable.

Cet article vise d’une part Ă  consacrer l’existence de centres de formation dĂ©diĂ©s afin que les talents de l’esport puissent bĂ©nĂ©ficier d’un accompagnement adaptĂ©, et d’autre part Ă  instaurer une liste officielle de joueurs esportifs de haut niveau, leur ouvrant l’accĂšs aux dispositifs de soutien prĂ©vus pour les sportifs de haut niveau (amĂ©nagements scolaires, accompagnement mĂ©dical, double projet
).

En dotant l’esport d’un cadre juridique clair et complet, cette proposition de loi contribue Ă  faire de la France un pays pionnier dans l’accompagnement des pratiques numĂ©riques.

Article 1

À l’article L. 421‑21 du code de l’entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d’asile, aprĂšs le mot : « sportif » sont insĂ©rĂ©s les mots : « ou relevant des compĂ©titions de jeux vidĂ©o telles que dĂ©finies Ă  l’article L. 321‑8 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure ».

Article 2

L’article 102‑1 de la loi n° 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ© par des IV à X ainsi rĂ©digĂ©s :

« IV. – Le fait pour toute personne d’exercer, Ă  titre rĂ©munĂ©rĂ© ou bĂ©nĂ©vole, l’une des fonctions d’enseignement, d’animation ou d’encadrement d’une activitĂ© de jeux vidĂ©o ou d’entraĂźnement de ses pratiquants ou le fait de faire usage de ces titres ou de tout autre titre similaire en mĂ©connaissance de l’article 102‑1 est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« V. – Nul ne peut exploiter soit directement, soit par l’intermĂ©diaire d’un tiers, un Ă©tablissement dans lequel sont pratiquĂ©es des activitĂ©s de jeux vidĂ©o s’il a fait l’objet d’une condamnation prĂ©vue au I du prĂ©sent article.

« VI. – Les Ă©tablissements oĂč sont pratiquĂ©es une ou des activitĂ©s physiques ou sportives doivent prĂ©senter pour chaque type d’activitĂ© et d’établissement des garanties d’hygiĂšne et de sĂ©curitĂ© dĂ©finies par voie rĂ©glementaire.

« VII. – L’autoritĂ© administrative peut, par arrĂȘtĂ© motivĂ©, prononcer l’interdiction d’exercer, Ă  titre temporaire ou dĂ©finitif, la fonction mentionnĂ©e au V du prĂ©sent article Ă  l’encontre de toute personne :

« 1° Dont le maintien en activité constitue un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants ;

« 2° Employant ou permettant l’intervention, en mĂ©connaissance de l’article 102‑1, de personnes faisant l’objet d’une incapacitĂ© d’exercice prĂ©vue au mĂȘme article 102‑1 ou en mĂ©connaissance du V du prĂ©sent article, de personnes faisant l’objet d’une mesure prise en application du mĂȘme V ;

« 3° MĂ©connaissant l’obligation prĂ©vue au IX du prĂ©sent article d’informer l’autoritĂ© administrative du comportement d’une personne mentionnĂ©e au I du prĂ©sent article dont le maintien en activitĂ© constitue un danger pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants.

« Cet arrĂȘtĂ© est pris aprĂšs avis d’une commission comprenant des reprĂ©sentants de l’État et des diffĂ©rentes catĂ©gories de personnes intĂ©ressĂ©es. Toutefois, en cas d’urgence, l’autoritĂ© administrative peut, sans consultation de la commission, prononcer une interdiction temporaire d’exercice limitĂ©e Ă  six mois. Dans le cas oĂč l’intĂ©ressĂ© fait l’objet de poursuites pĂ©nales, la mesure d’interdiction temporaire d’exercer auprĂšs de mineurs s’applique jusqu’à l’intervention d’une dĂ©cision dĂ©finitive rendue par la juridiction compĂ©tente.

« VIII. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende le fait pour toute personne :

« 1° D’exploiter soit directement, soit par l’intermĂ©diaire d’un tiers, un Ă©tablissement dans lequel sont pratiquĂ©es une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o en mĂ©connaissance d’une mesure prise en application de l’article 102‑3 ;

« 2° De maintenir en activitĂ© un Ă©tablissement oĂč sont pratiquĂ©es une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o en mĂ©connaissance d’une mesure prise en application de l’article 102‑5. »

« IX. – L’exploitant d’un Ă©tablissement est tenu d’informer sans dĂ©lai l’autoritĂ© administrative lorsqu’il a connaissance du comportement d’une personne mentionnĂ©e au I de l’article 102‑1 dont le maintien en activitĂ© constitue un danger pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants.

« X. – L’autoritĂ© administrative peut s’opposer Ă  l’ouverture ou prononcer la fermeture temporaire ou dĂ©finitive d’un Ă©tablissement qui ne prĂ©senterait pas les garanties prĂ©vues au IV de l’article 102‑1. L’autoritĂ© administrative peut Ă©galement prononcer la fermeture temporaire ou dĂ©finitive d’un Ă©tablissement employant une personne qui enseigne, anime ou encadre une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o mentionnĂ©es Ă  l’article 102‑1 sans possĂ©der les qualifications requises. L’autoritĂ© administrative peut prononcer Ă©galement la fermeture temporaire ou dĂ©finitive d’un Ă©tablissement lorsque son maintien en activitĂ© prĂ©senterait des risques pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants. »

Article 3

L’article L. 321‑9 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure est ainsi modifié :

1° Au premier alinéa, aprÚs le mot : « physique » sont insérés les mots : « ou non » ;

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Pour les compĂ©titions de jeux vidĂ©o qui ne sont pas organisĂ©es en la prĂ©sence physique des participants, les modalitĂ©s d’application du prĂ©sent article sont dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil d’État. »

Article 4

I. – Le chapitre Ier bis du titre II du livre III du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure est complĂ©tĂ© par des articles L. 321‑12 Ă  L. 321‑26 ainsi rĂ©digĂ©s :

« Art. L. 321‑12. – Toute personne pĂ©nĂ©trant en qualitĂ© de spectateur dans un lieu oĂč doit se dĂ©rouler une compĂ©tition de jeu vidĂ©o dont l’accĂšs est subordonnĂ© Ă  l’acquittement d’un droit d’entrĂ©e doit prĂ©senter un titre d’accĂšs, mĂȘme s’il s’agit d’une invitation. Un dĂ©cret en Conseil d’État fixe les seuils de spectateurs au‑delĂ  desquels les organisateurs de compĂ©titions de jeu vidĂ©o exposĂ©es, par leur nature ou par leurs circonstances particuliĂšres, Ă  un risque de fraude prĂ©voient des titres d’accĂšs nominatifs, dĂ©matĂ©rialisĂ©s et infalsifiables ainsi que les conditions d’application du prĂ©sent article.

« Art. L. 321‑13. – Le fait d’introduire ou de tenter d’introduire par force ou par fraude dans une enceinte, lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o, des boissons alcooliques au sens de l’article L. 3321‑1 du code de la santĂ© publique est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

« Les dispositions du premier alinĂ©a ne sont pas applicables aux personnes autorisĂ©es Ă  vendre ou Ă  distribuer de telles boissons en application des troisiĂšme au sixiĂšme alinĂ©a de l’article L. 3335‑4 du mĂȘme code.

« Pour le dĂ©lit mentionnĂ© au premier alinĂ©a du prĂ©sent article, l’action publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495‑17 à 495‑25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement d’une amende forfaitaire d’un montant de 500 euros. Le montant de l’amende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de l’amende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.

« Art. L. 321‑14. – Le fait d’accĂ©der en Ă©tat d’ivresse Ă  une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de 7 500 euros d’amende. Le fait, pour l’auteur de cette infraction, de se rendre coupable de violences ayant entraĂźnĂ© une incapacitĂ© totale de travail d’une durĂ©e infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  huit jours est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Art. L. 321‑15. – Le fait d’avoir, en Ă©tat d’ivresse, pĂ©nĂ©trĂ© ou tentĂ© de pĂ©nĂ©trer par force ou par fraude dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Art. L. 321‑16. – Lorsqu’il est commis en rĂ©cidive, dans les conditions prĂ©vues au second alinĂ©a de l’article 132‑11 du code pĂ©nal, ou en rĂ©union, le fait de pĂ©nĂ©trer ou de tenter de pĂ©nĂ©trer par force ou par fraude sans ĂȘtre muni d’un titre d’accĂšs prĂ©vu Ă  l’article L. 321‑13 du prĂ©sent code dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une manifestation sportive est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

« Art. L. 321‑17 – Lors d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou de la retransmission en public d’une telle manifestation dans une enceinte, le fait de provoquer, par quelque moyen que ce soit, des spectateurs Ă  la haine ou Ă  la violence Ă  l’égard d’un joueur ou de toute autre personne ou groupe de personnes est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Art. L. 321‑18. – Le fait d’introduire, de porter ou d’exhiber dans une enceinte, lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o, des insignes, signes ou symboles incitant Ă  la haine ou Ă  la discrimination Ă  l’encontre de personnes Ă  raison de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identitĂ© de genre, de leur sexe ou de leur appartenance, rĂ©elle ou supposĂ©e, Ă  une ethnie, une nation, une race ou une religion dĂ©terminĂ©e est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. La tentative du dĂ©lit prĂ©vu au premier alinĂ©a est punie des mĂȘmes peines.

« Art. L. 321‑19. – Le fait d’introduire, de dĂ©tenir ou de faire usage des fusĂ©es ou artifices de toute nature ou d’introduire sans motif lĂ©gitime tous objets susceptibles de constituer une arme au sens de l’article 132‑75 du code pĂ©nal dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« La tentative du dĂ©lit prĂ©vu au premier alinĂ©a du prĂ©sent article est punie des mĂȘmes peines.

« Le tribunal peut Ă©galement prononcer la confiscation de l’objet qui a servi ou Ă©tait destinĂ© Ă  commettre l’infraction.

« Pour le dĂ©lit prĂ©vu au mĂȘme premier alinĂ©a, y compris en cas de rĂ©cidive, l’action publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495‑17 Ă  495‑25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement d’une amende forfaitaire d’un montant de 500 euros. Le montant de l’amende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de l’amende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.”

« Art. L. 321‑20. – Le fait d’introduire ou de tenter d’introduire, sans motif lĂ©gitime, tout objet susceptible de constituer une arme au sens de l’article 132‑75 du code pĂ©nal dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Le tribunal peut Ă©galement prononcer la confiscation de l’objet qui a servi ou Ă©tait destinĂ© Ă  commettre l’infraction.

« Art. L. 321‑21. – Le fait de jeter un projectile prĂ©sentant un danger pour la sĂ©curitĂ© des personnes dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public d’une compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Le fait d’utiliser ou de tenter d’utiliser les installations mobiliĂšres ou immobiliĂšres de l’enceinte comme projectile est puni des mĂȘmes peines.

« Art. L. 321‑22. – Le fait de troubler le dĂ©roulement d’une compĂ©tition ou de porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© des personnes ou des biens, en pĂ©nĂ©trant sur l’aire oĂč se dĂ©roule la compĂ©tition de jeu vidĂ©o, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« Pour le dĂ©lit mentionnĂ© au premier alinĂ©a, l’action publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495‑17 Ă  495‑25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement d’une amende forfaitaire d’un montant de 500 euros. Le montant de l’amende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de l’amende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.

« Art. L. 321‑23. – Lorsqu’il est commis en rĂ©cidive, dans les conditions prĂ©vues au second alinĂ©a de l’article 132‑11 du code pĂ©nal, ou en rĂ©union, le fait de pĂ©nĂ©trer ou de se maintenir, sans motif lĂ©gitime, sur l’aire oĂč se dĂ©roule la compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de 7 500 euros d’amende.

« Art. L. 321‑24. – Les personnes coupables de l’une des infractions dĂ©finies Ă  l’article L. 321‑13, Ă  la premiĂšre phrase de l’article L. 321‑14 et aux articles L. 321‑16, L. 321‑19, L. 321‑23 du prĂ©sent code encourent Ă©galement la peine complĂ©mentaire d’interdiction de pĂ©nĂ©trer ou de se rendre aux abords d’une enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o, pour une durĂ©e qui ne peut excĂ©der cinq ans. La personne condamnĂ©e Ă  cette peine est astreinte par le tribunal Ă  rĂ©pondre, au moment des compĂ©titions de jeu vidĂ©o, aux convocations de toute autoritĂ© ou de toute personne qualifiĂ©e que la juridiction dĂ©signe dans sa dĂ©cision. Cette dĂ©cision peut prĂ©voir que l’obligation de rĂ©pondre Ă  ces convocations s’applique au moment de certaines compĂ©titions de jeu vidĂ©o, qu’elle dĂ©signe, se dĂ©roulant sur le territoire d’un État Ă©tranger.

« Cette peine complĂ©mentaire est Ă©galement applicable aux personnes coupables de l’une des infractions dĂ©finies aux articles 222‑11 à 222‑13, 322‑1 Ă  322‑4, 322‑6, 322‑11 et 433‑6 du code pĂ©nal lorsque cette infraction a Ă©tĂ© commise dans une enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou, Ă  l’extĂ©rieur de l’enceinte, en relation directe avec une compĂ©tition de jeu vidĂ©o.

« Cette peine est obligatoirement prononcĂ©e Ă  l’encontre des personnes coupables de l’une des infractions dĂ©finies Ă  la seconde phrase de l’article L. 321‑14 et aux articles L. 321‑15 Ă  L. 321‑18, L. 321‑20, L. 321‑21 et L. 321‑22 du prĂ©sent code. Toutefois, la juridiction peut, par une dĂ©cision spĂ©cialement motivĂ©e, dĂ©cider de ne pas prononcer cette peine, en considĂ©ration des circonstances de l’infraction et de la personnalitĂ© de son auteur.

« Art. L. 321‑25. – Lorsqu’une personne est condamnĂ©e en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale pour l’une des infractions mentionnĂ©es Ă  L. 321‑21, la peine complĂ©mentaire prĂ©vue Ă  cet article peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e.

« Art. L. 321‑26. – Toute personne qui pĂ©nĂštre ou se rend, en violation de la peine d’interdiction prĂ©vue aux articles L. 321‑21 et L. 321‑22, dans ou aux abords d’une enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou qui, sans motif lĂ©gitime, se soustrait Ă  l’obligation de rĂ©pondre aux convocations qui lui ont Ă©tĂ© adressĂ©es au moment des compĂ©titions de jeu vidĂ©o est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

Article 5

L’article 102 de la loi n° 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est ainsi modifié :

1° Au I, le mot : « salarié » est supprimé ;

2° Le II est ainsi rédigé :

« II. – Par dĂ©rogation au code du travail, les associations ou sociĂ©tĂ©s bĂ©nĂ©ficiant de l’agrĂ©ment prĂ©vu au I du prĂ©sent article s’assurent, moyennant rĂ©munĂ©ration, le concours d’un joueur mentionnĂ© au mĂȘme I dans le cadre d’un contrat dont les caractĂ©ristiques et clauses obligatoires sont prĂ©cisĂ©es par un dĂ©cret en Conseil d’État. » ;

3° Les III à VIII sont abrogés.

Article 6

La section 4 du chapitre II du titre III de la loi n° 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ©e par un article 102‑2 ainsi rĂ©digé :

« Art. 102‑2. – La profession d’agent de joueur professionnel salariĂ© de jeu vidĂ©o compĂ©titif ne peut ĂȘtre exercĂ©e sans l’obtention d’une licence dĂ©livrĂ©e par un organisme dĂ©signĂ© par voie rĂ©glementaire. Un dĂ©cret en Conseil d’État prĂ©cise les modalitĂ©s d’application du prĂ©sent article, notamment les conditions d’obtention, de suspension et de retrait de cette licence, les cas d’incompatibilitĂ© et d’incapacitĂ© Ă  exercer cette profession ainsi que le montant maximal de la rĂ©munĂ©ration de l’agent au regard du contrat signĂ© par le joueur. »

Article 7

La section 4 du chapitre II du titre III de la loi n° 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ©e par des articles 102‑3 Ă  102‑5 ainsi rĂ©digĂ©s :

« Art 102‑3. – Les centres de formation relevant d’une association de jeu vidĂ©o sont agréés par l’autoritĂ© administrative, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil d’État.

« Art 102‑4. – L’accĂšs Ă  une formation dispensĂ©e par un centre mentionnĂ© Ă  l’article 102‑9 de la prĂ©sente loi est subordonnĂ© Ă  la conclusion d’une convention entre le bĂ©nĂ©ficiaire de la formation ou son reprĂ©sentant lĂ©gal et l’association.

« La convention détermine la durée, le niveau et les modalités de la formation.

« Elle prĂ©voit qu’à l’issue de la formation, le bĂ©nĂ©ficiaire de la formation qui souhaite devenir joueur professionnel salariĂ© de jeu vidĂ©o compĂ©titif au sens du I de l’article 102 de la prĂ©sente loi, peut ĂȘtre dans l’obligation de conclure, avec l’association ou la sociĂ©tĂ© dont relĂšve le centre, un contrat de travail, dans des conditions prĂ©vues par dĂ©cret.

« Si l’association ou la sociĂ©tĂ© sportive ne lui propose pas de contrat de travail, elle est tenue d’apporter Ă  l’intĂ©ressĂ© une aide Ă  l’insertion scolaire ou professionnelle, dans les conditions prĂ©vues par la convention.

« Les stipulations de la convention sont dĂ©terminĂ©es dans des conditions dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil d’État.

« Art 102‑5. – I. – Les joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif concourent, par leur activitĂ©, au rayonnement de la Nation.

« II. – Les ministres chargĂ©s des sports et du numĂ©rique arrĂȘtent la liste des joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif.

« III. – Les dispositifs prĂ©vus pour les sportifs de haut niveau par les articles L. 221‑3, L. 221‑4, L. 221‑6 Ă  L. 221‑14 du code du sport s’appliquent aux joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif figurant sur la liste mentionnĂ©e au II du prĂ©sent article.

« IV. – Un dĂ©cret en Conseil d’État fixe les conditions d’application du prĂ©sent article. »

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