Mesdames, Messieurs,
Le secteur de lâesport sâest dĂ©veloppĂ© en France de maniĂšre fulgurante au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, faisant de notre pays lâun des leaders europĂ©ens dans lâorganisation de compĂ©titions et lâaccompagnement des talents. Ce dynamisme se traduit par la structuration dâĂ©quipes professionnelles, lâessor dâĂ©vĂšnements majeurs attirant des millions de spectateurs et la reconnaissance croissante de lâesport comme une discipline Ă part entiĂšre.
Lâesport dĂ©signe lâensemble des pratiques permettant Ă des joueurs de confronter leur niveau Ă travers un support Ă©lectronique, principalement le jeu vidĂ©o, sur diverses plateformes (ordinateur, console, tablette). Ces confrontations peuvent se dĂ©rouler en ligne (online) ou en prĂ©sentiel (offline), prenant la forme de compĂ©titions locales, nationales ou internationales. Ces Ă©vĂ©nements sont souvent organisĂ©s par des communautĂ©s de joueurs, des associations, des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans lâĂ©vĂ©nementiel ou par les Ă©diteurs de jeux euxâmĂȘmes.
Certaines compĂ©titions attirent de nombreux spectateurs sur place et peuvent ĂȘtre diffusĂ©es en direct sur des plateformes de streaming. Les meilleurs joueurs sont gĂ©nĂ©ralement affiliĂ©s Ă des structures quâils reprĂ©sentent lors des compĂ©titions, quâelles soient associatives, privĂ©es, amateures ou professionnelles.
Lâesport se distingue par sa double dimension : une pratique compĂ©titive de haut niveau, structurĂ©e autour de clubs professionnels, et une pratique amateure, profondĂ©ment ancrĂ©e dans le tissu associatif et local.
Dâun cĂŽtĂ©, la scĂšne compĂ©titive professionnelle sâappuie sur des Ă©quipes structurĂ©es, soutenues par des partenaires privĂ©s, qui participent Ă des ligues nationales et internationales, contribuant ainsi au rayonnement de la France dans les grandes compĂ©titions mondiales. Autour dâelles gravite un Ă©cosystĂšme Ă©conomique dynamique, rĂ©unissant organisateurs dâĂ©vĂ©nements, diffuseurs, marques, plateformes de streaming, commentateurs, techniciensâŠ
De lâautre, lâesport amateur constitue un vivier essentiel de talents et un espace dâexpĂ©rimentation et de cohĂ©sion sociale. Il se dĂ©veloppe dans les associations, les Ă©tablissements scolaires, les maisons de quartier ou encore au sein des collectivitĂ©s territoriales, oĂč se multiplient les tournois et Ă©vĂšnements locaux. Ce maillage favorise lâapprentissage, la socialisation et lâaccompagnement dâune pratique saine du jeu vidĂ©o.
Cette articulation entre le monde amateur et le monde professionnel fait la singularitĂ© et la richesse de lâesport français. Elle suppose toutefois un cadre clair, garantissant la sĂ©curitĂ© juridique des acteurs, la protection des jeunes pratiquants et la reconnaissance de ceux qui contribuent Ă la structuration et Ă la professionnalisation de la discipline.
Le cadre juridique affĂ©rent Ă lâesport apparaĂźt aujourdâhui incomplet et parfois inadaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s de ce secteur en constante Ă©volution. La loi pour une RĂ©publique numĂ©rique de 2016 a certes constituĂ© une premiĂšre Ă©tape importante, en amorçant la structuration du secteur et en reconnaissant lâesport comme une pratique spĂ©cifique - mais certaines dispositions demeurent Ă ce jour sans vĂ©ritable assise lĂ©gislative, et certains sujets dans un cadre flou.Â
La prĂ©sente proposition de loi vise Ă moderniser et sĂ©curiser lâenvironnement juridique de lâesport en France, en lâadaptant aux besoins des joueurs, des clubs, des organisateurs et des fans.Â
Lâarticle 1er inscrit dans la loi le passeport talent pour les joueurs et entraĂźneurs dâesport.Â
Le « passeport talent », créé par la loi n° 2016â274 du 7 mars 2016 relative au droit des Ă©trangers en France, est une carte de sĂ©jour pluriannuelle dâune durĂ©e maximale de quatre ans rĂ©gie par les articles L. 421â7 et suivants du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile. Lâinstruction interministĂ©rielle du 15 mai 2023 demande aux services consulaires et prĂ©fectoraux de considĂ©rer que cet article ouvre droit au passeport talent ârenommĂ©e internationaleâ au joueur ou entraĂźneur esportif Ă©tranger dont la renommĂ©e nationale ou internationale est Ă©tablie ou qui est susceptible de participer de façon significative et durable au dĂ©veloppement Ă©conomique, au mĂȘme titre que lâexercice dâune activitĂ© dans un domaine intellectuel ou sportif.
Ce dispositif facilite lâaccueil des talents esportifs Ă©trangers en France, dans un contexte international Ă©minemment compĂ©titif pour les clubs et lâorganisation des grands Ă©vĂšnements.
Cet article vise Ă la consĂ©cration lĂ©gislative de ce qui nâest Ă ce jour quâune simple circulaire, offrant ainsi une meilleure lisibilitĂ© et une sĂ©curitĂ© juridique accrue pour les acteurs concernĂ©s.
Lâarticle 2 renforce les exigences dâhonorabilitĂ© et de sĂ©curitĂ© pour les encadrants et exploitants dâĂ©tablissements liĂ©s Ă lâesport.
Lâarticle 56 de la loi n° 2022â296 du 2 mars 2022 visant Ă dĂ©mocratiser le sport en France a insĂ©rĂ© un article 102â1 au sein de la loi n° 2016â1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique qui prĂ©cise les conditions dâhonorabilitĂ© devant ĂȘtre satisfaites pour exercer les fonctions dâenseignement, dâanimation ou dâencadrement dâune activitĂ© de jeux vidĂ©o ou entraĂźner ses pratiquants.Â
Toutefois, cette obligation demeure Ă ce jour inappliquĂ©e faute de dĂ©cret prĂ©cisant ses modalitĂ©s de mise en Ćuvre. Cet article vise Ă apporter des prĂ©cisions quant Ă ces exigences dâhonorabilitĂ© dans la perspective de la publication effective dudit dĂ©cret.Â
Lâarticle 3 autorise lâorganisation de compĂ©titions dâesport en ligne avec frais de participation.
Lâarticle L. 321â9 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure encadre lâorganisation des compĂ©titions de jeux vidĂ©o, en prĂ©cisant notamment les rĂšgles relatives aux droits dâinscription et aux rĂ©compenses (« cashprizes »). A ce jour, lâaccĂšs payant aux compĂ©titions de jeux vidĂ©o intĂ©gralement en ligne et offrant des rĂ©compenses nâest pas autorisé : il est interdit de faire payer aux participants de ces Ă©vĂšnements des frais dâentrĂ©es.Â
Cet article vise Ă autoriser ces compĂ©titions en ligne, tout en renvoyant Ă un dĂ©cret la prĂ©cision des modalitĂ©s dâorganisation afin de prĂ©venir tous risques qui leur seraient associĂ©s (contrĂŽle de la triche, vĂ©rification de lâĂąge des participantsâŠ).Â
Lâarticle 4 met en place un cadre sĂ©curisĂ© pour lâorganisation des Ă©vĂšnements esportifs afin de prĂ©venir et sanctionner tout agissement condamnable en leur sein.Â
Le dĂ©veloppement des Ă©vĂ©nements esportifs rassemblant parfois jusquâĂ plusieurs dizaines de milliers de spectateurs sâaccompagne de nouveaux enjeux de sĂ©curitĂ©, dâordre public et de responsabilitĂ© pour les organisateurs. Ces manifestations connaissent des dynamiques de public et de ferveur comparables Ă celles des grands Ă©vĂ©nements sportifs. Afin de prĂ©venir les dĂ©rives et de protĂ©ger Ă la fois les joueurs, les spectateurs et les organisateurs, il est introduit dans le code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure un ensemble de dispositions inspirĂ©es du rĂ©gime applicable aux manifestations sportives.
Cet article vise notamment Ă garantir un accĂšs sĂ©curisĂ© aux compĂ©titions de jeu vidĂ©o, interdire et sanctionner les comportements violents ou discriminatoires, encadrer la consommation dâalcool et lâintroduction dâobjets dangereux, et permettre aux autoritĂ©s judiciaires de prononcer des interdictions dâaccĂšs aux Ă©vĂ©nements esportifs Ă lâencontre des fauteurs de troubles, Ă lâimage des interdictions de stade.
Lâarticle 5 instaure, par voie rĂ©glementaire, un nouveau cadre contractuel mieux adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s des carriĂšres des joueurs professionnels et Ă lâorganisation des clubs.
Lâarticle 102 de la loi pour une RĂ©publique numĂ©rique du 7 octobre 2016 avait introduit un contrat Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e spĂ©cifique aux joueurs professionnels dâesport, afin de tenir compte de la particularitĂ© de leur activitĂ©. Cependant, prĂšs de 10 ans aprĂšs son instauration, ce contrat nâest quasiment pas voire pas du tout utilisĂ©. En pratique, les clubs et les joueurs recourent le plus souvent Ă des statuts prĂ©caires ou inadaptĂ©s, tels que le statut dâautoentrepreneur, qui ne garantit ni la sĂ©curitĂ© juridique des acteurs, ni la protection sociale des joueurs. Cette situation expose les structures Ă des risques croissants de requalification par les juridictions prudâhomales et fragilise le dĂ©veloppement professionnel du secteur.
Le prĂ©sent article vise Ă abroger le contrat Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e spĂ©cifique de 2016 pour lui substituer un nouveau cadre contractuel plus souple et mieux adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s de lâesport. Ce nouveau contrat, dĂ©fini par dĂ©cret en Conseil dâĂtat, prĂ©cisera les caractĂ©ristiques et clauses essentielles permettant dâassurer Ă la fois la sĂ©curitĂ© juridique des clubs et la protection des joueurs, tout en tenant compte de la nature intermittente et compĂ©titive de leur activitĂ©.
Lâarticle 6 encadre, par voie rĂ©glementaire, le mĂ©tier dâagent de joueurs esportifs.
Le dĂ©veloppement rapide de lâesport sâest accompagnĂ© de lâĂ©mergence dâun marchĂ© des transferts et de la reprĂ©sentation des joueurs professionnels comparable Ă celui du sport traditionnel. Pourtant, la profession dâagent de joueur esportif nâest aujourdâhui encadrĂ©e par aucun dispositif juridique, laissant place Ă des pratiques hĂ©tĂ©rogĂšnes et parfois abusives.
Cet article vise Ă encadrer lâactivitĂ© dâagent de joueur professionnel dâesport en subordonnant son exercice Ă lâobtention dâune licence dĂ©livrĂ©e par un organisme agréé. Ce dispositif permettra de garantir la compĂ©tence et la probitĂ© des agents, de protĂ©ger les joueurs et les clubs, dâassurer la transparence des relations contractuelles, et de prĂ©venir les conflits dâintĂ©rĂȘts.
Lâarticle 7 crĂ©e un cadre dâaccompagnement adaptĂ© pour les talents esportifs reconnus tout au long de leur carriĂšre, Ă lâĂ©cole comme dans leur voie professionnelle.
Lâessor du jeu vidĂ©o compĂ©titif a fait Ă©merger une nouvelle gĂ©nĂ©ration de talents, dont la carriĂšre dĂ©bute souvent trĂšs tĂŽt et sâinscrit dans un environnement exigeant. Faute de cadre structurĂ©, de nombreux jeunes sâengagent aujourdâhui dans des parcours esportifs sans accompagnement scolaire ou professionnel adaptĂ©, avec des risques de dĂ©crochage, de dĂ©scolarisation et de prĂ©caritĂ© Ă la fin de leur carriĂšre. Un encadrement spĂ©cifique est donc nĂ©cessaire pour leur permettre de concilier formation, pratique compĂ©titive et construction dâun projet de vie durable.
Cet article vise dâune part Ă consacrer lâexistence de centres de formation dĂ©diĂ©s afin que les talents de lâesport puissent bĂ©nĂ©ficier dâun accompagnement adaptĂ©, et dâautre part Ă instaurer une liste officielle de joueurs esportifs de haut niveau, leur ouvrant lâaccĂšs aux dispositifs de soutien prĂ©vus pour les sportifs de haut niveau (amĂ©nagements scolaires, accompagnement mĂ©dical, double projetâŠ).
En dotant lâesport dâun cadre juridique clair et complet, cette proposition de loi contribue Ă faire de la France un pays pionnier dans lâaccompagnement des pratiques numĂ©riques.
Ă lâarticle L. 421â21 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile, aprĂšs le mot : « sportif » sont insĂ©rĂ©s les mots : « ou relevant des compĂ©titions de jeux vidĂ©o telles que dĂ©finies Ă lâarticle L. 321â8 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure ».
Lâarticle 102â1 de la loi n° 2016â1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ© par des IV Ă Â X ainsi rĂ©digĂ©s :
« IV. â Le fait pour toute personne dâexercer, Ă titre rĂ©munĂ©rĂ© ou bĂ©nĂ©vole, lâune des fonctions dâenseignement, dâanimation ou dâencadrement dâune activitĂ© de jeux vidĂ©o ou dâentraĂźnement de ses pratiquants ou le fait de faire usage de ces titres ou de tout autre titre similaire en mĂ©connaissance de lâarticle 102â1 est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« V. â Nul ne peut exploiter soit directement, soit par lâintermĂ©diaire dâun tiers, un Ă©tablissement dans lequel sont pratiquĂ©es des activitĂ©s de jeux vidĂ©o sâil a fait lâobjet dâune condamnation prĂ©vue au I du prĂ©sent article.
« VI. â Les Ă©tablissements oĂč sont pratiquĂ©es une ou des activitĂ©s physiques ou sportives doivent prĂ©senter pour chaque type dâactivitĂ© et dâĂ©tablissement des garanties dâhygiĂšne et de sĂ©curitĂ© dĂ©finies par voie rĂ©glementaire.
« VII. â LâautoritĂ© administrative peut, par arrĂȘtĂ© motivĂ©, prononcer lâinterdiction dâexercer, Ă titre temporaire ou dĂ©finitif, la fonction mentionnĂ©e au V du prĂ©sent article Ă lâencontre de toute personne :
« 1° Dont le maintien en activité constitue un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants ;
« 2° Employant ou permettant lâintervention, en mĂ©connaissance de lâarticle 102â1, de personnes faisant lâobjet dâune incapacitĂ© dâexercice prĂ©vue au mĂȘme article 102â1 ou en mĂ©connaissance du V du prĂ©sent article, de personnes faisant lâobjet dâune mesure prise en application du mĂȘme V ;
« 3° MĂ©connaissant lâobligation prĂ©vue au IX du prĂ©sent article dâinformer lâautoritĂ© administrative du comportement dâune personne mentionnĂ©e au I du prĂ©sent article dont le maintien en activitĂ© constitue un danger pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants.
« Cet arrĂȘtĂ© est pris aprĂšs avis dâune commission comprenant des reprĂ©sentants de lâĂtat et des diffĂ©rentes catĂ©gories de personnes intĂ©ressĂ©es. Toutefois, en cas dâurgence, lâautoritĂ© administrative peut, sans consultation de la commission, prononcer une interdiction temporaire dâexercice limitĂ©e Ă six mois. Dans le cas oĂč lâintĂ©ressĂ© fait lâobjet de poursuites pĂ©nales, la mesure dâinterdiction temporaire dâexercer auprĂšs de mineurs sâapplique jusquâĂ lâintervention dâune dĂ©cision dĂ©finitive rendue par la juridiction compĂ©tente.
« VIII. â Est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende le fait pour toute personne :
« 1° Dâexploiter soit directement, soit par lâintermĂ©diaire dâun tiers, un Ă©tablissement dans lequel sont pratiquĂ©es une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o en mĂ©connaissance dâune mesure prise en application de lâarticle 102â3 ;
« 2° De maintenir en activitĂ© un Ă©tablissement oĂč sont pratiquĂ©es une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o en mĂ©connaissance dâune mesure prise en application de lâarticle 102â5. »
« IX. â Lâexploitant dâun Ă©tablissement est tenu dâinformer sans dĂ©lai lâautoritĂ© administrative lorsquâil a connaissance du comportement dâune personne mentionnĂ©e au I de lâarticle 102â1 dont le maintien en activitĂ© constitue un danger pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants.
« X. â LâautoritĂ© administrative peut sâopposer Ă lâouverture ou prononcer la fermeture temporaire ou dĂ©finitive dâun Ă©tablissement qui ne prĂ©senterait pas les garanties prĂ©vues au IV de lâarticle 102â1. LâautoritĂ© administrative peut Ă©galement prononcer la fermeture temporaire ou dĂ©finitive dâun Ă©tablissement employant une personne qui enseigne, anime ou encadre une ou plusieurs activitĂ©s de jeux vidĂ©o mentionnĂ©es Ă lâarticle 102â1 sans possĂ©der les qualifications requises. LâautoritĂ© administrative peut prononcer Ă©galement la fermeture temporaire ou dĂ©finitive dâun Ă©tablissement lorsque son maintien en activitĂ© prĂ©senterait des risques pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© physique ou morale des pratiquants. »
Lâarticle L. 321â9 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, aprÚs le mot : « physique » sont insérés les mots : « ou non » ;
2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Pour les compĂ©titions de jeux vidĂ©o qui ne sont pas organisĂ©es en la prĂ©sence physique des participants, les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article sont dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil dâĂtat. »
I. â Le chapitre Ier bis du titre II du livre III du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure est complĂ©tĂ© par des articles L. 321â12 Ă L. 321â26 ainsi rĂ©digĂ©s :
« Art. L. 321â12. â Toute personne pĂ©nĂ©trant en qualitĂ© de spectateur dans un lieu oĂč doit se dĂ©rouler une compĂ©tition de jeu vidĂ©o dont lâaccĂšs est subordonnĂ© Ă lâacquittement dâun droit dâentrĂ©e doit prĂ©senter un titre dâaccĂšs, mĂȘme sâil sâagit dâune invitation. Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat fixe les seuils de spectateurs auâdelĂ desquels les organisateurs de compĂ©titions de jeu vidĂ©o exposĂ©es, par leur nature ou par leurs circonstances particuliĂšres, Ă un risque de fraude prĂ©voient des titres dâaccĂšs nominatifs, dĂ©matĂ©rialisĂ©s et infalsifiables ainsi que les conditions dâapplication du prĂ©sent article.
« Art. L. 321â13. â Le fait dâintroduire ou de tenter dâintroduire par force ou par fraude dans une enceinte, lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o, des boissons alcooliques au sens de lâarticle L. 3321â1 du code de la santĂ© publique est puni dâun an dâemprisonnement et de 7 500 euros dâamende.
« Les dispositions du premier alinĂ©a ne sont pas applicables aux personnes autorisĂ©es Ă vendre ou Ă distribuer de telles boissons en application des troisiĂšme au sixiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 3335â4 du mĂȘme code.
« Pour le dĂ©lit mentionnĂ© au premier alinĂ©a du prĂ©sent article, lâaction publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495â17 Ă Â 495â25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement dâune amende forfaitaire dâun montant de 500 euros. Le montant de lâamende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de lâamende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.
« Art. L. 321â14. â Le fait dâaccĂ©der en Ă©tat dâivresse Ă une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de 7 500 euros dâamende. Le fait, pour lâauteur de cette infraction, de se rendre coupable de violences ayant entraĂźnĂ© une incapacitĂ© totale de travail dâune durĂ©e infĂ©rieure ou Ă©gale Ă huit jours est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Art. L. 321â15. â Le fait dâavoir, en Ă©tat dâivresse, pĂ©nĂ©trĂ© ou tentĂ© de pĂ©nĂ©trer par force ou par fraude dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Art. L. 321â16. â Lorsquâil est commis en rĂ©cidive, dans les conditions prĂ©vues au second alinĂ©a de lâarticle 132â11 du code pĂ©nal, ou en rĂ©union, le fait de pĂ©nĂ©trer ou de tenter de pĂ©nĂ©trer par force ou par fraude sans ĂȘtre muni dâun titre dâaccĂšs prĂ©vu Ă lâarticle L. 321â13 du prĂ©sent code dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune manifestation sportive est puni de six mois dâemprisonnement et de 7 500 euros dâamende.
« Art. L. 321â17 â Lors dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou de la retransmission en public dâune telle manifestation dans une enceinte, le fait de provoquer, par quelque moyen que ce soit, des spectateurs Ă la haine ou Ă la violence Ă lâĂ©gard dâun joueur ou de toute autre personne ou groupe de personnes est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Art. L. 321â18. â Le fait dâintroduire, de porter ou dâexhiber dans une enceinte, lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o, des insignes, signes ou symboles incitant Ă la haine ou Ă la discrimination Ă lâencontre de personnes Ă raison de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identitĂ© de genre, de leur sexe ou de leur appartenance, rĂ©elle ou supposĂ©e, Ă une ethnie, une nation, une race ou une religion dĂ©terminĂ©e est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende. La tentative du dĂ©lit prĂ©vu au premier alinĂ©a est punie des mĂȘmes peines.
« Art. L. 321â19. â Le fait dâintroduire, de dĂ©tenir ou de faire usage des fusĂ©es ou artifices de toute nature ou dâintroduire sans motif lĂ©gitime tous objets susceptibles de constituer une arme au sens de lâarticle 132â75 du code pĂ©nal dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« La tentative du dĂ©lit prĂ©vu au premier alinĂ©a du prĂ©sent article est punie des mĂȘmes peines.
« Le tribunal peut Ă©galement prononcer la confiscation de lâobjet qui a servi ou Ă©tait destinĂ© Ă commettre lâinfraction.
« Pour le dĂ©lit prĂ©vu au mĂȘme premier alinĂ©a, y compris en cas de rĂ©cidive, lâaction publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495â17 Ă 495â25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement dâune amende forfaitaire dâun montant de 500 euros. Le montant de lâamende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de lâamende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.â
« Art. L. 321â20. â Le fait dâintroduire ou de tenter dâintroduire, sans motif lĂ©gitime, tout objet susceptible de constituer une arme au sens de lâarticle 132â75 du code pĂ©nal dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Le tribunal peut Ă©galement prononcer la confiscation de lâobjet qui a servi ou Ă©tait destinĂ© Ă commettre lâinfraction.
« Art. L. 321â21. â Le fait de jeter un projectile prĂ©sentant un danger pour la sĂ©curitĂ© des personnes dans une enceinte lors du dĂ©roulement ou de la retransmission en public dâune compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de trois ans dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Le fait dâutiliser ou de tenter dâutiliser les installations mobiliĂšres ou immobiliĂšres de lâenceinte comme projectile est puni des mĂȘmes peines.
« Art. L. 321â22. â Le fait de troubler le dĂ©roulement dâune compĂ©tition ou de porter atteinte Ă la sĂ©curitĂ© des personnes ou des biens, en pĂ©nĂ©trant sur lâaire oĂč se dĂ©roule la compĂ©tition de jeu vidĂ©o, est puni dâun an dâemprisonnement et de 15 000 euros dâamende.
« Pour le dĂ©lit mentionnĂ© au premier alinĂ©a, lâaction publique peut ĂȘtre Ă©teinte, dans les conditions prĂ©vues aux articles 495â17 Ă 495â25 du code de procĂ©dure pĂ©nale, par le versement dâune amende forfaitaire dâun montant de 500 euros. Le montant de lâamende forfaitaire minorĂ©e est de 400 euros et le montant de lâamende forfaitaire majorĂ©e est de 1 000 euros.
« Art. L. 321â23. â Lorsquâil est commis en rĂ©cidive, dans les conditions prĂ©vues au second alinĂ©a de lâarticle 132â11 du code pĂ©nal, ou en rĂ©union, le fait de pĂ©nĂ©trer ou de se maintenir, sans motif lĂ©gitime, sur lâaire oĂč se dĂ©roule la compĂ©tition de jeu vidĂ©o est puni de 7 500 euros dâamende.
« Art. L. 321â24. â Les personnes coupables de lâune des infractions dĂ©finies Ă lâarticle L. 321â13, Ă la premiĂšre phrase de lâarticle L. 321â14 et aux articles L. 321â16, L. 321â19, L. 321â23 du prĂ©sent code encourent Ă©galement la peine complĂ©mentaire dâinterdiction de pĂ©nĂ©trer ou de se rendre aux abords dâune enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o, pour une durĂ©e qui ne peut excĂ©der cinq ans. La personne condamnĂ©e Ă cette peine est astreinte par le tribunal Ă rĂ©pondre, au moment des compĂ©titions de jeu vidĂ©o, aux convocations de toute autoritĂ© ou de toute personne qualifiĂ©e que la juridiction dĂ©signe dans sa dĂ©cision. Cette dĂ©cision peut prĂ©voir que lâobligation de rĂ©pondre Ă ces convocations sâapplique au moment de certaines compĂ©titions de jeu vidĂ©o, quâelle dĂ©signe, se dĂ©roulant sur le territoire dâun Ătat Ă©tranger.
« Cette peine complĂ©mentaire est Ă©galement applicable aux personnes coupables de lâune des infractions dĂ©finies aux articles 222â11 Ă Â 222â13, 322â1 Ă 322â4, 322â6, 322â11 et 433â6 du code pĂ©nal lorsque cette infraction a Ă©tĂ© commise dans une enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou, Ă lâextĂ©rieur de lâenceinte, en relation directe avec une compĂ©tition de jeu vidĂ©o.
« Cette peine est obligatoirement prononcĂ©e Ă lâencontre des personnes coupables de lâune des infractions dĂ©finies Ă la seconde phrase de lâarticle L. 321â14 et aux articles L. 321â15 Ă L. 321â18, L. 321â20, L. 321â21 et L. 321â22 du prĂ©sent code. Toutefois, la juridiction peut, par une dĂ©cision spĂ©cialement motivĂ©e, dĂ©cider de ne pas prononcer cette peine, en considĂ©ration des circonstances de lâinfraction et de la personnalitĂ© de son auteur.
« Art. L. 321â25. â Lorsquâune personne est condamnĂ©e en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale pour lâune des infractions mentionnĂ©es Ă L. 321â21, la peine complĂ©mentaire prĂ©vue Ă cet article peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e.
« Art. L. 321â26. â Toute personne qui pĂ©nĂštre ou se rend, en violation de la peine dâinterdiction prĂ©vue aux articles L. 321â21 et L. 321â22, dans ou aux abords dâune enceinte oĂč se dĂ©roule une compĂ©tition de jeu vidĂ©o ou qui, sans motif lĂ©gitime, se soustrait Ă lâobligation de rĂ©pondre aux convocations qui lui ont Ă©tĂ© adressĂ©es au moment des compĂ©titions de jeu vidĂ©o est punie de deux ans dâemprisonnement et de 30 000 euros dâamende. »
Lâarticle 102 de la loi n° 2016â1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est ainsi modifié :
1° Au I, le mot : « salarié » est supprimé ;
2° Le II est ainsi rédigé :
« II. â Par dĂ©rogation au code du travail, les associations ou sociĂ©tĂ©s bĂ©nĂ©ficiant de lâagrĂ©ment prĂ©vu au I du prĂ©sent article sâassurent, moyennant rĂ©munĂ©ration, le concours dâun joueur mentionnĂ© au mĂȘme I dans le cadre dâun contrat dont les caractĂ©ristiques et clauses obligatoires sont prĂ©cisĂ©es par un dĂ©cret en Conseil dâĂtat. » ;
3° Les III à  VIII sont abrogés.
La section 4 du chapitre II du titre III de la loi n° 2016â1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ©e par un article 102â2 ainsi rĂ©digé :
« Art. 102â2. â La profession dâagent de joueur professionnel salariĂ© de jeu vidĂ©o compĂ©titif ne peut ĂȘtre exercĂ©e sans lâobtention dâune licence dĂ©livrĂ©e par un organisme dĂ©signĂ© par voie rĂ©glementaire. Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©cise les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article, notamment les conditions dâobtention, de suspension et de retrait de cette licence, les cas dâincompatibilitĂ© et dâincapacitĂ© Ă exercer cette profession ainsi que le montant maximal de la rĂ©munĂ©ration de lâagent au regard du contrat signĂ© par le joueur. »
La section 4 du chapitre II du titre III de la loi n° 2016â1321 du 7 octobre 2016 pour une RĂ©publique numĂ©rique est complĂ©tĂ©e par des articles 102â3 Ă 102â5 ainsi rĂ©digĂ©s :
« Art 102â3. â Les centres de formation relevant dâune association de jeu vidĂ©o sont agréés par lâautoritĂ© administrative, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Art 102â4. â LâaccĂšs Ă une formation dispensĂ©e par un centre mentionnĂ© Ă lâarticle 102â9 de la prĂ©sente loi est subordonnĂ© Ă la conclusion dâune convention entre le bĂ©nĂ©ficiaire de la formation ou son reprĂ©sentant lĂ©gal et lâassociation.
« La convention détermine la durée, le niveau et les modalités de la formation.
« Elle prĂ©voit quâĂ lâissue de la formation, le bĂ©nĂ©ficiaire de la formation qui souhaite devenir joueur professionnel salariĂ© de jeu vidĂ©o compĂ©titif au sens du I de lâarticle 102 de la prĂ©sente loi, peut ĂȘtre dans lâobligation de conclure, avec lâassociation ou la sociĂ©tĂ© dont relĂšve le centre, un contrat de travail, dans des conditions prĂ©vues par dĂ©cret.
« Si lâassociation ou la sociĂ©tĂ© sportive ne lui propose pas de contrat de travail, elle est tenue dâapporter Ă lâintĂ©ressĂ© une aide Ă lâinsertion scolaire ou professionnelle, dans les conditions prĂ©vues par la convention.
« Les stipulations de la convention sont dĂ©terminĂ©es dans des conditions dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Art 102â5. â I. â Les joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif concourent, par leur activitĂ©, au rayonnement de la Nation.
« II. â Les ministres chargĂ©s des sports et du numĂ©rique arrĂȘtent la liste des joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif.
« III. â Les dispositifs prĂ©vus pour les sportifs de haut niveau par les articles L. 221â3, L. 221â4, L. 221â6 Ă L. 221â14 du code du sport sâappliquent aux joueurs de haut niveau de jeu vidĂ©o compĂ©titif figurant sur la liste mentionnĂ©e au II du prĂ©sent article.
« IV. â Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat fixe les conditions dâapplication du prĂ©sent article. »