Mesdames, Messieurs,
La restauration française occupe une place singuliĂšre dans la vie Ă©conomique, sociale et territoriale de notre pays. Elle participe pleinement Ă lâattractivitĂ© de la France, Ă la vitalitĂ© de ses centresâvilles comme de ses territoires ruraux, et Ă la transmission de savoirâfaire qui constituent lâun des fondements de notre patrimoine vivant.
La prĂ©sente proposition de loi sâinscrit dans une dĂ©marche portĂ©e par les professionnels euxâmĂȘmes, Ă lâinitiative de lâUnion des mĂ©tiers et des industries de lâhĂŽtellerie (UMIH), premier syndicat patronal du secteur, reprĂ©sentant, selon les derniers chiffres de la reprĂ©sentativitĂ©, 68,5 % des entreprises HĂŽtelsâCafĂ©sâRestaurants (HCR) et 43,5 % des entreprises de restauration rapide adhĂ©rant Ă une organisation professionnelle. Elle traduit ainsi une demande largement partagĂ©e par lâensemble des acteurs de la filiĂšre.
Avec prĂšs de 180 000 établissements, plus dâun million de salariĂ©s et un chiffre dâaffaires supĂ©rieur Ă 150 milliards dâeuros, ce secteur reprĂ©sente un pilier de lâĂ©conomie nationale. Il constitue Ă©galement un acteur majeur de lâinsertion professionnelle, avec prĂšs de 59 000 alternants formĂ©s chaque annĂ©e dans les mĂ©tiers de la restauration, dont une part significative dans la restauration commerciale.
Pourtant, derriĂšre ces chiffres, un dĂ©sĂ©quilibre profond sâinstalle.
Depuis plusieurs années, le secteur est confronté à une dégradation rapide de ses équilibres économiques.
Par exemple en 2025, le secteur HCR a connu 9 434 dĂ©faillances dâentreprises, avec une progression marquĂ©e par rapport Ă la pĂ©riode prĂ©âCovid. Dans certains territoires, ces dĂ©faillances se traduisent par une succession de fermetures, parfois quotidiennes, qui fragilisent durablement le tissu Ă©conomique local.
En parallĂšle, une part importante des jeunes crĂ©ateurs repreneurs se heurte Ă des difficultĂ©s dâinstallation et doit « fermer boutique » faute dâaccompagnement suffisant Ă lâentrepreneuriat et faute de maitrise des rĂšgles de base de gestion dâun Ă©tablissement.
Ces fermetures ne sont pas neutres. Elles ont un coĂ»t direct pour les finances publiques, Ă travers les dettes sociales et fiscales non recouvrĂ©es, mais aussi un coĂ»t indirect, en termes dâemplois dĂ©truits, de perte dâattractivitĂ© commerciale et de dĂ©sertification des centres bourgs.
Dans le mĂȘme temps, de nouvelles formes de restauration se dĂ©veloppent rapidement, souvent sur des modĂšles standardisĂ©s ou fortement industrialisĂ©s, modifiant en profondeur la structure du secteur.
Ces Ă©volutions ne sauraient ĂȘtre apprĂ©hendĂ©es de maniĂšre binaire ni conduire Ă opposer les diffĂ©rents modĂšles de restauration entre eux. La prĂ©sente proposition de loi ne vise pas Ă stigmatiser les Ă©tablissements ne proposant pas de âfait maisonâ, ni Ă Ă©tablir une hiĂ©rarchie de qualitĂ© entre les offres, la qualitĂ© pouvant exister sous diffĂ©rentes formes. Elle vise au contraire Ă instaurer un principe simple et fondamental : celui de la transparence Ă lâĂ©gard du consommateur.
Car cette transformation sâest accompagnĂ©e dâune dĂ©rĂ©gulation croissante.
Lâabsence de prĂ©requis Ă lâinstallation, le dĂ©veloppement de formes dâactivitĂ© peu encadrĂ©es et lâessor de lâautoâentrepreneuriat ont contribuĂ© Ă crĂ©er des situations de concurrence profondĂ©ment dĂ©sĂ©quilibrĂ©es. Certains opĂ©rateurs Ă©chappent partiellement aux obligations sociales et fiscales qui sâimposent aux restaurateurs, fragilisant ainsi les modĂšles Ă©conomiques les plus vertueux.
Par ailleurs, lâenchaĂźnement de crĂ©ations dâĂ©tablissements suivies de liquidations rapides, parfois organisĂ©es, fait peser une charge sur la collectivitĂ© et alimente des pratiques de concurrence dĂ©loyale. En outre, certains Ă©tablissements peuvent servir de support Ă des activitĂ©s de blanchiment, ce qui pose des enjeux Ă©vidents en matiĂšre dâordre public et de sĂ©curitĂ© Ă©conomique.
Ă ces dĂ©sĂ©quilibres Ă©conomiques, sâajoute le problĂšme majeur de lisibilitĂ© pour le consommateur.
Aujourdâhui, il nâest pas toujours possible de distinguer clairement un plat Ă©laborĂ© Ă partir de produits bruts dâun produit issu de lâindustrie agroalimentaire.
Dans ce contexte, la transparence constitue non seulement une exigence Ă©conomique, mais Ă©galement une attente forte des consommateurs, qui souhaitent pouvoir faire des choix Ă©clairĂ©s. Informer nâest pas contraindre : il sâagit de permettre Ă chacun de savoir ce quâil consomme, sans jugement de valeur, mais en toute connaissance de cause.
Cela pose Ă©galement une question de santĂ© publique, dans un contexte oĂč la qualitĂ© nutritionnelle, la traçabilitĂ© et lâorigine des produits sont devenues des prĂ©occupations centrales.
Cette clarification doit concerner lâensemble des circuits de consommation alimentaire hors domicile â restauration commerciale, restauration rapide, vente Ă emporter, grande distribution ou encore certaines formes Ă©mergentes de production alimentaire â afin dâassurer une Ă©quitĂ© entre les acteurs et une information homogĂšne pour le consommateur.
Ces Ă©volutions fragilisent un modĂšle auquel la France doit une part essentielle de son attractivité : celui dâune restauration artisanale, ancrĂ©e dans les territoires, fondĂ©e sur le savoirâfaire, la transformation et le lien avec les filiĂšres agricoles.
Elles fragilisent également la formation.
Chaque annĂ©e, un nombre considĂ©rable de jeunes vise des diplĂŽmes et certifications via diffĂ©rentes modalitĂ©s dâaccĂšs Ă la qualification : contrats dâapprentissage, voie professionnelle sous statut scolaire, et contrats de professionnalisation.
Ă terme, câest la question mĂȘme de la transmission des savoirâfaire qui est posĂ©e et de lâutilitĂ© mĂȘme de lâinvestissement dans la formation de notre jeunesse dans ces mĂ©tiers pourtant prisĂ©s : Ă quoi bon monter en compĂ©tences et qualification de cuisinier si lâessentiel du travail consiste ensuite Ă rĂ©chauffer des plats industriels tout prĂ©parĂ©s ?
DerriĂšre ces constats, câest en rĂ©alitĂ© un choix de modĂšle Ă©conomique qui est en jeu.
Face Ă une logique de concurrence par les prix, qui tire lâensemble du secteur vers le bas, la France doit pouvoir affirmer une autre ambition : celle dâune Ă©conomie fondĂ©e sur la valeur du travail, la transparence, la durabilitĂ© des entreprises et la confiance des consommateurs.
Dans cette perspective, la prĂ©sente proposition de loi sâinscrit dans le prolongement des travaux parlementaires rĂ©cents relatifs Ă la valorisation du âfait maisonâ, notamment la proposition de loi n° 2438 visant Ă promouvoir la restauration française du fait maison, dĂ©posĂ©e Ă lâAssemblĂ©e nationale le 4 fĂ©vrier 2026. Elle en complĂšte lâapproche en mettant lâaccent sur la transparence de lâinformation plutĂŽt que sur une logique dâopposition entre modĂšles.
La prĂ©sente proposition de loi poursuit donc un objectif simple : doter ce secteur des leviers pour mieux informer, mieux reconnaĂźtre, mieux prĂ©parer et mieux rĂ©guler, pour lâaccompagner rĂ©solument vers cette Ă©conomie de la qualitĂ©.
Son article 1er renforce lâeffectivitĂ© de la mention « fait maison ». Il sâagit de garantir au consommateur une information claire, lisible et comprĂ©hensible, tout en valorisant les Ă©tablissements qui Ă©laborent rĂ©ellement leurs plats Ă partir de produits bruts. La transparence dans lâassiette constitue ici une condition de la loyautĂ© de la relation commerciale et la premiĂšre condition dâune Ă©conomie de la qualitĂ© dans le secteur de la restauration hors domicile. Il sâinscrit dans une logique de transparence gĂ©nĂ©ralisĂ©e de lâoffre alimentaire, sans distinction de modĂšle Ă©conomique.
Son article 2 crĂ©e la qualitĂ© dâ « artisan restaurateur ». Cette Ă©volution vise Ă reconnaĂźtre les professionnels de la restauration qui exercent leur activitĂ© dans une logique artisanale et qualitative. Elle contribue Ă mieux identifier les Ă©tablissements engagĂ©s dans une dĂ©marche exigeante et Ă soutenir lâattractivitĂ© des mĂ©tiers.
Son article 3 institue un « permis dâentreprendre » applicable aux activitĂ©s de restauration (Ă lâinstar du stage de prĂ©paration Ă lâinstallation pour les activitĂ©s artisanales, qui Ă©tait obligatoire jusquâen 2019). Ce dispositif repose sur une logique prĂ©ventive : mieux prĂ©parer et accompagner lâexploitation dâun Ă©tablissement afin de limiter les erreurs les plus frĂ©quentes, de sĂ©curiser les parcours entrepreneuriaux et de favoriser la pĂ©rennitĂ© des entreprises.
Son article 4 ouvre aux Ă©lus municipaux la possibilitĂ© de mettre en place, dans des conditions strictement encadrĂ©es, un mĂ©canisme local de rĂ©gulation des crĂ©ations nettes dâĂ©tablissements de restauration et dâactivitĂ©s de vente Ă emporter (changement dâaffectation des locaux). Cette facultĂ© doit permettre de prĂ©server la diversitĂ© commerciale, dâanticiper les phĂ©nomĂšnes de saturation et dâadapter la rĂ©gulation aux rĂ©alitĂ©s de terrain.
Ainsi, cette proposition de loi ne vise ni à contraindre ni à opposer, mais à éclairer. Elle repose sur une ambition simple : redonner au consommateur les moyens de choisir en connaissance de cause, tout en rétablissant des conditions de concurrence équitables entre les professionnels.
La sousâsection 4 de la section 3 du chapitre II du titre II du livre Ier du code de la consommation est ainsi modifiĂ©e :
1° Lâarticle L. 122â19 est ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 122â19. â I. â Le prĂ©sent article sâapplique aux personnes physiques ou morales qui transforment ou distribuent des produits alimentaires dans le cadre dâune activitĂ© de restauration commerciale, de restauration collective ou de vente Ă emporter de plats prĂ©parĂ©s, permanente ou occasionnelle, principale ou accessoire, ou qui exercent toute autre activitĂ© de prĂ©paration et de vente au public de denrĂ©es alimentaires prĂȘtes Ă consommer.
« Lorsque ces produits sont proposĂ©s Ă la vente par lâintermĂ©diaire dâune plateforme numĂ©rique de mise en relation ou de livraison, les obligations prĂ©vues au prĂ©sent article sâimposent Ă©galement Ă lâopĂ©rateur de la plateforme, qui veille Ă ce que lâinformation relative au caractĂšre âfait maisonâ des plats soit portĂ©e Ă la connaissance du consommateur de maniĂšre claire, lisible et accessible prĂ©alablement Ă la conclusion de la commande.
« II. â Les personnes mentionnĂ©es au I prĂ©cisent, au moyen dâune information claire, lisible, comprĂ©hensible et facilement accessible sur leur carte ou sur tout autre support susceptible dâĂȘtre consultĂ© par le consommateur, quâun plat proposĂ© Ă la vente est âfait maisonâ.
« III. â Lâaffichage de lâinformation prĂ©vue au II consiste en une mention gĂ©nĂ©rique indiquant que tous les plats âfaits maisonâ sont identifiĂ©s sont identifiĂ©s de maniĂšre visible et lisible pour le consommateur, soit sur la carte, soit, en lâabsence de carte, sur tout support de prĂ©sentation directe des produits, notamment les Ă©tiquettes, ardoises, menus affichĂ©s ou tout autre support Ă©quivalent directement accessible au public.
« Le fait, pour une personne mentionnĂ©e au I, de ne pas procĂ©der Ă cet affichage constitue une pratique commerciale trompeuse au sens de lâarticle L. 121â2.
« IV. â Les modalitĂ©s dâaffichage prĂ©vues aux II et III ainsi que les modalitĂ©s de contrĂŽle sont prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret. »
2° Lâarticle L. 122â20 est ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 122â20. â I. â Un plat est âfait maisonâ lorsquâil a Ă©tĂ© transformĂ© par un professionnel Ă partir de produits bruts.
« Le professionnel peut effectuer cette transformation sur place, dans une filiale, au sens de lâarticle L. 233â1 du code de commerce, de lâĂ©tablissement principal dans lequel le plat est proposĂ© Ă la consommation ou Ă la vente, ou dans une entitĂ© quâil contrĂŽle ou est prĂ©sumĂ© contrĂŽler au sens de lâarticle L. 233â3 du mĂȘme code.
« II. â Des produits, dont la liste est dĂ©terminĂ©e par voie rĂ©glementaire et rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e, peuvent entrer dans la composition dâun plat âfait maisonâ aprĂšs avoir subi une transformation de leur Ă©tat brut prĂ©alablement Ă leur utilisation.
« III. â Les modalitĂ©s de mise en Ćuvre de la mention âfait maisonâ, les conditions dâĂ©laboration dâun plat âfait maisonâ, notamment lorsque celuiâci nâest pas fabriquĂ© par le professionnel luiâmĂȘme, ainsi que les modalitĂ©s dâactualisation de la liste des produits transformĂ©s mentionnĂ©e au II sont prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret. »
Le chapitre III du titre Ier du livre II du code de lâartisanat est ainsi modifié :
1° LâintitulĂ© est ainsi rĂ©digé :
« Artisan restaurateur » ;
2° Lâarticle L. 213â1 est ainsi modifié :
a) Au premier alinéa, le mot : « cuisinier » est remplacé par le mot : « restaurateur » ;
b) Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Ces conditions portent notamment sur la qualification professionnelle, attestĂ©e par un diplĂŽme ou une expĂ©rience professionnelle suffisante, sur lâĂ©laboration des plats Ă partir de produits bruts dans le respect de la mention âfait maisonâ, ainsi que sur le recours majoritaire Ă des produits issus de filiĂšres agricoles, en particulier dâorigine française. »
La sousâsection 1 de la section 1 du chapitre III du titre II du livre Ier du code de commerce est complĂ©tĂ©e par un article L. 123â5â3 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 123â5â3. â I. â La crĂ©ation, la reprise ou la transformation dâun Ă©tablissement relevant des activitĂ©s mentionnĂ©es au II est subordonnĂ©e Ă lâaccomplissement, par lâexploitant ou, lorsquâil sâagit dâune personne morale, par son reprĂ©sentant lĂ©gal ou la personne assurant la direction effective de lâĂ©tablissement, dâune formation prĂ©alable obligatoire.
« II. â Sont soumises Ă cette obligation les activitĂ©s de restauration commerciale, de vente de repas Ă emporter ou Ă livrer, et les activitĂ©s dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret prĂ©sentant des caractĂ©ristiques comparables en raison de la prĂ©paration et de la vente au public de denrĂ©es prĂȘtes Ă consommer.
« III. â La formation donne lieu Ă la dĂ©livrance dâune attestation, dĂ©nommĂ©e âpermis dâentreprendreâ, justifiant de lâacquisition des connaissances essentielles Ă lâexploitation de lâactivitĂ©.
« IV. â Cette formation porte notamment sur les obligations administratives, fiscales, sociales et comptables de lâentreprise, sur les rĂšgles applicables Ă lâinformation du consommateur, aux pratiques commerciales et Ă la responsabilitĂ© de lâexploitant.
« V. â Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©termine la durĂ©e et le contenu de la formation, les conditions dâagrĂ©ment des organismes habilitĂ©s Ă la dispenser, les cas de dispense ou dâĂ©quivalence, ainsi que les modalitĂ©s de justification de lâaccomplissement de cette obligation. »
AprĂšs lâarticle L. 752â1â2 du code de commerce, il est insĂ©rĂ© un article L. 752â1â3 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 752â1â3. â I. â Afin de prĂ©server la diversitĂ© commerciale et lâĂ©quilibre Ă©conomique local, le conseil municipal peut, par dĂ©libĂ©ration motivĂ©e, dĂ©limiter un pĂ©rimĂštre dans lequel lâimplantation de nouveaux Ă©tablissements de restauration commerciale, de dĂ©bits de boissons Ă consommer sur place et dâactivitĂ©s de vente Ă emporter peut ĂȘtre soumise Ă autorisation prĂ©alable lorsque leur concentration est de nature Ă compromettre la diversitĂ© de lâoffre commerciale de proximitĂ©.
« II. â La dĂ©libĂ©ration est prise au vu dâun rapport analysant, dans le pĂ©rimĂštre concernĂ©, lâĂ©tat du tissu commercial, lâĂ©volution du nombre des Ă©tablissements relevant des activitĂ©s mentionnĂ©es au I, le taux de vacance commerciale, les difficultĂ©s de transmission des entreprises existantes et les menaces pesant sur lâĂ©quilibre commercial local.
« III. â Le projet de dĂ©libĂ©ration est soumis pour avis Ă la chambre de commerce et dâindustrie territoriale, Ă la chambre de mĂ©tiers et de lâartisanat et aux organisations professionnelles reprĂ©sentatives concernĂ©es.
« IV. â Sur le fondement de cette dĂ©libĂ©ration, le maire peut, par arrĂȘtĂ© motivĂ©, instituer, pour une durĂ©e maximale de trois ans, un rĂ©gime dâautorisation prĂ©alable des crĂ©ations nettes dâĂ©tablissements relevant des activitĂ©s mentionnĂ©es au I.
« V. â Ne sont pas soumises Ă autorisation prĂ©alable les reprises, transmissions ou changements dâexploitant nâentraĂźnant ni crĂ©ation nette dâĂ©tablissement ni modification substantielle de lâactivitĂ©, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« VI. â Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©cise les critĂšres dâapprĂ©ciation, la procĂ©dure dâinstruction, les dĂ©lais de dĂ©cision et les voies de recours. »