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Clémentine Autain
2026 Jun 04 00:05:25
Ce texte est un bon compromis, qui prévoit une avancée forte : limiter dès 2030 la teneur en cadmium à 20 milligrammes par kilogramme d’engrais phosphaté, conformément à la recommandation sanitaire. C’est donc un pas très important, étant entendu que nous procédons – j’y tiens – par étapes : la norme est de 60 milligrammes au niveau de l’Union européenne, et la loi que nous nous apprêtons à voter imposera un seuil de 40 milligrammes en 2027, puis de 20 milligrammes dès 2030.

Dès lors, nous n’allons pas ergoter sur les termes, même si j’ai une petite réserve à l’égard du mot « trajectoire », qui renvoie souvent à une perspective assez lointaine. Nous en avons été témoins pour ce qui est des engrais azotés : une certaine date est fixée, puis des reports interviennent, sur le fondement d’études d’impact ;, l’échéance est décalée d’un, deux, cinq ou dix ans par rapport à ce qui était prévu initialement.

En votant ce texte, nous voulons inscrire dans la loi une perspective rapprochée, qui correspond à l’urgence sanitaire. C’est d’ailleurs une urgence bien française, liée au retard que nous avons pris en adoptant une réglementation autorisant une teneur en cadmium allant jusqu’à 90 milligrammes. Nous passerons donc de 90 à 20 milligrammes, et je salue les nombreux députés présents ce soir, notamment sur les bancs de gauche, pour permettre cette avancée. Je remercie aussi les collègues qui ont retiré des amendements moins-disants pour aboutir au vote de cette loi – c’est très important.

Nous allons probablement enregistrer une victoire dans quelques minutes, mais que va-t-elle devenir ? Je pose la question avec un peu de gravité, en m’adressant au gouvernement : mesdames et messieurs les membres du gouvernement, c’est vous qui avez le pouvoir de prendre, dès demain, les décrets qui appliqueront cette décision de la représentation nationale. Je m’inquiète du sort réservé à la décision qui sera prise ici. Malheureusement, il arrive que nous prenions des décisions et qu’il ne se passe rien ensuite – je l’ai vécu sur d’autres sujets, notamment l’endométriose. J’aimerais que le législatif ait le pouvoir qui doit lui revenir dans un pays démocratique et que la décision que nous allons prendre soit suivie d’effets.

Dans l’immédiat, permettez-moi de savourer une victoire politique pour la santé des Français. Au demeurant, si cette victoire est politique, c’est d’abord une victoire de la société. À celles et ceux qui s’opposent à ce progrès, à cette protection, je dis que ce mouvement, cette vague, est irrésistible : vous serez contraints tôt ou tard de comprendre qu’il n’est pas possible de s’asseoir sur l’intérêt général, sur la santé de nos concitoyennes et de nos concitoyens, au nom de la compétitivité ou d’intérêts privés. Voilà sur quoi porte aujourd’hui le débat, et je suis très heureuse que, sur le cadmium, nous nous apprêtions à remporter cette première manche. Merci à celles et ceux qui ont contribué à cette victoire.
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Clémentine Autain
2026 Jun 04 00:04:49
À l’issue de ces débats, je voudrais d’abord faire remarquer à notre assemblée que les députés qui siègent très à droite de cet hémicycle, sur les bancs du Rassemblement national, qui ont du matin au soir le mot « sécurité » à la bouche, qui en parlent sur toutes les chaînes et tous les plateaux, s’opposent aux décisions qui visent à sécuriser le contenu de nos assiettes, donc notre santé, en tenant des discours de déni total à l’égard des données scientifiques. Les Français regardent qui les protège et qui ne les protège pas.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:53:04
Madame la ministre, vous nous avez dit que le gouvernement prenait les choses en main, mais la vérité c’est que si nous sommes saisis de cette proposition de loi d’initiative parlementaire, c’est précisément parce que ce n’est pas le cas. Monsieur Turquois, j’ai regardé les archives de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) : les premiers éléments dont nous disposons, vus à la télévision, remontent aux années 1980. Quant aux rapports scientifiques, ils s’accumulent depuis plusieurs décennies. Le cadmium est un cancérogène avéré depuis 1993. Que vous-même, monsieur Turquois, ou d’autres collègues sur ces bancs n’en ayez pas entendu parler, c’est cependant possible. Je salue d’ailleurs la mobilisation politique et sociale qui rend ce débat aujourd’hui incontournable. Il n’en demeure pas moins que les responsables politiques sont alertés depuis longtemps, nous le savons.

Je suis d’accord, ne caricaturons pas le débat : il n’y a pas les anti-cadmium et les pro-cadmium. En revanche, il y a ceux qui veulent agir pour protéger la population et ceux qui pensent au contraire qu’il est urgent d’attendre. Il y a ceux qui estiment plus important de défendre les intérêts privés de quelques-uns et ceux qui veulent garantir la santé de la population et l’intérêt général. Tout le sujet est là. Supprimer cet article, c’est supprimer la loi. Ce serait acter la poursuite du laisser-faire et accepter une réglementation extrêmement lente.

Le terme « trajectoire », que vous utilisez, est épouvantable. L’expérience démontre que lorsque l’on s’en remet à une trajectoire, on ne sait jamais où elle mène. On sait à peu près où elle commence, mais on ignore où elle va. Madame la ministre, les décrets que vous préparez évoquent l’horizon 2038 : c’est dans douze ans ! Je veux donc dire à notre assemblée que l’urgence est de fixer un seuil de 20 milligrammes par kilogramme au plus vite, dès 2030. C’est notre responsabilité face à un enjeu sanitaire majeur. J’en appelle à la responsabilité de chacune et de chacun : nos concitoyennes et nos concitoyens ont peur et sont malades ; nous ne pouvons pas attendre douze ans de plus. Il faut agir maintenant !
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:20:10
C’est une plaisanterie ?
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:05:26
Comme si la punition ultime, ce n’était pas de voir sa santé abîmée et de souffrir d’un cancer ! Chacune, chacun ici fait face à sa responsabilité historique. Comment pourrez-vous rentrer dans vos circonscriptions et regarder vos électeurs et vos enfants dans les yeux si vous ne votez pas aujourd’hui cette avancée majeure pour une réglementation de l’usage du cadmium ?
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:04:32
…que je salue pour son engagement, qui est aussi celui du groupe Écologiste et social. La solution ne peut pas être individuelle. On peut dire à la population, comme le fait l’Anses, qu’elle doit varier son alimentation et manger des aliments bio, moins contaminés, mais encore faut-il que ces recommandations atteignent toute la population et que les gens aient les moyens concrets, matériels, de les suivre. Et ce ne serait même pas suffisant ! C’est pourquoi la solution doit être collective : c’est la réglementation, qui protège quand le laissez-faire nous condamne massivement. Là est la sécurité alimentaire, là est la justice sociale : pas plus de 20 milligrammes de cadmium par kilo d’engrais, contre 90 milligrammes autorisés en France aujourd’hui. Il faut, et au plus vite, enclencher une transformation de notre modèle agricole.

« Votre credo, c’est la punition », a osé nous rétorquer en commission une collègue d’extrême droite.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:03:46
C’est un mythe, un fantasme absolu. Vous devriez le savoir : on estime le coût à 2 euros par hectare et par an. La puissance publique a la capacité et le devoir d’accompagner cette transition indispensable. Je veux le dire dans cet hémicycle, en m’adressant aux députés siégeant sur les bancs de droite et d’extrême droite : quelques intérêts privés ne peuvent pas être supérieurs à l’intérêt général, à la santé publique.

Je veux rendre hommage à la mobilisation citoyenne grâce à laquelle nous débattons enfin de ce texte, défendu par mon excellent collègue Benoît Biteau,…
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:03:08
Nous savons aussi que c’est un sujet bien français : nous sommes contaminés deux fois plus que les Italiens, presque cinq fois plus que les Danois. Nous savons encore que le cadmium est un poison lent : une fois qu’il est ingéré, il peut mettre dix à trente ans à s’éliminer. C’est l’absorption répétée sur une longue durée qui est la cause de maladies. Et enfin, nous savons décadmier. Les méthodes pour enlever le cadmium des engrais sont connues et peu coûteuses. Non, cela ne mettra pas en danger nos agriculteurs.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:02:23
Et les médecins viennent encore de tirer la sonnette d’alarme. Nous savons que si la cigarette est le premier facteur de contamination, c’est l’alimentation qui nous met tous en danger. Le cadmium, présent naturellement dans les engrais phosphatés, s’accumule dans les sols avant de se retrouver dans nos assiettes et donc dans nos organismes. Et il y en a partout : dans les crustacés et le chocolat, les pâtes et les flocons d’avoine, les chips et les légumes. Nous savons également que près d’un adulte sur deux et – écoutez bien ! – 100 % des bébés de 25 à 36 mois présentent des taux supérieurs aux valeurs sanitaires de référence.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:01:35
Chacun d’entre nous devra voter ce soir en conscience. Notre responsabilité est d’agir sans attendre, en assurant un maximum de 20 milligrammes par kilogramme de cadmium dans les engrais phosphatés dès 2030. En effet, nous savons depuis 1993 que le cadmium est un cancérogène – je pense en particulier au cancer du pancréas, qui explose, et dont on ne guérit pas dans 90 % des cas. Le cadmium affecte aussi les reins. Il est source d’ostéoporose. Il nuit à la fertilité. C’est un perturbateur endocrinien. Les alertes quant aux méfaits du cadmium ont commencé dans les années 1980. Elles ont depuis fait l’objet de 18 000 publications scientifiques.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:01:22
Chaque nouvelle année de retard, ce sont des vies humaines supplémentaires qui sont mises en danger, à commencer par celles des enfants et des classes populaires.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:00:35
Il y a urgence absolue à agir après tant de décennies d’inaction coupable, criminelle. Les ministres, les gouvernements se sont succédé et ils n’ont rien fait, alors qu’ils savaient.

Dans le texte qui vous est soumis, nous proposons de sécuriser nos vies en réglementant enfin le taux de cadmium dans les engrais, sur la base des recommandations sanitaires, pour stopper au plus vite la surcontamination. Après le scandale de l’amiante, après celui du chlordécone, la question qui nous est posée ce soir, madame la ministre – mais je m’adresse aussi à l’ensemble des députés –, est la suivante : la puissance publique va-t-elle protéger nos vies ou l’Assemblée nationale va-t-elle accompagner un nouveau scandale d’État, celui du cadmium ?
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 22:00:27
Combien de morts faudra-t-il ? Le cadmium est une bombe sanitaire. Ce n’est pas mon point de vue, c’est un fait scientifiquement étayé.
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 20:05:37
Ah !
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Clémentine Autain
2026 Jun 03 19:44:10
En fait, vous avez déjà tout décidé ! À quoi sert de débattre ?
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Clémentine Autain
2026 May 11 23:59:40
Mais bien sûr !
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Clémentine Autain
2026 Apr 28 15:39:43
Mais bien sûr !
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Clémentine Autain
2026 Apr 14 15:51:02
Exactement !
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Clémentine Autain
2026 Apr 10 10:38:41
Nous nous opposerons de toutes nos forces à cette manœuvre qui n’a qu’un objectif : imposer un capitalisme sans limite, où seule l’exploitation du travail humain fait loi. Nous défendons quant à nous le droit au repos, le droit à la vie, la réduction du temps de travail – conquête sociale obtenue de haute lutte, chemin qu’il faut continuer d’emprunter –, mais aussi le respect de tous les syndicats qui s’y opposent, sans oublier la fierté qu’exprime cette journée de mobilisation des travailleurs et des travailleuses – car c’est aussi à cela que vous vous attaquez !
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Clémentine Autain
2026 Apr 10 10:38:05
C’est un député ciottiste qui le dit le mieux : avec ce texte, se joue en réalité une revanche contre les « gauchos », qui démolissent la « valeur travail ». Mais ceux qui détruisent le travail, la valeur « du » travail, ce sont ceux qui réduisent les droits, qui laissent les profits flamber et les salaires baisser. Vous prétendez que les salariés concernés travailleront ce jour-là sur la base du volontariat. Quelle plaisanterie ! Dans quel monde vivez-vous ? Dans le rapport de subordination propre au travail marchandisé, le volontariat est évidemment une plaisanterie. Le rapport salarial est contraint.
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Clémentine Autain
2026 Apr 10 10:37:11
À quoi reconnaît-on les macronistes ? Ils osent tout : s’en prendre au 1er mai, jour chômé et payé, symbole du mouvement ouvrier et des conquêtes sociales ; et, déposer – sur leur propre texte ! – une motion de rejet préalable, afin d’éviter le débat et que la mobilisation de la gauche et des écologistes empêche l’adoption de cette proposition de loi empruntée au parti LR et soutenue par le RN. Cette manœuvre s’apparente à un 49.3 parlementaire, un coup de force, alors que le sort de 1,5 million de salariés mal payés, pour l’essentiel des femmes, est en jeu.

C’est aussi l’ouverture d’une brèche : on commence par les fleuristes et les boulangers, puis l’interdiction de travailler deviendra une autorisation pour tout le monde. C’est l’intérêt des grandes surfaces et des chaînes, au détriment des artisans et des petits commerçants, qui est en jeu !
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Clémentine Autain
2026 Apr 10 09:22:55
Ça commence toujours comme ça !
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Clémentine Autain
2026 Apr 02 12:29:35
Carrément !
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Clémentine Autain
2026 Apr 01 14:37:42
Après l’amiante, le cadmium est un nouveau scandale d’État. En effet, vous savez et vous ne nous protégez pas !

Le rapport de l’Anses met une nouvelle fois en lumière le danger que représente ce métal lourd pour notre santé. Il fait suite aux alertes formulées dès 2001 puis en 2005, à l’étude de Santé publique France, au rapport de l’agence sanitaire de 2019 et à l’enquête publiée en 2025 par – dont vous avez d’ailleurs liquidé la structure.

Oui, le cadmium est un poison ! Cancérogène avéré et reconnu, perturbateur endocrinien, facteur de maladies diverses, par exemple rénales, le cadmium est présent dans les engrais phosphatés. Il se retrouve ensuite partout dans nos assiettes : aussi bien dans les pâtes et les céréales que dans les gâteaux, les pommes de terre et le chocolat. C’est un fait : la population française est surexposée au cadmium, à commencer par les enfants et les classes populaires. Près d’un Français sur deux présente un taux de contamination supérieur aux recommandations sanitaires.

Alors que la teneur maximale de cadmium par kilo d’engrais devrait être de 20 milligrammes selon l’Anses, en France, elle peut atteindre jusqu’à 90 milligrammes. Vous annoncez un décret, mais le taux maximal envisagé, 40 milligrammes, ne s’imposerait qu’en 2030 ! Les 20 milligrammes, ce serait pour 2038 – dans plus de dix ans ! –, et encore : sous réserve des résultats d’une étude d’impact.

Pourtant, les méthodes pour décadmier sont connues et peu coûteuses – environ 2 euros par hectare et par an. Pourtant, nous savons qu’il faut transformer profondément notre système agricole pour rendre une alimentation sûre et saine accessible à toutes et tous. Mais vous ne faites rien !

Vous vous êtes même opposés à la proposition de loi que mon collègue Benoît Biteau et moi-même avons déposée et dont l’adoption permettrait de nous conformer aux recommandations sanitaires – j’appelle d’ailleurs mes collègues à la signer, pour qu’elle puisse être soumise au Parlement au plus vite.

Monsieur le premier ministre, je m’adresse à vous : pourquoi refuser de sécuriser nos vies ?
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