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Bernard Bouley
2021 nov. 23
Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, la cinquième vague de covid-19 submerge l’Europe et frappe la France. Le Président de la République, qui a consacré quelques minutes de sa dernière allocution télévisée à ce thème, a décidé de soumettre à un rappel vaccinal la validité du passe sanitaire des plus de 65 ans. Une campagne de rappel débutera en décembre pour les personnes âgées de 50 à 64 ans ; elle pourrait s’étendre aux moins de 50 ans : 18 millions de Français sont appelés à se faire rapidement injecter une troisième dose, et ce n’est qu’un début.

Mais la volonté du Gouvernement de faire entrer la vaccination anticovid dans le circuit ordinaire des soins de ville a entraîné la fermeture de nombreux centres de vaccination. Compte tenu de l’urgence et du nombre d’injections à réaliser, je m’inquiète de la capacité des médecins de ville et des pharmaciens à y faire face. Il faut ajouter à ce défi vaccinal la grande tension structurelle que connaît l’hôpital public. Selon l’enquête dirigée par le professeur Delfraissy, 20 % des lits des grands hôpitaux publics sont fermés faute de personnel. Devant cette situation inédite et très inquiétante, ne serait-il pas logique que les médecins libéraux soient exclusivement mobilisés à soigner et à limiter le plus possible l’hospitalisation de patients ?

Il est urgent de rouvrir tous les centres de vaccination fermés pour lever tout frein à la phase de rappel vaccinal. Mais, comme nous l’avons déjà connu plusieurs fois depuis le début de cette pandémie, des décisions sont rendues publiques et la logistique pour les appliquer reste floue ; c’est ce qui se passe pour la communication du Gouvernement sur les centres de vaccination. De plus, l’enveloppe de 60 millions d’euros d’aide financière de l’État aux centres a laissé un reste à charge aux collectivités locales, déjà exsangues.

Le Gouvernement est-il prêt à clairement s’engager à rouvrir tous les centres de vaccination et à les maintenir ouverts jusqu’au terme des campagnes de primo-vaccination et de rappel vaccinal ? Quel soutien financier complémentaire le Gouvernement peut-il apporter aux collectivités à cet effet ?
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Bernard Bouley
2021 juil. 23
Les travaux qui nous amènent à débattre et à légiférer sur la prévention en santé au travail ont mis en évidence un consensus sur l’importance de ce sujet pour la société. Quand bien même cette prise de conscience collective serait le seul point positif à retenir, elle représenterait une véritable avancée. La santé des salariés, physique comme mentale, prend aujourd’hui toute la place qu’elle mérite, dans l’intérêt des acteurs qui y concourent, salariés et employeurs, mais aussi dans celui du pays dans son ensemble.

Il me paraît essentiel de rappeler que le socle des travaux parlementaires est inéluctablement resté l’accord national interprofessionnel auquel ont abouti les partenaires sociaux. Il a été un phare qui a guidé les parlementaires, notamment les députés du groupe Les Républicains, vers l’objectif d’apporter des réponses concrètes, adaptables et proches des entreprises.

Le temps qui a été accordé aux partenaires sociaux, aux députés et aux sénateurs pour débattre sereinement est l’assurance que les entreprises sauront s’approprier la prévention en santé de manière bénéfique pour tous les environnements de travail. Dans notre pays, dont le tissu économique dans le secteur privé se caractérise par 80 % d’entreprises de moins de dix salariés, les services de prévention et de santé au travail auront, de fait, une place prépondérante dans le système.

Le texte abouti qui nous est soumis s’est enrichi de l’important travail effectué par les sénateurs et par la commission mixte paritaire, qui s’est tenue le 19 juillet. Il confère aux services de prévention et de santé au travail les moyens d’assurer un service effectif, cohérent, garantissant une équité de traitement pour toutes les entreprises et tous les salariés. Leur offre sera mieux définie dans le dialogue social et sera certifiée par une tierce partie. C’est une avancée très structurante pour la cohérence et la qualité du service rendu. Dans ce cadre, chaque professionnel des services de prévention et de santé au travail inscrira plus facilement son action dans l’organisation générale formalisée dans le projet de service, pour plus d’efficacité.

La proposition de loi donne un cadre solide pour assurer une cohérence nationale de santé et de prévention au travail, mais laisse aussi la souplesse nécessaire pour s’appliquer à des contextes différents. Elle renforce la prévention pour toutes les entreprises, grâce à une aide à l’évaluation des risques, sans excès de formalisme cependant pour les plus petites d’entre elles. Elle reconnaît enfin que les chefs d’entreprise et les indépendants sont aussi des travailleurs dont la santé compte ; ils pourront bénéficier d’un accompagnement s’ils en font le choix, ce qui représente une avancée à souligner.

La proposition de loi contient une autre avancée forte : la mise en place d’un référentiel d’interopérabilité pour les systèmes d’information des services de prévention et de santé au travail. Cela augure une progression très sensible de la traçabilité et de la portabilité des données de santé au travail, ainsi que du développement des connaissances dans ce domaine.

Le texte prévoit le recours à des médecins praticiens correspondants et à des infirmiers exerçant en pratique avancée. Sur le papier, cette disposition crée des possibilités de prise en charge, mais nous devrons rester vigilants quant à son effectivité : elle sera longue, voire difficile à appliquer, étant donné la démographie des médecins généralistes et des prérequis pour leur mobilisation – d’autant qu’il n’est absolument pas certain qu’ils veuillent s’impliquer dans ce dispositif.

On peut se féliciter que le texte établisse un volet plus large de compétences mobilisables pour accompagner les entreprises et les salariés, toujours sous l’autorité d’un médecin du travail, doté d’un statut protecteur particulier. Néanmoins, la question de l’attractivité de la médecine du travail n’est malheureusement pas suffisamment prise en considération. Il ne suffira pas d’autoriser la prescription de soins ou d’arrêts de travail à titre expérimental : la spécialité ne peut trouver son intérêt dans les attributs d’autres spécialités.

Par ailleurs, on peut s’interroger sur le fait que les nouvelles compétences des médecins du travail ne soient pas neutres pour les comptes sociaux et sur la réaction que cela suscite chez les médecins libéraux. Il faudra donc sans doute revenir plus spécifiquement sur la question de l’attractivité dans l’avenir. Car on ne pourra renforcer la prévention dans le domaine de la santé au travail sans médecins du travail qualifiés, qui ont choisi d’embrasser cette spécialité.

Le texte qui nous est soumis est globalement conforme à l’accord national interprofessionnel négocié par les partenaires sociaux, le groupe Les Républicains votera donc pour son adoption. Ce vote favorable ne doit cependant pas occulter un aspect essentiel. Beaucoup de sujets sont renvoyés aux décrets. Le succès de la réforme dépendra donc sensiblement de leur rédaction. Nous veillerons à ce que l’exécutif y respecte la lettre, mais aussi l’esprit, de la proposition de loi qui – je le souhaite – sera votée tout à l’heure.
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Bernard Bouley
2021 mai 11
Merci, madame la ministre déléguée. Je transmettrai ces informations aux personnels concernés et suis satisfait que vous partagiez en grande partie mes préoccupations.
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Bernard Bouley
2021 mai 11
Les services de soins infirmiers à domicile se débattent dans de grandes difficultés et dans l’indifférence générale. Ils travaillent depuis un an avec la covid-19 et sont parvenus, grâce à leurs efforts, à protéger nos anciens. Dans ma circonscription, parmi les patients suivis par l’ASAD – Association de soins et d’aide à domicile –, aucun cas de covid-19 n’a été à déplorer lors du premier confinement et très peu le sont actuellement.

La crise sanitaire a mis en évidence le besoin urgent d’une refondation de notre système de santé publique. Si le Ségur de la santé est loin d’avoir apporté toutes les réponses nécessaires et n’a pas été à la hauteur des enjeux, les services de soins infirmiers à domicile en ont été les grands oubliés. Aucun financement n’a été prévu pour verser aux personnels une indemnité forfaitaire liée au covid-19 et aucune perspective n’a été donnée en vue d’une revalorisation financière des carrières des salariés des SSIAD – services de soins infirmiers à domicile.

Un fossé se creuse entre les conditions de recrutement en milieu hospitalier et celles en services de soins infirmiers à domicile, qui sont de moins en moins attractifs. Pourtant, dans sa réponse à une question du sénateur Jean-Raymond Hugonet, la ministre des solidarités et de la santé indiquait, en 2019, que « le levier de changement majeur que constitue la revalorisation des métiers du grand âge a été identifiée comme l’une des priorités, afin d’augmenter significativement l’attractivité du secteur et d’améliorer le maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap ».

À cet égard, un rapport, commandé en 2019 à Mme Myriam El Khomri, estimait le besoin de formation à plus de 350 000 professionnels du grand âge d’ici à 2024. Lors de la remise de ce rapport, Mme Agnès Buzyn faisait la déclaration suivante : « Des constats très forts sur les métiers du grand âge et de l’autonomie ont donc été faits et ces constats sont ceux de métiers sinistrés. »

Sur la base de cette accumulation de missions et de rapports et des constats alarmistes confirmés par le Gouvernement, je souhaite connaître les mesures que l’exécutif entend prendre rapidement pour revaloriser les métiers du grand âge, et notamment la situation des professionnels de santé travaillant dans les services de soins infirmiers à domicile.
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Bernard Bouley
2021 févr. 17
Le texte sur lequel nous allons nous prononcer est important car il va influencer sensiblement la vie des salariés et des entreprises. Plus que jamais nos entreprises ont besoin d’être productives et capables de relever les défis majeurs qui sont devant elles pour traverser la crise économique. Plus que jamais nous devons offrir aux salariés le cadre qui favorisera la prévention et la santé au travail et leur permettra de s’épanouir professionnellement. Bonne santé physique et mentale et bonne santé économique ne peuvent plus être dissociées.

Je l’ai déclaré dès l’ouverture de nos débats, notre groupe approuve la dynamique engagée. Il y a apporté sa contribution puisqu’il a été force de proposition sur le fond. Malgré les riches échanges qui ont émaillé les débats, je regrette sincèrement que le pragmatisme et le bon sens n’aient pas prévalu dans l’examen de certaines dispositions. C’est dommage car plusieurs d’entre elles ont un objectif louable, mais l’application qui en sera faite, en l’état du texte, ne leur permettra malheureusement pas de produire tous les effets bénéfiques qu’il aurait été possible d’obtenir.

Ainsi, la contribution des médecins du travail aux campagnes de dépistage et de vaccination est, dans l’esprit, une bonne idée. Reste qu’aucun travail d’évaluation de l’impact de cette mesure, dont nous savons qu’elle s’appliquera au détriment des missions de prévention des médecins du travail, n’a été réalisé.

Je regrette également vivement que l’article 24 n’ait pas été modifié, non pas parce que je suis à l’initiative d’un amendement en ce sens, mais parce que s’arc-bouter sur la rédaction retenue prive tout simplement ce texte de tout espoir sérieux d’une pleine application sur le terrain. Or un texte qui concerne la santé physique et mentale des Français au travail et la santé économique des entreprises devrait, selon moi, produire l’intégralité des effets attendus.

D’autres exemples pourraient illustrer le manque d’ambition de ce texte, que je regrette. Ce ne sont pas les objectifs fixés qui sont en cause, mais la capacité concrète à les respecter.

Reste que nos débats ont permis des avancées, que je tiens à rappeler. Nous avons fait en sorte que le monde agricole retrouve sa place légitime. Je pense aussi à l’homogénéisation de la procédure d’agrément des SPST par décret et à la rationalisation et à l’applicabilité de la prévention des risques chimiques grâce à la suppression du troisième alinéa de l’article 2 . Responsables, les partenaires sociaux ont presque unanimement affirmé, à travers l’accord national interprofessionnel, leur volonté d’apporter des réponses concrètes. Il était donc capital que ce texte s’appuie sur le consensus des partenaires sociaux. Nous considérons que c’est bien le cas aujourd’hui et que des avancées sensibles ont été possibles.

Pour toutes ces raisons, il sera indispensable d’évaluer objectivement les incidences réelles de la proposition de loi sur le terrain auprès des entreprises et des salariés. Il sera sans doute nécessaire de la prolonger, de la rectifier ou de l’adapter au regard de cette évaluation. Nous serons donc attentifs à l’application du texte en faveur duquel les députés du groupe Les Républicains voteront.
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Bernard Bouley
2021 févr. 17
Pourrions-nous voter une loi qui, par la disparité de fonctionnement qu’elle provoquerait, créerait des inégalités de traitement entre salariés et entreprises ?

C’est pour éviter ces désagréments que je vous invite à adopter l’amendement de bon sens que je vous soumets. Il ne contrevient ni à l’ANI, ni à l’avis du Conseil d’État, ni à l’indépendance médicale défendue par le conseil national de l’ordre des médecins.
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Bernard Bouley
2021 févr. 17
Depuis l’ouverture des débats, je martèle qu’il faut du bon sens et de la cohérence. Il est également nécessaire de s’assurer que la loi est appliquée par tous et partout. Il me semble que le Gouvernement est en accord avec ces préceptes.

Le bon sens de l’article 24 se retrouve dans l’exposé des motifs de la proposition de loi. Le présent amendement vise à donner la cohérence nécessaire à l’application effective de cet article. Dans sa rédaction actuelle, il ouvre la porte à une désorganisation, à des conflits et à des difficultés de fonctionnement au sein des SPST.

Renforcer la portée des projets de service et le rôle des directeurs des SPST est incompatible avec la possibilité laissée à des personnels de santé d’appliquer ou non, selon leur gré, un fonctionnement prévu dans le projet de service sur lequel s’appuiera la certification. C’est incohérent et contre-productif pour une idée qui a pourtant mon assentiment.

Je respecte l’indépendance technique dont doivent bénéficier les médecins du travail, mais la volonté ou le refus de déléguer telle ou telle tâche ne doit pas appartenir à un seul. La mobilisation ou non des compétences des membres de l’équipe pluridisciplinaire ne peut pas revenir à un seul membre de celle-ci. Ces décisions doivent relever du projet de service, concerté en commission médico-technique et approuvé par le conseil d’administration paritaire : c’est légitime compte tenu des responsabilités des membres du conseil d’administration paritaire.

Voilà ce que je vous propose de décider ce soir. À bien des égards, ce texte va dans le sens de l’intérêt général, mais pourrions-nous raisonnablement le voter alors qu’il porte les germes de la désorganisation des SPST qu’il veut renforcer ?
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Bernard Bouley
2021 févr. 17
Cet amendement ne devrait présenter aucune difficulté puisqu’une disposition similaire a été adoptée à l’article 9. Il vise à confier expressément un rôle de contrôle financier non au conseil d’administration mais à l’assemblée générale, à qui il revient de se prononcer sur le niveau des cotisations.
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Bernard Bouley
2021 févr. 16
Cet amendement vise à donner explicitement aux travailleurs indépendants la liberté d’être, ou non, suivis par un service de prévention et de santé au travail interentreprises. Il prévoit également la faculté, pour ces travailleurs, d’interrompre ce suivi.
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Bernard Bouley
2021 févr. 16
Cet amendement propose de simplifier la procédure de communication entre les SPSTI et les organismes de sécurité sociale : les cellules pluridisciplinaires ne seraient plus soumises à l’obligation d’informer ces derniers mais auraient simplement la possibilité de le faire.
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Bernard Bouley
2021 févr. 16
Cet amendement reprend les termes de l’accord national interprofessionnel – ANI – du 9 décembre 2020, qui renvoient expressément à l’assemblée générale un rôle de contrôle financier et d’approbation du montant des cotisations. Cet ordonnancement des décisions satisfait aux exigences de la loi de 1901 sur les associations.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
Cet amendement vise également à en revenir aux dispositions de l’ANI du 9 décembre 2020. Les partenaires sociaux feraient des propositions pour définir les principes généraux de la certification.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
L’amendement vise à en revenir aux stipulations de l’ANI du 9 décembre 2020. En effet, cet accord avait prévu une application homogène et transparente de l’agrément administratif dans toutes les régions, grâce à un cahier des charges national défini par décret.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
L’alinéa 3 de l’article 2 a pour objet d’assurer un suivi médical individuel renforcé tout au long de leur carrière pour les salariés exposés à certains agents chimiques déterminés par décret. Toutefois, la réglementation en vigueur répond déjà à cet objectif : les dispositions de l’article L. 4624-1 du code du travail permettent d’adapter le suivi médical des travailleurs en fonction de leurs conditions de travail, de leur état de santé, de leur âge et des risques professionnels auxquels ils sont exposés, y compris les risques chimiques.

En outre, la détermination par décret des expositions aux agents chimiques déclenchant un suivi individuel renforcé post-exposition serait source d’importantes difficultés liées à l’identification des agents chimiques concernés et aux modalités de prise en charge de ce suivi.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
Je disais tout à l’heure que 80 % des entreprises ont moins de dix salariés, et les amendements que nous examinons soulignent qu’il est déjà très difficile pour ces entreprises de rédiger un document unique. L’exemple que vous avez pris, monsieur le secrétaire d’État, est à cet égard excellent : le boulanger du coin n’a ni le temps matériel ni la possibilité de payer un DRH pour élaborer un document unique – ceux d’entre vous, s’il y en a, qui ont participé à la confection d’un tel document dans une entreprise savent que c’est un travail très complexe, qu’une petite entreprise a beaucoup de difficultés à réaliser. Je vous remercie donc, monsieur le ministre, de défendre les 80 % d’entreprises qui ont moins de dix salariés.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
Il vise à supprimer la référence à l’organisation du travail parmi les risques professionnels devant faire l’objet d’actions de prévention, donc d’évaluations préalables. En effet, si l’accord national interprofessionnel mentionne l’organisation du travail, il n’entendait pas modifier le périmètre d’évaluation préalable des risques professionnels, déjà défini par la loi.
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Bernard Bouley
2021 févr. 15
Renforcer la prévention en santé au travail est un dessein important pour le pays et nos concitoyens. C’est dans le monde du travail que le lien entre bonne santé physique et mentale et bonne santé économique prend pleinement son sens. Dans le contexte sanitaire actuel et avec la crise économique inédite que nous connaissons, il était nécessaire d’engager une démarche tout aussi inédite pour aboutir à un texte fédérateur ayant des applications concrètes et positives pour tous les salariés et toutes les entreprises.

Les partenaires sociaux ont compris les enjeux. En responsabilité, ils ont affirmé quasi unanimement, à travers l’accord national interprofessionnel, leur volonté d’apporter des réponses concrètes, adaptables et proches des entreprises. Il est donc indispensable de nous appuyer sur le consensus des partenaires sociaux afin que les dispositions que nous adopterons offrent les conditions d’une amélioration effective de la prévention pour tous. Avec un tissu économique du secteur privé qui se caractérise par le fait que plus de 80 % des entreprises comptent de moins de dix salariés, les services de santé au travail ont une place prépondérante dans le système. Il y a une impérieuse nécessité à donner aux futurs services de prévention et de santé au travail les moyens d’assurer un service effectif et cohérent, garantissant l’équité de traitement pour toutes les entreprises et tous les salariés.

La loi doit donc donner un cadre solide pour assurer une cohérence nationale de santé et de prévention au travail et affirmer l’équité de traitement, mais elle doit aussi conserver la souplesse nécessaire pour s’appliquer à des d’activités et à des contextes géographiques très différents. Comme le souligne le Conseil d’État, il ne nous appartient pas de prendre des dispositions à caractère réglementaire. La prévention vise des résultats à long terme, et il faut fixer des dispositions porteuses de progrès durables. Celles-ci devront nécessairement être adaptables dans le temps et mieux inscrire la santé au travail dans une approche plus globale du service public de santé. L’efficacité recherchée pour la santé et la prévention au travail impose également que les dispositions figurant dans la loi soient réalistes et applicables par tous.

Un cadre puissant garantissant l’équité et des dispositions applicables pour assurer l’efficacité : voilà deux points essentiels qui ne sont pas pleinement aboutis dans la version du texte qui nous est soumise.

Ainsi, les députés du groupe Les Républicains sont favorables à l’accroissement de l’implication des médecins du travail sur le terrain même de l’entreprise et dans leurs missions de prévention, car c’est l’expression même de leur spécificité et de leurs compétences particulières. S’ils ne le font pas autant qu’ils le souhaiteraient aujourd’hui, c’est parce qu’ils ne le peuvent pas. Pour atteindre cet objectif, il faut innover et permettre une implication raisonnable, mais plus large, d’autres professionnels de santé au travail qualifiés, en complément des médecins du travail. Le recours à des médecins praticiens correspondants ne suffira pas à dégager le temps indispensable pour que les médecins du travail apportent pleinement leur plus-value à un système de prévention et de santé au travail ambitieux.

Nous sommes favorables au développement des délégations de tâches par les médecins du travail, mais l’équité de traitement pour les salariés et les entreprises doit être garantie et assurée. Cela exige d’avoir, entre autres, le courage d’affirmer et de traduire dans le texte que tous les professionnels de la santé au travail, y compris les médecins du travail, doivent inscrire leur action dans le cadre d’un fonctionnement général, évaluable, cohérent avec les politiques de santé au travail concertées entre l’État et les partenaires sociaux et incluant les objectifs assignés aux SPSTI – services de prévention et de santé au travail interentreprises. L’indépendance technique indispensable du médecin du travail n’est pas incompatible avec le rapprochement tout aussi indispensable des pratiques au sein d’une organisation définie, partagée et sous la responsabilité d’une direction.

Mesdames les rapporteures nous ont dit le caractère exceptionnel de cette proposition de loi, qu’elles ont présentée comme un exemple de démocratie participative. Néanmoins, la commission des affaires sociales a rejeté nos propositions, pourtant convergentes avec celles de plusieurs autres groupes parlementaires, notamment sur l’article 24.

Compte tenu du fort consensus des partenaires sociaux sur l’accord national interprofessionnel, notre groupe partage la dynamique engagée et les grandes lignes de cette proposition de loi, qui en reprend largement le contenu, mais il est encore possible d’améliorer sensiblement le texte qui nous est soumis en adoptant des amendements de bon sens. Un consensus aussi large et raisonnable que celui auquel ont pu aboutir les partenaires sociaux est à la portée de notre Assemblée. J’espère donc que le Gouvernement et la majorité sauront accueillir nos propositions avec une réelle écoute, et dans le souci, que nous partageons tous, de l’intérêt général.
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Bernard Bouley
2021 janv. 26
Je transmettrai ces informations déjà connues aux nombreuses associations qui, depuis plus d’une dizaine d’années, dénoncent cette inégalité d’accès aux autoroutes. Je pense qu’elles ne seront pas complètement satisfaites de votre réponse, mais je vous en remercie tout de même.
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Bernard Bouley
2021 janv. 26
L’accès aux autoroutes autour des métropoles urbaines est très inégalitaire dans notre pays. Ainsi, en Île-de-France, les autoroutes historiques sont en principe gratuites approximativement jusqu’à la sortie de la région ou jusqu’à cinquante kilomètres de son centre. Pourtant, les habitants de ma circonscription de l’Essonne, qui utilisent souvent l’A10 pour des trajets professionnels quotidiens, sont défavorisés puisque celle-ci est payante à partir de vingt-trois kilomètres de Paris. Les usagers et les élus sont de plus en plus mobilisés sur ce sujet : ils attendent un traitement équitable, à savoir la gratuité d’accès aux autoroutes périurbaines pour tous, partout en France.

La commission d’enquête sénatoriale sur le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières a remis son rapport le 18 septembre 2020. Elle y souligne expressément la nécessité de tenir compte des trajets du quotidien, lesquels ont considérablement évolué depuis l’attribution initiale des concessions aux SCA, les sociétés concessionnaires d’autoroutes. Le rapport évoque également une rentabilité financière sensiblement plus élevée que prévu, particulièrement pour certaines d’entre elles. Il apparaît donc légitime de négocier dès à présent avec celles-ci l’établissement de la gratuité sur les tronçons autoroutiers en zones périurbaines, sans compensation financière par les collectivités locales.

Aussi, madame la secrétaire d’État, je souhaite connaître les suites que le Gouvernement entend donner au rapport établi par la commission d’enquête sénatoriale sur le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières, ainsi qu’à la légitime attente des usagers.
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Bernard Bouley
2020 nov. 3
Dix jours après le lancement de la campagne de vaccination contre la grippe, 70 % à 80 % des pharmacies étaient en rupture de stock, en particulier dans les grandes villes.

Après la pénurie des masques suivie de la pénurie des tests pendant la crise sanitaire, voici, hélas, la pénurie de vaccins contre la grippe ! Ce manque d’anticipation, décidément chronique, se répète malheureusement encore une fois ! Les Français ont été désignés par vous comme responsables de la seconde vague de la covid-19 pour ne pas avoir suffisamment appliqué les gestes barrières… Il est vrai que c’était plus facile que de reconnaître l’échec du déconfinement et votre incapacité à augmenter le nombre de lits de réanimation !

Lorsque la tâche des soignants sera encore aggravée par l’afflux de malades de la grippe saisonnière, reprochera-t-on à ces derniers de ne pas s’être fait vacciner ?

 

Si les soignants sont cloués au lit par la grippe, la lutte contre le coronavirus sera encore plus compliquée.

Tout cela laisse présager le pire lorsque sera enfin venu le temps de lancer une campagne de vaccination contre la covid-19. Les Français sont en droit de savoir combien de temps cette pénurie inconcevable durera. Je vous le demande, monsieur le ministre : quand cette incurie cessera-t-elle ?
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Bernard Bouley
2020 nov. 3
Mais ils n’y parviennent pas. La vérité, c’est que les stocks de vaccins sont très insuffisants ; même les soignants, pourtant en contact avec des personnes fragiles, ne peuvent souvent pas se faire vacciner.
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Bernard Bouley
2020 nov. 3
Merci, monsieur le président.

Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, par un communiqué publié le mardi 13 octobre 2020, votre ministère a donné le coup d’envoi à la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière. Vous vous engagiez à fournir les pharmacies tout au long de la campagne, grâce à un approvisionnement continu auprès des laboratoires pharmaceutiques. Vous avez ensuite communiqué en grande pompe autour de cette campagne de vaccination.

Les Français vous ont entendu : ils ne demandent qu’à se faire vacciner contre la grippe saisonnière.
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