Jusqu’où ira-t-on ? Alors, monsieur le Premier ministre, vous qui avez siégé sur les bancs de la droite – et même à mes côtés –, pensez-vous que ce nouveau monde soit vraiment à la hauteur des enjeux colossaux auxquels fait face notre pays ?
La situation économique est dramatique. Le Président de la République multiplie désormais les annonces alors qu’il faisait hier encore la sourde oreille à propos des difficultés majeures que rencontrait le personnel soignant bien avant la crise sanitaire. Les négociations traînent et les soignants sont une nouvelle fois dans la rue. Le déni est tel que le Président de la République ose même le chantage auprès des présidents de région : des aides financières contre le report des élections régionales.
Je pense à la reconstruction du commissariat de Fontainebleau qui attend encore un engagement concret du ministre de l’intérieur. Au passage, j’adresse, une nouvelle fois, au nom du groupe Les Républicains, mon plein soutien aux forces de l’ordre. Mon bilan est peut-être modeste mais j’ai la conviction d’avoir défendu les Seine-et-Marnais avec force et détermination. Le Président de la République devrait lui aussi se livrer à une introspection. Car dimanche, nous avons assisté à un véritable satisfecit de la part d’un Président déjà en campagne pour 2022, qui fait table rase des ratés de la crise : manque de masques et de tests,…
C’est non sans une certaine émotion que je m’adresse à vous une derrière fois après avoir été élue maire de la très jolie ville de Nemours. J’ai ainsi passé huit années à siéger dans l’opposition, à défendre – sans beaucoup de succès, il faut bien le dire – des amendements jusqu’à point d’heure, à entendre des réponses des ministres dictées par la haute administration,…
Je ne vous ai intenté aucun procès. Il s’agissait simplement de souligner qu’il est bien dommage que les maires, élus préférés des Français, ne puissent plus siéger dans l’hémicycle, alors que les ministres ont en ce domaine le choix du roi !
Si nous sommes élus maires, la loi nous imposera de renoncer à notre mandat de député. Ce n’est pas le cas pour les membres du Gouvernement, puisque rien ne les empêche d’être à la fois ministre et maire. Pourquoi une telle différence de traitement ?
Les Français sont inquiets et attendent légitimement que le chef du Gouvernement soit totalement mobilisé au service de l’intérêt national. Ils attendent que le Premier ministre privilégie son pays, non son parti. Monsieur le Premier ministre, il s’agit peut-être de la dernière question que j’adresse au Gouvernement, parce que je ferai le choix du cœur, le choix du local, comme d’autres collègues dans cet hémicycle.
Mais après tout, monsieur le Premier ministre, comment vous en vouloir ? Vous vous occupez à la fois des retraites, d’une crise sanitaire mondiale et d’une campagne électorale – on vous a vu débattre un mercredi soir alors que votre porte-parole avait juré que votre campagne aurait lieu uniquement le week-end.
Monsieur le Premier ministre, l’utilisation de l’article 49, alinéa 3, en pleine crise du coronavirus et en pleine campagne des municipales marquera de manière indélébile ce quinquennat. Comment les Français peuvent-ils accepter votre refus de débattre d’un texte aussi important que ce projet de loi de réforme des retraites ?