Ça dépend à quel moment. Comment relever ce défi démographique ? C’est maintenant qu’il faut avoir cette discussion, alors que la discussion budgétaire va débuter. Ce sujet, nous l’abordons d’une façon différente, inhabituelle : nous renouons avec une forme de planification pour les quartiers sensibles et difficiles – vous les connaissez – et le milieu rural. Si nous nous contentions d’appliquer une clé budgétaire à l’aveugle, la chute du nombre d’élèves entraînant celle du nombre d’enseignants, il faudrait procéder à des fermetures en cascade, non seulement de classes, mais aussi d’écoles. Nous nous y refusons. Nous cherchons à trouver une solution dans dix-huit départements pilotes. Si on veut vraiment s’en sortir, en essayant de s’extraire – si on y arrive ! – du contexte électoral à venir, la démographie est un sujet crucial. Les membres de ce gouvernement n’ont jamais dit qu’ils souhaitaient appliquer une clé ou un coefficient à l’aveugle. Ce n’est pas ma conviction et, accessoirement, cela ne correspond pas à la sociologie de mon département. C’est un débat que j’ouvre maintenant, sans le renvoyer à la saint-glin glin ou même à la présidentielle. Nous devrons trouver des marges de manœuvre dans la discussion budgétaire. C’est un beau sujet, qui nous invite à réfléchir au nombre d’enseignants et à leur rémunération. Le moment est donc venu de commencer à réfléchir aux orientations budgétaires que nous déciderons. Ce gouvernement ne sera plus en place lors de la prochaine rentrée, mais il lui revient de la préparer avec vous. C’est un thème de travail sérieux. D’autres sujets sont à traiter. Demain, nous réunirons les présidents des conseils régionaux dans le respect des lois de décentralisation, sans opposer l’État aux collectivités locales comme certains veulent le faire. C’est une compétence au cœur des lois de décentralisation des années 1980. Dans ce domaine aussi, beaucoup de choses ont été faites. Si vous avez besoin d’un gouvernement détaché de l’élection présidentielle, soucieux de défendre de l’intérêt général, souhaitant apporter toutes les réponses positives possibles, le voici.
Je ne suis pas non plus certain que le retour au tirage au sort soit si consensuel que ça. En tout cas, personne ne le défendait à l’époque. Y a-t-il besoin de davantage de transparence ? Le ministre et moi en sommes convaincus. Faut-il beaucoup plus de simplicité ? Là encore, la réponse est oui. Tout ce qui peut être corrigé, nous le corrigerons évidemment de bonne foi. Un autre chantier, non moins redoutable, se profile, celui des remplacements. Les ministres ont travaillé sur le sujet et le président de la République avait d’ailleurs donné des instructions très claires. La question renvoie aussi au nombre d’enseignants dans le pays. Il y a quelques mois, vous m’avez interrogé plus spécifiquement sur votre circonscription à Saint-Denis. Nous avons eu un échange respectueux et républicain, comme à chaque fois. Notre pays est confronté à un énorme défi démographique. C’est vrai pour les retraites, l’assurance maladie ou le grand âge, mais aussi, toutes choses égales par ailleurs, pour l’école, qui accueillera 180 000 enfants de moins en 2027. Au cours d’un débat récent, plusieurs candidats à l’élection présidentielle, issus de la même famille politique, se sont d’ailleurs exprimés sur le sujet.
…y compris sous un gouvernement de gauche, sans qu’il soit nécessaire de faire le procès de l’ensemble de l’institution. Les choses étant dites, avançons sur les politiques éducatives. Monsieur le président, je crois avoir répondu clairement. Ensuite, vous contrôlerez l’action du gouvernement. Le ministre de l’intérieur a répondu à la convocation de M. Caure, président de la commission des lois. Nous sommes responsables devant vous ; nous vous devons la vérité, pas des mensonges ni des contrevérités. Vous pouvez vous opposer au gouvernement et même présenter des candidats à l’élection présidentielle sans qu’il soit nécessaire de déverser des contrevérités – vous ne l’avez pas fait dans votre question, je l’admets. Sur le fond, il faut objectiver les problèmes. Des questions se posent évidemment sur Parcoursup – nous ne sommes pas déconnectés du réel. Le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ici présent, a mené plusieurs consultations et groupes de travail ces derniers jours. Nous redonnerons, en toute transparence, des éléments résultant du avec l’ensemble des pays. Je note que celles et ceux qui demandent la suppression de Parcoursup ne disent jamais par quoi ils souhaitent le remplacer.
La gauche républicaine défend encore l’État de droit, si ma mémoire est bonne et mes informations exactes. On fait donc encore confiance à la séparation des pouvoirs, à l’action des parquets et aux juges du siège. Dans un moment aussi grave pour le pays, j’ai l’impression de rappeler des évidences : un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie qui manque aux ordres de sa hiérarchie sera sanctionné, comme à chaque fois et de tout temps,…
Pour La France insoumise, ça va être plus dur… Vous appelez à l’apaisement, nous aussi. Rentrons donc dans le sujet. En tout cas, nous nous y engageons. Troisième point : j’ai reconnu qu’il pouvait y avoir des accidents, mais le député Lucas-Lundy a menti tout à l’heure en disant que des instructions de répression policière avaient été données.
Vous l’avez fait vous-même, monsieur le président Peu, comme votre famille politique par le passé. Alors, dites-le : retrouvons tous un peu de nuance dans nos propos.
On ne peut pas organiser le débat public comme si des personnels d’encadrement – proviseurs, proviseurs adjoints, CPE et enseignants – n’avaient pas été violentés ces dernières semaines. C’est pourtant dans l’histoire de la gauche de défendre l’instituteur et l’intégrité physique de l’enseignant.
« Si l’expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées » – pour le moins. « Les forces de sécurité s’attacheront à interpeller les auteurs des délits et à préserver l’ordre public avec un usage proportionné de la force. » Par ailleurs, je le répète, je suis frappé de ne pas voir suffisamment condamnées les violences commises contre les personnels enseignants. Le ministère de l’éducation nationale connaît le bilan le plus dur de ces dernières décennies.
Je poursuis la lecture de ce télex que personne ne s’est donné la peine de consulter. Ainsi, la transparence est faite. Attaquez-nous sur ce que nous faisons vraiment, sur les instructions que nous donnons réellement et non sur la base d’assertions fausses.
Je cite le télex : « Une grande majorité des personnes interpellées sont des mineurs. » Je fais une parenthèse pour préciser que 96 % d’entre eux sont des garçons. « Aussi, je vous demande de garder le discernement qui est le vôtre avec un usage de la force strictement proportionné. Je compte sur vous dans les jours à venir pour permettre la libre expression des revendications, tant qu’elle s’exprime de manière pacifique et dans le respect de la loi. »
Je répondrai à votre question et au député Benjamin Lucas-Lundy, dont je ne sais pas s’il est encore là – non, il est parti. Monsieur le président Peu, vous avez parlé de répression policière, mais vous n’avez pas fait ce que je reproche à d’autres. Nous allons dire la vérité. On peut s’opposer au gouvernement sans avoir besoin de mentir. Des instructions du ministre de l’intérieur ont été données par trois fois aux forces de sécurité intérieure. Je comprends que la vérité puisse déranger, surtout quand on veut en faire un recel frauduleux pour essayer d’organiser la colère.
Mentir au sujet des intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos, comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen, est scandaleux. Nous ne vous laisserons pas faire !
La réalité, c’est que vous êtes ambiguë au sujet de la violence, car elle fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays d’ici à l’élection présidentielle.
Pourquoi le maire de Saint-Denis a-t-il légitimé la violence ? Pourquoi M. Mélenchon a-t-il été condamné pour rébellion lors d’une perquisition menée par l’autorité judiciaire ? Pourquoi votre candidat à l’élection présidentielle se livre-t-il à des jeux de mots pour le moins nauséabonds et aux relents antisémites ?
Moi, je me suis déjà exprimé avec beaucoup de clarté en répondant au ministre Marcangeli. Je n’ai que quelques questions, madame la présidente Panot. Pourquoi le député Raphaël Arnault, qui a été condamné pour violences en réunion et dont les deux collaborateurs parlementaires ont été placés en détention pour le meurtre du jeune Quentin, est-il toujours membre de votre groupe ?
Il y a là un beau sujet politique dont il faut s’emparer. Il faut aussi objectiver les choses lycée par lycée. Ce qui me frappe au bout de quinze jours de mouvement lycéen et après avoir pris de nombreux contacts dans mon département, c’est la multiplication des revendications. Elles sont très diverses et ne font pas toujours écho d’un lycée à l’autre. Il faut les entendre à Paris avec beaucoup d’humilité et de sens pratique. Le ministre de l’éducation nationale a ainsi décidé de libérer du temps dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi, avec la banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur de libérer du temps de démocratie interne au sein du lycée. On ne peut pas condamner les violences devant le lycée s’il n’y a pas de temps politique, au sens noble du terme, à l’intérieur du lycée. Un mandat a été donné aux recteurs et aux directeurs académiques des services de l’éducation nationale d’organiser les remontées d’informations pour y trouver des réponses. Il y a deux rendez-vous, qu’il faut se garder d’enjamber. Le premier, ce sont les discussions budgétaires – ne faisons pas comme si elles n’allaient pas s’ouvrir prochainement. Elles doivent donner lieu à un compromis qu’il faudra trouver dans cette assemblée ainsi qu’au Sénat. Avec une augmentation de 1,2 milliard du budget du ministère de l’éducation nationale pour l’année prochaine – il faudra faire des économies ailleurs –, on aura du mal à dire qu’il n’y a pas ici ou là des marges de manœuvre qui nous permettront d’apporter des réponses urgentes. J’ouvre en tout cas cette porte, qui relève de l’évidence. L’autre rendez-vous – l’éléphant dans la pièce –, c’est l’élection présidentielle. L’ensemble des candidats à cette élection devront dessiner une perspective pour le service public de l’éducation nationale. Là encore, il ne faut pas s’engager à prendre des mesures que ce gouvernement ne pourrait pas appliquer dans des délais désormais courts. Mais nous pouvons apporter des réponses et tracer une vision pour l’avenir.
…comme en témoigne l’augmentation importante de son budget depuis 2017, mais s’il ne s’agissait que d’une question d’argent public, cela se saurait. La question bâtimentaire doit être objectivée, sans jeter l’opprobre sur les conseils régionaux, comme certains l’ont fait en instrumentalisant la question. Il faut être honnête et reconnaître par exemple le travail accompli par la région Île-de-France depuis dix ans. Nous réunirons les présidents de conseils régionaux demain pour objectiver les choses avec sérieux comme les élus locaux savent le faire. M. le ministre de l’éducation nationale travaille sur les questions de l’orientation, de l’organisation du temps scolaire et – j’aurais pu commencer par là – de la démocratie lycéenne et du recueil de l’expression des lycéens.