Madame la ministre déléguée chargée de la ville, ce samedi s’est tenu à Grenoble un nouveau comité interministériel des villes, occasion de faire plusieurs annonces s’inscrivant dans la continuité de l’action menée depuis cinq ans par le Gouvernement en faveur des quartiers. Présente à vos côtés lors de ce déplacement, je ne peux que déplorer l’accueil de quelques manifestants, qui n’habitent même pas le quartier de La Villeneuve. Les cris ne remplaceront jamais le débat, l’insulte la controverse, la violence le respect de l’autre. La Villeneuve, ce n’est pas cela ! Oui, c’est vrai, les difficultés n’y manquent pas ; la fatalité et le renoncement l’emportent trop souvent. La plupart des habitants estiment que nous n’avons rien fait pour eux et que nous ne pourrons jamais rien faire pour eux. Gardons néanmoins en tête que leur force et leur énergie sont immenses, et que leur quotidien, c’est souvent de l’inventivité et de la débrouille, parfois la création d’une petite entreprise, mais aussi la conscience d’être trop souvent en marge de notre société. Entre orgueil et manque de confiance en soi, entre certains réseaux trop implantés et d’autres réseaux qui font défaut, entre l’intelligence individuelle et le poids du groupe, nous devons avant tout investir dans l’humain – plus encore que nous ne le faisons aujourd’hui, bien plus. La solidarité républicaine doit se faire par l’emploi, par l’accompagnement dans la construction d’un projet de vie, par une école dont les apprentissages et les valeurs doivent être toujours plus solides. Les habitants n’attendent pas la charité, mais, comme tout le monde, de la considération pour retrouver de l’espoir. Redonner du souffle, de l’espoir, voilà la clef, madame la ministre déléguée : la République doit tendre la main à chacun de ses citoyens, et surtout aux jeunes, pour faire redémarrer l’ascenseur social en panne depuis trop longtemps et pour que chacun trouve sa place. L’égalité des chances ne doit pas être seulement une promesse, mais aussi un progrès concret, palpable, pour tous. Madame la ministre déléguée, comment pouvons-nous ensemble redonner espoir aux habitants de La Villeneuve ?
Cet amendement est à mon sens démagogique. Le FAIRH a été transféré dans le programme 148 , dont il constitue l’action 04, et il n’est pas utile de créer un nouveau programme. Sur le fond, je ne nie pas la précarité dans la fonction publique. J’ai même été à la proue sur cette question durant toute la discussion du texte relatif à la transformation de la fonction publique. Je me permets de vous indiquer, monsieur le député, que la prime de précarité évoquée par Mme la ministre a été créée à mon initiative, précisément pour aider les titulaires des contrats courts et faire évoluer les comportements des administrations. Par ailleurs, des efforts financiers sans précédent ont été fournis pour certaines professions délaissées par les précédentes majorités, comme les soignants, les enseignants et les métiers régaliens. Nous avons également décidé de plusieurs mesures fortes pour les agents de catégorie B et C en relevant l’indice minimum, en actant des promotions de grade et en réduisant les écarts salariaux. Je rappelle enfin qu’une prise en charge par l’État puis, progressivement, par tous les employeurs publics, de la complémentaire santé est mise en place. Tandis que vous proposez, monsieur le député, d’abonder les crédits d’un programme qui n’est d’ailleurs pas le bon vecteur, le Gouvernement et la majorité agissent concrètement et efficacement.
…et ciblent une prétendue « administration administrante », cette approche budgétaire ne me semble pas pertinente. Selon moi, la bonne approche consiste plutôt à partir du périmètre des services publics pour identifier les besoins et donc définir les ressources humaines à y affecter. C’est ainsi que nous pourrons mieux répondre aux attentes des usagers, particulièrement dans les territoires. Cela suppose également de repenser notre organisation territoriale, avec pour uniques boussoles l’efficacité et la qualité du service rendu. Ainsi pourrons-nous continuer de construire la fonction publique de demain.
J’ai l’honneur de m’exprimer, au nom de la commission des lois, sur les crédits consacrés à la fonction publique inscrits au projet de loi de finances pour 2022. Je ne m’attarderai pas sur la dimension budgétaire, qui a été très bien détaillée par Alexandre Holroyd, rapporteur spécial, et me contenterai de souligner avec satisfaction la hausse de ces crédits, s’agissant notamment de l’action sociale et de la formation, et l’enrichissement bienvenu des actions du programme 148. Ce dernier PLF de la législature est l’occasion de dresser un bilan des actions entreprises pour la fonction publique et de ce qu’il reste à accomplir. Depuis 2017, grâce à l’action volontaire et ambitieuse du Gouvernement et de la majorité, la fonction publique a profondément évolué, dans le sens de l’ouverture, de la modernisation, de l’enrichissement des carrières et, ce qui est essentiel, de l’égalité professionnelle et de la diversité. Permettez-moi de remercier les 5,6 millions de femmes et d’hommes qui, chaque jour, sont au service de leurs concitoyens et de l’intérêt général. C’est pour améliorer les conditions de travail et les carrières des agents, ainsi que pour rendre plus efficiente notre fonction publique que, depuis 2017, j’ai formulé plusieurs propositions, aussi bien dans mes rapports pour avis sur les projets de loi de finances que lors de l’examen du projet de loi de transformation de la fonction publique, dont j’ai eu l’honneur d’être la rapporteure. Le bilan de l’application de ces propositions est positif mais, si je m’en réjouis, des progrès sont toujours possibles. En matière d’égalité professionnelle, nous avons, à mon initiative et à celle du Gouvernement, créé une prime de précarité pour les agents recrutés dans le cadre d’un contrat court. Il s’agit là d’un réel progrès social, même si j’admets avoir été étonnée de l’énorme différence entre l’estimation de son coût en 2019 et celui cent fois moindre qui a été constaté. Si cela traduit un changement vertueux de comportement, je ne puis que m’en réjouir. Je crains cependant que certains employeurs publics n’aient contourné la mesure en prolongeant des contrats juste assez longtemps pour échapper au versement de la prime. Pour éviter cela, il me semble utile de relever le plafond sous lequel elle est due. J’ai également proposé des exceptions au jour de carence pour les femmes enceintes et pendant la crise sanitaire. Ces propositions ont également été appliquées, mais j’estime qu’il nous faut poursuivre la réflexion sur le bien-fondé même de ce dispositif, qui n’est pas un outil efficace de lutte contre l’absentéisme. En effet, les arrêts de travail sont moins nombreux, mais plus longs, ce qui pose d’ailleurs la question de leur contrôle. Comment expliquer médicalement qu’une affection conduisant, avant 2018, à un arrêt moyen de trois jours, donne lieu, depuis lors, à un arrêt moyen de six jours ? Je crois plus efficace et plus juste de s’attaquer aux déterminants de fond de l’absentéisme, par les leviers, entre autres, du management, de la visibilité des carrières et de la motivation des agents. S’agissant de la formation professionnelle, je me réjouis de l’application de plusieurs propositions, telles que l’inclusion de la gestion de crise et la systématisation de la formation au management pour les primo-encadrants. Nous devrons veiller à ce que cette obligation soit pleinement effective et, plus généralement, à poursuivre nos efforts en matière de formation. À cet égard, j’espère que nous aboutirons à la constitution d’un tronc commun pour les différents types d’attachés, comme c’est le cas pour la haute fonction publique depuis sa récente réforme, que je salue. J’avais également proposé, dans mon rapport pour avis sur le PLF pour 2020, plusieurs pistes concernant l’attractivité de la fonction publique et la diversité de son recrutement. J’avais ainsi proposé d’élargir et d’augmenter les aides financières destinées aux étudiants issus de milieux modestes ou ruraux, afin de favoriser leur accompagnement individualisé, et de dresser des bilans de suivi qui permettraient de mieux cibler les personnes qui en ont besoin. Tout cela s’est traduit par le lancement par le Gouvernement du plan Talents du service public, plan dont je salue l’ambition et qui, je le sais, doit beaucoup à l’action volontaire de Mme la ministre de la transformation et de la fonction publiques. Enfin, le maintien de la rémunération, pendant leur formation, des lauréats de concours qui sont déjà des agents publics, que j’avais suggéré lors de l’examen du PLF pour 2019, a également été entériné : c’est une excellente nouvelle et un réel tremplin pour la promotion interne. Ainsi, les évolutions que je viens de présenter prouvent que de très grands progrès pour notre fonction publique auront été réalisés lors de cette législature, à la fois pour sa richesse, sa variété et son efficience. C’est en évoquant ce dernier aspect que je conclurai mon propos. En effet, si notre fonction publique doit être plus efficiente, elle ne doit pas servir de bouc émissaire politique. Alors que certains candidats, dans l’opposition, surenchérissent dans leurs propositions de suppressions de postes – 150 000, 200 000, voire 250 000 –,…
…à n’en pas douter, que ce soit les députés de la majorité – qui voteront ce texte en responsabilité –, le Gouvernement ou le ministre de la santé, si l’épidémie devait…
Je souhaite réagir aux arguments que les oppositions martèlent de part et d’autre depuis de longues heures, comme elles l’ont fait en commission. Manifestement, nous avons sur nos bancs de nombreux épidémiologistes : ils avaient tout prévu et savaient qu’en juillet, la contamination par le variant delta assommerait les Français ! Qui pouvait dire, en avril ou mai, que nous serions dans une telle situation en juillet ? Personne. Vous ne pouvez pas prétendre le contraire – la réalité et la science sont des forteresses inviolables. Si nous en sommes au neuvième texte consacré à la crise sanitaire, c’est parce que la situation impose de réagir. La majorité, le Gouvernement et le Président de la République réagissent au fur et à mesure, de façon mesurée, à chaque épisode de l’épidémie – réagir en temps et en heure, cela s’appelle le pragmatisme. J’entends que le passe sanitaire n’est pas satisfaisant – personne, sur aucun banc, ne se satisfait de cette contrainte imposée aux Français –, mais quelle autre solution proposez-vous ? Certains prônent la vaccination obligatoire – je la défends moi-même –, mais elle nécessite du temps. Pas moins de 20 000 cas ont été enregistrés ces dernières vingt-quatre heures : comment réagir immédiatement à cette épidémie qui s’accélère ? Devons-nous reconfiner les Français ? Faut-il plutôt laisser filer le virus – est-ce cela que vous voulez ? Je n’entends guère de propositions alternatives au passe sanitaire sur les bancs de l’opposition.
Quant à l’échéance au 31 décembre,…
Les amendements de nos collègues n’ayant pas été adoptés, je défends celui-ci qui vise à supprimer à l’alinéa 2 les mots « à titre expérimental » pour que le choix d’un menu végétarien dans les services de restauration collective ne relève pas d’une simple expérimentation, mais d’une obligation. Je persiste !
Mes prochains amendements, que je serai d’ailleurs certainement amenée à retirer, doivent être appelés après cette discussion commune. Néanmoins, concernant celle-ci, les arguments du ministre et de la rapporteure n’empêchent pas que les Français soient prêts – prêts à aller au-delà d’un énième débat électoral, prêts à ce que le végétarien fasse partie de leur vie quotidienne. Je soutiendrai donc les amendements de Mmes Cazebonne et Le Feur.
J’aimerais revenir, madame la ministre déléguée, sur votre argument selon lequel on ne saurait inscrire un taux d’ombrage dans la loi puisque certains parkings sont orientés au nord ou abrités. Excusez-moi, mais vous venez de donner un avis favorable à un amendement portant sur la perméabilisation : que les parkings soient ouverts, semi-couverts ou couverts, la règle s’appliquera à tous. C’est donc faire deux poids, deux mesures. Je n’interviendrai pas plus longtemps, je crois qu’il faut passer au vote.
Il est simplement question d’ombrager les parkings et de les rendre perméables, ce qu’ils sont déjà dans certaines villes, à Rennes, notamment, comme vous le disiez, madame la présidente. Ce n’est pas la mer à boire, me semble-t-il ! Par ailleurs, monsieur Millienne, je tiens à vous préciser que les amendements renvoient à un décret en Conseil d’État pour définir l’ombrage. Le Gouvernement aura donc tout le temps de travailler aux modalités d’application. Enfin, s’agissant de la mutation des parkings, je rejoins Mme Marsaud à 200 %. D’où l’intérêt d’assortir la création de nouveaux parkings de contraintes liées à la mise en place de structures d’ombrage : celles-ci augmenteront le coût des parkings en nappe, ce qui favorisera le développement des parkings en silo. Tous ces éléments sont à prendre en compte dans la façon de penser l’avenir des parkings. Je suis désolée mais je persiste !
Je partage l’avis de Julien Aubert, même si je n’ai pas défendu l’un de mes amendements identique au sien. Madame la ministre déléguée, monsieur le rapporteur, mes amendements nos 1385 et 1389 sont en fait des amendements de repli. Vous ne pouvez pas vouloir sous-amender le second pour ajouter la végétalisation à la perméabilisation, et repousser le premier au prétexte qu’il vise à ombrager les parkings. On ne touche pas à ceux qui existent déjà, et vous refusez de prendre cette mesure pour ceux à venir ! Ce n’est pourtant pas compliqué : l’ombrage est constitué d’arbres, de carports ou d’auvents équipés de panneaux solaires, d’auvents végétalisés, que sais-je ? Nous disposons aujourd’hui d’une multitude de possibilités pour ombrager les parkings. Franchement, je ne comprends pas que vous ayez émis un avis défavorable à ces amendements ; en tout cas, comme je l’avais annoncé, je les défendrai jusqu’au bout. Chers collègues, je vous remercie de votre sensibilité à ce sujet climatique, car c’est bien du réchauffement dû aux zones commerciales et aux centres urbains dont nous parlons : il ne faut pas laisser passer cela.
Si vous le permettez, monsieur le président, je défendrai par la même occasion mon amendement suivant, le no 1389. Tous deux sont faciles à comprendre et leur adoption aurait des conséquences très positives sur les parkings en nappe. Le premier vise à ce que, pour tout nouveau projet de ce type, au moins 50 % de la surface soit ombragée. Vous aurez certainement tous constaté que lorsque vous garez votre voiture sur un parking de supermarché en plein mois de juillet, le sol irradie littéralement la chaleur : des surfaces ombragées réduiraient l’impact du soleil sur ces nappes. Le second prévoit que tout nouveau projet de parking en nappe devra comprendre au moins 50 % de surface perméable, afin de lutter contre l’imperméabilisation des sols, comme le souhaitent également Julien Aubert et Dominique Potier. Ces deux amendements se complètent. Il n’est pas nécessaire que la partie perméable soit la même que la partie ombragée, ce qui n’aurait d’ailleurs aucun sens : mieux vaut ombrager une moitié du parking et perméabiliser l’autre. La combinaison des deux peut être déterminante pour l’avenir de ces surfaces !
Suivant l’avis du rapporteur et de la ministre déléguée, je retire l’amendement no 3768, lequel précisait qu’il s’agissait de surfaces non imperméabilisables ou éco-aménageables « à conserver ou à créer, notamment dans les zones les plus denses ». Je fais confiance aux élus locaux pour engager la désartificialisation des centres les plus denses.
Ils sont presque identiques. Ils peuvent paraître très techniques, mais on peut aisément en saisir la portée. J’espère que vous retiendrez l’un des deux, l’amendement no 7226 étant soutenu par le groupe La République en marche. Ils visent à ce que soit imposée, dans le PLU, une part minimale de surfaces en pleine terre végétalisées dans les espaces les plus denses de France, à savoir les zones d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants et les communes de plus de 15 000 habitants en forte croissance démographique. L’ambition est soit de protéger des espaces en pleine terre déjà existants, soit – c’est là le petit bonus qu’apporterait le projet de loi – de désartificialiser des centres urbains qui sont beaucoup trop denses. Autrement dit, il s’agit d’utiliser la nature comme un outil d’aménagement du territoire. La ville-nature est l’outil de demain qui nous évitera tout simplement de crever de chaud dans nos villes. Il contribuera bien évidemment à la régulation du climat.
Il a pour ambition d’enrichir le débat sur la définition de l’artificialisation des sols. Je propose de rédiger ainsi l’alinéa 9 : « L’artificialisation est le résultat d’une transformation, par les activités humaines et le développement urbain, des sols naturels, entraînant une dégradation de la perméabilité ou de la biodiversité. »
Les objectifs chiffrés du plan d’action pour la réduction des particules fines issues du chauffage au bois ne me semblent pas assez ambitieux à ce stade. Cet amendement d’appel tend à prévoir en la matière une baisse de 30 % des émissions sur le territoire national et de 50 % sur les territoires couverts par un plan de protection de l’atmosphère.
Il s’agit encore d’un amendement d’appel, visant à présenter à la représentation nationale le modèle suisse des maîtres ramoneurs, filière professionnelle très structurée qui assure un entretien correct du chauffage bois et la formation des usagers afin que le cycle de vie de ce combustible soit vertueux.
Je sais que, voilà deux semaines, s’est exprimée à l’échelle européenne une volonté d’aligner les seuils utilisés en la matière par l’Europe sur ceux de l’OMS. Une question demeure toutefois à propos du label Flamme verte, que cet amendement d’appel propose de réévaluer tous les trois ans. Quant à Écodesign, le label européen, il doit être élaboré et diffusé rapidement pour que les seuils soient harmonisés.