Dès lors, la responsabilité du gouvernement est directement engagée dans l’obstruction qui a lieu pour empêcher que ce texte soit voté avant minuit. Madame la ministre, il existe des solutions très simples pour mettre un terme à cette obstruction : utiliser l’article 44, alinéa 2, de la Constitution, ou recourir à un vote bloqué. Je vous demande d’utiliser les moyens nécessaires pour que nous puissions voter sur ce texte. On ne peut pas laisser un membre du gouvernement nous en empêcher !
Il se fonde sur l’article 44, alinéa 2, de la Constitution. Madame la ministre, c’est un député suppléant un membre du gouvernement qui est directement responsable de l’obstruction sur ce texte.
Monsieur le ministre, vous l’avez avoué, vous avez perdu le contrôle. Alors cessez de vous défausser sur les autres, répondez aux revendications, et démissionnez !
Alors, mettez fin à l’ignoble Parcoursup qui, depuis que vous l’avez inventé, pourrit l’avenir de nos enfants. Débloquez les 10 milliards d’euros nécessaires pour reconstruire un système scolaire et universitaire ravagé par vos politiques. Bloquez le prix des carburants et augmentez le smic afin de permettre à nos concitoyens de vivre dignement. Il est temps de renoncer à votre stratégie mortifère. Avant vous, d’autres ont su céder lorsque l’avenir de la patrie était en jeu. Chirac l’a fait, Pompidou aussi. Et vous, monsieur le premier ministre, qu’attendez-vous ?
Vous ne vous en sortirez pas davantage en remettant en cause les libertés fondamentales au moyen de couvre-feux ou d’hélicoptères au-dessus de Paris. À une crise politique, il n’existe pas d’autre réponse que politique. Même le président Macron le reconnaît, les revendications sont légitimes.
Monsieur le premier ministre, vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignement, comme l’a révélé, afin d’accuser La France insoumise de violences qu’elle a toujours refusées.
À la honte internationale suscitée par la répression exercée contre nos enfants, vous avez ajouté celle provoquée par l’incendie ou la dégradation de mairies. C’est un véritable fiasco dont vous êtes les uniques responsables.
Monsieur le premier ministre, depuis un mois, la jeunesse de notre pays – des outre-mer comme de l’Hexagone – exprime sa colère à travers un mouvement d’une ampleur inédite. Depuis un mois, vous refusez de lui répondre autrement que par le mépris et la violence. Samedi, votre stratégie de pourrissement a eu des conséquences dramatiques, et votre amateurisme a fait le reste. À la souffrance des lycéens et des étudiants vous avez ajouté celle de commerçants que vous avez abandonnés, et celle de manifestants pacifiques que vous avez maltraités.
Elle nous est donc imposée ? Et vous êtes d’accord ? La BCE est tellement indépendante qu’au lendemain de la crise des subprimes, une réunion s’est tenue à l’Élysée avec les gouverneurs des banques centrales pour sauver les banques. C’est vachement indépendant ! Ce qu’on a été capable de faire pour sauver le système bancaire, peut-on le faire pour sauver les gens et pour financer la transition écologique ? Voilà la question que nous nous posons ! Vous nous donnez des leçons sur la dette, mais vous l’avez creusée de plus de 1 000 milliards. Chaque année, vous nous dites qu’il faut couper dans les dépenses parce que c’est comme ça, il faut baisser le déficit, mais l’année d’après, le déficit a encore augmenté ! Vous nous dites encore une fois qu’il faut couper dans les dépenses, que cette fois-ci, vous allez y arriver. Vous rendez-vous compte que vous n’avez aucune crédibilité ? Je vous invite donc à baisser le ton et à être moins arrogants. Votre politique économique nous mène droit dans le mur. Nous n’allons certainement pas vous laisser continuer comme cela. Nous sommes au bord du gouffre et la question est de savoir comment sortir de cette situation.
Cessons ce « c’est toi, c’est moi », ce n’est pas très intéressant. Revenons-en plutôt au débat de fond sur notre dette, qui va être au cœur de nos discussions pendant plusieurs semaines. Il est légitime de pouvoir en discuter. Nos amendements posent la question suivante : avons-nous notre mot à dire sur la politique monétaire décidée à l’échelle européenne par la Banque centrale européenne ? Peut-on en débattre ?
Je note les trésors d’imagination que vous déployez pour trouver des arguments tous plus malhonnêtes les uns que les autres. Au moment où tout le monde constate que les taux d’intérêt augmentent et que la dette française est vulnérable, la proposition que vous approuvez manifestement toutes et tous consiste à renforcer l’exposition de notre dette aux marchés financiers. Vous êtes visiblement tous d’accord avec le fait que la Banque centrale européenne, qui détient des titres de dette française, les remette sur le marché et que nous soyons encore plus exposés à la pression des marchés financiers. Monsieur le ministre, s’il y a de l’inflation en ce moment, ce n’est pas parce que nous avons instauré une telle mesure, mais précisément parce que nous n’avons pas décidé des investissements nécessaires pour, par exemple, conduire une politique d’adaptation au changement climatique. Nous allons connaître une inflation sur les produits alimentaires, non parce que la Banque centrale européenne a décidé de racheter des titres de dette, mais parce que nous sommes confrontés à une perte de production agricole. Franchement, votre argument ne tient pas la route ! Monsieur Tanguy, ne jouez pas sur les mots ; donnez-nous votre position, ce sera plus simple. Vous dites tous qu’on ne peut pas dire avant une négociation quel doit en être le point d’arrivée. Nous disons exactement la même chose : nous pouvons obtenir une annulation de la dette ou une transformation en dette perpétuelle – il est possible de mobiliser différents leviers. Enfin, monsieur le ministre, personne n’a dit qu’il fallait congeler ou annuler la dette pour financer le déficit. Nous avons dit que nous voulions annuler la dette covid. À l’époque, nous vous avions demandé de le faire pour éviter de devoir dire au peuple français quelques années plus tard qu’il fallait en payer le prix. Nous y sommes : vous êtes en train de dire aux gens qu’ils doivent payer le prix de cette dette. Nous, nous préférons l’annuler !
…mais guère convaincante. Faire preuve de précision, c’est en effet important ; vous entendre vanter les mérites du gouvernement en matière de protection de nos agriculteurs, de notre souveraineté, l’importance de la parole française sur la scène européenne, l’année même où l’Union européenne impose contre l’avis de la France un accord de libre-échange avec le Mercosur, c’est fort intéressant ! Après que la Commission européenne a décidé d’appliquer cet accord de manière provisoire, le président de la République a déclaré que la France serait intraitable. Je viens de constater à quel point vous l’êtes effectivement ; cela transparaissait dans le ton sur lequel vous célébrez les victoires françaises à l’échelle européenne. Franchement, ce n’est pas sérieux ! Monsieur le rapporteur général, vous soutenez que les choses ne se passent pas comme ça : précisément, si vous n’utilisez pas à un moment donné le levier du rapport de forces, par exemple celui du prélèvement sur recettes, vous ne gagnerez aucune bataille. Jamais vous ne ferez respecter la France. La Grande-Bretagne avait obtenu un rabais sur sa contribution en boycottant cinq ans le Conseil européen ; vous, vous n’êtes pas capables de vous fâcher une seule fois, et vous venez nous donner des leçons !
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. M. le rapporteur s’est fait l’avocat des mineurs. Je rappellerai simplement qu’une municipalité dirigée par le Rassemblement national, Liévin, a interdit une cérémonie d’hommage aux mineurs.
…ses positions politiques. Mais quand notre collègue socialiste s’est exprimée, nous avons entendu le terme « collabos » fuser des bancs du Rassemblement national. Les députés du Rassemblement national le confirment, vous en êtes témoin madame la présidente. Je vous demande d’intervenir pour faire cesser ces déclarations et ces insultes. Nous devons pouvoir débattre et légiférer dans de bonnes conditions. Vous n’avez pas le droit d’insulter la moitié des députés de l’Assemblée nationale !