Mme la ministre de la transition écologique va-t-elle sortir de son silence pour défendre l’eau et s’opposer au projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles au Sénat ? Et vous, madame la ministre de la santé, pour éviter un scandale de santé publique, allez-vous défendre l’intérêt général et demander l’interdiction des pesticides dans les aires d’alimentation des captages ? Dites à Mme Genevard, qui ne nous écoute pas, que la santé des Français et la qualité de notre eau passent avant les profits de Bayer-Monsanto et des amis d’Arnaud Rousseau !
Son parti pris est coupable et reçoit le soutien complice de parlementaires de droite et d’extrême droite. D’elle, nous n’attendons plus rien, mais un jour, elle devra rendre des comptes.
Elle écoute les fabricants, à qui elle accorde des dérogations pour des molécules dangereuses et interdites – quatre-vingt-huit depuis le 1erjanvier ! Elle écoute le sénateur Duplomb, qui veut réintroduire l’acétamipride, un insecticide toxique pour le neurodéveloppement. Elle écoute tous ces gens, sans le moindre remords pour les enfants victimes de ces produits ! Mme Genevard ne combat pas la pollution de l’eau : elle l’organise.
Elle écoute les fabricants de pesticides, qu’elle incite même à tricher – oui, à tricher ! – pour autoriser, dans nos champs, un herbicide perturbateur endocrinien.
Ma question ne s’adresse pas à la ministre de l’agriculture. C’est peine perdue. Quand il s’agit de défendre la qualité de l’eau, elle n’écoute jamais alors qu’il faut de toute urgence préserver l’eau potable des pesticides et des PFAS. Elle n’écoute pas les maires, tenus de distribuer une eau conforme, avec des pollutions parfois impossibles à éliminer. Elle n’écoute pas les scientifiques et les médecins, qui nous alertent sur les contaminations, les effets cocktail et l’explosion des pathologies. Elle n’écoute pas l’Agence européenne pour l’environnement, qui confirme que le TFA, omniprésent dans l’eau, doit être classé toxique pour la reproduction. Vous l’aurez compris, elle n’écoute personne. Ah si, elle écoute Arnaud Rousseau, qui ose tout, même remettre en cause le principe de précaution inscrit dans la Constitution !
Cette motion de rejet préalable est une nouvelle occasion de dénoncer une méthode budgétaire devenue la norme. Après les exercices 2023 et 2024, marqués par des prévisions irréalistes et par une dégradation sans précédent des finances publiques, nous espérions un changement de cap. Or malgré des hypothèses plus prudentes en 2025, la méthode reste la même : recours au 49.3, annulation de crédits en cours d’année, annonce d’économies sans débat parlementaire et marginalisation continue du Parlement. Une telle manière de gouverner pose un problème politique et démocratique majeur. Alors même que les choix budgétaires engagent l’avenir du pays, le Parlement est systématiquement placé devant le fait accompli. Nous voyons déjà cette logique se poursuivre en 2026. Dès le mois d’avril, le gouvernement a annoncé 6 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Il aura fallu attendre deux mois pour en connaître les contours et recevoir, enfin, les informations permettant de comprendre où ces coupes seront réalisées et quelles en seront les conséquences. Dans le même temps, vous vous obstinez à faire peser l’effort sur la dépense publique et à refuser d’engager les réformes indispensables à une meilleure justice fiscale. Cette orientation fragilise les services publics et les collectivités territoriales. Elle compromet notre capacité à relever les défis de demain, qu’il s’agisse de la transition écologique ou du vieillissement de la population. Face à cette impasse démocratique, politique et budgétaire, nous considérons qu’il n’y a pas lieu de poursuivre l’examen de ce texte : le groupe Écologiste et social votera en faveur de la motion de rejet préalable.