Vous êtes beaucoup plus dure avec les Français que vous ne l’êtes avec les gens de vote camp. Quand il s’agit de M. Ambroise Méjean, président des Jeunes avec Macron, vingtième sur la liste Renaissance aux élections européennes, qui a quitté son emploi pour percevoir 2 500 euros de chômage par mois et faire la campagne de votre candidate totalement à la ramasse, vous ne dites rien.
Monsieur le Premier ministre, pourquoi détestez-vous les Français ? Que vous ont-ils fait ? Pourquoi continuez-vous de les accabler avec une énième réforme de l’assurance chômage ? Apprenez que le chômage n’est pas un choix, mais une épreuve douloureuse et souvent humiliante que des millions de Français affrontent chaque jour. Ce n’est pas une inactivité volontaire, mais une lutte incessante pour retrouver un emploi digne. Les travailleurs licenciés, les jeunes diplômés, les seniors écartés du marché du travail : tous subissent la violence du chômage, à l’image des 750 salariés du groupe Chaussexpo, placé en liquidation judiciaire et dont le siège social se trouvait encore il y a peu dans ma circonscription. Ils ne demandent pas de privilèges, mais simplement de quoi vivre. Réduire leurs indemnités, c’est les condamner à une précarité insupportable ; c’est briser des vies déjà grandement fragilisées. Votre bilan est accablant. Avec cette nouvelle réforme, la durée d’indemnisation des chômeurs aura baissé de vingt-quatre à quinze mois depuis l’arrivée au pouvoir du Président de la République. Lorsqu’on n’est pas nourri, logé, blanchi aux frais du contribuable, la vie dans la France d’Emmanuel Macron coûte cher, très cher. Taper continuellement sur ceux qui n’en peuvent plus n’est pas une solution durable. La réalité, c’est que vous voulez rattraper votre gestion calamiteuse des finances publiques sur le dos des plus vulnérables. Cessez de faire payer aux Français les pots cassés de votre mauvaise gestion et de pénaliser ceux qui n’ont pas d’autre choix que de survivre dans un système qui les écrase. Quand cesserez-vous de faire l’étalage de votre incompétence et de votre mépris des Français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Nicolas Dupont-Aignan applaudit aussi.)
Madame la ministre, vous avez déclaré soutenir pleinement les amendements qui visent à faire évoluer le périmètre du dispositif, lequel bénéficiera en priorité aux personnes les plus vulnérables. Nous avions proposé les dispositions prévues par cet amendement sous une autre forme en commission, mais l’amendement correspondant avait été jugé irrecevable. Nous proposons d’intégrer dans ce dispositif les personnes victimes de violences conjugales, qui sont souvent des femmes. En effet, les victimes de violences conjugales s’éloignent de la société et, par conséquent, de l’emploi. Un rapport sur ce sujet serait donc utile, car ces femmes ont été oubliées parmi les personnes éloignées de l’emploi.
L’amendement no 13 vise à réduire à deux ans la prolongation de l’expérimentation, et l’amendement no 14 à la réduire à trois ans. Comme nous l’avons souligné en commission, la prolonger jusqu’en 2028 la ferait durer quasiment dix ans, ce qui paraît excessif pour juger de l’utilité d’un dispositif, d’autant que Mme la ministre a promis d’insister pour que le rapport de l’Igas soit remis très prochainement. S’il l’est, pourquoi prolonger de quatre ans l’expérimentation ?
Dans son autobiographie poétique Une saison en enfer, Arthur Rimbaud parle du travail ainsi : « La vie fleurit par le travail. » Je souhaite que nos débats soient éclairés par ces mots, qui nous invitent tout d’abord à nous questionner sur la valeur et le sens que nous souhaitons donner au travail. À titre personnel, je perçois le travail non seulement comme un moteur de réussite, mais aussi comme un vecteur d’épanouissement personnel et social. C’est pourquoi je suis persuadé, tout comme l’ensemble de mes collègues du groupe Rassemblement national, que chaque Français doit pouvoir trouver un emploi et travailler. Si le Gouvernement ne parvient pas à réaliser ce souhait, il y va alors de la responsabilité du législateur, la nôtre, de trouver des solutions pour y parvenir. Cela est d’autant plus vrai s’agissant des individus aujourd’hui éloignés de l’emploi. Je pense que nous sommes tous d’accord ici pour dire qu’il est impératif que des mesures soient prises pour leur permettre de trouver le plus rapidement et le plus simplement possible un emploi stable et durable. Le CDIE que nous examinons était censé aller dans ce sens. Il a été conçu comme un outil devant permettre de rapprocher de l’emploi ceux qui en étaient le plus éloignés, en ciblant plus particulièrement les demandeurs d’emploi, les seniors, les personnes souffrant de handicap ou encore ceux disposant d’un niveau de formation inférieur au baccalauréat. Il devait permettre à ce public de bénéficier de la protection sociale offerte par un CDI. En contrepartie, les employeurs bénéficiaient d’un contrat moins coûteux et d’un cadre juridique plus souple que celui du contrat à durée indéterminée intérimaire. Comme notre groupe l’a souligné lors de la présentation des conclusions de la mission flash en juillet dernier, puis lors des débats en commission des affaires sociales en décembre, il ne faut toutefois pas ignorer les mauvais penchants de ce nouveau contrat. Les professionnels du monde intérimaire et les organisations syndicales ont clairement expliqué qu’il pouvait conduire du fait de son moindre coût et de sa simplicité, à une situation de concurrence à la fois déloyale et inutile avec le CDI intérimaire. Cependant, n’oublions pas que si ce dernier est plus complexe et plus onéreux pour les employeurs, c’est parce qu’il résulte de plusieurs années de concertations et de négociations entre les différents partenaires sociaux, lesquels nous ont également alertés sur l’effet d’aubaine engendré par ce contrat, dont le coût pour les employeurs est, je le rappelle, inférieur de 12 % à celui du CDI intérimaire – différence s’expliquant notamment par le fait que les employés ne bénéficient ni de prime de fin de contrat, ni de régime de prévoyance, ni de mutuelle, ni des avantages liés au comité social et économique (CSE), ni des mécanismes de partage de la valeur. Ce contrat aide mais reste donc précarisant, ce que nous aurions pu tolérer s’il remplissait pleinement son objectif initial auprès des personnes éloignées de l’emploi. Or il ressort des témoignages et des premiers retours que ce n’est pas réellement le cas et qu’un certain nombre de signataires de CDIE ne rentrent pas dans la liste des personnes rencontrant des difficultés particulières d’insertion professionnelle. Cela a poussé le groupe Rassemblement national à s’opposer en commission à la généralisation de ce dispositif et à demander plutôt une simple prolongation, dans l’attente d’informations supplémentaires à son sujet. Nous avons été heureux de constater que cette demande de bon sens avait été acceptée. Nous nous interrogeons à présent sur la volonté du rapporteur de prolonger l’expérimentation du CDIE jusqu’en 2028, alors que l’Igas devait rendre son rapport en août dernier. Nul doute qu’il sera publié avant 2028 – madame la ministre l’a affirmé. Pourquoi, dans ces conditions, devrions-nous voter une prolongation aussi lointaine alors que nous recevrons bientôt des informations détaillées sur les effets du dispositif ? Nous sommes invités à approuver son extension prolongée, voire très prolongée ; puis il nous sera demandé, après avoir reçu les conclusions de l’Igas qui nous éclaireront sur la nécessité de le supprimer ou de le modifier, de voter à nouveau. Cette manière de procéder semble dépourvue de logique. Il serait plus judicieux de réexaminer le CDIE dès réception de ce rapport pour décider de ses éventuelles modifications, ou même de son abandon si les résultats ne correspondent pas à nos attentes. Le groupe Rassemblement national ne s’oppose donc pas à une prolongation du CDIE, à condition qu’elle soit réfléchie et ajustée. Nous soutenons une approche plus prudente, permettant une réévaluation périodique du dispositif à la lumière des données et nous assurant de progresser de manière responsable, en phase avec les objectifs initiaux du CDIE et les besoins réels du marché du travail. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Si nous devions résumer en deux minutes l’incompétence, l’impuissance et l’incapacité du Gouvernement à réagir aux problèmes des Français, votre intervention suffirait amplement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Vivement 2027 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RE.)
Les seniors ne se complaisent pas dans une retraite forcée et prématurée, dans une France où il faut désormais choisir entre manger et s’habiller. Madame la Première ministre, allez donc expliquer votre nouvelle lubie aux Français, aux habitants de ma circonscription, comme Corentin, 58 ans, résidant à Allennes-les-Marais, qui recherche désespérément un emploi depuis avril 2022, qui fait tout pour s’en sortir et s’inquiète de l’avenir s’il n’y parvient pas. Votre devoir est de prendre des mesures pour résoudre ces problèmes, et non de plonger ces personnes dans un désespoir encore plus profond. Quand allez-vous mettre fin à cette oppression systématique des travailleurs français, écouter et répondre à leurs préoccupations légitimes et, surtout, revenir enfin à la réalité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Madame la Première ministre, après l’injuste et inutile réforme des retraites menée par votre gouvernement, vous avez décidé, dans un mépris qui n’a d’égal que votre déconnexion par rapport à la réalité, de continuer à détrousser les Français. Votre ministre de l’économie et des finances, M. Bruno Le Maire, a directement insulté ces derniers en les exhortant à se « secouer les puces » : une sortie digne des frasques du Président de la République, qu’il espère sans doute remplacer en 2027. (M. Maxime Minot s’exclame.) Mais, loin de s’en satisfaire, il a décidé de s’attaquer à nos seniors, piliers de notre société, en envisageant de réduire la durée de leur allocation chômage. Votre gouvernement, madame la Première ministre, écrase les Français sous le poids de son mépris, les réduisant à une peine quotidienne. L’âge ne devrait pas être un fardeau : apprenez qu’être au chômage passé 55 ans n’est pas un choix de vie, mais une contrainte imposée par des circonstances dont vous êtes responsables.
Ces amendements visent à prolonger le dispositif de deux ans, de cinq ans, voire à le pérenniser, mais la vraie question, c’est le pouvoir d’achat. Rappelons qu’un Français sur deux est à 10 euros près lorsqu’il fait ses courses. Les priver du ticket-restaurant comme moyen de financer leurs courses, c’est les empêcher de se nourrir dignement, avec une alimentation de qualité. Vous évoquiez la ruralité, mais vous l’avez détruite. Il n’y a plus de commerces, il n’y a plus de restaurants dans nos campagnes. Que pouvez-vous dire aux salariés des territoires ruraux qui ne peuvent pas utiliser leurs tickets-restaurant dans un restaurant car le premier se trouve à 30, 40, voire 50 kilomètres ? Vous avez aussi opposé les restaurateurs et les salariés, ce qui ne me paraît pas pertinent. Si nous voulons inciter les Français à aller au restaurant, il faut se concentrer sur leur pouvoir d’achat et sur les augmentations de salaire. Ce n’est pas parce que, dans un an, ils ne pourront plus payer leurs courses avec les titres-restaurant qu’ils iront davantage au restaurant : je suis désolé de vous le dire, mais ils n’ont plus les moyens d’y prendre leurs repas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
…pour leur permettre d’utiliser le fruit de leur travail comme ils l’entendent, et non comme vous le souhaitez. Par ses politiques désastreuses, le Gouvernement appauvrit les Français et les monte les uns contre les autres. La semaine dernière, il a ainsi cherché à opposer les salariés aux restaurateurs. Nous sommes évidemment d’accord sur la nécessité d’aider nos restaurateurs, qui sont des acteurs économiques essentiels. Cependant, nous refusons cette logique d’opposition et de confrontation. Nous pensons que c’est en renforçant le pouvoir d’achat que nous encouragerons les Français à retourner au restaurant, ce qui leur permettra de renouer avec le plaisir de la gastronomie. En soutenant cette proposition de loi, nous répondons aux cris de détresse de ceux pour qui boucler la fin du mois est devenu un véritable calvaire. Nous répondons au mal-être des millions de Français qui n’en peuvent plus des réglementations inutiles imposées par le Gouvernement. Nous répondons à la souffrance de nos concitoyens qui, chaque jour, ont du mal à se nourrir, à s’habiller et à se loger dans la dignité. Toutefois, nous avons conscience que cette mesure ne constitue qu’un pansement temporaire sur un mal bien plus grand et bien plus profond. Nous avons conscience que nous devons aspirer à plus et qu’il est de notre devoir d’aller au-delà des réponses immédiates, pour construire un avenir plus prospère, équitable et durable pour les Français – un avenir où chaque citoyen peut vivre dignement et se nourrir décemment. Alors, même si ce texte ne répond que très partiellement au problème du pouvoir d’achat, nous voterons en sa faveur, pour que les Français puissent un peu respirer.