Nous avons essayé de vous faire comprendre que le pays avait besoin de justice sociale, que le pays avait besoin que les personnes les plus précaires, les plus pauvres, soient protégées par un système de protection sociale, que le pays réclamait dans la rue que les dividendes, les rachats d’actions, les surprofits perçus par les plus riches soient régulés par la taxe et par l’impôt. Nous avons essayé de vous dire qu’il y avait des enjeux en matière de maladies chroniques et d’exposition des personnes aux produits toxiques. Nous avons essayé de vous dire que l’agroalimentaire essayait d’empoisonner une partie de la population et que cela allait générer des dépenses demain. Mais vous n’avez rien voulu entendre. Vous étiez enfermés dans vos tableaux Excel. Vous n’avez pas voulu faire le moindre compromis, et le vote de la deuxième partie le révélera. Vous n’avez plus un seul soutien au sein de cet hémicycle.
L’étude de la partie recettes a montré un gouvernement enfermé dans une citadelle, seul, isolé. Vous avez commencé la Macronie avec une majorité absolue de députés dans l’hémicycle, vous la terminez sans aucun député qui siège sur les bancs.
Il faut compenser les exonérations de cotisations, c’est évident. Mais il faut surtout dégager de nouvelles recettes, nous n’avons cessé de le répéter depuis le début de ce débat. Comme vous aggravez la crise budgétaire, il faudra trouver, dans le PLF, des économies de dépenses d’un montant équivalent à celui de cette compensation. Il s’agit une fois encore d’un jeu de dupes, faute de recettes supplémentaires. Vous les refusez toutes, si ce n’est la taxe sur les mutuelles, c’est-à-dire la mesure la plus injuste qui soit : rien sur la modulation des cotisations en fonction du comportement des entreprises, rien sur les plus riches, rien sur les grandes entreprises, rien sur les surprofits. Et, en fin de compte, cet article vous permettrait d’aller dire à la télévision que le creusement du déficit impose de réduire le nombre de fonctionnaires et les dépenses de la fonction publique. Ce n’est pas ce que nous voulons, c’est pourquoi nous sommes favorables à ces amendements de suppression.