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Manon Meunier
2026 Jul 21, 00:36:38
Monsieur le ministre délégué, il va falloir arrêter de se taper sur le ventre pour le vote d’un amendement de suppression d’un article qui ne serait pas constitutionnel, alors que c’est l’ensemble de ce projet de loi qui revient sur le principe de non-régression environnementale, l’un des principes fondamentaux de notre Constitution, que nous devrions respecter.

Nous sommes en période de canicule et tous les articles de ce projet de loi reviennent en arrière. Ils détruisent les instances locales qui permettraient une réflexion sur notre souveraineté alimentaire : comment partager l’eau ? Au contraire, vous accélérez, vous faites passer au forceps des mégabassines qui, rappelons-le, sont des maladaptations au changement climatique puisqu’elles vont puiser l’eau dans les nappes phréatiques pour les exposer au soleil, avant qu’elle soit accaparée par quelques agro-industriels aux dépens de la majorité des agriculteurs et agricultrices de ce pays.

Quant à cet amendement, vous pouvez peut-être vous en satisfaire, mais en attendant, c’est l’intégralité de votre loi qui est une maladaptation au regard du changement climatique, monsieur le ministre délégué. Vous êtes indigne de votre fonction. Et encore une fois, nous demandons où est la ministre de l’environnement ! On peut se le demander quand il s’agit d’accepter de tels amendements et l’ensemble des articles que vous êtes en train de faire passer !
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Manon Meunier
2026 Jul 20, 23:36:49
Ce projet devrait enfin accepter le fait que l’agriculture ne peut pas être une variable d’ajustement sur les marchés mondiaux. Parce que la seule chose, en somme, que devrait faire votre projet de loi, c’est assurer l’installation massive de paysans. C’est la seule solution que nous ayons pour protéger la souveraineté alimentaire de notre pays – parce que ce ne sont pas vos firmes aux intérêts internationaux qui nous nourriront demain. Cet autre projet existe. Il s’appelle l’avenir en commun. Rendez-vous en 2027.
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Manon Meunier
2026 Jul 20, 23:32:46
Les animaux crèvent de chaud, parfois littéralement. Les services d’équarrissage et vos services sanitaires sont complètement dépassés, on demande aux éleveurs d’enterrer leurs propres bêtes, des milliers de tonnes de carcasses. Les paysans souffrent dans leur chair sous plus de 40 °C.

Et ces derniers jours, partout en France, se déroulent des événements climatiques extrêmes. Chez moi, en Haute-Vienne, un orage supercellulaire d’une rare violence a tout dévasté. Des tunnels écrasés, des bâches broyées, des arbres couchés, des cultures dévastées, hachées. Chez Hélène, Christophe, Anthony, Hugo, Fanny, Yannick, Simon, Chloé, Brigitte, sous des grêlons de la taille de balles de golf, des années de travail ont été réduites à néant en moins de quinze minutes.

Après tout ça, que reste-t-il ? Cette phrase : « Je fais tout pour dissuader mon fils de reprendre la ferme ». Et vous, vous osez nous sortir ce projet de loi ? Ce projet de loi qui ne propose qu’une seule chose pour l’élevage, comme d’habitude : accélérer l’agrandissement au nom de la compétitivité internationale, Mercosur et compagnie. Donc, vous proposez des exploitations toujours plus chères, toujours plus difficiles à transmettre. Cette politique n’aura qu’une seule conséquence : encore et toujours moins d’éleveurs et la porte ouverte à l’agro-industrie qui commence déjà à accaparer les terres.

Autre mesure phare de ce projet de loi ? Détruire ce qu’il reste de la démocratie et des instances territoriales d’échanges autour de la gestion de l’eau. Excellente idée en période caniculaire intense, alors qu’il faudrait précisément avoir le bon sens, comme vous aimez dire, de réunir tout le monde autour de la table pour engager une réflexion raisonnée et concertée des usages dans chaque territoire à partir des ressources disponibles.

Mais vous préférez détruire les instances locales. Cela vous permettra certainement de faire passer plus rapidement les projets de vos amis, mais cela n’aura qu’un effet : accélérer les conflits d’usage, en premier lieu entre les agriculteurs eux-mêmes.

Et bien sûr, parmi vos plus grandes œuvres, la réintroduction de l’acétamipride, molécule neurotoxique au sujet de laquelle l’ordre des médecins lui-même alerte. Mais vous persistez ! Vous préférez faire prendre des risques sanitaires et environnementaux majeurs à vos concitoyens plutôt que d’imaginer mettre en place des mesures protectionnistes.

Hélène, agricultrice qui a perdu beaucoup dans les événements climatiques récents m’a dit : « Faut-il attendre qu’ils n’aient plus que des cailloux à manger pour qu’ils arrêtent leur folie ? » Parfois, c’est la question que je me pose aussi, madame la ministre. Quelles sont vos limites ? Quand allez-vous comprendre que la question qui se pose à nous aujourd’hui, ce ne sont pas les profits de vos amis sur les traités de libre-échange, mais la façon dont nous réussirons à nourrir encore la France demain ?

Les conséquences du changement climatique sont majeures. Elles sont palpables aujourd’hui. Les agriculteurs comptent parmi les premières victimes. Et si on continue comme cela demain, vous pourrez ajouter au tableau des victimes la souveraineté alimentaire de la France.

Oui, vous êtes coupable, madame la ministre. Vous avez détruit les systèmes assurantiels qui permettaient de couvrir les pertes de récoltes, vous avez défoncé les budgets dédiés à la souveraineté sanitaire à l’heure où les épidémies s’accélèrent sous les effets de la crise environnementale, vous avez écrasé les budgets dédiés à la transition et à l’adaptation, vous avez jeté les agriculteurs sous les roues du libre-échange au mépris de toute logique de production locale et de réelle souveraineté alimentaire.

Si votre priorité était l’urgence agricole, madame la ministre, votre projet de loi devrait déclarer la canicule comme catastrophe naturelle et indemniser les agriculteurs touchés. Il devrait construire un système assurantiel digne de ce nom dans lequel l’État prend sa part face aux conséquences du changement climatique. Il devrait renforcer les maillages sanitaires pour arrêter de faire subir des protocoles violents aux éleveurs. Il devrait rétablir un rapport de force favorable aux agriculteurs dans la négociation des prix, assurer des retraites dignes de ce nom et la protection du foncier face à la spéculation pour soutenir les transmissions.
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Manon Meunier
2026 Jul 20, 23:32:15
Oui, madame la ministre, sortir un projet de loi pareil, et oser le nommer projet de loi « d’urgence agricole », vraiment c’est indécent, parce que l’urgence agricole, madame la ministre, ce n’est pas la liste de courses d’Arnaud Rousseau. Pour saisir l’urgence dans les fermes, il suffirait de s’y rendre : les cultures sont ralenties par la chaleur quand elles ne sont pas complètement brûlées, les prairies sont cramées, on a largement commencé à taper dans les stocks de fourrage pour les animaux et on stresse de ne pas savoir comment les nourrir jusqu’à la fin de l’hiver.
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Manon Meunier
2026 Jul 20, 23:32:12
C’est indécent.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 17:47:34
Je commencerai par remercier M. le rapporteur d’avoir mis ce texte important à l’ordre du jour. Nous le soutiendrons évidemment, car il améliore les dispositifs existants pour protéger la santé mentale des agriculteurs et des agricultrices. Après l’énorme séquence qu’a constitué l’examen du projet de loi d’urgence agricole, nous devons nous demander ce qui, structurellement et de manière systémique, fait que cette profession est si largement concernée par le suicide. Derrière ces suicides, il y a des problèmes d’endettement ; il y a aussi la disparition des agriculteurs et des agricultrices, qui accroît la solitude de ceux qui restent. Parce que les réseaux se détricotent, ces derniers sont de plus en plus contraints de faire face seuls aux difficultés du métier.

Tout cela, c’est la conséquence directe d’années et d’années de politiques qui ont conduit à la déconstruction de notre système agricole français ; de politiques qui font qu’il y a de moins en moins de travailleurs et de travailleuses de la terre ; de politiques qui, au nom de la compétitivité, ont toujours visé l’agrandissement et l’industrialisation des fermes. Tout cela impose malheureusement l’introduction de mesures visant à protéger la santé mentale des agriculteurs et des agricultrices.

Tout cela pèse sur les installations et les transmissions. Combien de témoignages d’agriculteurs et d’agricultrices avons-nous entendus, qui nous disent que leur situation est tellement dure que jamais ils ne diraient à leurs enfants de reprendre leur ferme ? Ils les encouragent même à ne pas le faire. Ce sont ces questions plus systémiques que nous devons nous poser, afin d’aider le monde agricole à retrouver de la force et du nombre. Cela passe par davantage de protection : c’est l’objet du texte que nous nous apprêtons à voter, mais il faut, beaucoup plus largement, protéger notre système économique et agricole. Cela suppose la fin du libre-échange, mais aussi de reconsidérer notre souveraineté alimentaire, au sens premier et noble du terme, comme la priorité.

Enfin, la question de la santé mentale et de la psychiatrie mérite elle aussi d’être abordée d’un point de vue systémique. Là encore, il s’agit d’abord d’un problème budgétaire. La psychiatrie connaît des défaillances majeures, liées à un manque structurel de financement et à un désinvestissement dans nos hôpitaux, qui pèse sur les personnes qui travaillent dans ces structures. Il est heureux que des propositions de loi comme celle-ci pallient certains problèmes, mais il faudrait aussi, au moment de l’examen des projets de loi de finances, sur lesquels nous sommes souvent privés de vote du fait du 49.3, aller au-delà des mots et des engagements, aligner les actes et les lignes budgétaires, pour restaurer la psychiatrie et ses services en France.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 17:37:03
Dans la continuité des amendements précédents, il est proposé de porter de 80 % à 100 % le taux du crédit d’impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement. L’objectif est, par une meilleure prise en charge, de faciliter l’accès au remplacement des agriculteurs et agricultrices.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 17:34:45
Le remplacement est un véritable problème dans le monde agricole. Lorsqu’il s’agit de la santé mentale, c’est parfois même la racine de la souffrance. Réussir à se faire remplacer aujourd’hui dans le monde agricole, c’est vraiment le parcours du combattant, pour des raisons non seulement techniques mais aussi financières. L’amendement tend donc à donner la possibilité de bénéficier du crédit d’impôt au titre des dépenses engagées pour assurer un remplacement pour congé jusqu’à vingt-sept jours par an, contre dix-sept aujourd’hui. Cela permettrait de mieux accompagner financièrement les agriculteurs et agricultrices qui souhaitent prendre une pause tout en prévoyant un remplacement digne de ce nom.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 17:30:47
Solidarité Paysans et d’autres organisations nous ont alertés sur les conflits d’intérêts qui peuvent exister entre les sentinelles et les agriculteurs. J’en profite d’ailleurs pour remercier cette association, qui travaille énormément dans les départements pour accompagner les agriculteurs et agricultrices dans la détresse. Elle doit bien souvent pallier les manques de l’État. Heureusement que ses bénévoles sont là !

L’amendement tend à prévoir la remise d’un rapport visant à évaluer ces éventuels conflits d’intérêts. Malheureusement, le monde agricole n’est pas toujours simple et il arrive que les sentinelles aient une double casquette, jouant à la fois le rôle d’intermédiaire et de créancier. Cette position n’est pas propice à favoriser un bon accompagnement des agriculteurs. Il nous paraît donc pertinent de demander un rapport afin d’évaluer les risques et de légiférer en conséquence.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 17:13:30
Il vise à assurer une bonne représentation du monde syndical agricole au sein de la mission nationale. En effet, nous savons que la mauvaise représentativité des syndicats agricoles engendre de graves problèmes. Les élections des chambres d’agriculture, par exemple, sont organisées selon un mode de scrutin très inégalitaire, qui ne facilite pas la bonne représentation. On rencontre des difficultés semblables pour les élections des représentants de la MSA, du fait d’un mode de scrutin que nous appelons à modifier dans le cadre d’une proposition de résolution déposée par ma collègue Muriel Lepvraud.

En attendant, nous espérons que la représentation au sein de la mission nationale soit correcte et clairement inscrite dans la loi, afin que l’ensemble des syndicats puissent être représentés et faire remonter les besoins du terrain.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 16:30:30
Le monde agricole subit une transformation violente et les politiques qui favorisent l’agrandissement entraînent des changements dans la démographie des travailleurs et travailleuses de la terre. Les anciens équivalents temps plein d’exploitants et chefs d’exploitations sont peu à peu remplacés par des ETP de salariés agricoles.

Cette évolution est particulièrement marquée dans l’élevage porcin, qui s’est fortement industrialisé ces dernières années : entre 2000 et 2020, le nombre d’élevages a chuté de 80 %, tandis que la part des salariés dans l’effectif de la filière passait de 8 % à 30 %.

En outre, nous savons que dans les fermes, il y a beaucoup de conjoints collaborateurs et conjointes collaboratrices, dont le travail est invisibilisé.

Le travail agricole est multiple. On sait que tous les travailleurs peuvent subir des pressions, peuvent rencontrer des problèmes liés aux cadences imposées et aux difficultés inhérentes au monde agricole.

À cet égard, l’amendement tend à inclure les aidants familiaux, les conjoints collaborateurs et conjointes collaboratrices, et les salariés agricoles dans la couverture du dispositif des sentinelles agricoles, que nous soutenons et saluons. Il s’agit de ne laisser personne de côté.
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Manon Meunier
2026 Jun 04, 12:21:20
Les retraites agricoles sont bien trop faibles et des injustices persistent, alors que les agriculteurs et agricultrices ont passé leur vie à essayer de nous nourrir. Il reste donc du travail ; c’est le cas notamment pour les femmes, dont les retraites demeurent particulièrement faibles.

Aujourd’hui encore, trop d’agriculteurs et d’agricultrices vivent sous le seuil de pauvreté une fois à la retraite. Pour les femmes, c’est souvent la double peine, non par manque d’investissement – elles ont été très présentes –, mais parce que leur statut de conjointe collaboratrice ne reconnaissait pas dignement leur place et ne leur donnait pas accès à des droits suffisants. Leurs pensions sont donc très faibles, parfois dérisoires, sans rapport avec la réalité de leur travail, alors même qu’elles occupaient des postes essentiels au fonctionnement des fermes.

Les lois Chassaigne 1 et 2 ont représenté des avancées majeures, reconnues par le monde agricole. Nous remercions M. Brugerolles de revenir avec cette proposition de loi pour aller plus loin encore, notamment grâce à l’article 3, qui reconnaît pleinement la place des femmes et leur contribution à l’agriculture.

Nous voterons évidemment en faveur de cet article, qui améliore ce complément de retraite, surtout pour les conjointes collaboratrices, dont le statut a longtemps été insuffisamment reconnu. Il faut revaloriser leur pension. Il s’agirait d’une véritable avancée sociale, mais aussi d’une avancée pour le monde agricole car la faiblesse des retraites constitue l’un des obstacles majeurs à l’installation et à la transmission. C’est pourquoi il est nécessaire de légiférer.
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Manon Meunier
2026 May 30, 11:47:38
C’est tellement révélateur !
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Manon Meunier
2026 May 30, 11:38:09
Il ne protège pas les agriculteurs ; c’est plutôt l’inverse !
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Manon Meunier
2026 May 30, 11:08:59
Mais si, c’est possible !
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Manon Meunier
2026 May 30, 11:06:13
En réalité, vous ne voulez pas instaurer ces tunnels de prix parce que vous refusez une fois de plus de contraindre l’industrie agroalimentaire et la grande distribution. Nous voyons très clairement de quel côté vous êtes, vous qui avez voté pour la suppression de l’article 21, et de quel côté est le Rassemblement national, puisqu’il s’est abstenu après que vous avez négocié avec lui.

C’est absolument scandaleux ! Nous avions ici un mécanisme qui fonctionne pour contraindre les prix vis-à-vis de l’agro-industrie, et vous l’avez rejeté. Vous venez ainsi de supprimer le seul dispositif intéressant de ce projet de loi d’urgence agricole !
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Manon Meunier
2026 May 30, 11:04:54
Cet amendement vise à permettre aux agriculteurs d’obtenir réparation auprès d’acheteurs qui paieraient trop mal pour acquérir leurs produits. Il s’agit de lutter contre la pratique des prix abusivement bas, tout comme l’aurait permis l’application des tunnels de prix. C’est donc un amendement de giga-repli par rapport au dispositif prévu à l’article 21. Nous ne comprenons pas pourquoi cet article a été rejeté, alors que le tunnel de prix est un dispositif favorable aux agriculteurs et aux agricultrices ! Je rappelle que son expérimentation dans la filière bovine a donné des résultats positifs. Cela fonctionne !
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:59:06
Enfin, un article assurera des prix planchers aux agriculteurs et aux agricultrices de ce pays.

Il faudra aller jusqu’au bout de son application et, pour cela, faire preuve collectivement de courage politique.
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:57:47
Je rappelle quelques faits. L’entreprise Lactalis est un géant du secteur agroalimentaire. Elle est même capable de payer des centaines de millions d’euros au fisc français pour mettre fin à des enquêtes administratives ! Pourtant, en parallèle, elle laisse sur le carreau des centaines de producteurs, éleveurs de bovins ou laitiers, qui se trouvent du jour au lendemain sans aucun contrat, alors qu’ils étaient déjà mal payés depuis des années. C’est cela, le rapport de force dont nous parlons !

Madame la ministre, vous ne pouvez pas nous parler des très petites, petites et moyennes entreprises – qui ont leur part, importante, dans l’équation – tout en faisant mine d’ignorer ces immenses filières de l’agro-industrie qui écrasent nos paysans, sont majoritaires dans le paysage et fixent les prix pour tous les autres acteurs. Quand on ferme les yeux sur ce pan de l’agro-industrie, on s’empêche en effet d’augmenter le revenu des agriculteurs. Derrière la défense des TPE-PME que vous affichez, ce sont bien les Lactalis et compagnie que vous protégez ! Avec tout ça, il est certain qu’on ne répondra pas à l’urgence agricole.

Pour notre part, nous sommes très fiers de ce que nous avons fait de l’article 19.
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:48:22
La régulation, monsieur Kasbarian, a fait ses preuves dans le domaine agricole. Elle permet que soient correctement rémunérés les agriculteurs et agricultrices de ce pays. Si vous entendez protéger les intérêts de l’agro-industrie, dites-le tout de suite ! Pour notre part, nous sommes ici pour répondre à l’urgence agricole, qui concerne en premier lieu la rémunération des agriculteurs et des agricultrices. S’il faut réguler les marchés pour traiter cette urgence, nous nous y efforcerons sans plier devant les représentants de l’agrobusiness.
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:47:49
La crise du lait a notamment explosé en raison de la fin des quotas laitiers, qui constituaient une mesure de régulation du marché. Je prends un exemple : la filière comté, implantée notamment dans l’Ain. Plutôt rémunératrice pour les producteurs, elle est régulée grâce à une AOP, une appellation d’origine protégée, un label de qualité qui les protège, et grâce à des producteurs qui se sont toujours organisés pour que l’agro-industrie ne prenne pas la main sur leur filière et qu’ils soient toujours en mesure d’entretenir un rapport de force équilibré sur les marchés. C’est de la régulation !
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:43:41
Tous les agriculteurs, toutes les agricultrices partagent un constat : l’urgence agricole a d’abord trait au revenu. Et le revenu dépend évidemment du prix d’achat des produits agricoles ainsi que du courage politique dont nous ferions preuve en permettant aux agriculteurs d’assumer un véritable rapport de force face à la grande distribution et à l’industrie agroalimentaire – c’est là, on le sait, que se réalisent les marges les plus importantes.

C’est pourquoi nous proposons une mesure qui, contrairement à l’ensemble du texte dans son état actuel, pourrait répondre à l’urgence agricole. Elle requiert certes de faire preuve du courage politique nécessaire pour s’opposer à l’agro-industrie, mais 20 % des agriculteurs et agricultrices vivent en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays, c’est inacceptable.

L’amendement vise à fixer des prix d’achat minimaux et rémunérateurs dont le mode de calcul assurerait à chaque agriculteur et agricultrice une rémunération au moins égale au double du smic. Ce n’est pas trop demander au regard du nombre d’heures passées dans les fermes. Il est temps de prendre une mesure ferme en ce sens.
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:19:25
Cet amendement vise à interdire le fait, pour un acheteur, d’imposer aux producteurs d’une OP des prix inférieurs à ceux pratiqués auprès d’autres organisations de producteurs.
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Manon Meunier
2026 May 30, 09:15:21
Le présent amendement vise à interdire aux acheteurs d’imposer des clauses d’exclusivité aux organisations de producteurs (OP). En effet, pour instaurer un rapport de force dans la négociation, il est plus intéressant que l’organisation de producteurs négocie avec plusieurs acheteurs de façon transversale.
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