Après votre réponse médiocre et bassement politicienne, je comprends votre absence à Trappes vendredi dernier. Les poubelles de l’histoire de la République ne seront pas assez vastes pour contenir l’ensemble des renoncements de votre gouvernement ! La responsabilité historique du macronisme dans la montée de l’extrême droite et la diffusion des idées racistes est considérable.
À quelques mois d’un rendez-vous démocratique décisif pour la République, comment ne pas comprendre que mettre un signe égal entre une partie de la gauche et l’extrême droite, c’est se rendre complice de cette dernière ?
Comment tolérer que la porte-parole du gouvernement défende le droit pour Édouard Philippe de dire tout haut ce que quelques racistes pensent tout bas ? Comment justifier que Mme Aurore Bergé, incapable de reconnaître le caractère raciste de l’abjecte théorie du grand remplacement qui a armé le cerveau du terroriste de Trappes, soit maintenue au poste de ministre chargée de la lutte contre les discriminations ? Comment ne pas vous confondre en excuses, après avoir assimilé l’assassinat raciste de Pengo Bossio Wangi à la mort tragique d’un militant fasciste ?
Mais, surtout, ouvrirez-vous les yeux sur vos propres responsabilités, après dix ans d’un pouvoir confié par les Français au président Macron pour faire barrage à l’extrême droite ? Comment ne pas voir une trahison du serment conclu avec le pays quand vous faites entrer des pans entiers du programme des Le Pen dans de nombreuses lois ?
Certains moments dépassent l’écume de l’actualité et la vacuité des postures. Le rassemblement tenu à Trappes vendredi dernier est de ceux-là ; vous l’avez pourtant lâchement esquivé. Alors que le maire de Trappes, M. Ali Rabeh, nous a exhortés à choisir la République contre le racisme et à ouvrir les yeux, allez-vous, monsieur le premier ministre, ouvrir les yeux sur la réalité systémique du racisme, qui gangrène toutes les sphères de la société, des contrôles de police aux offres d’emploi ? Ouvrirez-vous les yeux sur le rôle criminel des médias du groupe Bolloré, qui, à coups de milliards, servent un agenda idéologique raciste et mènent une entreprise de haine qui sature le débat public ? Ouvrirez-vous les yeux sur l’islamophobie, propagée jusqu’au cœur de la classe politique et qui plonge des millions de nos compatriotes dans la peur ?
Qui se fonde sur l’article 70, alinéa 3, du règlement. Mon collègue m’a encouragé à travailler au cirque Pinder, où ses propres talents lui permettraient certainement de décrocher un contrat à durée indéterminée. Je trouve extrêmement grossier, extrêmement vulgaire, de rire de ce sujet après ce que notre pays a traversé il y a quelques jours à Trappes. La démocratie n’est pas une simple règle du jeu électoral, elle…
Nous tenons une occasion d’envoyer, par le vote de l’amendement, un signal : nous défendons les valeurs de la République contre celles et ceux qui veulent la détruire, contre l’empire Bolloré, qui cherche à utiliser l’arme des médias et de la liberté d’expression pour saper les valeurs républicaines et pour diffuser le poison de la haine, du racisme et de l’islamophobie.
Je propose à cette assemblée d’adopter une taxe prohibitive visant à limiter, voire à faire cesser, l’expression médiatique de personnes condamnées pour leur racisme ou pour leur incitation à la haine raciale. Je l’appelle la taxe Zemmour. C’est la traduction concrète de l’appel du maire de Trappes, Ali Rabeh, qui nous exhortait vendredi dernier à ouvrir les yeux et à instaurer en France un cordon sanitaire tel qu’il s’en pratique dans d’autres pays, notamment en Belgique. Je ne peux m’empêcher de penser au demi-million de personnes qui ont signé la pétition demandant la fermeture de CNews ; je tiens à les saluer.
…et que cette préférence nationale que vous voulez instaurer partout – dans la société, dans le logement, et aujourd’hui dans le travail – est un apartheid. Pour nous, un travailleur est un travailleur, une travailleuse est une travailleuse, quels que soient ses papiers, qu’il ou elle soit en situation régulière ou non, quelle que soit son origine. Nous voulons nous battre pour des droits pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs, qui seront d’ailleurs mobilisés le 5 novembre contre la Macronie et contre vous !
Il serait bon que nos collègues d’extrême droite révisent un peu leurs chiffres et ce qu’est la réalité. Rappelons que les travailleurs étrangers sont plus diplômés que la moyenne des travailleurs français.
Rappel au règlement fondé sur l’alinéa 3 de l’article 70 et sur l’article 100. Un de nos collègues UDR ou RN – j’arrive mal à faire la différence – a dit qu’il fallait se demander qui casse les ascenseurs. Je tenais à signaler ces propos très discriminants, qui sont l’expression même du racisme de la xénophobie et de la haine des quartiers populaires.
Ce matin encore, au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, des pannes d’ascenseurs obligent des familles, des mères, des grands-parents à monter dix-sept étages à pied…
À entendre M. le rapporteur général, le droit fiscal est le bon outil pour permettre à des riches de gagner encore un peu plus d’argent, pour transmettre son entreprise et pour faire plein d’autres choses, mais pas pour protéger les habitantes et les habitants des quartiers populaires d’ascenseurs qui font des morts. Je suis député depuis 2022 et, depuis cette date, nous vous alertons, nous faisons des propositions, nous déposons des amendements. L’Assemblée a adopté une proposition de loi. J’ai évoqué les travaux de certains de nos collègues, notamment Philippe Brun et Paul Vannier. Pourtant, rien ne va jamais, rien n’est jamais le bon schéma. Que dois-je dire à la maman du jeune Othmane qui est mort en 2015 dans ma circonscription ? Que la fiscalité n’est pas le bon outil ? Mais alors, quel est le bon outil ? Nous voulons des engagements immédiats du gouvernement, parce que le problème ne peut attendre que vous partiez du pouvoir – même s’il serait temps.
Dans la suite des travaux menés ici depuis longtemps par Philippe Brun, Paul Vannier ou Danielle Simonnet, nous proposons d’instaurer une contribution des ascensoristes pour assurer une rénovation du parc d’ascenseurs, en particulier dans les quartiers populaires. De nombreuses familles ont été endeuillées ou touchées par de graves accidents d’ascenseur. Je pense notamment au petit Othmane, mort asphyxié en 2015 dans un ascenseur défectueux de Mantes-la-Jolie, dans ma circonscription. Chaque semaine, dans nos permanences, nous entendons parler du délabrement des ascenseurs dans les quartiers populaires, qui sont abandonnés, et du fait qu’il faille beaucoup plus de temps pour réparer un ascenseur défectueux au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, que dans le 16e arrondissement de Paris ou à l’Assemblée nationale. Même condamnés, parfois après des années de bataille judiciaire pendant lesquelles ils ont harcelé les familles, les ascensoristes ne font pas leur travail. L’État est lui aussi aux abonnés absents, malgré le vote en première lecture à l’Assemblée d’une proposition de loi sur le sujet – je demande au gouvernement de l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat afin que le dossier avance. Nous proposons donc une contribution pour que les ascensoristes financent les réparations qui n’ont pas lieu.
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles. Lorsque Mme Mesmeur, il y a quelques minutes, évoquait des situations douloureuses qu’elle a directement vécues, j’ai entendu des collègues des groupes RN et UDR tenir des propos extrêmement choquants. Je préfère ne pas les répéter, mais j’espère qu’ils figureront au compte rendu. Nous n’avons pas la même conception de la jeunesse, de son avenir, ni de la façon dont il convient de la protéger. Nous ne sommes pas menés par l’actionnaire d’une entreprise qui commercialisait des disques nazis, produits et vendus par son père et par ses sœurs ! Nous ne soutenons pas quelqu’un qui s’est fait du fric sur la propagande des Waffen-SS et des nazis. M. Saintoul a eu raison de rappeler que nous légiférons au nom de l’intérêt général ; je me demande si tout ce cinéma, tout ce cirque grotesque et répugnant, n’est pas fait pour détourner l’attention de la réalité judiciaire...