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Vincent Trébuchet
2026 Jul 20, 23:16:01
Sur le papier, les bonnes intentions du texte que nous nous apprêtons à voter sont réelles : freins aux importations déloyales, encouragement à la consommation de produits français, renforcement de la lutte contre la prédation lupine, meilleur accès à la ressource en eau, sécurisation du foncier agricole, nouvelles tentatives, après des échecs successifs, d’assurer un revenu plus juste aux agriculteurs. Trop souvent, cependant, ce texte reproduit les mêmes stratégies inefficaces face aux crises agricoles à répétition – encadrer, interdire et réglementer –, mais il ne propose quasiment jamais de simplifier, de libérer la production, d’éradiquer tout simplement les contraintes qui pèsent sur nos agriculteurs.

J’alertais, au début de nos débats, sur trois manques principaux de ce texte ; faisons le bilan. Premièrement, j’ai souligné que, pour produire, il faut avoir accès à la ressource en eau. Lors de l’examen du texte en commission, vos alliés de gauche, madame la ministre, à qui vous devez, en 2024, la reconduction de la majorité macroniste à l’Assemblée, avaient détruit littéralement les articles utiles que prévoyait votre projet de loi dans ce domaine. Contre toute désinformation, il convient de rappeler que stocker une fraction des excédents hivernaux pour réduire les prélèvements durant l’étiage n’est pas un accaparement mais une impérieuse politique d’adaptation.

Le texte issu de la commission mixte paritaire reconnaît enfin cette évidence. Il impose de prendre en compte les besoins actuels et prévisionnels d’irrigation en visant le doublement des volumes de stockage d’eau à usage agricole d’ici à 2035. Il permet de remobiliser les capacités des plans d’eau existants, de faciliter leur curage, d’anticiper l’instruction des projets. Il permet aussi aux réserves agricoles de contribuer à la défense contre les incendies et à la sécurité civile. Ce sont des avancées.

Deuxièmement, pour produire, il faut pouvoir s’approvisionner et acheter des engrais à un coût qui permette de rester compétitif. Pas un mot sur le sujet dans ce projet de loi dit d’urgence, alors que c’est une des urgences principales. Le prix des engrais azoté a bondi de 70 % entre 2024 et 2026, alors qu’il avait déjà augmenté de 60 % entre 2020 et 2024. La France importe la moitié de ses engrais azotés et est dépendante des importations de gaz pour ceux qu’elle produit sur son sol. Il est urgent de relocaliser notre production et de l’appuyer sur une ressource que nous maîtrisons : l’hydrogène produit à partir de notre énergie nucléaire. Cette stratégie industrielle aurait dû être déployée depuis longtemps, au plus tard depuis la crise en Ukraine. Rien n’a été fait. Pire, dans la niche UDR, nous avions déposé une proposition de loi visant à assouplir la réglementation environnementale liée à ces projets de souveraineté : le bloc central a voté contre en commission, contre nos agriculteurs.

Troisièmement, pour produire, il faut avoir accès aux produits phytosanitaires jugés sans danger par les autorités de santé, lorsqu’ils permettent de sauver une production. Interdire les importations déloyales qui utilisent des substances prohibées en Europe, c’est une chose, mais cela n’a pas de sens si, dans le même temps, vous laissez perdurer des inégalités qui favorisent les agriculteurs de nos voisins européens au détriment des agriculteurs français.

Votre texte initial, madame la ministre, ne contenait aucune mesure en la matière. Le texte final rétablit un équilibre nécessaire, qu’il convient de rappeler contre toutes les tentatives de désinformation : une molécule approuvée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, autorisée partout dans l’Union européenne, pourra être utilisée pour la filière noisette, en l’absence d’alternative, après validation de l’Anses, ce qui permet de prendre en considération les réserves du Conseil constitutionnel. L’UDR salue ce retour au bon sens. On entend dire que le bloc central pourrait voter contre la rédaction actuelle à cause de cette mesure, après que Gabriel Attal a pourtant fait de la com’ à gogo sur le scandale des surtranspositions. Madame la ministre, avec des alliés comme ça, on n’a pas besoin d’ennemi.

Comme d’habitude lorsqu’il s’agit de soutenir nos agriculteurs, le projet de loi ne passera que grâce au Rassemblement national et à l’UDR. Cependant, il ne s’agit que d’un texte de réglementation, bien pauvre pour venir en secours à nos agriculteurs. C’est pendant les débats budgétaires de cet automne, madame la ministre, qu’on jugera si vous souhaitez vraiment la souveraineté alimentaire de la France. Voici une question simple à méditer d’ici là : nous annoncerez-vous encore une baisse des crédits de la mission ? Dans ce cas, vous pouvez compter sur l’opposition ferme et déterminée d’Hélène Laporte et de moi-même en tant que rapporteurs spéciaux. Pied à pied, nous défendrons nos agriculteurs. Eux aussi, eux surtout, ils attendent pour la France la renaissance.
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Vincent Trébuchet
2026 Jul 20, 23:15:49
Qui peut encore y croire, surtout, quand il est présenté par la majorité en place depuis dix ans, qui porte une responsabilité écrasante dans la situation d’immense précarité que vivent aujourd’hui nos agriculteurs ?
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Vincent Trébuchet
2026 Jul 20, 23:15:39
Les titres des textes agricoles que nous débattons ne trompent plus personne. « Projet de loi d’urgence agricole » : qui peut encore y croire quand c’est le énième et que l’on peine à citer les résultats obtenus par les précédents ?
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Vincent Trébuchet
2026 Jul 15, 16:14:52
En 2023, – il y a quatre ans –, vous aviez promis 239 nouvelles brigades ; plus de 100 ne sont toujours pas déployées sur le territoire. Les brigades de recherche ne sont pas assez fournies pour lutter contre les réseaux de prostitution. Nous vous attendons !
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Vincent Trébuchet
2026 Jul 15, 16:10:39
Monsieur le ministre de l’intérieur, êtes-vous déjà venu en Ardèche ? Je vous y invite, et avant d’aller vous baigner dans ses gorges, je vous présenterai ses habitants excédés par l’explosion de la criminalité organisée qui se répand dans nos territoires ruraux – qui se répand, ou plutôt qui s’installe, dans nos bourgs, nos vallées, nos villages, profitant d’un territoire étendu, de brigades déjà sous tension, de familles isolées et de jeunes vulnérables.

À Lamastre – 6 000 habitants –, la délinquance a bondi de 30 % en quatre ans ; à Vernoux-en-Vivarais, la gendarmerie a été attaquée à la voiture bélier par l’ultragauche ; à Peyraud, le maire victime de menaces doit porter jour et nuit un bouton d’appel d’urgence ; à Annonay, les gendarmes ont été visés encore hier soir par des tirs de mortier.

Mais il y a plus glaçant : les narcotrafiquants recrutent désormais des jeunes Ardéchoises localement, et l’on suspecte fortement les réseaux nationaux de prostitution de capter certaines de nos jeunes filles mineures.

Je veux saluer ici le travail exceptionnel des gendarmes de l’Ardèche, et plus particulièrement de la brigade de recherche de Tournon qui a récemment démantelé un réseau structuré entre Annonay et la vallée du Rhône : treize interpellations, plusieurs kilos de cocaïne, plusieurs dizaines de kilos de cannabis, un fusil-mitrailleur, cinq pistolets-mitrailleurs, onze pistolets automatiques. La brigade a démantelé dix points de deal en un an, mais huit enquêteurs ne peuvent pas tenir seuls face à des réseaux armés, mobiles et organisés.

Nos gendarmes nous le disent : sans renforts, demain ce seront des homicides dans nos campagnes et certaines zones rejoindront la longue liste des territoires perdus de la République.

Allez-vous enfin ouvrir la brigade mobile de Vernoux, promise en 2023 ? Allez-vous d’urgence affecter des renforts d’enquêteurs à la brigade de recherche de Tournon-sur-Rhône ?
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 24, 23:59:52
Identique à celui de notre collègue Hetzel, il vise à ce que la vérification de l’absence d’abus de faiblesse ait lieu avant même que la procédure d’aide à mourir commence. Sans cette disposition, les auteurs d’un abus de faiblesse ayant poussé une personne au suicide assisté ou à l’euthanasie seront certes poursuivis et condamnés, mais la victime sera morte.

L’issue d’une procédure d’euthanasie ou de suicide assisté étant irréversible, il est fondamental de débuter par une double vérification : celle du caractère libre et éclairé de la volonté exprimée et celle de l’absence d’abus de faiblesse. Étant donné la fragilité des personnes concernées – elles sont en fin de vie en raison d’une affection grave et incurable –, il serait incompréhensible de ne pas adopter ces amendements.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 24, 22:37:28
Je souhaite répondre à Mme Simonnet. Nous vivons en France, mais peut-être préférez-vous vivre en Espagne, où une jeune fille dépressive, après une tentative de suicide qui l’a rendue paraplégique, a souffert d’une nouvelle dépression qui a permis qu’elle soit euthanasiée à l’âge de 25 ans. Initialement, il n’y avait donc qu’un mal-être, mais elle est morte car la seule réponse qui lui a été proposée, en vertu de la loi sur l’euthanasie, a été d’en finir avec sa vie.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 24, 21:54:50
Il faut que vous mesuriez à quel point vous êtes déconnectés.

J’en viens à mon amendement, qui vise à corriger une de ces outrances. Il est prévu que si l’on est atteint d’une affection grave et incurable, il suffit de présenter une souffrance liée à cette affection pour avoir accès à l’aide à mourir. Or la rédaction initiale prévoyait que cette souffrance devait être constante. Sachant combien la demande de mort est ambivalente, corrigeons au moins ce point-là.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 24, 21:54:12
Je retrouve nos débats après quelques heures d’absence de l’hémicycle, et j’invite tous les collègues à faire de même de temps en temps : s’absenter une heure ou deux et écouter nos débats à distance permet de se rendre compte des outrances proférées. J’ai ainsi entendu dans cet intervalle que, comme il faisait chaud, il fallait maintenant accélérer – puisque des personnes qui souffraient de la canicule, il fallait les aider à partir.

J’ai aussi entendu certains députés du Modem affirmer en conférence de presse qu’il fallait être rassurés parce qu’on n’allait pas euthanasier toutes les personnes fragiles… Là encore, on est très rassurés ! Et je viens d’entendre que dans nos territoires ruraux, même sans soins palliatifs, on meurt très bien et qu’il n’y a pas de problème.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 23:53:59
Si vous le voulez bien, madame la présidente, je défendrai en même temps, dans cette discussion commune, tous les autres amendements de notre collègue Gérault Verny, à savoir les nos 1898, 1896, 1892, 1899, 1900, 1893, 1894, 1895, 1897 et 1890. Ils portent sur la question sémantique, qui est centrale. Qu’est-ce que l’aide à mourir ? Les termes du sondage ont été rappelés par notre collègue Hanane Mansouri. Si vous souffrez d’une maladie incurable et que vous êtes en proie à d’extrêmes souffrances, voudriez-vous qu’on vous aide à mourir ? Je vais vous surprendre, mais moi, je répondrais oui parce que c’est ce que font les soins palliatifs. Aucune personne n’a envie d’être seule sur terre alors qu’elle vit d’extrêmes souffrances. Elle aura toujours besoin d’être aidée et accompagnée sur le chemin vers la mort.

L’équivoque que vous entretenez en assimilant l’aide à mourir à une forme de remplacement de la mort naturelle accompagnée, pour y inclure l’euthanasie et le suicide assisté, est relayée par tous les médias, en particulier les médias audiovisuels publics. J’en veux pour preuve la dernière émission « Ça commence aujourd’hui » de Faustine Bollaert. Elle s’intitulait : « Accompagner un proche jusqu’à son dernier souffle : leur ultime acte d’amour ! » Croyez-vous qu’il s’agisse d’une présentation équilibrée de l’ensemble des manières de mourir, non seulement de l’euthanasie, mais aussi des soins palliatifs ? Non. C’était une entreprise de propagande pour l’euthanasie et le suicide assisté. En maintenant ce flou sur la notion d’aide à mourir, vous choisissez de remplacer peu à peu la mort naturelle par le suicide et l’euthanasie. C’est une véritable entreprise de désinformation, que les Français finiront par voir, quand ils en seront les victimes.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 20:11:05
Si !
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 20:00:57
Ce sont les mots qui ont été prononcés !
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 19:55:10
C’est incroyable d’entendre des choses comme ça. La sédation profonde et continue est différente de ce que vous proposez, puisqu’elle vise à soulager la souffrance. Les médecins en soins palliatifs disent que la demande de mort s’éteint quand la souffrance est soulagée. Refuser de voir la réalité, c’est votre choix, ce n’est pas le nôtre.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 19:54:40
L’aide à mourir désigne en fait le suicide assisté et l’euthanasie. Il s’agit donc, à nouveau, d’un mensonge sémantique – qui en précédera sans doute beaucoup d’autres.

Je voudrais avoir un mot pour les médecins et les soignants en soins palliatifs, qui ont été présentés de manière vraiment indigne dans des propos tenus précédemment. On a quand même entendu qu’ils laissaient mourir les patients dans d’atroces souffrances, agonisants, presque avec plaisir.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 18:48:18
…vous commencez par inscrire dans le code de la santé publique le suicide assisté et l’euthanasie. Nous allons entendre des mensonges pendant toute la durée des débats, on va nous dire qu’il s’agit d’une mort naturelle, etc. Alors, commençons par rétablir un peu d’objectivité et de vérité, en sortant l’euthanasie et le suicide assisté du code de la santé publique, car ce ne sont pas des soins.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 18:48:03
Cet article vise à inscrire la vision de la fin de vie que vous défendez dans le code de la santé publique et c’est la première absurdité du texte. Alors que la médecine est fondée sur le serment d’Hippocrate – « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément » –,…
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:47:54
…contre l’avis de ses parents ! Choisissons. Nous sommes responsables devant la vie elle-même, devant notre conscience et devant nos enfants.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:46:40
…où le nombre de seniors va exploser, où le poids de la dépendance et des retraites pèsera considérablement sur le budget. Ce jour-là, la proposition de quitter la scène risque fort d’être insistante. Qui peut dire qu’il aura assez de force intérieure pour savoir et dire vraiment ce qu’il souhaite ?

Position égoïste, me direz-vous. Mais où est l’égoïsme ? Dans ce regard qui reconnaît sa propre vulnérabilité comme pouvant être celle de tout homme, et devant donc être protégée ? Ou bien dans cet hémicycle, dans nos rangs de bien portants qui ont décrété qu’à partir de tel stade de pathologie, physique ou psychique, mourir dans la dignité signifiait – de préférence – mettre fin à ses jours et disparaître proprement ?

Chers collègues qui êtes contre ce texte, qui pensez que la société, au seuil de la mort, doit continuer à donner ce qu’elle peut donner de mieux – le soin et le sourire aimant, la présence et non la mort sur demande –, je vous adresse l’invitation de : « Aux armes ! » Aux armes du débat ; aux armes, car l’heure est grave, et rien n’est perdu. L’Écosse, le 17 mars dernier, en troisième lecture – celle que nous commençons aujourd’hui –, a rejeté le projet de loi sur le suicide assisté. La même semaine, l’Espagne, qui a fait le choix inverse, euthanasiait Noelia Castillo Ramos, jeune paraplégique dépressive de 25 ans,…
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:46:37
Surtout dans une France dont le système de santé est à l’agonie,…
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:45:16
…il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que tout est déjà ficelé en haut lieu et que le peuple n’aura qu’à acquiescer à ce qui est déjà décrété comme un progrès.

Trêve de plaisanterie, tant cette propagande est excessive et clownesque. En réalité, je pense que les députés approuvent de moins en moins ce texte pour des raisons bien plus profondes.

Ils voient déjà que le mot « garde-fous » est une vaste blague. À chaque nouvelle lecture à l’Assemblée, les députés favorables à l’euthanasie reviennent, en commission, sur ces fameux garde-fous. Nous avions réussi à obtenir que le suicide assisté soit la règle, et l’euthanasie l’exception ; ce garde-fou a sauté. Nous avions réussi à rétablir un peu d’objectivité, en obtenant que la mort par euthanasie ne soit pas déclarée mort naturelle ; à nouveau, ce garde-fou a sauté. L’un comme l’autre ont sauté, après bien d’autres : bien sûr, les amendements visant à rendre la décision plus collégiale, à renforcer les clauses de conscience, à interdire la publicité pour le suicide assisté, à contrôler les pressions et les gains financiers, à protéger les personnes fragiles ont tous été rejetés.

Au fond, ce qui fait douter les députés jusque-là convaincus qu’il fallait légiférer pourrait se résumer en un mot : fragilité, ou vulnérabilité. Tous, nous pourrions être un jour dans la situation d’avoir recours à l’euthanasie. Et l’on se dit que, peut-être, ce jour-là, si quelqu’un nous propose d’appuyer sur le bouton « fin », nous serons trop fragiles pour dire non.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:44:38
Dernier exemple en date, le 11 juin, l’émission « Ça commence aujourd’hui », avec Faustine Bollaert, affiche un titre passe-partout : « Accompagner un proche jusqu’à son dernier souffle : leur ultime acte d’amour ! » Bien sûr, il ne s’agit pas d’un reportage sur les soins palliatifs, que personne ne connaît, mais d’une démonstration, sans aucune contradiction, dont la conclusion est annoncée dès le titre : l’euthanasie est un acte d’amour. Méchants, si vous être contre, c’est que vous n’aimez pas. Les soignants vous remercient du message.

Quand, enfin, le Conseil constitutionnel refuse l’organisation d’un référendum sur le sujet, alors que 200 parlementaires ont proposé de rendre la parole au peuple français,…
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:43:50
Pourquoi donc le soutien à ce texte s’effondre-t-il ainsi ? Peut-être d’abord parce que tout lobbying incessant est suspect. Quand, en février dernier, au moment de la deuxième lecture, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet – après avoir assuré : « Je ferai tout pour que nous arrivions à l’aboutissement de ces débats avant l’été » – se trouve le matin chez RTL pour faire la promotion du texte, et l’après-midi au perchoir pour assurer la neutralité des débats, cela sème le doute, que voulez-vous. Quand Olivier Falorni, initiateur de cette proposition de loi, est présenté par de nombreux médias comme le nouveau Robert Badinter, cela renforce le doute – sans vouloir faire offense à mon collègue, dont je reconnais les talents. Quand l’audiovisuel public, dont notre commission d’enquête a montré la probité, nous sert matin, midi et soir des reportages à l’eau de rose qui vous donneraient presque envie de prendre un aller sans retour pour la Suisse, on se dit qu’on cherche peut-être à nous forcer la main.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 22, 17:43:12
Nous voici en troisième lecture, et disons-le tout de suite : l’euthanasie, plus on en parle, plus on comprend ce que c’est, moins on y adhère. Depuis 2021, le soutien des députés à l’assistance médicalisée active à mourir ne cesse de s’éroder : il était de 79 % en 2021 ; il est tombé à 75 % en 2023, à 64 % en 2024, à 54 % en 2025, puis à 53 % lors de la précédente lecture du texte, cette année. Et je ne parle pas du Sénat, qui a rejeté en bloc cette proposition de loi, maintes fois. Cette si mal nommée « aide à mourir » est donc minoritaire au Parlement.
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Vincent Trébuchet
2026 Jun 17, 15:04:53
La présidente de l’Assemblée nationale est dans son rôle lorsque, dans le doute, elle saisit le déontologue. Néanmoins, nous aurions souhaité, par la suite, une marque de soutien à un élu injustement visé par une cabale ourdie par des intérêts privés. Puisque tout le monde, dans cet hémicycle, se fait fort de défendre les femmes, nous aurions également souhaité une marque de soutien à une collaboratrice parlementaire qui a été traînée dans la boue et dont la réputation a été livrée en pâture à l’opinion.
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