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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 30, 12:20:29
Je présenterai en même temps les amendements nos 3195 et 3196, qui sont très proches.

Avoir un enfant est un projet de vie ; cela ne devrait pas être la cause d’une impasse financière. Quand une famille renonce à un projet d’enfant pour des raisons d’argent, cela concerne toute la société. Je ne sais pas si tout le monde se rend compte de l’immensité du chiffre, mais 72 % des Français qui ont renoncé à un projet d’enfant évoquent le logement comme frein majeur. Il est insupportable que des couples désirant un enfant y renoncent parce qu’ils n’ont pas les moyens de lui faire une place.

On s’inquiète de la baisse de la natalité et on multiplie les discours sur l’avenir du pays, mais que répond-on aux familles qui voudraient accueillir un enfant et ne peuvent ni acheter, ni déménager, ni agrandir leur logement ? Je propose une mesure concrète, issue de ma proposition de loi adoptée en commission en mai dernier : un prêt à taux zéro pour les familles, accessible de la déclaration de grossesse aux 5 ans de l’enfant, destiné à acheter ou agrandir son logement, dans le neuf comme dans l’ancien, sans conditions de ressources ni zonage.

Il faut instaurer un dispositif simple, lisible, clair et universel, parce que le désir d’enfant ne devrait pas être conditionné par des mètres carrés, parce qu’on ne devrait jamais avoir à choisir entre avoir un enfant et avoir un logement adapté pour l’accueillir. Aider les familles à construire leur foyer, dans tous les sens du terme, c’est aussi préparer l’avenir de notre pays.

Je précise qu’à la différence du no 3196, l’amendement no 3195 vise à étendre le dispositif aux cas de deuil périnatal et d’adoption d’un enfant.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 30, 10:44:50
Comme l’a brillamment exposé M. Serva, pourquoi la France devrait-elle emprunter à 5 % et remplir les poches des actionnaires des banques alors qu’elle pourrait se tourner vers les Français ? Notre pays emprunte à des taux particulièrement élevés sur les marchés financiers. Pendant ce temps, les Français disposent de 500 milliards d’euros qui dorment, alors qu’ils pourraient plutôt contribuer au financement de notre dette.

Nous proposons donc de créer un grand emprunt citoyen, c’est-à-dire un placement rémunéré à 3,5 % sur dix ans et dont les intérêts seraient défiscalisés. Le principe est simple : d’un côté, permettre à celles et ceux qui le souhaitent de prêter directement à leur pays et de faire fructifier leur épargne ; de l’autre, permettre à l’État de réduire les coûts de son financement puisque jusqu’à 25 milliards d’euros d’intérêts cumulés seraient ainsi économisés.

C’est à la fois une question de bon sens et de souveraineté financière. Plutôt que de laisser les marchés décider seuls des conditions dans lesquelles nous finançons notre pays, donnons aux Français la possibilité de prendre part à l’effort collectif.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 13, 18:20:54
Je ne vais pas vous mentir, je suis très émue de prendre la parole ce soir, à l’issue de ces trois semaines si intenses.

Permettez-moi de commencer par quelques remerciements : à vous, madame la rapporteure générale, pour avoir initié et structuré cette démarche , en lien avec les associations de la coalition et les députés de tous les groupes, et pour vous être battue afin que nous puissions l’examiner dans les meilleures conditions ; à vous, madame la ministre, pour avoir soutenu cette démarche et permis au débat d’avancer ; à vous, monsieur le président de la commission spéciale, pour avoir démontré que ce combat ne pouvait être mené sans les hommes ; à vous, mesdames et messieurs les rapporteurs, pour cet incroyable travail de coopération et d’écoute.

J’adresse surtout mes remerciements à vous, associations de la coalition, victimes et militants des droits des femmes et des enfants, pour votre ténacité à faire bouger les choses autant que pour votre contribution à nos travaux.

Grâce à votre investissement, grâce à vous tous, je peux dire ce soir que je vais mieux. Je ne dénoncerai jamais, je ne porterai pas plainte, je ne témoignerai pas – ces choix m’appartiennent.

Mais, grâce à vous, je vais mieux. J’ai donné du sens à ce qui n’en avait pas, j’ai réparé pour que cela ne se reproduise pas, j’ai compris les mécanismes et je me sens enfin reconnue. Grâce à vous tous, je me dis que mes deux petites filles pourront prétendre à mieux.

Nous avons été nombreux à témoigner, signe – s’il en fallait un – que ces violences sont partout et qu’elles sont systémiques. Certains d’entre nous ont été abusés enfants, d’autres agressés adultes. Je tiens à vous exprimer ma gratitude pour vos prises de parole fortes. Votre courage a indiscutablement permis de renforcer le texte et de coller au réel.

Les milliers de témoignages que nous avons reçus et qui sont venus nourrir nos débats ont souvent été déterminants dans les orientations retenues et dans l’issue de certains votes.

Alors merci, car le chemin parcouru est immense. Certes, il demeure imparfait et nécessitera sans doute d’être affiné, voire complété – mais il est immense. Nous avons voulu apporter une réponse globale aux violences sexuelles et sexistes en tenant compte de la réalité de celles et ceux qui les subissent. Tout au long de nos travaux, nous avons cherché à faire progresser le droit et à apporter des réponses concrètes à des situations qui ne pouvaient plus être ignorées.

Nous avons voulu changer de paradigme et inverser la logique. De la police et des parquets spécialisés à la prévention dans les écoles, des parcours de soins à la lutte contre l’excision, de la lutte contre les zones de non-droit en ligne à celle contre la prostitution, nous avons tout repensé.

Je me félicite des avancées obtenues grâce aux propositions du groupe LIOT, que je représente, telles que la suppression de l’obligation alimentaire d’un enfant envers son parent violent, la prise en compte du mouvement MeToo des armées – j’en profite pour saluer les travaux de ma collègue Laetitia Saint-Paul –, mais aussi la prise en compte de la victimisation secondaire et l’ouverture des débats sur la présomption de victimité.

Ce texte nous a permis de faire avancer des dispositions concrètes, mais également d’installer durablement une discussion essentielle sur la place des victimes dans notre droit et dans notre société. Pour autant, une loi ne suffit pas à faire disparaître les violences. Ces avancées doivent désormais se traduire dans les faits. Cela suppose des moyens à la hauteur des ambitions affichées.

J’attire également votre attention sur les engagements que prendront les candidats à l’élection présidentielle. Car il ne faut pas se tromper, ce texte n’est qu’une rampe de lancement que nous leur offrons. Sans budget suffisant et pérenne, les protections que nous inscrivons dans la loi risquent de demeurer insuffisantes sur le terrain.

Au moment de voter ces textes, je pense à toutes celles et à tous ceux pour qui ces avancées ne sont pas de simples dispositions juridiques, mais peuvent changer concrètement les choses ; je pense à celles qui ont trop longtemps hésité avant de parler, à celles qui ont eu le sentiment de ne pas être entendues, à celles qui attendent encore que leurs droits soient pleinement reconnus.

Nous ne pouvons pas effacer ce qu’elles ont vécu. Mais nous pouvons faire en sorte que le droit les protège mieux, que les injustices ne se reproduisent plus, que leur parole soit davantage entendue et, surtout, que les agressions cessent. Nous ne fermerons plus les yeux. Nous avons collectivement défendu cette ambition jusqu’au bout, obtenu des avancées concrètes et fait entrer dans le débat des questions qui ne peuvent plus être ignorées.

Alors oui, nous pouvons être fiers du chemin parcouru : il ne constitue qu’une étape vers une société plus humaine, mais c’est une étape incroyable. Ce vote intervient le jour où, dans le monde entier, des femmes manifestent pour leurs droits et réclament l’égalité à travers le mouvement. Il n’y a pas de hasard. C’est donc avec fierté que le groupe LIOT votera ce texte.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 09, 18:19:19
L’objectif de cet amendement n’est pas de revenir sur le dispositif adopté à l’unanimité en commission, mais seulement de modifier la dérogation qu’il prévoit.

Selon la rédaction actuelle, un acte ne pourrait pas être réalisé pour sauver un organe si la vie du patient n’est pas menacée. L’article 58 impose un consentement explicite et différencié pour tout acte médical de nature effractive ou intime, c’est-à-dire qui franchit une barrière naturelle du corps ou qui touche à l’intimité. Ce dispositif prévoit une exclusion : l’acte peut être réalisé si et seulement si la personne est hors d’état d’exprimer son consentement et que l’acte présente un caractère d’urgence vitale. L’amendement porte uniquement sur ce second critère.

Grâce au groupe de travail constitué par notre collègue rapporteur Guillaume Gouffier Valente et aux échanges que nous avons eus avec d’autres associations ainsi qu’avec les ordres professionnels, il est apparu que ce critère d’urgence vitale pouvait être trop restrictif et entraîner des effets de bord regrettables. Sans que la vie de la personne soit en jeu, certains actes doivent être réalisés à très court terme pour préserver un organe ou un membre. C’est le cas par exemple en cas de torsion testiculaire : passé quelques heures, l’organe est perdu. Dans ces situations, le délai nécessaire pour recueillir le consentement peut entraîner une perte définitive.

Nous proposons donc de substituer aux mots « d’urgence vitale » les mots « impératif pour empêcher la survenue d’un dommage irréversible ». Le principe du consentement explicite reste la règle. Cette rédaction permet un acte si et seulement si il est urgent et nécessaire.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 09, 10:00:41
Cet amendement vise simplement à indiquer que la sanction doit être graduelle. Si l’autorité administrative qui la décide a toute latitude pour la fixer, dans la limite du plafond, elle doit prendre en considération les cas de récidive. L’objectif est de s’assurer qu’une entreprise qui manque à plusieurs reprises à ses obligations sur les violences sexuelles et sexistes ne sera pas traitée de la même manière qu’une entreprise qui faute pour la première fois.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 08, 12:45:00
Sur ce point, nous pouvons agir. Nous devons faire évoluer les règles européennes pour conférer davantage de poids aux critères environnementaux, sociaux et industriels, et pour ne plus réduire la commande publique à la seule recherche du prix le plus bas. Pour l’Europe, c’est la seule manière de lutter contre la concurrence chinoise et de réagir face au protectionnisme américain. Car une offre moins chère aujourd’hui peut coûter beaucoup plus cher demain à notre économie, réduire le nombre de nos emplois et nuire à notre souveraineté industrielle.

Nous devons également assurer une plus grande sécurité juridique à nos maires et à nos collectivités. Beaucoup craignent en effet de voir leur responsabilité engagée dès qu’ils retiennent une offre en réponse à un marché public en se fondant sur un autre critère que le prix. C’est là que nous devons agir, en donnant aux élus les moyens de choisir mieux et d’aider les entreprises du coin.

Cette résolution, énième promesse intenable du RN, n’aura aucune portée, ne trouvera à s’appliquer en aucune manière. Mais elle révèle surtout une différence de méthode : nous croyons en une France qui n’est pas isolée mais défend ses entreprises, protège ses territoires et assume de travailler avec ses partenaires européens pour changer les règles. Ce travail est en cours : un projet de réforme des règles européennes a été présenté pas plus tard que le mois dernier. Pour toutes ces raisons, nous voterons contre cette résolution.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 08, 12:44:11
…et pour soutenir nos TPE-PME en développant les circuits courts.

Mais, contrairement au RN, ils savent le faire dans le respect du droit. C’est précisément de ce point de vue que votre proposition ne tient pas : on ne peut pas prétendre favoriser nos entreprises en introduisant un critère contraire au principe d’égalité de traitement et de libre accès aux marchés publics. Surtout, votre logique risque de se retourner contre nous : si nous fermons nos marchés aux entreprises européennes, croyez-vous sincèrement que les pays voisins continueront de nous ouvrir les leurs ? Nos propres entreprises perdront des marchés en Allemagne, en Italie et en Espagne. Il ne s’agit donc pas de savoir comment fermer nos marchés, mais comment mieux défendre nos entreprises.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 08, 12:43:41
Avec cette résolution sur la commande publique, le Rassemblement national nous propose encore et toujours une recette simple : la préférence nationale. Le problème, c’est qu’en matière de commande publique, les choses sont un peu plus compliquées que cela. La priorité, ce sont d’abord nos territoires, puisque ce sont les collectivités qui concluent l’immense majorité des marchés publics. Or les élus locaux n’ont pas attendu le RN pour chercher à faire travailler les entreprises du tissu local…
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 06, 21:47:42
Avec cet article 30, nous cherchons à mieux repérer les 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, en nous appuyant sur le fait qu’ils sont tous scolarisés dans nos écoles pour mieux détecter les violences subies et pouvoir ensuite les accompagner. Dans ce contexte, je me suis particulièrement intéressée au cas des enfants de 3 à 6 ans, qui sont scolarisés en école maternelle. Ils n’ont pas les mêmes capacités de verbalisation que les enfants de l’école primaire, ni les mêmes moyens d’expression ou de compréhension de leur environnement et des violences dont ils peuvent être victimes.

Aussi m’étais-je interrogée devant vous, en commission, sur le rôle que pourrait jouer la protection maternelle et infantile (PMI) dans l’accompagnement, l’animation ou le soutien des entretiens individuels annuels qui pourraient être menés. Ce soir, je n’ai pas redéposé d’amendement sur ce sujet. J’ai fait ce choix après avoir auditionné des personnels de la PMI ainsi que Départements de France, pour deux raisons qu’ils m’ont exposées et que j’ai trouvées particulièrement pertinentes. Ces arguments doivent toutefois nous amener à repenser le rôle que la PMI peut jouer dans la détection et l’accompagnement des violences.

Tout d’abord, ils m’ont rappelé que leur rôle premier est l’accompagnement à la parentalité, notamment dans les situations de vulnérabilité. Au regard de l’ampleur de la mission qui leur serait confiée, mener ces entretiens dans les écoles deviendrait leur principale mission et risquerait par conséquent de déséquilibrer fortement leur rôle. Ensuite, et c’est particulièrement pertinent, les personnels de la PMI instruisent les enquêtes sociales au titre des informations préoccupantes. Ils ne peuvent être à la fois juge et partie. Reste que s’agissant des violences sexuelles et sexistes (VSS), la question de l’accompagnement à la parentalité est essentielle. Je vous invite à vous interroger sur le rôle de la PMI.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 06, 18:37:20
Je suis émue de vous présenter cet amendement parce qu’en 2026, je ne comprends pas qu’on en soit toujours là. En 2026, une femme ne peut pas entrer aux Francofolies de La Rochelle parce qu’elle porte un tire-lait ! En 2026, une marque de magasins explique fermer ses cabines d’essayage parce qu’on y a trouvé des femmes en train d’allaiter et fait une comparaison avec des excréments humains. Quelques années auparavant, c’est le Louvre et Disney qui demandaient à des femmes de partir. Des hommes nous insultent dans l’espace public et nous crachent dessus. Quel est notre tort ? Avoir sorti un sein plutôt qu’un biberon, proposé un téton plutôt qu’une tétine ! N’est-ce pas considérer le corps des femmes uniquement comme un objet sexuel et non comme le lien naturel entre une femme et son enfant ?

Par cet amendement, je vous propose de reconnaître l’allaitement comme un risque de discrimination au sens de l’article 225-1 du code pénal afin que les femmes allaitantes soient enfin considérées comme les femmes enceintes et qu’allaitant à une période excessivement vulnérable de leur vie – celle du post-partum –, elles se sentent soutenues par toute la société.

J’insiste, parce que ce n’est pas un point de détail : faire en sorte que le corps des femmes ne soit plus un objet sexuel est vraiment un élément fondamental de cette proposition de loi.  
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 06, 18:18:49
Nous en avons beaucoup parlé l’été dernier, lors de la discussion du projet de loi relatif à la protection des enfants : entre 75 % et 80 % des jeunes filles confiées à l’aide sociale à l’enfance (ASE) sont exploitées par des réseaux de prostitution. Cet amendement vise donc à faire du recours à la prostitution d’une jeune fille confiée à l’ASE une circonstance aggravante.

Articulée avec les autres dispositions de l’article 17, cette aggravation de peine vise notamment les cas dans lesquels une proposition d’acte sexuel tarifé impliquant un mineur n’a finalement pas eu lieu.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 05, 23:14:20
Tout d’abord, je remercie M. Gosselin et Mme Garin d’avoir proposé respectivement un amendement et un sous-amendement qui démontrent que, face à une difficulté en termes de moyens, on peut trouver des solutions ensemble.

Je veux ensuite rebondir sur l’intervention de M. Ménagé à propos de l’amendement de Mme Roullaud. Permettez-moi de vous dire que je suis profondément choquée par vos propos. Vous dites être derrière toutes les victimes. De quel droit ? Moi, je ne vous veux ni derrière moi, ni devant moi, ni où que ce soit. Vous dites que nous faisons tous ici de la politique politicienne, mais quel est le seul groupe parlementaire qui n’a pas voté le texte en commission, tout en affirmant qu’il était derrière toutes les femmes victimes ? C’est vous qui faites défaut aux victimes ! Vos propos sont choquants. Vous proposez de détricoter l’article 3. Pire, M. Dessigny propose d’instaurer une sorte de hiérarchie entre les victimes des zones urbaines, qui auraient droit à une police spécialisée, et celles des zones rurales, qui n’y auraient pas droit. Je suis profondément choquée par vos propos. Vous ne défendez aucune des victimes : ni les femmes ni les enfants. Ce n’est pas à la hauteur du débat.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 22:23:37
Madame Cathala, j’aurais aimé qu’on en discute à un autre moment qu’un vendredi soir à 22 h 08 – je vous le concède ! Néanmoins, cet amendement ne sort pas de nulle part. Il a été rédigé avec Mme Anne-Blandine Caire, professeure de droit et spécialiste en sciences criminelles. Il répond à un certain nombre de dysfonctionnements et à un constat : les dispositions existantes sont éparpillées à droite et à gauche. Le principe de la présomption d’innocence est, comme vous l’avez rappelé, inscrit dans notre droit depuis plus de trois cents ans. Mais que faut-il pour qu’on se souvienne que la victime a des droits ? Qu’elle a le droit d’être considérée comme telle ? Qu’on a le droit de croire le plaignant et d’enquêter de manière objective sur les raisons qui l’amènent à porter plainte ?

Je ne comprends pas pourquoi nous avons dû attendre un vendredi soir du mois de septembre 2026 pour parler de la présomption de victimité, qui est, je vous rejoins, une question essentielle et fondamentale, presque un retournement de situation. Mais n’est-ce pas justement ce que nous essayons de faire avec cette proposition de loi intégrale ? Ce soir, nous avons l’occasion d’aller au bout de notre démarche.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 22:15:11
Aujourd’hui encore, une femme qui pousse la porte d’un commissariat entend trop souvent : « Vous êtes sûre ? », « Pourquoi avez-vous attendu avant de venir ? », « Que faisiez-vous dehors à cette heure-ci ? » Ce qu’elle rencontre alors, ce n’est pas le doute méthodique de l’enquête, mais une présomption de mensonge. Je vous propose, ce soir, de lui substituer une présomption de victimité. Il s’agit d’inscrire un nouveau principe dans le code de procédure pénale – une exigence procédurale –, afin que chaque personne déclarant avoir été victime d’une infraction soit considérée comme susceptible d’avoir subi l’infraction alléguée et traitée avec respect, sans préjugé, sans stigmatisation.

Je serai précise, car le mot peut inquiéter. Cette présomption de victimité ne s’oppose pas à la présomption d’innocence, elle s’y ajoute : l’une protège celui qui est accusé contre une condamnation sans preuve, l’autre protège celle qui dénonce contre un soupçon sans fondement. Elle n’inverse pas la charge de la preuve, ne tient pas les faits pour établis et ne retire rien aux droits de la défense.

Certains d’entre vous m’objecteront que le droit positif reconnaît déjà des droits aux victimes et impose aux autorités judiciaires des obligations de protection, d’information et de respect de leur dignité. Mais ces exigences sont dispersées entre différentes dispositions et ne reposent pas sur un principe général de traitement de la personne qui se déclare victime. La présomption de victimité vise à consacrer ce principe directeur.

La CEDH ne s’y est pas trompée : il y a un an, elle a condamné la France pour avoir laissé ses juridictions tenir à une victime des propos culpabilisants. La reconnaissance d’une exigence procédurale dans le traitement des victimes s’impose donc bel et bien. L’instauration d’une présomption de victimité permettrait en outre à la France, pays à l’origine des droits de l’homme, de répondre avec panache à la CEDH.

Notre collègue Bouyx, que je salue, a fait entrer à l’article 11  du texte, qui vient d’être adopté, la notion de victimisation secondaire – cette violence que l’institution inflige parfois au cours de la procédure à ceux qu’elle devrait protéger. C’est une avancée que plusieurs députés de notre groupe défendaient.

La présomption de victimité compléterait utilement cette mesure : après avoir nommé ce qu’il ne faut plus faire, disons comment il faut accueillir la parole d’une victime : avec sérieux, respect et dignité, sans jamais préjuger de l’issue de la procédure. S’attaquer de façon systémique aux VSS – violences sexistes et sexuelles – suppose aussi de traiter systématiquement la manière dont la justice accueille celles et ceux qui les dénoncent.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 22:11:13
L’article 11 est fondamental, parce que la formation et la sensibilisation des policiers et des magistrats ne suffira pas à traiter la question de la victimisation secondaire. J’ai été interpellée il y a quelques jours par une personne de mon entourage qui m’a dit qu’elle avait été victime d’un viol cet été, au cours d’une nuit de juillet. Nous étions alors en plein psychodrame post-Lyhanna, en pleine effervescence autour de la demande d’une loi intégrale – un contexte particulièrement chargé où il n’était plus possible de nier la réalité de la situation. Pourtant, quand elle s’est rendue au commissariat le matin même du viol, le policier lui a dit qu’il la recontacterait pour l’informer de la suite de la procédure et qu’il interrogerait ses proches pour savoir si, en temps normal, elle était une fille facile. Nous parlons d’une femme de 35 ans, violée par un individu inconnu qui s’est glissé dans son lit en pleine nuit, qui porte plainte le matin même et qui s’entend répondre par le policier qu’il demandera à son entourage si elle est une fille facile ! Dans le contexte de cet été, comment est-ce possible ? La jurisprudence devra jouer son rôle, mais cet article demeure fondamental car il inscrit dans la loi qu’il ne faut pas porter atteinte à la dignité de la personne, ni compromettre sa sécurité ou le respect de sa vie privée. Je remercie M. Bouyx d’avoir fait adopter cet amendement en commission et j’espère que nous adopterons cet article.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 18:46:19
Le concept d’aliénation parentale a été très utilisé par certains experts psychiatres au tribunal, et souvent par les mêmes experts. Ce que je me demande, c’est ce que nous faisons face à ces experts qui utilisent des théories sans fondement scientifique pour décrédibiliser la parole des femmes et minimiser la parole des enfants.

Aujourd’hui, il est beaucoup question d’aliénation parentale, mais demain, ce sera un autre terme, une autre théorie. Dans ces conditions, faut-il mentionner l’aliénation parentale dans le texte ? La question que nous devrions plutôt nous poser est la suivante : comment choisissons-nous nos experts judiciaires et que faisons-nous face à eux lorsqu’ils construisent des théories sans fondement, qui sont ensuite répétées et qui portent un tort incommensurable à tant d’enfants et de femmes dans ce pays ?
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 18:37:27
Le texte renforce déjà très substantiellement les garanties applicables aux expertises : agrément spécifique, mention particulière habilitant certains experts à intervenir auprès des mineurs, formation au développement de l’enfant, au recueil de sa parole et au psychotraumatisme. Par cet amendement, nous souhaitons non pas répéter ces exigences, mais les compléter par un référentiel national relatif à la conduite concrète de l’expertise du mineur victime. Les travaux de la commission d’enquête ont en effet mis en évidence l’intérêt d’un cadre commun pour la formulation des questions posées aux experts, les méthodes à utiliser et la limitation des répétitions inutiles du récit des faits. L’objectif est d’harmoniser les bonnes pratiques sans remettre en cause l’indépendance de l’expert ni la compétence du magistrat à déterminer la mission de celui-ci.
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Constance de Pélichy
• 2026 Oct 02, 17:39:50
L’article 4 permet aux militaires victimes de violences sexuelles de pouvoir voir leurs plaintes instruites directement par le procureur, sans avoir besoin d’un avis du ministre des armées.

Le présent amendement vise à aller au bout de la logique en permettant aux victimes militaires dont l’agression serait intervenue lors d’une opération extérieure (Opex) de bénéficier du même statut afin de pouvoir porter plainte au sujet de l’agression dont elles ont été victimes et que cette plainte puisse être instruite sans qu’il soit nécessaire de passer par l’avis du ministre des armées.
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
…mais trop de questions demeurent : comment, par exemple, s’assurer que tous les moyens ont été mis en œuvre pour recueillir la parole de l’enfant dans les meilleures conditions, notamment lorsqu’il est très jeune ?

Certes, il y a un appel, monsieur le garde des sceaux – je vous remercie de le préciser. Pourtant, comment garantir que la parole de l’enfant a été pleinement entendue et prise en compte ? Et à quel moment déciderons-nous, enfin, qu’elle constitue non pas une parole suspecte, mais un élément essentiel de la vérité ? Car le drame des violences sexuelles est que l’absence de preuves matérielles conduit encore trop souvent à mettre en doute la parole des victimes. Derrière les témoignages d’enfants ignorés, combien d’autres choisiront de se taire ? Un enfant que l’on protège, c’est avant tout un enfant que l’on écoute.

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous contenter de débattre des peines. Notre groupe se réjouit de l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis contre les enfants, du renforcement des sanctions – en particulier la perpétuité pour les viols sériels commis sur des mineurs – ainsi que les dispositions relatives au cumul des peines. Ces avancées étaient attendues.

Mais croire que la sanction suffira est une erreur car le véritable défi est ailleurs. Nous devons enfin réconcilier prévention et sanctions. Les opposer est à l’évidence un faux débat. La prévention protège les enfants avant que l’innommable ne survienne ; la sanction protège la société lorsque l’irréparable s’est produit. L’une ne remplacera jamais l’autre – elle lui donne du sens. Si nous sommes contraints de juger, c’est souvent parce que nous avons échoué à prévenir. C’est pourquoi la parole de l’enfant doit devenir le cœur de la politique publique : écouter plus tôt, détecter plus vite, accompagner mieux et former davantage.

Nous voterons ce texte parce qu’il contient des avancées. Mais, soyons clairs, il n’est pas le grand soir de la protection de l’enfance. Le rendez-vous décisif sera celui du projet de loi de finances, et nous vous attendons au tournant.
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
Je respecte les décisions de justice,…
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
Depuis plus de vingt ans, nous attendons un texte qui sorte l’aide sociale à l’enfance de la crise systémique qu’elle connaît. Vingt ans, c’est le temps d’une enfance entière – et c’est assez pour une vie gâchée. Voilà maintenant deux ans qu’une réforme nous était promise ; mais vous avez attendu que la petite Lyhanna vive l’impensable pour inscrire ce texte à l’ordre du jour du Parlement.

Pourtant, monsieur le premier ministre, si l’aide sociale à l’enfance et la lutte contre les violences faites aux enfants sont deux combats majeurs, ce sont deux combats différents, qui nécessitent chacun des réponses spécifiques. En voulant traiter ces deux sujets dans l’urgence, vous prenez le risque de légiférer à l’aveugle. On ne protège pas mieux les enfants sous le coup de l’émotion, sans avoir pris le temps nécessaire pour auditionner, pour évaluer et pour comprendre. Nos enfants méritent mieux qu’un texte élaboré dans la précipitation.

Il serait pourtant injuste de nier les avancées que ce texte contient, comme la préférence donnée à l’accueil à dimension familiale plutôt qu’en établissement, moyennant le développement du recours aux tiers dignes de confiance et l’élargissement du recrutement des assistants familiaux, ou l’obligation d’un contrôle d’honorabilité pour quiconque travaille auprès d’enfants. Notre groupe se félicite aussi d’avoir fait adopter plusieurs amendements importants : l’obligation de recueillir la parole de l’enfant ; l’obligation, pour le juge qui statue sur un changement de lieu de vie, d’entendre d’abord l’enfant lui-même ; la préparation de la transition vers un nouveau lieu d’accueil avec l’enfant, ses parents et les professionnels qui l’accompagnent.

Ces nécessaires avancées ne suffiront pourtant pas à transformer un système à bout de souffle. Une question essentielle demeure en effet : celle des moyens. Comment prétendre réformer l’aide sociale à l’enfance en l’ignorant ? Le manque de moyens a un coût humain : des professionnels épuisés, des enfants insuffisamment protégés, des violences et même, parfois, des vies perdues.

Derrière ces défaillances, il y a des réalités que nous ne pouvons plus ignorer. En 2024, plus de 600 nourrissons ont été violés. Chaque année, 160 000 mineurs sont victimes de violences sexuelles. Parmi eux, près d’un quart n’ont même pas 5 ans. Ces enfants ne savent parfois pas encore parler, mais ils subissent déjà les conséquences de nos manquements collectifs. Lorsqu’ils trouvent la force de raconter l’inimaginable, ils ne demandent qu’une chose : être entendus. C’est précisément pour cette raison que la parole des enfants est précieuse et que nous devons l’écouter.

Ces derniers jours, une affaire a ravivé une question essentielle : quelle place accordons-nous à la parole de nos enfants ? Neuf enfants ont dénoncé le même homme. Neuf enfants ont rapporté des gestes déplacés, des contacts imposés ; pire, ils ont fait le récit de viols. Neuf paroles concordantes – pourtant, l’animateur mis en cause a été relaxé faute de preuves matérielles.
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
Il faut deux jambes pour marcher. La prévention permet d’éviter les passages à l’acte et de traquer les agresseurs. Mais il faut aussi pouvoir les sanctionner lorsqu’ils commettent l’irréparable, l’impardonnable, la plus grave des atrocités.

J’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut ne pas trouver normal de sanctionner plus gravement qu’aujourd’hui les viols sériels et des agissements tout à fait atroces. Mais j’ai aussi beaucoup de mal à comprendre, monsieur le premier ministre, pourquoi, lors de l’examen de ce texte, nous n’avons jamais pu débattre véritablement de la prévention, et pourquoi nos amendements qui traitaient du sujet ont été déclarés irrecevables du fait des moyens qu’ils  requéraient. Les deux sont pourtant indissociables. Cessons de les opposer.
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
Je le répète : opposer la prévention et la sanction de ces crimes n’a pas lieu d’être.
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Constance de Pélichy
• 2026 juil. 21
Comme la semaine dernière, j’ai du mal à comprendre l’hystérisation de ce débat. Vendredi, nous avons connu des moments compliqués mais nous arrivions encore plus ou moins à nous entendre.
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