La ligne ferroviaire Agen-Périgueux est à bout de souffle. Depuis de nombreuses années, cette ligne, qui traverse du nord au sud ma circonscription et offre une desserte fine du territoire, avec des arrêts dans plusieurs villes et villages, est confrontée à des difficultés liées au vieillissement de son infrastructure. Pas une semaine ne se passe sans une panne de signalisation ou un passage à niveaux défectueux. L’année dernière, c’est une panne d’aiguillage qui a obligé pendant plusieurs semaines les voyageurs à changer de train en gare de Montsempron-Libos. Les annulations et remplacements des trains par des cars sont, quant à eux, quotidiens. Ce manque de fiabilité détourne légitimement les usagers du rail au profit de la route. La région Nouvelle-Aquitaine, qui gère les trains express régionaux (TER), voit la fréquentation de ses trains diminuer, et réduit logiquement son offre. Ainsi, il ne reste plus que deux trains directs par jour pour relier Agen à Périgueux. Or cette ligne est indispensable au dynamisme de nos territoires ruraux – je pense à Sauveterre-la-Lémance, village de 600 habitants, qui voit s’arrêter plus d’une quinzaine de trains par jour. Je pense aussi à ces jeunes couples vivant à Penne-d’Agenais et à Laroque-Timbault, qui m’expliquent travailler à Agen et faire quotidiennement le trajet en train. Par ailleurs, après le déplacement du premier ministre à Toulouse, la ligne à grande vitesse (LGV) depuis Bordeaux a désormais un caractère irréversible. Les habitants de ma circonscription vont donc financer le projet via la taxe spéciale d’équipement (TSE), aussi appelée taxe LGV. J’estime qu’ayant déjà une voie ferrée à proximité, ils doivent bénéficier d’un axe de rabattement vers la nouvelle gare d’Agen. Depuis 2020, la région finance, hors compétence, les travaux les plus urgents sur cette ligne. Ces financements permettent de maintenir son exploitation, mais ils s’arrêteront dans six mois ; le pire est alors à craindre. Monsieur le ministre, sous quel délai les habitants de ma circonscription peuvent-ils espérer une régénération définitive de cette ligne ? Sans ces travaux, celle-ci va dépérir et sa fréquentation continuera à chuter jusqu’à sa fermeture.
Depuis plusieurs années, État, collectivités et universités s’efforcent de concrétiser une ambition essentielle pour notre pays : rendre l’enseignement supérieur accessible partout et à tous. Pour de nombreux jeunes des territoires ruraux, l’accès à la formation ne dépend pas seulement du mérite ou de la motivation, mais aussi de la capacité à payer un loyer, à financer des déplacements ou à quitter totalement son environnement familial. Compte tenu de cette réalité, nous avions commencé à bâtir une dynamique de décentralisation avec les campus connectés. Ils permettent à des étudiants de suivre des formations supérieures à distance dans les territoires ruraux. Pourtant, alors que les lycéens découvrent depuis hier soir les résultats de Parcoursup, le campus connecté de Villeneuve-sur-Lot, l’un des plus performants de Nouvelle-Aquitaine, voit son avenir brutalement fragilisé par le désengagement de son partenaire universitaire. Depuis 2021, près de 200 étudiants y ont été accompagnés. Ces étudiants n’auraient pas poursuivi d’études supérieures sans ce dispositif. Et autour d’eux, tout un écosystème local de formation s’est construit avec les collectivités, les acteurs économiques et les établissements partenaires. Cette situation suscite une inquiétude profonde : assistons-nous à un recul de la politique de décentralisation de l’enseignement supérieur ? Alors que nos territoires souffrent déjà d’inégalités croissantes dans l’accès aux soins, à l’emploi, à la mobilité, devons-nous désormais accepter une nouvelle fracture, celle de l’accès à la formation ? Quelle est la stratégie du gouvernement pour garantir aux jeunes ruraux un accès réel à l’enseignement supérieur et préserver les dispositifs qui permettent de lutter contre cette rupture d’égalité territoriale ?