L’arrivée d’un enfant transforme profondément les besoins d’une famille et un logement adapté à un couple peut devenir trop petit lorsque la famille s’agrandit. Cela a un effet limitatif sur la natalité. L’article 7 reconnaît cette réalité en permettant aux familles ayant un enfant de moins de 3 ans de bénéficier du prêt à taux zéro. Toutefois, cette limite d’âge est trop respective, car un projet immobilier nécessite du temps et de l’anticipation. Les parents doivent trouver un logement correspondant à leurs nouveaux besoins, alors que, souvent, l’arrivée d’un enfant limite justement leur capacité d’épargne et d’investissement. Se pose également la question des projets liés à l’arrivée d’un deuxième enfant, qui sont plus fréquents à l’entrée du premier en maternelle, soit l’année de ses 3 ans. Dans l’intérêt des jeunes couples et des familles, nous proposons donc de porter la limite à 6 ans.
Madame la rapporteure a indiqué qu’il existait déjà beaucoup de rapports sur la précarité des AESH. Toutefois, celui que vise à obtenir cet amendement porterait sur une situation bien particulière qui nous tient à cœur : celle des élèves ruraux en situation de handicap ayant besoin d’un accompagnement, notamment par un AESH. Les contraintes liées à la ruralité sont nombreuses : les ressources humaines sont moindres, les distances plus importantes, les places en IME plus rares. Un rapport permettrait d’objectiver les inégalités entre territoires et de proposer des solutions pour que la promesse républicaine d’inclusion scolaire soit également effective partout dans le pays.
Vous allez rigidifier la gestion de cette ressource humaine extraordinaire dont nous avons besoin. Les AESH, nous tous, sur les bancs du bloc national, nous les connaissons, nous les voyons dans nos circonscriptions, nous voyons leurs difficultés et leur détresse. Ce que nous voulons dire, c’est que votre solution est un mensonge qui ne résoudra aucun de leurs problèmes. Nous, nous leur promettons des formations qui leur permettent d’accompagner les élèves, nous leur promettons un temps plein, un vrai métier, de vraies carrières. La solution de la fonctionnarisation, c’est de la démagogie, une fausse promesse. La solution n’est pas toujours la fonctionnarisation, il faut le dire. Vous leur mentez : si demain elles deviennent fonctionnaires, leur situation sera toujours aussi difficile et, j’y insiste, vous leur aurez menti au passage.
Madame la rapporteure, vous avez dit que les gens qui s’opposaient à votre texte de loi souhaitaient maintenir les AESH sous le seuil de pauvreté. C’est une accusation scandaleuse. Ce n’est pas parce qu’on est contre votre mauvaise solution qu’on est favorable au maintien des AESH sous le seuil de pauvreté. Je crois que vous n’avez écouté ni ma prise de parole ni celle de notre excellent collègue Roger Chudeau. Votre proposition, la fonctionnarisation, n’apportera pas de solution à la précarité des AESH. Elles devraient passer un concours qui exclurait quasiment un cinquième d’entre elles. Je vous mets au défi de fixer les épreuves de ce concours compte tenu de la spécificité des situations de handicap. Et que répondez-vous au fait que, lorsque ce concours et cette fonctionnarisation auront été mis en place, les affectations auront lieu au niveau académique, sans aucune garantie que les AESH seront affectées dans leur département de résidence ? Vous allez ajouter à la précarisation et à la difficulté de ce métier de grandes distances géographiques.
Plus de vingt ans après la loi du 11 février 2005 qui a ouvert l’immense chantier de l’école inclusive, les AESH jouent un rôle essentiel dans l’accomplissement de cette promesse républicaine et méritent notre reconnaissance. Malheureusement, ni la valorisation de leur profession, ni le niveau de leur rémunération, ni l’offre de formation, initiale et continue, n’est à la hauteur du rôle qu’elles sont appelées à remplir, à la charnière des enfants, des familles, de l’éducation nationale et du secteur médico-social. La détresse professionnelle des AESH appelle une réponse. Celle proposée par La France insoumise n’est pas la bonne. Derrière la promesse de la fonctionnarisation, aucune réponse n’est apportée aux difficultés du quotidien des AESH. Tout problème de politique publique ne disparaît pas par le miracle de la fonctionnarisation. Au contraire, celle-ci pourrait s’avérer riche de nouvelles contraintes : le recrutement par concours pose la question du contenu des épreuves, au regard de la diversité des situations des élèves accompagnés. Le niveau de diplôme exigé par le concours exclurait toutes les AESH qui exercent aujourd’hui cette profession sans être titulaires du baccalauréat. L’instauration de nouvelles règles de mobilité et d’affectation ferait entrer les AESH dans un système aujourd’hui décrié par les personnels de l’éducation nationale pour sa rigidité administrative. Cette rigidité serait d’autant plus préjudiciable que la profession en question est très dépendante de la spécificité des situations accompagnées. De nouvelles contraintes géographiques pourraient s’ajouter à la précarisation. À cela s’ajoute un argument budgétaire : cette fonctionnarisation représenterait un engagement financier considérable, alors que la solution proposée ne serait pas efficace. En effet, l’adoption de ce texte ne garantirait ni un meilleur accompagnement des enfants ni l’amélioration effective des conditions d’exercice des accompagnants. La promesse de fonctionnarisation manque totalement sa cible, car elle ne traite pas les problèmes auxquels nous devons faire face pour répondre à la détresse des AESH. Depuis 2023, elles ont accès à la cédéisation après un CDD de trois ans – deux tiers d’entre elles sont désormais en CDI. Mais cette avancée notable n’a pas permis de relever les deux défis majeurs et indissociables que sont la rémunération et la formation. La formation initiale et, surtout, la formation continue sont d’autant plus importantes que les AESH sont appelées à accompagner des personnes présentant une grande diversité de situations de handicap. Cette diversité constitue la première richesse, mais aussi la première difficulté de leur mission. Elles doivent donc recevoir à la fois une formation initiale aussi large et fondatrice que possible, mais également bénéficier d’une formation continue au plus près des situations qu’elles doivent gérer au quotidien. Cette formation continue tout au long de l’année pourrait également être le lieu d’échanges renforcés avec le secteur médico-social. C’est sur le fondement de cette formation renforcée que nous pourrons nous attaquer au problème du temps incomplet, donc des rémunérations bien trop basses. Si nous appliquons un ratio d’une heure de suivi et de formation – rémunérée, naturellement – pour deux heures d’accompagnement, nous pourrons transformer le temps de travail moyen des AESH, qui s’élève à vingt-quatre heures, en temps complet. Cette organisation répondrait tant à leurs demandes qu’aux besoins des enfants, car accompagner un enfant qui souffre de troubles du neurodéveloppement ou qui présente un handicap moteur ou sensoriel requiert la maîtrise de connaissances, de pratiques et de compétences diverses. Nous ne pouvons pas demander aux AESH de s’adapter à toutes les situations sans leur donner tous les moyens et tous les outils requis pour se préparer à réussir cet accompagnement. En somme, nous demandons beaucoup trop aux AESH, depuis beaucoup trop d’années, en leur donnant beaucoup trop peu. Il est plus que temps de rééquilibrer leur situation en leur donnant tout ce dont elles ont besoin : formation, rémunération, reconnaissance. Il n’est pas possible de répondre à leur détresse sans répondre aussi à celle des familles d’enfants en situation de handicap, trop souvent confrontées à l’absence des dispositifs nécessaires, à d’interminables listes d’attente ou à des notifications sans effet. Personne n’est plus à même de juger des besoins d’un enfant en situation de handicap que son père ou sa mère et nous réaffirmons que la liberté de choix des familles doit être au cœur de notre approche de l’école inclusive. Pour cela, tous les dispositifs doivent être disponibles et accessibles, de l’institut médico-éducatif (IME) à l’unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) et autres dispositifs de scolarisation en milieu ordinaire, en passant par l’instruction en famille pour motif médical. Les AESH nous demandent de vraies solutions, de vrais moyens d’accompagnement, de vraies rémunérations, de vraies formations. La fonctionnarisation ne leur apporterait rien de tout cela. En 2027, avec Marine Le Pen, nous les leur donnerons.
…du fait des mensonges confortables de responsables politiques trop pusillanimes pour affronter la réalité du décrochage. Demain, avec Marine Le Pen, nous leur dirons la vérité, nous les prendrons enfin au sérieux, nous leur promettrons le relèvement général du niveau et nous leur garantirons que chacun puisse réussir en fonction de ses acquis, de ses compétences et de ses talents.
En somme, le système d’orientation et d’admission dans l’enseignement supérieur a besoin d’adéquation : entre les ambitions de chacun et le contenu des formations ; entre l’exigence des formations et les capacités de chacun ; entre l’offre de formation et les débouchés professionnels ; enfin, entre l’offre de formation et les besoins de la nation française. Face aux défis de l’IA ou de la réindustrialisation, la nation a besoin d’ingénieurs et de techniciens. Pour combler ce besoin, il est essentiel de fournir dans le secondaire et dans le supérieur les formations adéquates. En choisissant massivement la filière générale comme signe de reconnaissance sociale, comme voie de réussite privilégiée, mais trop souvent sans issue, l’éducation nationale a fait le choix général de l’échec et de l’inadéquation. Il est urgent de revaloriser les filières professionnelles et technologiques parce que la nation a besoin des compétences acquises en leur sein. Les principes qui doivent fonder la réforme du système d’orientation et d’admission sont simples. L’orientation dans les collèges et les lycées doit devenir une cause nationale, notamment par la formation des professeurs en la matière. Le baccalauréat doit redevenir la porte d’entrée dans l’enseignement supérieur afin que le recrutement dans ce dernier soit réalisé sur le fondement d’une certification sincère et équitable des compétences acquises. L’enseignement supérieur doit pouvoir sélectionner ceux qu’il recrute suivant des critères transparents de niveau dans les disciplines essentielles à la réussite : pour réussir en licence d’histoire, il faut certes avoir le bac, mais il faut encore ne pas avoir 6 de moyenne en histoire ! L’offre de formation dans l’enseignement supérieur doit enfin être réinterrogée, non seulement pour ouvrir des voies d’excellence et de haut niveau pour la poursuite des études des bacheliers professionnels et technologiques, mais aussi pour répondre aux besoins de l’économie et de la nation. Il est urgent, monsieur le premier ministre, d’arrêter de mentir à la jeunesse de France. Depuis trop d’années, ses dossiers sont de la fausse monnaie,…
Une note qui ne vaut rien malgré une valeur faciale élevée, cela s’appelle de la fausse monnaie. En proposant une pondération nationale, vous n’annoncez qu’une nouvelle usine à gaz, une monstruosité technocratique de plus. Fort de cette pondération, vous proposez en outre une anonymisation qui ne réglera rien, mais rendra toujours plus complexe l’examen des dossiers. Nous partageons néanmoins vos intentions. Oui : il faut une échelle d’évaluation nationale commune à tous les élèves de France. Oui : il faut que l’établissement d’origine ne soit pas un facteur discriminant. Le dispositif qui permet cela a un nom. Il a été créé il y a 218 ans par l’empereur Napoléon : c’est le baccalauréat. Pour mettre fin à la dévaluation des dossiers des lycéens, il est urgent de rendre au baccalauréat son rôle essentiel de certification des compétences acquises dans l’enseignement secondaire et de premier grade de l’enseignement supérieur. L’outil d’orientation, d’admission et – disons-le – de sélection à l’entrée dans l’enseignement supérieur, c’est le baccalauréat. Nous assumons le principe de la sélection, car il faut dire sincèrement aux jeunes de ce pays si les compétences qu’ils ont acquises peuvent leur permettre de réussir dans la filière choisie. Le refus de la sélection n’est qu’un mensonge démagogique, qui conduit la moitié des étudiants de première année à échouer. Une nation comme la France ne peut se contenter de cette déplorable statistique, conséquence d’une massification impensée qui produit simultanément beaucoup d’échecs et beaucoup de frustration, y compris parmi les cortèges des surdiplômés sans débouchés professionnels. À tous ces jeunes auxquels on a menti sur le niveau qu’ils ont acquis ou sur les perspectives des formations qu’ils ont suivies, la gauche et l’extrême gauche racontent la fable d’un système tout entier pensé contre eux, alors que c’est la démagogie de la non-sélection qui alimente ces drames personnels. Car la sélection n’est pas le tri selon les origines sociales, mais selon les compétences acquises, pour garantir la réussite des étudiants. Orienter, c’est certifier des compétences et comprendre des appétences personnelles pour tracer une voie de formation.
Vous tracez enfin les perspectives d’un avenir dont vous ne serez pas responsables, puisque vous ne serez plus au pouvoir dans six mois. Ce débat aura donc un impact fort limité sur la vie de notre jeunesse et l’organisation de notre système éducatif. Il aura cependant une vertu : il mettra en exergue le clivage qui sépare, dans cet hémicycle, ceux qui veulent mentir à la jeunesse pour conquérir ses votes au prix de la démagogie – peu importe si la jeunesse en paie le prix : l’échec de masse – de ceux qui respectent la jeunesse et veulent tenir à son endroit un discours de vérité, afin de lui donner les moyens de sa réussite. Au centre, il y a la Macronie. Prise dans son interminable fin, elle tente de se dédouaner de ses responsabilités. Cette irresponsabilité est incarnée avec talent par un ancien ministre de l’éducation, qui fait le tour des plateaux pour expliquer combien l’opinion n’a rien compris au génie de ses réformes. Le macronisme restera pourtant dans les mémoires comme un désastre sans précédent, contraint de constater de son vivant, avant même de céder le pouvoir, l’étendue de son échec, et condamné à tenter de réparer les conséquences de ses choix. Car la crise que nous traversons est le fruit de réformes éducatives menées par Emmanuel Macron et par Jean-Michel Blanquer. Dans Parcoursup, il faut distinguer la plateforme et la procédure. La plateforme est utile, nécessaire même. Elle a connu des améliorations, rassemble un nombre considérable de formations et centralise les vœux de plus de 1 million de candidats. La procédure, en revanche, est un naufrage : opaque, elle pâtit de mécaniques byzantines qui font planer sur elle l’accusation de s’en remettre à des algorithmes aveugles. Elle se nourrit des dossiers Parcoursup, qui sont devenus une source d’anxiété permanente pour les élèves et leurs familles, mais impliquent aussi une activité chronophage des établissements, des professeurs et des administrations. Le baromètre commandé par le ministère témoigne de cet échec : 82 % des lycéens jugent la procédure stressante et la majorité l’estime opaque, tandis que moins d’un tiers seulement la considère comme équitable. Cette procédure souffre de très nombreux défauts. Je pense d’abord au contrôle continu, qui visait à réduire l’anxiété des épreuves du bac, mais n’a réussi qu’à la généraliser à toute note reçue, provoquant d’innombrables tensions entre élèves et professeurs, mais surtout entre professeurs et familles. Parcoursup souffre également de la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer. Elle a surchargé les emplois du temps en les complexifiant, mais a surtout instauré à la fin de la seconde un choix déterminant et angoissant parmi trop de spécialités, dont l’une est sélectionnée pour être abandonnée. Parcoursup souffre en outre, dans la droite ligne de sa fausse promesse de libre choix, de la non-hiérarchisation des vœux, qui produit des listes d’attente d’une longueur insensée. Aux élèves qui ne reçoivent aucune réponse positive, ces listes infligent la violence du jour fatidique où leurs résultats sont publiés ; d’autres y occupent des positions vertigineuses que tous les secrétaires de scolarité de France – j’en fus un – doivent expliquer avec pédagogie à des familles désespérées. Parcoursup souffre encore de deux phases interminables, de mai à septembre, lors desquelles les élèves d’un moins bon niveau académique doivent attendre que les excellents dossiers admis en tête de tous les classements dans toutes les formations libèrent leur place pour appeler les candidats suivants. Ce système souffre enfin d’un calendrier qui ne permet pas la prise en compte des résultats du baccalauréat, organisé après la publication de ceux de Parcoursup, si ce n’est sous la forme byzantine d’un dispositif « meilleurs bacheliers » qui ne fait qu’ajouter à l’opacité de la procédure. Ce calendrier – il faut bien reconnaître que c’était aussi celui d’APB – a totalement dévalorisé le baccalauréat et conféré une place majeure au contrôle continu. En un mot, il est temps de reconnaître que la procédure Parcoursup constitue une opération de faux monnayage scolaire. Les dossiers Parcoursup sont de la fausse monnaie offerte à nos lycéens, malheureuse annonciatrice de diplômes eux-mêmes dévalorisés. Vous le reconnaissez vous-même, monsieur le ministre, puisque parmi d’autres mesures, vous annoncez l’anonymisation des établissements d’origine et la pondération nationale des notes. Faudrait-il dès lors comprendre que tous les établissements ne notent pas de la même manière et que certaines notes ne témoignent pas sincèrement du niveau académique des élèves ?
…dont la promotion démagogique de la non-sélection pour chacun mènera inéluctablement à la démocratie de l’échec pour tous. La mobilisation lycéenne de ces dernières semaines nous a malheureusement donné raison. Succédant à la frustration, la colère a fait l’objet d’une instrumentalisation immédiate par l’extrême gauche, trop heureuse de jeter le désordre dans les rues. Dès le début de cette mobilisation, le gouvernement aurait dû subordonner l’ouverture du dialogue à la fin des désordres – je vous y avais appelé le 6 octobre, monsieur le ministre de l’éducation nationale, dans ce même hémicycle. En gouvernant sous la pression de la rue, vous avez noué un dialogue avec le chaos qui vous a mis dans la main de l’extrême gauche et d’une représentation tronquée et surpolitisée de la jeunesse française. Vous avez même choisi d’exclure une partie des représentants de la jeunesse étudiante, tels que reconnus par nos textes – à savoir l’Union nationale interuniversitaire (UNI) – et propulsé au rang de représentants des influenceurs issus des réseaux sociaux, dont le président de la République disait pourtant le même jour qu’ils abîmaient notre démocratie ! Le dialogue que vous avez entamé aboutira nécessairement à un duel que vous ne pouvez que perdre, car l’extrême gauche, toute à sa surenchère démagogique, ne se contentera jamais de vos concessions : elle veut votre capitulation.
Pour notre assemblée, ce débat est une redite : il a déjà eu lieu en février dernier, à l’initiative du groupe UDR et de son président Éric Ciotti. Nous l’avions demandé, car dans toutes nos circonscriptions, nous entendions monter la frustration et l’incompréhension face à une procédure honnie et anxiogène : Parcoursup. Cette frustration nous semblait devoir mener tôt ou tard à la colère lycéenne. Il fallait lui répondre, ou condamner la jeunesse à se jeter dans les bras confortables de l’extrême gauche,…
Alors que la filière viticole, notre collègue Galzy l’a rappelé, est fragilisée par la baisse de la consommation de vin, vous dites aux viticulteurs qu’ils font un métier dangereux. Eh bien, non ! Moi qui les connais bien, je sais que nos vignerons et nos viticulteurs exercent un très beau métier ancré dans notre culture, dans notre identité ; un métier qui rapporte 92 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an et 32 milliards de valeur ajoutée. La France compte 50 000 exploitations, qui représentent 450 000 emplois. En décourageant la consommation, vous allez tous les détruire.
La taxe que vous proposez, collègue Davi, nuirait gravement à la santé de la filière viticole. En effet, 9 centimes par verre, c’est presque 1 euro par bouteille.
Depuis plusieurs heures, chers collègues de gauche, on constate comme chaque année votre grande inventivité fiscale en matière de taxes comportementales. Une chose est sûre : l’abus de taxes nuit gravement à la santé !
Sans surprise, l’Union des droites pour la République ne votera en faveur d’aucun de ces amendements. Dans le pays le plus taxé d’Europe, vous avez toujours cette lubie : taxer, taxer, taxer ! Rien ne vous étonnera. Vous ne cessez de prendre en otage la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Son article 13 évoque en effet la « contribution commune », mais pour financer ce qui est prévu à l’article 12, à savoir la force publique.
Autour du pendule de Foucault on retrouve à la fois les grands orateurs de la monarchie restaurée et les généraux de la Révolution, au milieu desquels se distingue naturellement le futur empereur Napoléon. Enfin, dans la crypte se résument et se rassemblent nos gloires politiques, militaires, scientifiques et littéraires, depuis qu’en 1885, lors des funérailles de Victor Hugo, le Panthéon est définitivement devenu le temple de la République. La mémoire d’un peuple est comme l’album de photos d’une famille, où sont rassemblés les plus grands souvenirs. Ainsi, le Panthéon est en quelque sorte l’album de famille de la nation française, un album qui appartient à tous les Français sans exception – n’en déplaise à certains. Les souvenirs qu’on choisit d’y faire figurer, à travers les grands hommes et les grandes femmes qu’on y honore, disent davantage de ce que nous sommes aujourd’hui que de ce qu’ils furent hier. Ils disent surtout que nous sommes une vieille nation bâtie par un grand peuple, qui se célèbre tout entier à travers ses grandes figures. Et finalement, au fronton du Panthéon, on pourrait inscrire : « Aux Français la patrie reconnaissante ». Ces figures historiques nous racontent comme nous sommes : passionnés et passionnants, avides de gloires autant que de divisions, épris de généreuse universalité autant que de fierté nationale. Elles racontent aussi une chose essentielle : l’histoire de France est un récit national, puisqu’elle est le récit de la naissance et de la vie d’une nation, qui excédera toujours les clivages du présent, et parfois même les ramène à ce qu’ils sont, c’est-à-dire pas grand-chose au regard de l’épopée de notre peuple. Après avoir entendu certains discours à cette tribune, on s’en convainc sans souci. Alors que notre pays traverse une crise brutale, qui le fait de nouveau tomber dans sa propension au pessimisme et à la désespérance, l’exemple des siècles passés et des grandes figures qui l’habitent devrait nous inspirer espérance et optimisme. Car la France s’est toujours relevée des grandes difficultés qu’elle a connues, car la France est riche d’un grand peuple, dont tant de grandes figures illustrent les grandes qualités. Pour que demain renaisse la France, offrons-lui une renaissance mémorielle qui lui redonne conscience d’elle-même. Le groupe UDR votera naturellement en faveur de l’excellente proposition de résolution de nos amis et alliés du Rassemblement national. Je conclurai en rappelant à certains que lorsqu’on se revendique de l’héritage de Robespierre, lorsqu’on admire Lénine et Trotski, lorsqu’on se réclame de l’idéologie communiste dont on porte le nom, qui a été responsable de 100 millions de morts, on se fait discret sur les leçons de morale mémorielle.
L’exemplarité de ces vies est donc objet de consensus. Mais cette proposition de résolution est aussi l’occasion, au-delà des figures choisies, de rappeler une vérité d’évidence que le maréchal Foch résumait ainsi : « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. » Dans le brouillard des souvenirs d’une aussi vieille nation que la nôtre, le Panthéon tient lieu en quelque sorte de phare, qui nous rappelle notamment la complexité de notre épopée nationale. Sur les murs de cette ancienne église voulue par le roi Louis XV peuvent se lire les règnes de Clovis, de Charlemagne et de Saint-Louis comme les vies de saint Denis, de sainte Geneviève et de sainte Jeanne d’Arc, tandis qu’à l’emplacement de l’autel, une monumentale sculpture rend hommage à la Convention nationale qui a fondé la République en 1792.
C’est la première fois que je vous entends défendre la Ve République, cher collègue ! Personne ne contestera l’exemplarité de ces vies dédiées à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, de ces vies dédiées à l’unité d’une nation qui n’exclut aucun de ses enfants et n’en prive aucun de parole. La place d’Olympe de Gouges est au Panthéon, auprès des femmes qui l’ont précédée en ce lieu et dont elle aurait applaudi la panthéonisation, mais aussi auprès de tant de figures révolutionnaires dont elle partagea les combats et, pour trop d’entre eux, la fin tragique. La place de l’abbé de l’Épée est au Panthéon, auprès de Louis Braille et de Nicolas de Condorcet, autres grandes illustrations d’une volonté de voir l’éducation et l’expression offertes à tous. La place de Zéna M’Déré est au Panthéon, où elle représentera cette France ultramarine, auprès notamment du Guyanais Félix Éboué, et dans un éclatant témoignage d’unité et de fraternité adressé à Mayotte, terre passionnément française.
L’histoire est décidément une passion française. Les biographies des candidats à la panthéonisation concernées par cette proposition de résolution ont été brillamment rappelées par mon collègue Jean-Philippe Tanguy. Je ne reviendrai pas sur le récit de leurs vies. Personne ne contestera la valeur de ces vies exemplaires et l’hommage qu’elles méritent. Contrairement à ce que j’ai pu entendre, la panthéonisation relève de nos prérogatives, comme cela a été le cas sous la IIIe République et sous la IVe République, qui votaient les panthéonisations dans cet hémicycle même.
Vous auriez dû, monsieur le ministre, conditionner l’ouverture du dialogue à l’arrêt des violences, car on ne dialogue pas sous la pression du chaos. Vous ne jurez que par la « démocratie lycéenne », mais nos lycées ne sont pas des soviets autogérés, et votre démocratie supposée n’est que démagogie. Nos jeunes ont besoin d’une autorité à l’écoute mais, pour cela, encore faut-il qu’il y ait une autorité. Monsieur le ministre, quand parlerez-vous enfin d’autorité ?
C’est pourquoi, avec Éric Ciotti, le groupe UDR propose que les dégâts soient payés par les casseurs et par leurs familles, que leurs allocations soient suspendues, tout comme leur accès au parc social. La responsabilisation des familles est nécessaire pour mettre fin à la violence. À la violence qui se répand dans nos villes, mais qui est aussi le quotidien de tant d’établissements. L’indiscipline que nous constatons dans nos rues existe en effet dans nos classes, et les résultats du Pisa l’ont cruellement rappelé : la France est le pays d’Europe où l’indiscipline est la plus forte. Selon l’Unsa, que l’on ne peut pas suspecter d’être une succursale du bloc national, 68 % des professeurs constatent une augmentation de la violence à l’école. Cette violence est un facteur majeur de la crise des vocations comme de la baisse du niveau scolaire. Alors, puisque la jeunesse nous demande légitimement de lui garantir un avenir meilleur, ayons le courage de lui dire qu’elle a aussi besoin d’autorité et que le respect de l’autorité est une condition de la vie collective.
Depuis une semaine, cet asile est pris d’assaut par l’extrême gauche, qui nous rejoue Mai 68, le mélenchonisme tenant lieu de maoïsme et les mortiers de pavés. Si l’expression lycéenne est légitime, la violence ne l’est jamais, et les blocus ne sont pas des écoles de citoyenneté mais des cours de bolchévisme et de violence politique. Cette violence est intolérable, blessant élèves, personnels éducatifs et forces de l’ordre dans des proportions sans précédent. Cette violence coûtera par ailleurs des millions à la France et, contrairement à Mme Binet, nous ne pensons pas que ce soit au contribuable de payer.