Il est temps de réparer tout ce que vous avez cassé et saboté. Un autre numérique émancipateur, au service de l’intérêt général, est possible. Il est même déjà là et c’est à la puissance publique d’en renforcer le déploiement. Vivement 2027 !
Mais parce que vous ne le ferez pas, que vous vous donnez bonne conscience par une mesure d’interdiction et de contrôle, nous donnons rendez-vous aux Français en 2027.
L’enjeu est d’accompagner les sociabilités tous azimuts, de diversifier les sources d’épanouissement et de construction de soi, dans et hors des usages du numérique. Il faut aussi encourager, par la gratuité, l’accès aux loisirs, aux médiathèques, à la culture et aux sports populaires, et investir sérieusement dans la santé mentale, secteur en piteux état car victime de coupes budgétaires brutales.
…et maximisé la pénétration du numérique dans tous les plis de l’existence humaine ! Sous l’empire Macron, la jeunesse a aussi été sacrifiée. Le fiasco du service national universel (SNU) en fut le symbole, aussi ridicule que coûteux, comme tant d’autres politiques publiques désastreuses. L’horizon est tellement peu réjouissant aujourd’hui. À peine autorisés à interagir sur les réseaux sociaux numériques à 15 ans, les ados devront participer l’année suivante à la journée dite de mobilisation, à l’issue de laquelle l’armée pourra vérifier leur bonne disposition à s’engager. Ce dont vous rêvez, c’est une jeunesse docile, une armée de soldats augmentés. Nous ne méconnaissons pas les effets potentiellement dévastateurs de la vie numérique, pourrie par les marchands d’algorithmes toxiques dévoreurs d’attention. Mais, qu’on le veuille ou non, les relations sociales sont désormais encastrées dans le numérique. Ses jeunes usagers contourneront l’interdiction, quoi qu’il arrive, et non sans risque, puisque les espaces numériques insécures où s’aventurer ne manquent pas. En plus de réguler les plateformes de manière offensive, il faut donc investir dans l’éducation aux médias, à l’information, à la culture numérique et à la prévention des risques et menaces dès le plus jeune âge.
C’est parfaitement irresponsable. À l’heure du dépôt de bilan du macronisme agonisant, il est tellement ironique et en même temps si consternant de constater les dégâts qu’ont faits vos politiques ! Car ce sont bien les macronistes qui ont instauré le tout numérique dans les établissements scolaires, encouragé les EdTech – les innovations technologiques appliquées au secteur de l’éducation – et les écrans partout, sous couvert de modernisation pédagogique – et ils continuent avec l’IA ! Un certain Jean-Michel Blanquer déclarait ainsi, au lancement de votre programme Territoires numériques éducatifs, en 2020, que « le numérique est porteur d’un message d’espoir pour notre école ». C’est bien Emmanuel Macron, le CEO – – de la qui, de la Station F au Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, a obsessionnellement déroulé le tapis rouge aux géants du capitalisme numérique…
Entre deux lois régressives, le gouvernement et ce qu’il reste des parlementaires macronistes se tiennent au garde-à-vous, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite. Le souverainisme de cette dernière est en carton-pâte, puisqu’elle valide le principe d’une soumission docile aux contraintes réglementaires qu’entend imposer de façon erratique la Commission européenne. Comme dirait l’autre, le respect des règles européennes, c’est quand ça les arrange ! Dans les pays qui ont instauré l’interdiction, le prohibitionnisme est bête et méchant : c’est la pensée magique au service de l’inaction numérique. Les « Gafamx » et autres dealers de connectivité addictive dorment tranquilles : nul ne s’attaque à leur juteux commerce. Les gouvernements ont l’impression d’agir, mais l’interdiction est systématiquement contournée. Vous régulez à la marge, sans remettre en question ce business qui s’en prend à toutes les générations, à commencer par les plus âgés, les plus exposés aux arnaques et aux manipulations de toutes sortes. Vous prenez même acte de votre propre impuissance par une mesure paramétrique autoritariste et vous vous déchargez du soin de réguler sur les parents et les personnels éducatifs, pare-feux numériques par défaut, laissés à eux-mêmes. Le message est clair : « Démerdez-vous avec cette interdiction ! »
L’hypothétique application de ce texte est fantasmée dès le 1er septembre prochain, alors même qu’il risque de ne pas être conforme à la Constitution, comme l’a indiqué le Conseil d’État. C’est pourquoi nous déposerons un recours devant le Conseil constitutionnel.
Après des mois et des mois de tergiversations, de surenchères morales anxiogènes, de négociations feutrées, mais aussi d’alertes des associations de défense des libertés publiques, d’avis critiques du Conseil d’État et de tambouilles légistiques bicamérales en CMP, voilà que cette loi visant à interdire, sous prétexte de protéger la jeunesse, l’accès aux réseaux sociaux numériques aux ados de moins de 15 ans est soumise à notre vote. L’obligation de vérifier l’âge a des implications directement liberticides, car elle s’imposera à tout le monde, signant ainsi la fin de l’anonymat en ligne, pilier natif d’internet, d’un numérique alternatif et émancipateur. C’est aussi une loi paternaliste et répressive, qui révèle la bien piètre conception que vous avez de l’enfance et de l’adolescence. Vous projetez sur elles vos propres angoisses et indécisions, votre sentiment d’impuissance et vos pulsions de contrôle. C’est ce texte rachitique et juridiquement branlant que la Macronie, dans son dernier souffle et à l’arrache, a imposé à la sagacité du Parlement, tout ça parce qu’Emmanuel Macron, une nouvelle fois, a décidé d’accélérer, dans une ultime tentative visant à laisser croire que son action a un effet sur la réalité, alors qu’il s’épuise dans l’insignifiance d’une fin de règne poussive.
Naturellement, nous voterons cette motion de rejet. Pour tout dire, vous naviguez à vue. Vous l’avez reconnu en CMP : vous n’avez ni projet ni vision, mais vous compensez en agitant des mesures autoritaires, censées répondre à vos paniques morales, tout en ignorant l’avis des professionnels, des chercheurs et des principaux concernés, à savoir les jeunes. Voilà bientôt dix ans que vous êtes au pouvoir et vous n’avez rien préparé. Et il faudrait, en un mois et demi, instaurer une mesure dont l’application est complexe et qui affectera profondément la vie de millions de mineurs et de parents de notre pays ? Surtout, elle imposerait un contrôle d’identité qui mettrait fin à l’anonymat sur internet, c’est-à-dire au fondement même de la liberté sur internet – rien de moins ! Cette proposition de loi ne réglera rien, car elle est à l’image des algorithmes qu’elle dénonce : d’une opacité totale ! Des échanges avec la direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies de la Commission européenne, la DG Connect, auraient été organisés, mais le débat chez les macronistes est à géométrie variable : tous les parlementaires n’ont visiblement pas été conviés – nous n’en étions pas. Pire encore, le Conseil d’État n’est même pas certain de la conformité de la proposition de loi à la Constitution. Malgré cette CMP organisée en urgence, vous n’êtes donc pas sûrs de pouvoir l’appliquer. Après presque dix ans au pouvoir, votre action n’est plus guidée que par le fantasme du contrôle sur un espace numérique bien plus complexe que ce que votre esprit réducteur vous permet de concevoir. Oui, les jeunes y sont trop souvent exposés à des contenus dangereux – on l’a régulièrement évoqué –, mais ils y trouvent aussi des moyens d’information et d’émancipation qui ouvrent des horizons nouveaux face au racisme, au sexisme, aux LGBTphobies ou encore à la crise climatique, qui pèsent sur leur conscience. Si vous vous préoccupez réellement de leur santé mentale, luttez contre ces fléaux et accompagnez-les dans leurs usages du numérique. Bref, agissez en législateurs soucieux de l’intérêt général et pas en pères et en mères fouettards du numérique, avec une loi écran de fumée. Pour notre part, nous avons conscience de leur intelligence et de leurs aspirations. Nous leur disons : regardez ce que les Insoumis vous proposent ! Nous sommes capables d’instaurer une politique du numérique qui ne soit ni liberticide ni réductrice, en tournant définitivement la page du macronisme autoritaire. Nous en ferons la preuve dès 2027, avec Jean-Luc Mélenchon !
Vous ne pouvez pas vous cacher, comme à chaque fois, derrière l’urgence et l’autosatisfaction ! Les moyens font défaut : je l’ai constaté sur le terrain. Il est donc urgent d’agir. Nous allons sérieusement vous balayer en 2027 et nous ferons bien mieux !
Nous savions que la maison brûlerait. À vrai dire, elle brûlait déjà, mais vous regardiez ailleurs. Promesse en l’air de renouveler entièrement notre flotte de Canadair vieillissants par Emmanuel Macron en 2022, annulation de commandes par Gabriel Attal en 2024, économies de 75 millions d’euros l’an dernier au détriment des budgets consacrés à la sécurité civile, démantèlement de l’Office national des forêts et des agences de l’État : ce sont autant de coupes rases qui nous renseignent sur votre sens des priorités. Vous ne pouvez plus nier vos responsabilités. Sur le territoire national, 30 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année. Vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez pas. Tous les rapports du Giec avertissent depuis 1990 et le constat que dresse le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat est plus grave encore. Vous êtes aussi le gouvernement de la répression des lanceurs d’alerte et des associations environnementales, poussée par l’extrême droite climatonégationniste. Vous auriez pu augmenter les effectifs des pompiers et des forestiers, revaloriser leurs salaires, engager un plan de gestion de l’eau et des forêts, bref : gouverner par les besoins. De notre côté, nous tenons prêts un plan Canicule, une méthode pour nous adapter au dérèglement climatique, la planification écologique, ou encore un plan visant à instaurer des écorégions. L’urgence est là. Pourquoi n’avez-vous rien fait pour nous préparer au choc climatique ?
Depuis dimanche, dans ma circonscription, 2 000 hectares sont partis en fumée dans la forêt de Fontainebleau. Venus de toute la France, 800 pompiers, des gendarmes mais aussi des agriculteurs, des élus locaux et des citoyens ont affronté, nuit et jour, un mégafeu d’une violence inédite. Mon groupe salue leur engagement. Sur place, j’ai vu le courage de la sécurité civile. J’ai rencontré des soldats du feu exténués et à court de matériel. Bien avant ce week-end, l’institution tanguait du fait de la destruction organisée des services publics. Les pompiers ont manifesté en janvier dernier, mais au lieu de les écouter, vous leur avez répondu par la matraque.
Il y a un rapporteur, mais qui ne dit rien, qui attend que ça passe. Au même moment, à la buvette, ils nous regardent de loin ; ils n’ont même pas la décence d’entrer dans l’hémicycle. Il y a un décalage extraordinaire entre ce que vous proposez et les urgences du moment. Alors que nous vivons une canicule exceptionnelle et qu’il n’a jamais été aussi urgent de procéder à une planification écologique pour s’adapter aux dérèglements climatiques qui vont déstabiliser puissamment la société, tout ce que vous nous proposez, c’est une police des mœurs, des sentiments, de l’amour. Vous voulez transformer les officiers d’état civil en flics qui essaieront de regarder ce qui se passe derrière les relations, par l’insinuation et la suspicion. Voilà un modèle de société terrible, et votre attitude est un aveu : vous n’êtes même pas là pour défendre le texte. Je parle au vide. C’est une allégorie formidable du Rassemblement national et de l’UDR : c’est un vide, vous êtes absolument nuls, même pas fichus de défendre vos textes. Et nous, nous nous retrouvons à essayer de débattre face à un mur. Il faudrait suspendre une fois pour toutes cette séance, attendre que nos chers collègues aient fini de déjeuner à la buvette pour que nous puissions commencer à avancer des contre-arguments sur un texte complètement nul, mais qui n’est même pas défendu. Il n’y a pas de discussion générale et nous nous retrouvons face à des gens qui n’assument même pas ce qu’ils proposent, à savoir des mesures discriminatoires, attentatoires aux libertés publiques et qui constituent la négation de cette chose fondamentale qu’est l’amour.
Quelle indignité ! La situation est extraordinaire : vous nous séquestrez toute une journée pour des textes aberrants qui ne servent qu’à assouvir vos pulsions identitaires, racistes et xénophobes, et il est particulièrement choquant de voir qu’il n’y a personne en face de nous pour en répondre car, au fond, vous n’assumez même pas le racisme qui dégouline de tous vos textes.
Il tend à obtenir un rapport sur la possibilité de faire du centre spatial guyanais (CSG) un port spatial pleinement souverain, entretenu et intégralement financé par la France.