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📜Proposition de loi visant à renforcer les droits des consommateurs en matière de démarchage téléphonique
Pierre Cordier
13 févr. 2018

🖋️Amendements examinés : 100%
7 Adoptés1 Irrecevables
1 Rejetés
3 Tombés
Liste des Amendements
Article 1
🖋️Adopté
Annaïg Le Meur
8 juin 2018

Supprimer cet article.

🖋️Irrecevable
Pierre Cordier
8 juin 2018
🖋️Tombé
Pierre Cordier
8 juin 2018

À la première phrase de l’alinéa 2, substituer, à deux reprises, aux mots :

« à caractère personnel »,

le mot :

« téléphoniques ».

🖋️Tombé
Pierre Cordier
8 juin 2018

À la première phrase de l’alinéa 2, après le mot :

« communications »,

supprimer les mots :

« électroniques ou ».


Article 2
🖋️Adopté
Nicolas Démoulin
8 juin 2018

À l’alinéa 2, après les mots :

« l’emploie, »,

insérer les mots :

« l’objet social de la société, ».

🖋️Rejeté
Nicolas Démoulin
8 juin 2018

I. – À l’alinéa 2, après le mot : « emploie », substituer au mot :

« celle »,

les mots :

« , l’objet social de la société ainsi que l’adresse de son siège social, l’identité ».

II. – Compléter cet alinéa par la phrase suivante :

« Les sigles doivent également être détaillés de manière claire et explicite. »


Article 3
🖋️Adopté
Pierre Cordier
8 juin 2018

Au début de l’article 3, substituer aux mots :

« Le même article »,

les mots :

« L’article L. 221‑17 du code de la consommation ».

🖋️Adopté
Nicolas Démoulin
8 juin 2018

Compléter cet article par les mots :

« pour les centres d’appel ou les entreprises dont l’activité principale consiste à réaliser des opérations de démarchage. »

🖋️Adopté
Pierre Cordier
8 juin 2018
Après l'article 3, insérer l'article suivant:

À la fin du second alinéa de l’article L. 223‑1 du code de la consommation, les mots : « sauf en cas de relations contractuelles préexistantes » sont supprimés.


Article 4
🖋️Adopté
Pierre Cordier
8 juin 2018

Compléter la première phrase de l’alinéa 2 par les mots :

« par cet opérateur ou par toute entreprise à laquelle l’opérateur aurait transmis ses données téléphoniques. »


Article 5
🖋️Adopté
Pierre Cordier
8 juin 2018
Après l'article 5, insérer l'article suivant:

Le premier alinéa de l’article L. 242‑16 du code de la consommation est ainsi modifié :

1° Le montant : « 15 000 euros » est remplacé par le montant : « 75 000 euros » ;

2° Le montant : « 75 000 euros » est remplacé par le montant : « 375 000 euros ».

🖋️Tombé
Annaïg Le Meur
8 juin 2018
Après l'article 5, insérer l'article suivant:

Au premier alinéa de l’article L. 242‑16 du code de la consommation, le montant : « 75 000 euros » est remplacé par le montant : « 375 000 euros ».

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 6min.

Mesdames, Messieurs,

La législation et la réglementation actuelles prévoient que le consommateur peut, s’il en fait expressément la demande en adhérant gratuitement au dispositif Bloctel, s’opposer à ce que ses données personnelles soient utilisées dans des opérations de prospection directe, c’est à‑dire en matière de démarchage téléphonique ou de télémarketing.

La loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978, relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, prévoit ainsi, à l’article 38, que « toute personne [...] a le droit de sopposer, sans frais, à ce que les données la concernant soient utilisées à des fins de prospection, notamment commerciale, par le responsable actuel du traitement ou celui dun traitement ultérieur ». Ce droit figure également dans le code des postes et des communications électroniques qui dispose, à l’article R. 10, que « toute personne [...] peut obtenir gratuitement de lopérateur auprès duquel elle est abonnée ou au distributeur de ce service [...] que les données à caractère personnel la concernant issues des listes dabonnés ou dutilisateurs ne soient pas utilisées dans des opérations de prospection directe, soit par voie postale, soit par voie de communications électroniques [...] ».

Le dispositif Bloctel mis en place en juin 2016 suite à l’adoption de l’article 9 de la loi n° 2014‑344 du 17 mars 2014 relative à la consommation (article L. 223‑1 du code de la consommation), apparaît cependant  nettement insuffisant. Le décret n° 2015‑556 du 19 mai 2015 relatif à la liste d’opposition au démarchage téléphonique n’a pas été plus efficace que l’article L. 121‑34 du code de la consommation qui précisait le régime d’opposition au démarchage téléphonique et qui a été abrogé par l’ordonnance n° 2016‑301 du 14 mars 2016 (article 34–V).

Ceci explique sûrement que, selon une enquête réalisée par UFC‑Que Choisir, 9 Français sur 10 se disent excédés par le démarchage téléphonique, qu’ils estiment en recrudescence avec des appels à répétition, y compris le soir et le week‑end ,pour des motifs les plus divers, avec des procédés commerciaux abusifs : « Nous vous délivrons un certificat de conformité énergétique » « Nous sommes agréés par ladministration » « Une aide fiscale vous est offerte » « Acceptezvous de répondre à un sondage officiel… » et, surtout : « Vous naurez rien à payer… », sésame d’autant plus insidieux qu’il s’avère, au final, masquer une démarche commerciale.

Si de telles techniques sont parfois très encadrées, notamment en matière d’appel à l’épargne, de proposition de prêts ou de droit bancaire (articles L. 341‑1 et suivants du code monétaire et financier), leur prohibition s’avère plus rare. Il convient de rappeler, par exemple que la communication des listes électorales ne peut se faire pour un usage purement commercial (code électoral, article L. 28, et R. 16, Conseil d’État, 2 décembre 2017). Reste, dans le droit commun, à assurer le consentement des personnes démarchées. Ainsi, même si depuis son lancement, près de 3,5 millions de personnes ont déjà utilisé cette procédure « bloctel » gratuite, ce qui représente un total de 7,4 millions de numéros de téléphone retirés des fichiers de prospection commerciale des professionnels, près de la moitié des personnes inscrites à cette liste d’opposition, censée freiner le harcèlement téléphonique, s’agacent de recevoir toujours autant d’appels de démarchage commercial.

La prospection téléphonique est le seul système de démarchage où le consentement par défaut du consommateur est admis. Pour les mails et les SMS, c’est le système de « l’opt in » qui est retenu, où le consommateur doit expressément accepter de recevoir des sollicitations. En Allemagne, le démarchage non sollicité est totalement interdit, les contrevenants risquent 300 000 euros d’amende.

Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs insisté sur le fait que la consultation généralisée de données pouvait être attentatoire au respect de la vie privée, dans sa décision relative au fichier positif des crédits à la consommation : « eu égard à la nature des données enregistrées, à lampleur du traitement, à la fréquence de son utilisation, au grand nombre de personnes susceptibles dy avoir accès et à linsuffisance des garanties relatives à laccès au registre, les dispositions contestées portent au droit au respect de la vie privée une atteinte qui ne peut être regardée comme proportionnée au but poursuivi ». Même si le démarchage téléphonique ne présente pas le même degré d’atteinte à la vie privée, il n’en comporte pas moins de tels risques et présente, au plan général, un aspect intrusif.

Il est par conséquent nécessaire de renforcer sans plus attendre les droits des consommateurs, qui devraient pouvoir ne plus être importunés chez eux, contre leur gré, et ne plus être assaillis d’offres et d’informations commerciales diverses qu’ils n’ont pas sollicitées.

C’est pourquoi l’article premier de la présente proposition dispose que les consommateurs doivent donner expressément leur accord pour que leurs données personnelles puissent être utilisées à des fins commerciales avant toute prospection ou démarchage et qu’à défaut d’accord, les données personnelles des consommateurs sont réputées confidentielles, et ne puissent en aucun cas être utilisées à des fins commerciales.

L’article 2 précise le contenu de l’appel. À l’heure actuelle le dispositif prévoit : « Sans préjudice des dispositions de larticle L. 22112, le professionnel qui contacte un consommateur par téléphone en vue de conclure un contrat portant sur la vente dun bien ou sur la fourniture dun service indique au début de la conversation son identité, le cas échéant lidentité de la personne pour le compte de laquelle il effectue cet appel et la nature commerciale de celuici. ». Ce dispositif mérite que la qualité de salarié du démarcheur soit également indiquée dans l’appel : dans la plupart des cas le nom de la société pour laquelle le démarchage est effectué n’est pas indiqué lors de l’appel.

L’article 3 vise à mettre en place un indicatif unique pour le démarchage téléphonique. Il complète à cette fin l’arrêté prévu par l’article L. 221‑17 du code de la consommation : « Un arrêté conjoint des ministres chargés de la consommation et de léconomie numérique, pris après avis de lAutorité de régulation des communications électroniques et des postes, définit les tranches de numéro qui ne peuvent être utilisées comme identifiant dappel par un professionnel qui joint un consommateur, en tenant compte du plafond de tarification et du format de ces numéros. » La mise ne place d’un indicatif unique ne relève en effet pas du domaine de la loi, mais doit trouver sa place dans le champ de cet arrêté.

L’article 4 prévoit un accord exprès des personnes qui signent un contrat, notamment avec un opérateur de téléphonie, pour le démarchage, alors qu’aujourd’hui c’est seulement une information par l’article L. 223‑2 du code de la consommation : « Lorsquun professionnel est amené à recueillir auprès dun consommateur des données téléphoniques, il linforme de son droit à sinscrire sur la liste dopposition au démarchage téléphonique. Lorsque ce recueil dinformation se fait à loccasion de la conclusion dun contrat, le contrat mentionne, de manière claire et compréhensible, lexistence de ce droit pour le consommateur ». Il convient de passer de ce système d’information à un « droit d’opposition » à un accord exprès du consommateur lorsqu’il signe son contrat, ce qui complète, en matière de contrat de téléphonie, le principe général de l’article premier.

L’article 5 actualise les sanctions applicables en cas d’utilisation frauduleuse des données personnelles.

Tel est l’objet de la présente proposition de loi que nous vous demandons de bien vouloir adopter.

Article 1

Après l’article 38 de la loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, il est inséré un article 38‑1 ainsi rédigé :

« Art. 381. – Les données à caractère personnel issues des listes d’abonnés ou d’utilisateurs de communications électroniques ou téléphoniques ne peuvent être utilisées dans des opérations de prospection commerciale directe sans l’accord préalable explicite de la personne physique auxquelles ces données à caractère personnel se rapportent. Cet accord peut être dénoncé par l’abonné à tout moment. L’opérateur est tenu d’informer clairement l’abonné de cette faculté de résiliation.

« Cet accord doit être soit expressément adressé à l’opérateur de communications visées à l’alinéa précédent pour tous les abonnements contractés antérieurement ou postérieurement à la loi n°       du       visant à renforcer les droits du consommateur en matière de démarchage téléphonique, soit recueilli expressément par la personne qui effectue le démarchage, sous forme écrite s’il se traduit par une vente ou une prestation de service payante.

« Les dispositions des précédents alinéas ne s’appliquent pas lorsque le traitement répond à une obligation légale ou de sécurité publique ».

Article 2

Après le mot : « indique », la fin du premier alinéa de l’article L. 221‑16 du code de la consommation est ainsi rédigée :

« de manière explicite au début de la conversation son identité, le nom de la personne morale qui l’emploie, celle de la personne pour le compte de laquelle il effectue cet appel si elle est distincte de l’employeur et la nature commerciale de l’appel. »

Article 3

Le même article est complété par la phrase suivante : « Cet arrêté détermine un indicatif unique ».

Article 4

Le deuxième alinéa de l’article L. 223‑2 du même code est ainsi rédigé :

« Lorsque ce recueil d’information se fait à l’occasion de la conclusion d’un contrat, le contrat recueille l’accord exprès du consommateur pour être démarché. À défaut d’un tel accord, le numéro ne peut être communiqué pour un usage commercial de démarchage téléphonique ».

Article 5

L’article 226‑18‑1 du code pénal est ainsi rédigé :

« Art. 226181. ‑ Le fait de procéder à un traitement de données à caractère personnel concernant une personne physique sans que cette dernière n’ait donné son accord préalable et écrit pour que ses données soient utilisées, lorsque ce traitement répond à des fins de prospection commerciale, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. »

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