La France connaît une augmentation sans précédent des agressions envers les sapeurs-pompiers. Le 4 septembre 2018, le pompier Geoffroy Henri perdait la vie en mission, poignardé. Pas une semaine ne se passe sans qu’un pompier soit agressé. Au cours du seul week-end des 14 et 15 septembre dernier, quatre agressions ont eu lieu en Essonne, portant à plus de cinquante-six le nombre de plaintes dans ce département. Dans cet hémicycle, notre indignation est unanime face à ces actes dont sont victimes ces femmes et ces hommes de devoir. Nous les assurons, j’en suis persuadé, de notre entier soutien, et dénonçons à l’unisson ces actes inadmissibles contre les dépositaires du service public. Nous voulons accompagner ces héros du quotidien frappés dans l’exercice de leur mission. À Étampes, ma commune, des voyous qui avaient agressé, il y a quelques semaines, deux sapeurs-pompiers ont été rapidement interpellés par la police, et l’un d’entre eux a été très lourdement condamné. Je salue – et je suis persuadé que nous saluons tous – cette décision. Vous avez engagé, monsieur le ministre, une réflexion et des travaux contre cette gangrène de la République. Mais le soutien moral et les travaux de réflexion ne suffisent plus, les mesurettes non plus. Il faut des actes, et des actes forts. Les sapeurs-pompiers n’ont plus le feu sacré, et ce ne sont pas les annonces que vous avez faites lors de leur congrès national qui vont les rassurer. Vous convenez, monsieur le ministre, que notre système de secours et d’urgence est à bout de souffle, et nécessite une profonde réforme. Mais c’est à l’État d’assurer la sécurité de ses serviteurs, car les soldats du feu n’en peuvent plus. Vous n’avez pas répondu non plus au mouvement de grève qui perdure depuis le mois de juin, et vous n’avez pas endigué la crise des vocations qui frappe cette profession. Monsieur le ministre, la République et la représentation nationale exigent des réponses concrètes et immédiates.
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’agriculture. Alors que nous sommes déjà confrontés à une conjoncture économique très difficile, ces six derniers mois ont encore plus profondément bouleversé le monde agricole : décision de la France d’opérer un transfert supplémentaire de 4,2 % du premier vers le second pilier de la politique agricole commune, suppression de la réduction de sept points de la Mutualité sociale agricole – que les agriculteurs avaient pourtant obtenue de longue lutte –, non-mise en place de l’épargne de précaution dans la loi de finances pour 2018, décision de supprimer le glyphosate en France d’ici à trois ans alors que l’Europe l’a homologué de nouveau démocratiquement pour cinq ans, spectre d’une renationalisation de la PAC, accords du CETA et du MERCOSUR qui vont ouvrir nos frontières et accroître une fois de plus les déjà très grandes distorsions de concurrence. Voilà autant de sujets qui affectent très négativement l’agriculture et cristallisent la colère du monde agricole. Il faut également ajouter les conclusions issues des États généraux de l’alimentation, qui risquent de remettre en cause le modèle de production français sans apporter de réelles garanties aux consommateurs. Monsieur le ministre, il faut bien sûr rappeler avec force que l’agriculture française est la plus saine et la plus sûre. Un exemple : quarante-six molécules sont interdites en France alors même qu’elles sont autorisées en Europe. L’agriculture française, vous le savez, n’est pas sur un pied d’égalité avec ses concurrentes. Il faut également accompagner les efforts que nos agriculteurs déploient ainsi que les très importantes mutations qu’ils ont engagées depuis de nombreuses années. Or, aujourd’hui, vous ne faites que les accabler. Voilà la vraie question : le Gouvernement aime-t-il encore les agriculteurs français ? À l’heure où la confiance du monde agricole à l’égard du Gouvernement est profondément altérée – ils vous l’ont largement fait savoir à la mi-décembre dernier –, quelles mesures entendez-vous mettre enfin en œuvre, monsieur le ministre, pour sauver notre agriculture ?