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Graziella Melchior
• 2026 Oct 07, 17:33:25
Cet amendement a été déposé par ma collègue Pauline Cestrières. Il ajoute à la liste des circonstances aggravantes les cas dans lesquels l’auteur des faits a un lien de parenté avec la victime et ou il en est le supérieur hiérarchique.

Ces circonstances traduisent un rapport de domination familiale ou professionnelle qui facilite la commission de l’infraction, ainsi que le silence de la victime. Elles justifient donc une répression aggravée.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 07, 17:26:12
L’article 227-23-1 du code pénal réprime le fait, pour un majeur, de solliciter auprès d’un mineur la diffusion ou la transmission d’images, de vidéos ou de représentations à caractère pornographique de celui-ci. Par mon amendement, je souhaite ajouter au fait réprimé par cet article celui de solliciter une photo ou une vidéo d’un enfant dénudé.

En effet, comme l’indique la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui soutient cet amendement, les cyberprédateurs qui approchent les enfants n’exigent presque jamais d’emblée des contenus explicitement pornographiques ; ils procèdent par étapes successives de conditionnement – ce qu’on appelle le. Il est donc évident que nous devons protéger nos enfants de ces sollicitations et de ce processus, qui peut conduire au pire.

Madame la rapporteure, je précise que j’ai sécurisé la rédaction de l’amendement, conformément à ce que vous m’aviez demandé en commission.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 07, 00:01:18
Cet amendement vise à abroger l’article 164 du code civil, qui dispose : « Il est loisible au président de la République de lever, pour des causes graves », les prohibitions au mariage entre ascendants et descendants ou encore entre oncles et nièces. Le maintien d’une telle possibilité de dérogation entre en totale contradiction avec l’objectif de protection des personnes contre les violences sexuelles et intrafamiliales poursuivi par cette proposition de loi intégrale. S’il est vrai que cette dérogation n’est plus utilisée, et c’est heureux, il me paraît pertinent de supprimer cette disposition archaïque de notre droit.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 06, 23:44:18
Je le retire mais je voudrais avoir l’assurance que les enfants restent exposés le moins longtemps possible à des agresseurs potentiels.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 06, 23:40:42
Monsieur le ministre, au mois de juin dernier, vous avez donné comme consigne aux recteurs de suspendre un agent dès lors que des faits de violences sexuelles étaient dénoncés et vraisemblables. Mon amendement vise en substance à inscrire cette consigne dans la loi et à établir un socle commun permettant, lorsqu’un risque grave est objectivé, d’empêcher immédiatement que l’agent reste au contact des mineurs. Le dispositif est applicable aux personnels des établissements d’enseignement et de formation, aux professionnels et intervenants des établissements et des services relevant de la protection de l’enfance ainsi qu’aux personnels des établissements et des services d’accueil de jeunes enfants. L’objectif est de mettre à l’écart les professionnels lorsque des éléments graves et concordants sont dénoncés et d’éviter qu’un enfant demeure exposé. Cette mesure est de nature conservatoire : elle ne préjuge ni de la culpabilité ni de la responsabilité de la personne concernée et ne se substitue ni à une enquête administrative ou judiciaire ni à une procédure disciplinaire. Les recours sont évidemment possibles.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 05, 19:31:51
Lorsqu’un viol est commis dans certaines conditions particulières, l’article 222-24 du code pénal prévoit une aggravation des sanctions, portant à vingt ans la possibilité de réclusion criminelle. Parmi ces circonstances aggravantes figure celle du viol commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. Néanmoins, ces dispositions ne couvrent pas nécessairement toutes les situations dans lesquelles un professionnel ou un bénévole intervient auprès d’enfants, notamment dans les écoles, les structures périscolaires ou les lieux d’accueil de la petite enfance. Cela peut concerner un agent territorial, un professionnel ou un bénévole extérieur intervenant ponctuellement auprès d’enfants.

L’amendement prévoit donc une circonstance aggravante autonome lorsque l’auteur exerce une activité professionnelle ou bénévole auprès de mineurs et que les faits sont commis dans l’exercice ou à l’occasion de cette activité. Nous devons tout faire pour protéger nos enfants dans les lieux qui les accueillent, comme les récents scandales nous l’ont malheureusement rappelé.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 02, 22:59:19
Le nouvel article 61-2-1 du code de procédure pénale prévoit l’enregistrement audiovisuel de l’audition des victimes de violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales, afin de préserver leur parole et d’éviter la répétition de leur récit. Il ne prévoit pas l’adaptation de cette audition lorsque la victime est en situation de handicap.

Or, comme le souligne le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), certaines victimes rencontrent des difficultés importantes pour comprendre les questions qui leur sont posées ou pour exprimer les faits lorsque les moyens de communication ne sont pas adaptés. La victime est en outre auditionnée tout au long de l’enquête et de l’information, et non seulement lors du dépôt de plainte.

Le présent amendement pose donc, pour toutes les auditions de la victime, le principe d’une adaptation des modalités à ses besoins de compréhension et d’expression et ouvre le recours aux moyens de communication adaptés.

Il précise enfin que, lorsque la victime s’exprime en langue des signes ou au moyen d’outils de communication alternative et améliorée, l’enregistrement restitue son expression et celle de l’interprète. Cette garantie protège la parole de la victime : en cas de contestation de la traduction, c’est la parole elle-même, et non seulement son interprétation, qui figure au dossier.
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Graziella Melchior
• 2026 Oct 02, 22:52:56
Pouvoir porter plainte est la première condition de l’accès à la justice. L’article 13 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies impose de la garantir, y compris par des aménagements procéduraux.

Cet amendement – dû à Christine Le Nabour – pose le principe d’une adaptation des modalités du recueil de la plainte aux besoins de la victime et ouvre la possibilité de recourir à l’ensemble des moyens de communication adaptés, y compris le codage en langue française parlée complétée et la transcription écrite, indispensables à de nombreuses personnes sourdes ou malentendantes qui ne pratiquent pas la langue des signes. Il permet enfin, lorsque le commissariat ou la brigade n’est pas accessible, de recueillir la plainte en tout autre lieu adapté, sans que la victime ait à renoncer.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:41:38
Je n’ai rien contre un rapport, mais tant qu’à en demander un, vous pourriez être plus ambitieuse. J’avais proposé en commission de demander au gouvernement un rapport pour dresser le bilan de l’application des obligations issues des lois Egalim et Agec, en intégrant une vision prospective concernant l’extension de l’interdiction à d’autres établissements. Votre amendement va moins loin que le mien.

J’ai choisi de retirer mon amendement pour les raisons que j’ai évoquées précédemment. Nous voulons aboutir à un vote conforme. L’idée de départ était de clarifier la loi Egalim, en ajoutant la vaisselle aux contenants visés par une interdiction. C’est ce que nous cherchons à faire aujourd’hui ; il sera toujours temps ensuite de mener des études de bilan et de prospective.

Demande de retrait ; à défaut, j’émettrai un avis défavorable.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:34:54
M. Arenas l’a souligné, nous devons être attentifs à l’alimentation de tous. Même s’il serait souhaitable d’étendre l’interdiction des contenants alimentaires en plastique à l’ensemble des établissements de santé, cette mesure serait compliquée à mettre en pratique : changer tous les contenants alimentaires dans l’ensemble des établissements, y compris dans les hôpitaux, impliquerait des investissements importants – il faudrait aussi former les personnels et trouver des solutions de rechange.

Nous souhaitons ici combler de manière consensuelle un vide juridique concernant la vaisselle en plastique. Cela suppose de légiférer au plus vite, si possible avec un vote conforme du Sénat. Étendre le périmètre de l’interdiction risquerait de mettre en péril l’adoption du texte. La loi Egalim prévoyait une application de l’interdiction au 1er janvier 2025 et au 1er janvier 2028. Si nous étendions l’interdiction en prévoyant une autre date d’entrée en vigueur, la loi Egalim serait suspendue. Ce serait une perte de temps pour les enfants ; je doute que ce soit votre intention.

Je souhaite en revanche qu’une étude d’impact soit menée pour évaluer à quel horizon temporel et dans quelles conditions cette mesure pourrait s’appliquer – je ne demande pas un rapport, il serait supprimé par le Sénat. Il est nécessaire également de dresser le bilan de ce qui existe, mais cela ne sera pas possible avant 2028, toutes les communes n’étant pas encore concernées – il est urgent d’attendre. Toutefois, nous pouvons inviter les établissements de santé et les autres collectivités disposant de restaurants à étudier la possibilité d’une trajectoire pour sortir du plastique.

Avis défavorable.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:30:01
Je comprends votre volonté d’étendre l’interdiction aux centres de loisirs et aux colonies de vacances. L’amendement est en partie satisfait : la loi mentionne déjà les services de restauration collective des établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans, ce qui inclut les centres de loisirs et les colonies de vacances accueillant ce public.

Il est peut-être moins facile de remplacer le plastique par un autre matériau dans les colonies de vacances, étant donné leur organisation, mais pour le moment, je considère que ce que vous demandez est déjà dans les textes. Nous devons nous concentrer sur la restauration scolaire et je rappelle que nous souhaitons un vote conforme au Sénat : toute extension du périmètre risquerait de compromettre cet objectif. Je sais que c’est compliqué, mais c’est le seul moyen d’obtenir très vite l’application de la loi.

Avis défavorable.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:28:07
Peut-être mais cela aurait été inconstitutionnel, ce qui est différent.

De plus, votre amendement mentionne les ustensiles, mais ce terme n’apparaît pas dans la proposition de loi. En renvoyant au pouvoir réglementaire le soin de préciser une interdiction qui n’est pas claire au niveau législatif, cet amendement ouvrirait la porte à de nouveaux contentieux dans lesquels Plastalliance se jetterait avec plaisir, ce qui risquerait de relancer un feuilleton indésirable. Si nous nous en remettons à un décret, nous nous exposons à des contestations et, par conséquent, à devoir déposer une nouvelle proposition de loi, et ainsi de suite – je ne vous fais pas de dessin.

Je comprends que votre amendement entende consolider juridiquement l’interdiction du plastique, mais je crains malheureusement qu’il ne fasse l’inverse. Avis défavorable.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:26:20
Je vous remercie, cher collègue, d’avoir pris en compte la demande que j’avais formulée de remplacer le verbe « compléter » par « préciser », s’agissant de la liste des interdictions. En effet, le verbe « compléter » aurait provoqué une incompétence négative et cette disposition aurait donc été inconstitutionnelle.

Cependant, le fait d’avoir modifié ce terme rend votre amendement inutile. Le premier ministre peut toujours préciser la loi par décret ; il n’a pas besoin d’habilitation législative pour cela. Pour tenter de vous en convaincre, je vous lis cet extrait du guide de légistique rédigé par le Conseil d’État : « En vertu de l’article 21 de la Constitution, le premier ministre assure l’exécution des lois […] et exerce le pouvoir réglementaire. Il en résulte que, juridiquement, il n’est pas nécessaire qu’une loi renvoie à des décrets d’application pour que ceux-ci puissent être pris. […] Dès lors, il revient en principe au premier ministre de préciser les modalités d’application d’une loi. » Nous n’avons donc pas besoin que la loi prévoie explicitement un décret pour que celui-ci soit édicté.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:21:19
Comme je vous l’avais indiqué en commission, les biberons sont inclus parmi les contenants mentionnés par la loi Egalim dont l’interdiction est prévue au 1er janvier 2025. L’article réglementaire qui mentionne explicitement les biberons n’a pas été annulé par le Conseil d’État. Les biberons en plastique sont donc déjà interdits par la loi actuelle. Je vous invite à retirer votre amendement ; à défaut, mon avis sera défavorable.

En ce qui concerne les ustensiles, je partage votre ambition. C’est une question que nous nous sommes posée au fil des auditions. Même si nous souhaitions les inclure, la direction générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture a confirmé qu’il n’existait pas de solution alternative pour l’ensemble des ustensiles. L’amendement serait donc difficile, voire impossible à appliquer, à moins de réduire la diversité de l’alimentation dans les cantines.

Nous avons évoqué le cas des essoreuses à salade qui, même en inox, contiennent toujours du plastique.

Par ailleurs, la définition même de l’ustensile manque de précision. À quel moment un objet devient-il un ustensile et à quel moment cesse-t-il de l’être ?

Nous pouvons inviter les collectivités à étudier la possibilité de remplacer ces ustensiles lorsque c’est possible mais je suis défavorable à votre amendement.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:16:44
Ma proposition de loi, qui s’inscrit dans la logique de la loi Egalim, porte sur le plastique à usage unique comme sur le plastique réemployable. Vous vouliez une explication claire, vous l’avez.

Pourquoi visons-nous aussi le plastique réemployable ? Le plastique à usage unique a des effets environnementaux nettement plus nocifs que le plastique réemployable, mais leurs effets sanitaires sont identiques. Dans le cas du plastique réemployable, ils peuvent même être plus graves, comme l’ont souligné plusieurs personnes lors des auditions : à la longue, le plastique réemployable peut se rayer et libérer des microplastiques.

L’ambition de ce texte, en plus de préserver l’environnement, est de protéger nos enfants du plastique. Par votre amendement, vous réintroduisez du plastique dans le quotidien de nos enfants, ce que nous voulons précisément éviter. En mettant en exergue la différence entre le plastique réemployable et le plastique à usage unique, vous entretenez un flou juridique pour les collectivités territoriales engagées dans l’abandon du plastique, pour qui les choses étaient pourtant claires : leur engagement concerne aussi bien le plastique réemployable que celui à usage unique.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:16:38
Excusez-moi, mais Mme Riotton n’est pas rapporteure de ce texte.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:16:34
Le plastique réemployable est concerné, bien sûr.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:16:10
Pourquoi ne s’agirait-il que de l’usage unique ? Le texte vise la matière plastique : dès lors que le contenant est en plastique, il peut être à usage unique comme réemployable. Tout cela est très clair, et mon rapport l’était tout autant.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:15:55
Madame la députée, je ne vois pas en quoi ce n’est pas clair. La loi Egalim dispose qu’au plus tard le 1er janvier 2025, il est mis fin à l’utilisation de contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:07:41
…sensiblement pour les mêmes raisons. D’une part, les substances classées comme dangereuses pour la santé humaine auxquelles l’amendement no 8 fait référence étant interdites par l’annexe 17 du règlement Reach, comme je l’avais évoqué le 27 mai en commission, cet amendement est satisfait. D’autre part, s’agissant des nos 8 et 9, le règlement européen du 19 décembre 2024 relatif aux emballages et déchets d’emballages – lequel fixe les règles que doivent respecter les États membres en la matière, notamment au sujet des PFAS – interdit à la fois d’en faire moins et d’en faire plus : pas de sous-transposition, pas de surtransposition. Dès lors, d’un point de vue juridique, nous sommes coincés.

S’y ajoutent des difficultés pratiques : les auditions ont montré que pour de nombreux emballages et dispositifs de conditionnement, s’agissant en particulier de garantir l’étanchéité, il n’existe malheureusement pas de solution alternative au plastique. Comme vous, encore une fois, je regrette que nous ne puissions aller plus loin et j’espère que nous arriverons un jour à trouver des solutions de rechange qui nous permettent d’interdire ces substances ; mais je ne peux qu’émettre un avis défavorable aux amendements nos 8 et 9.

Même avis, d’ailleurs, concernant le no 14 rectifié, l’ajout du terme « ustensiles », qui ne figure pas dans le texte que nous vous proposons, et le fait de renvoyer à un décret risquant de reproduire la situation même à l’origine de cette proposition de loi, c’est-à-dire un contentieux avec le lobby du plastique.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:07:35
Ils sont contraires au droit européen,…
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 10:07:04
Je partage bien entendu votre volonté de supprimer des cantines tous les dispositifs contenant des PFAS ou autres substances dangereuses, ce qui constituait déjà l’objectif des lois Egalim et Agec, réitéré par cette proposition de loi. J’en profite d’ailleurs pour remercier Nicolas Thierry de son travail, qui a abouti à la loi du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS. Néanmoins, je serai défavorable à ces amendements – pour des raisons juridiques, monsieur Carrière, rassurez-vous.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 04, 09:02:03
Nous sommes réunis pour examiner la proposition de loi visant à garantir l’interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance, qu’avec Véronique Riotton nous avions déposée en mars 2025.

Je tiens tout d’abord à saluer l’esprit transpartisan et consensuel dans lequel cette proposition de loi est née et à remercier les 142 collègues qui l’ont cosignée, issus de sept groupes politiques différents – vous en faisiez d’ailleurs partie, monsieur le ministre chargé de la transition écologique. Je tiens en particulier à mentionner l’implication des premiers cosignataires de ce texte : Nicolas Thierry, Stéphane Delautrette ainsi que notre ancien collègue Philippe Bolo, dont le rapport de 2024 au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur les impacts du plastique sur la santé humaine nous a beaucoup aidés.

Ce rapport, comme l’ensemble des travaux de recherche menés ces dernières années, dresse un constat extrêmement inquiétant qui doit tous nous interpeller. Les plastiques sont omniprésents dans l’environnement et ont sur lui des conséquences très néfastes : les trois quarts des sols français seraient pollués par le plastique, dont 15 tonnes sont rejetées dans l’océan chaque minute.

En outre, tous les organismes vivants qui ont été étudiés en ont ingéré : du plancton aux grands mammifères marins en passant par les poissons, les oiseaux et, bien sûr, les êtres humains. Nous en absorbons en effet en permanence, que ce soit par inhalation, par contact cutané ou par consommation alimentaire, à tel point qu’une étude citée dans le rapport de l’Opecst montre que 0,5 % du cerveau humain serait désormais constitué de plastique.

Face à ces constats, la question de l’impact sur la santé se pose mais, de fait, il n’est pas aisé pour les chercheurs de l’évaluer. Il existe en effet plus de 14 000 polymères ; chaque objet en plastique en contient des dizaines, voire des centaines, dont il est quasiment impossible d’isoler les effets sur la santé d’un individu. Néanmoins, toutes les études tendent à démontrer qu’une exposition chronique conduit à une dégradation de l’état de santé et de la reproduction. Elles font état de corrélations très alarmantes entre le contact répété et prolongé avec le plastique et la santé humaine : diabète de type 2, endométriose, maladies respiratoires, malformations génitales, fausses couches, altération du développement cognitif, cancer de l’estomac, etc.

Il est donc impératif de protéger la population, particulièrement les enfants, de ces effets délétères. En effet, ceux-ci sont plus fragiles du fait de leur croissance, qui constitue une phase critique où les organes, encore en formation, sont particulièrement sensibles aux interférences des perturbateurs endocriniens. Les organes d’élimination des substances toxiques tels que le rein et le foie ne sont pas pleinement matures et, à masse corporelle égale, les enfants consomment plus d’aliments que les adultes et ingurgitent donc plus de plastique.

Par ailleurs, les enfants vont à la cantine tous les jours pendant des années et y sont donc exposés de manière continue et répétée. En France, les cantines scolaires servent plus de 1 milliard de repas par an. Surtout, les élèves constituent un public captif car ils n’ont pas d’autre choix que de déjeuner à la cantine.

Lors de la discussion de la loi Egalim du 30 octobre 2018, nous avions souhaité interdire le plastique dans les cantines, à partir du 1er janvier 2025 et du 1er janvier 2028 pour les communes de moins de 2 000 habitants. Nous avions alors mentionné dans la loi l’interdiction des « contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique dans les services de restauration collective des établissements scolaires et universitaires ainsi que des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans ». En outre, par la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Agec), nous avons étendu cette interdiction à un certain nombre de services de soins accueillant un public jeune ou vulnérable, tels que les services de pédiatrie et d’obstétrique ou les maternités.

Ces deux textes, qui ne sont applicables que depuis le 1er janvier 2025, ont fait l’objet d’un décret d’application qui a précisé la définition des contenants en plastique interdits, en incluant la vaisselle et les couverts.

Un syndicat représentant le lobby du plastique a attaqué ce décret au motif que la vaisselle et les couverts ne constitueraient pas des contenants de service, au contraire de ce que le législateur entendait. Force est de constater que, sur le plan juridique, il y avait une faille ; notons néanmoins que l’industrie du plastique n’était pas contrainte de s’y engouffrer. Quoi qu’il en soit, le risque d’un potentiel retour en arrière a suscité une forte mobilisation citoyenne. Une pétition lancée à ce moment avait recueilli près de 40 000 signatures.

C’est dans ce contexte que nous avons déposé le présent texte : nous avions immédiatement compris qu’il était nécessaire de repasser par la loi pour clarifier l’interdiction des assiettes, gobelets, récipients et couverts en plastique. Et en effet, un an plus tard, en avril dernier, le Conseil d’État a annulé le décret en question. Il l’a fait pour une raison de procédure, car celui-ci n’avait pas été notifié à la Commission européenne, mais il nous paraît clair qu’il aurait pu l’annuler sur le fond.

Depuis plus d’un an désormais, avec Véronique Riotton, nous nous battons pour inscrire cette proposition de loi à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée. Nous y voici. Je remercie le groupe Ensemble pour la République et l’ensemble des groupes qui ont enfin accepté que nous l’examinions, ainsi que le gouvernement qui a engagé la procédure accélérée.

Avec ce texte, notre intention est claire : aller vite pour lever toute ambiguïté et nous assurer que nos enfants ne mangent plus dans de la vaisselle en plastique. En effet, tout cet imbroglio a donné lieu à un coup de frein dans certaines collectivités, qui ont décidé de reporter les investissements nécessaires pour se conformer à cette interdiction.

Néanmoins, l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) ainsi que Départements de France nous ont indiqué lors des auditions et dans une contribution écrite être favorables à ce texte. Il vient en effet lever le flou juridique issu de la décision du Conseil d’État, qui complique la tâche des collectivités, résolument engagées dans l’abandon du plastique dans les cantines.

De nombreuses communes, et je tiens à les en remercier, ont, parfois depuis de nombreuses années, opéré cette transition. C’est le cas de petites communes comme de grandes, à l’image de Paris, Bordeaux ou plus récemment Toulouse qui a tout remplacé par l’inox et évite ainsi de consommer 90 tonnes de plastique chaque année. Si se passer du plastique dans les cantines scolaires suppose indéniablement des investissements pour les collectivités, toutes nous l’ont dit : l’équilibre budgétaire est retrouvé dès les premières années.

Rappelons aussi que nous avons, en France, la chance d’avoir des entreprises implantées dans nos territoires et souvent historiques qui assurent l’approvisionnement en matériel de substitution : je pense aux entreprises de l’inox, notamment à Thiers en Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi qu’à des entreprises que nous connaissons bien et que nous devons à tout prix soutenir, de la porcelaine de Limoges à, bien sûr, Duralex.

En outre, cette transition a permis à des entreprises d’émerger dans toute la France, notamment celles qui sont chargées de laver les contenants alimentaires. Néanmoins, je tiens à indiquer que le flou juridique a conduit une entreprise spécialisée en la matière à la liquidation judiciaire. Voilà aussi le résultat de la volonté du lobby du plastique de freiner cette irréversible marche.

Quoi qu’il en soit, les alternatives sont là. J’invite les collectivités à imaginer dès maintenant une transition d’ensemble. Puisqu’elles doivent supprimer le plastique dans les cantines scolaires, elles peuvent aussi songer à le faire pour l’ensemble des lieux de restauration collective dont elles ont la charge, même si cela n’est encore obligatoire.

Au cours de l’examen de ce texte, je me suis d’ailleurs questionnée : ce que nous imposons aux collectivités territoriales, nous devons aussi réfléchir à l’imposer à l’ensemble des établissements qui fournissent un service de restauration collective. Je pense aux cantines des administrations centrales ainsi qu’aux Ehpad ou aux établissements de santé, qui sont déjà concernés pour les services de maternité, d’obstétrique et de pédiatrie. Il y va de l’exemplarité de l’État.

J’avais donc envisagé d’étendre les interdictions, mais force est de constater que nous ne pouvons opérer une telle transition sans avoir mesuré son impact, notamment pour les établissements de santé et les Ehpad. Je souhaite néanmoins profiter de ce moment pour les inviter, d’ores et déjà, à réfléchir à l’élaboration des feuilles de route pour la sortie du plastique.

Par souci de transparence, je souhaite aussi vous indiquer que j’avais déposé, pour l’examen en commission, un amendement demandant un rapport évaluant l’impact des interdictions existantes et celui d’éventuelles extensions. Je l’ai néanmoins retiré car j’ai bien compris que l’adoption d’un tel amendement pourrait conduire le Sénat à le supprimer et ainsi à modifier le texte et à retarder sa promulgation. Ce n’est évidemment pas ce que je souhaite car je n’ai qu’un objectif avec cette proposition de loi : nous assurer que le plastique sera bel et bien banni des cantines des établissements scolaires, universitaires, des crèches et des services de maternité, obstétrique et pédiatrique et que l’intention initiale du législateur dans la loi Egalim 1 sera respectée.

Nous voici donc face à un texte efficace et concis qui contribuera à réduire la consommation de plastique et ses effets sur l’environnement ainsi qu’à protéger très concrètement et rapidement nos enfants.
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Graziella Melchior
• 2026 Jun 01, 17:33:04
Il est des moments de la vie d’une députée qui marquent et que l’on n’oublie jamais. Tel sera assurément le cas de ma conversation avec les membres du collectif du collège Saint-Pierre au Relecq-Kerhuon, ainsi que des auditions conduites dans le cadre de la commission d’enquête. Nous avons entendu ces femmes et ces hommes nous raconter, avec des détails glaçants, les violences sexuelles, physiques et morales qu’ils ont subies dans ce lieu inviolable que devrait être l’école. Ces récits, dont certains remontent parfois à trente, quarante ou cinquante ans, témoignent du profond traumatisme qui les a hantés tout au long de leur vie. J’ai une pensée pour eux, et je nourris l’espoir que cette proposition de loi pourra un peu les apaiser ; qu’elle fera définitivement entrer le pays dans la voie de la réparation à leur égard ; et qu’elle permettra, enfin, que ce qu’ils ont subi ne se reproduise jamais.

L’article 1er acte la reconnaissance solennelle, par la nation, des violences commises ainsi que des manquements graves des autorités publiques qui les ont laissées perdurer. Cet acte symbolique constitue une réponse politique forte, attendue par les victimes, par leurs familles et par les collectifs mobilisés ; il affirme la responsabilité de l’État et pose les bases d’une politique réparatrice.

Je tiens à vous remercier, madame la rapporteure, d’avoir défendu cette proposition de loi avec tant de détermination, mais aussi pour votre écoute, notamment à l’égard des propositions que je vous avais soumises. J’avais notamment pu vous faire part de la situation d’une enseignante de ma circonscription qui avait quitté, par le passé, plusieurs établissements à la suite de comportements inadmissibles : constatant une certaine impuissance de l’État, je vous avais appelé à faire des préconisations pour renforcer le suivi des sanctions disciplinaires – nous en discuterons à l’article 6.

Aux victimes d’hier et d’aujourd’hui, je veux dire que nous les entendons, que nous les croyons et que nous les remercions pour leur courage, qui contribue à ce que l’omerta soit enfin brisée.
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